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Résistances

CPE

La révolte contre le CPE, la précarité et le nouvel esclavage

Février-Avril 2006



Les archives des infos sur le CPE

Les
images des manifestations et de l'occupation des facs...

CPE

Des grèves contre les "réformes" libérales
touchent aussi la Grande-Bretagne et l'Allemagne

28.03.2006


(AFP) A l'instar de la France, des mouvements sociaux touchent la Grande-Bretagne, où plus d'un million de fonctionnaires des administrations locales britanniques étaient grève pour défendre leurs retraites, et en Allemagne, avec des arrêts de travail dans l'industrie automobile et la fonction publique.

Les fonctionnaires des administrations locales britanniques protestent contre une réforme menace de les faire travailler jusqu'à 67 ans contre 60 ans pour obtenir une retraite décente.

Ce mouvement de 24 heures, le plus important du pays depuis la grève générale de 1926 selon les syndicats, était très suivi d'après les premières estimations, qui chiffraient jusqu'à 1,5 million le nombre de grévistes. Les syndicats espèrent que cette journée d'action ne sera que la première d'une série de mouvements destinés à faire échec au projet du gouvernement.

Le secteur de l'éducation était le plus touché, quelque 2000 écoles n'ayant pas ouvert leurs portes, avec 70% de grèvistes à Londres où une manifestation s'est déroulée à Westminster. Les services administratifs et sociaux, bibliothèques, musées, centres sportifs et de loisirs, services de police et pompiers, ramassage des ordures et transports en commun étaient également perturbés.

Le ministre britannique des Finances Gordon Brown a croisé des grévistes à l'entrée d'un bâtiment public de la City mais ne leur a pas dit un mot, contrairement à l'ancien président américain Bill Clinton qui l'accompagnait pour une conférence.

L'appel à la grève, lancé par 11 organisations, a reçu une "réponse fantastique", a souligné le syndicat de la construction UCATT, alors que le syndicat Unison, le premier de la fonction publique locale, a prévenu qu'il y aurait d'autres grèves si celle-ci ne débouchait pas sur des négociations.

L'Allemagne, quant à elle, connait une agitation sociale importante qui va des agents de la fonction publique aux médecins en passant par l'industriee. C'est tout le secteur industriel allemand, de la construction mécanique aux technologies de pointe et à l'acier, qui a connu des mouvements sporadiques d'arrêt du travail.

L'objectif de ces débrayages est deaire pression sur le patronat alors que les négociations autour des revalorisations salariales s'enlisent. Le syndicat de la métallurgie IG Metall réclame 5% d'augmentation de salaires pour les 3,4 millions de salariés du secteur. Le patronat n'a pas fait de proposition officielle mais estime que la hausse ne doit pas dépasser les gains de productivité, évalués entre 1,2% et 1,4%.

Enfin, depuis huit semaines, les services publics du Bade-Wurtemberg (sud-ouest de l'Allemagne) connaissent la grève la plus dure depuis 14 ans dans le secteur public pour protester contre l'allongement de la durée du temps de travail.

NOUVEL ESCLAVAGE

Mobilisation syndicale européenne contre la directive Bolkestein

14.02.2006


(Reuters/AFP) De 30.000 à 40.000 personnes à Berlin et 15.000 à Strasbourg ont manifesté à l'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES) pour exiger des changements fondamentaux à la "directive Bolkestein" sur la libéralisation des services. D'autres manifestations ont également eu lieu dans plusieurs régions en France et en Allemagne.

Les dirigeants syndicaux des 25 pays de l'Union marchaient en tête du défilé qui s'est dirigé en direction du parlement européen où les eurodéputés devaient débattre pour la première fois du texte en séance plénière.

"Bolkestein: Non", affirmait dans plusieurs langues sur la grande banderole de tête soutenue notamment par le porte-parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot, la secrétaire nationale du Parti communiste français, Marie-George Buffet, et les principaux responsables français et allemands de l'association altermondialiste Attac.

Au fil du cortège, on pouvait lire "The service directive, no way for Norway" (La directive Services, pas pour la Norvège), "Non au dumping salarial" ou encore, en anglais sur une banderole allemande: "Quality service, yes, cowboy economy, no!".

Le Néerlandais Frits Bolkestein, ancien Commissaire européen au marché intérieur, "veut un marché libre pour les services sans protection sociale, sans protection environnementale, sans aucune couverture pour les salariés et salariées. Son idée de l'Europe est à l'évidence celle d'un capitalisme sauvage, asocial et effréné", a critiqué Michael Sommer, président de la Confédération allemande des syndicats (DGB).

 voir l'article complet consacré à la directive Bolkestein

RÉSISTANCE

Ouverture au Venezuela du Forum social mondial

25.01.2006


(AP) Le Forum social mondial (FSM) se tiendra pendant 6 jours au Venezuela. Il s'est ouvert par une manifestation contre la guerre et la mondialisation néo-libérale qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de la capitale Caracas.

Environ 80.000 personnes participeront à ce sommet annuel, réponse altermondialiste au Forum économique de Davos, en Suisse.

Soutenu par le président vénézuélien Hugo Chavez, critique de toujours de l'impérialisme" américain, le FSM proposera quelque 2000 manifestations (séminaires, discours et concerts). On y débattra de la lutte contre la mondialisation, des conflits et de l'impéralisme dans le monde. Danielle Mitterrand, l'épouse de l'ancien président français, viendra notamment s'exprimer.

La manifestation se veut indépendante mais une grande partie de l'attention y sera portée à Chavez, lequel surnomme Bush "M. Danger" et considère le socialisme comme le moyen de redresser le niveau de vie des couches pauvres dans son pays exportateur de pétrole. Chavez dit volontiers s'inspirer de Simon Bolivar, héros de l'indépendance sud-américaine.

LIBÉRALISME ET NOUVEL ESCLAVAGE

Forte mobilisation des dockers contre le projet de libéralisation

17.01.2006


(AP) Les dockers européens disent non à la libéralisation des ports. Une grève a sérieusement affecté la manutention dans les grands ports continentaux, tandis que 8000 dockers ont manifesté à Strasbourg dans une atmosphère particulièrement tendue à la veille du début de l'examen d'une directive "sur l'accès au marché des services portuaires".

De violents affrontements avec la police ont eu lieu devant le Parlement européen de Strasbourg. Des vitres du bâtiment ont été brisées par des jets de pierres, malgré les canons à eau et les gaz lacrymogènes. Certains manifestants étaient armés de bâtons. Dans la vieille ville, la police a également utilisé des grenades lacrymogènes pour riposter à des jets de bouteilles et de pierres.

Les manifestants venaient de la plupart des grands ports européens comme Rotterdam, Anvers, Hambourg, Le Havre et Marseille. Dans toute l'Union européenne, des débrayages ont ralenti la manutention dans les ports, à l'appel de la Fédération européenne des travailleurs des transports.

La semaine dernière déjà, ils étaient plusieurs dizaines de milliers à faire grève pour rejeter ce projet de libéralisation des services portuaires dont une première version avait déjà été repoussée par les eurodéputés en 2003.

LIBÉRALISME ET NOUVEL ESCLAVAGE

La directive de "libéralisation" des services portuaires
rejetée par le Parlement

18.01.2006


(AFP) Le Parlement européen a rejeté à nouveau le projet européen de libéralisation des services portuaires, contre lequel protestent des milliers de dockers, sans pour autant persuader la Commission européenne d'abandonner cet objectif.

A une très large majorité (532 voix contre, 120 pour et 25 abstentions), les eurodéputés ont voté contre la deuxième tentative de la Commission d'ouvrir ce secteur à la concurrence, confirmant ainsi leur rejet de novembre 2003. Selon le président du Parlement Josep Borell, le résultat du vote "démontre que le Parlement n'est pas prêt à se ridiculiser quand on lui présente le même texte pour la deuxième fois".

Seule une petite moitié du Parti populaire européen (PPE, droite libérale), avec 116 députés pour le texte, s'est prononcée en faveur de la directive.

Lors du débat, les députés avaient vivement exprimé leur opposition à ce texte qui ouvrait notamment la voie à "l'auto-assistance", un principe permettant aux équipages d'effectuer eux-mêmes le chargement et le déchargement des navires, en se passant des dockers. Ces équipages étant le plus souvent constitués d'esclaves du Tiers-Monde, le projet de directive revient donc à favoriser la "délocalisation" du travail des dockers, conformément à l'objectif central de la mondialisation: augmenter la concurrence sur le marché du travail afin de tirer les salaires vers le bas.

Le commissaire aux Transports, Jacques Barrot,
(photo ci-contre) s'est dit prêt à "tirer les conséquences" de ce rejet, mais a aussi souhaité que "l'objectif que poursuivait le texte" ne soit pas oublié. Il a appelé à "continuer le travail avec tous les acteurs concernés, Etats, opérateurs, utilisateurs, syndicats, en concertation avec le Parlement, pour jeter les bases d'une politique européenne des ports qui permette d'encadrer et de rassurer les investisseurs", d'"accroître la compétitivité européenne et de favoriser la croissance et l'emploi", a-t-il souligné, rapellant par ailleurs qu'il n'était pas l'auteur de cette proposition.

"Et maintenant, cap sur Bolkestein", a de son côté commenté Francis Wurtz, le président de la Gauche unitaire européenne (communistes, extrême-gauche), qui appele à la même mobilisation contre la
directive Bolkestein de libéralisation des services dans l'UE, que les eurodéputés doivent examiner en février.

MONDIALISATION

Manifestations à Hong Kong à l'occasion de la réunion de l'OMC 

13.12.2005




Élites dirigeantes à la tribune de l'OMC



Face à face entre manifestants et policiers dans la rue



Des altermondialistes parvenus à s'infiltrer à la conférence avec des pancartes "l'OMC tue nos emplois"
et "l'OMC tue l'environnement"

(Reuters) Des ministres de 148 pays se sont retrouvés à Hong Kong pour une conférence de l'OMC consacrée à la libéralisation des échanges, pendant que les manifestants altermondialistes défilaient dans les rues de la ville en souhaitant l'échec de leurs discussions. Parmi eux se trouvaient notamment des fermiers sud-coréens inquiets de l'impact de la libéralisation des échanges sur leurs ventes de riz.

La conférence de Hong Kong était censée, à l'origine, lever les derniers obstacles à un accord sur le "cycle de Doha", lancé voici quatre ans. Les participants espèrent toujours parvenir d'ici la fin 2006 à un accord mais ils demeurent fortement divisés sur la libéralisation du secteur agricole, des services et des biens manufacturés.

Comme lors des précédentes réunions de l'OMC, et notamment à Seattle en 1999 et à Cancun en septembre 2003, la conférence de Hong Kong a attiré des milliers d'altermondialistes qui voient dans la libéralisation des échanges commerciaux une menace contre l'emploi, contre l'environnement et contre la démocratie, la mondialisation libérale étant une façon d'enlever aux états (et donc aux citoyens) tout pouvoir sur l'économie et les agissements des multinationales.

"L'OMC nous mène à la mort", a crié un activiste coréen alors que plusieurs manifestants se jetaient dans les eaux du Victoria Harbour. Des militants alter-mondialistes sont également parvenus à s'infiltrer à l'intérieur même du centre de convention.

Un peu plus tôt, une manifestation contre le libéralisme avait rassemblé plus de 5000 personnes, face à 9000 policiers anti-émeute qui ont fait usage de grenades au poivre pour tenir les manifestants à distance. 9 personnes ont été légèrement blessées quand la police a repoussé une cinquantaine de manifestants qui tentaient de pénétrer dans le périmètre de sécurité où se tenait la conférence. Mais les accrochages n'ont pas atteint le niveau de violences connu lors des réunions de l'OMC à Seattle et Cancun.

RÉSISTANCE

Grève générale en Belgique

28.10.2005


(AP/AFP) Une grande partie de l'économie belge a été paralysée par une grève nationale destinée à protester contre le projet de réforme du système des retraites.

Pour réduire les coûts des retraites, le Premier ministre Guy Verhofstadt et la coalition socialiste-libérale au pouvoir souhaite repousser de 58 à 60 ans l'âge de la retraite. Des dérogations seront prévues pour certaines catégories de salariés.

Cette deuxième journée de grève nationale en moins d'un mois a paralysé la plupart des transports publics, plusieurs usines, un aéroport régional, des administrations, des écoles, la télévision publique et des radios. Cent mille personnes ont manifesté dans les rues de Bruxelles, à l'appel des syndicats réunis en front commun.

Les syndicats ont menacé d'organiser de nouveaux mouvements en novembre si le gouvernement ne revient pas sur sa proposition. Une nouvelle journée de grève pourrait avoir lieu le 21 novembre.

Olivier Willocx, directeur de la chambre de commerce de Bruxelles, a estimé à 200 millions d'euros (environ 250 millions de dollars) le coût économique de la grève dans la capitale.

RÉSISTANCE

Grève générale en Italie

25.11.2005


(Reuters) A l'appel des trois plus grandes centrales syndicales italiennes, les Italiens ont participé à une grève nationale pour protester contre le projet de budget 2006 du gouvernement.

Usines et banques ont été paralysées tandis que des milliers de manifestants descendaient dans les rues de plusieurs dizaines de villes pour dénoncer les projets de réduction des dépenses, d'un montant total de 16,5 milliards d'euros, prévus pour l'an prochain. De nombreux avions sont restés cloués au sol et des trains ont cessé de circuler dans tout le pays.

"Cette grève massive dans toute l'Italie montre que les ouvriers, les retraités et les jeunes partagent notre condamnation de la politique budgétaire et du gouvernement", a déclaré Guglielmo Epifani, chef de file de la CGIL, première confédération syndicale italienne.

Conformément à ses engagements européens, le gouvernement de Berlusconi souhaite réduire le déficit budgétaire de 16,5 milliards d'euros l'an prochain avec des privatisations et une baisse des dépenses.

Les syndicats affirment que ces mesures vont aboutir à une détérioration des services publics et peser sur une économie déjà bien fragile, qui n'a pas pratiquement pas connu de croissance ces quatre dernières années.

NOUVEL ESCLAVAGE

Les stagiaires, esclaves modernes des entreprises

23.11.2005




Stagiaires manifestant devant le siège d'une entreprise avec des masques sans visage pour symboliser leur condition d'esclaves jettables...
(AFP) Le mouvement "Génération précaire" regroupe les stagiaires qui en ont assez d'être exploités par les entreprises en tant que main d'oeuvre gratuite qui permet de réduire le nombre de salariés payés, en particulier dans le secteur de la publicité et des médias.

Né en septembre d'un appel à la mobilisation lancé sur un blog par quelques stagiaires excédés, "Génération précaire" a réussi le tour de force d'avoir fait reconnaître en quelques semaines, jusque dans les cabinets ministériels, le problème des stages abusifs en entreprise.

"Génération précaire" ne condamne pas tous les stages, bénéfiques à ses yeux pour beaucoup de jeunes, mais il juge trop nombreuses les entreprises qui n'encadrent pas correctement leurs stagiaires, les "utilisent" à la place de vrais salariés sans les rémunérer, leur faisant vainement espérer un emploi pour les retenir.

Après une réunion avec le MEDEF, l'organisation patronale n'a pas contesté qu'il existe "des abus", et a jugé plausible le chiffre de 10.000 "emplois camouflés", c'est-à-dire des gens déjà diplômés et qui s'inscrivent de façon fictive à l'université pour avoir une convention de stage.

Selon une estimation du Conseil économique et social, environ 800.000 jeunes effectuent des stages en entreprises, pendant leurs études ou après.

"Génération précaire" demande un statut inscrit dans le code du travail pour les stagiaires, une indemnisation progressive, un délai de carence entre les stages, et un quota de stagiaires par rapport à la masse salariale.

RÉSISTANCE - FRANCE

Les "Robins des Bois" contre les coupures de courant pour impayés

24.11.2005


(AFP) Les "Robins des Bois", une association regroupant des agents EDF et des chômeurs, ont bloqué pendant une journée un centre EDF de Villeneuve-la-Garenne (banlieue parisienne) afin d'empêcher les techniciens de sortir pour procéder à des coupures de courant chez les plus démunis.

Le blocage a débuté vers 07H00, quand une vingtaine de personnes ont installé des barrières décorées de drapeaux de la CGT devant le centre EDF, au son d'une puissante sono diffusant la chanson "Antisocial" du groupe Trust.

Selon Xavier Chuat, délégué CGT, "100 à 120 coupures sont opérées chaque jour dans les quartiers les plus défavorisés" qui dépendent du centre EDF de Villeneuve. "La direction prétend qu'elle ne fait pas de coupures, le gouvernement prétend qu'on ne coupera pas les plus démunis, mais il y a des coupures de courant tous les jours", a affirmé M. Chuat.

L'initiative semblait plutôt bien accueillie par les agents chargés des coupures, qui manifestaient majoritairement leur sympathie, a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon le syndicaliste, les coupures pour impayés "ont été multipliées par 4 ou 5 depuis 2000". "L'entreprise veut faire de l'argent, et l'intéressement du personnel est indexé sur le temps moyen mis à recouvrer une facture. En gros, plus on fait de coupures, plus ça rapporte", a-t-il affirmé.

"Bien sûr, il y a des gens qui abusent. Mais la majorité est plutôt en pleine galère. Le pire, c'est que quand on coupe le courant pour impayés, ça coûte 45 euros facturés en plus de l'impayé. Pour rétablir le courant, il faut également payer des frais. Ca enfonce encore plus les gens en difficulté", a expliqué un agent EDF.

"On n'est plus au temps de Zola. L'éclairage à la bougie, c'est révolu. Ce n'est plus possible de laisser des gens sans chauffage au moment où, dehors, il gèle. De plus, la plupart des agents en ont marre de faire des coupures, ils se font insulter, parfois agresser", a affirmé M. Chuat.

Selon un de ses collègues, un agent a récemment écopé d'un blâme de la direction pour avoir refusé de procéder à une coupure chez des particuliers.

Après coupure, "les délais de rétablissement sont en ce moment d'un mois, un mois et demi", a confié un autre agent EDF.

EMPIRE US

George Bush conspué par des manifestants pendant sa visite au Japon

15.11.2005


(AFP) Plusieurs centaines de personnes - parmi lesquelles de nombreux Américains vivant au Japon - ont manifesté mardi à Kyoto contre la présence sur le sol japonais du président américain George W. Bush, et contre les opérations militaires menées par les Etats-Unis en Afghanistan et en Irak.

Les manifestants, soutenus par une fanfare, ont parcouru les rues du centre de Kyoto en brandissaient des banderoles et pancartes contre la guerre en Irak, la présence militaire américaine au Japon et la politique de son Premier ministre, accusé d'être trop proche des Etats-Unis.

Le président américain effectue au Japon la première étape d'une longue tournée en Asie qui le mènera ensuite en Corée du Sud (pour participer au sommet annuel du forum de Coopération économique des pays d'Asie-Pacifique - APEC), en Chine, et en Mongolie.

En Corée du Sud, de violentes manifestations anti-Bush ont fait des dizaines de blessés et rassemblé près de 12.000 personnes.

RESISTANCE

Rassemblements pacifistes à travers les Etats-Unis

26.10.2005


(AFP) Des manifestants se sont regroupés aux Etats-Unis pour des centaines de veilles et autres rassemblements destinés à marquer la barre symbolique des 2.000 militaires américains morts en Irak depuis l'invasion de mars 2003. Le mouvement pacifiste MoveOn.org a fait savoir qu'il organisait plus de 1.000 veilles, concernant des dizaines de milliers de personnes à travers le pays.

Les militants pacifistes estiment que leur mouvement prend rapidement de l'ampleur et qu'une majorité d'Américains pensent aujourd'hui que la décision de George Bush d'envahir l'Irak était une erreur. "Nous assistons à une évolution rapide de l'opinion publique en faveur d'un arrêt de la guerre et d'un retour des troupes, et cela commence à se refléter au Congrès. La position pacifiste n'est plus exclusivement le fait de militants. Elle commence à être l'opinion de la majorité dans ce pays ", a déclaré Phyllis Bennis, de l'Institut d'études politiques.

Le sénateur républicain du Nebraska Chuck Hagel a estimé quant à lui que le chaos régnait en Irak et que ce pays avait besoin d'une nouvelle stratégie. "Plus les Etats-Unis resteront longtemps, plus nous serons considérés comme des oppresseurs et occupants et plus nous attirerons les terroristes, comme nous le faisons déjà aujourd'hui", a-t-il dit.

SOMMET DES AMÉRIQUES

Manifestations contre Bush et le libéralisme
au Sommet des Amériques

05.11.2005


(Reuters) Des manifestations antiaméricaines ont eu lieu à Mar del Plata en Argentine, en marge du "Sommet des Amériques", auquel prend part George Bush, et du contre-sommet, altermondialiste, organisé dans la même station balnéaire.

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé pacifiquement dans les rues en scandant "Bush dehors!" et "Bush fasciste", brandissant des portraits de Bush avec la moustache d'Hitler et des drapeaux américains où les étoiles avaient été remplacée par une croix gammée.

A Buenos Aires, plusieurs milliers de personnes ont également manifesté pour protester contre la venue de Bush. Une manifestation de moindre ampleur s'est déroulée dans la capitale urugayenne, Montevideo, où la vitrine d'un McDonald's a été brisée.

Le sommet des Amériques et le contre-sommet, appelé "sommet des peuples", sont l'occasion, pour Bush comme pour le président vénézuélien Hugo Chavez, d'exposer des points de vue radicalement différents à propos du "libre échange" en Amérique latine.

Chavez, homme de gauche et adversaire déclaré de l'ultra-libéralisme à l'américaine, s'est engagé à faire échec au
FTAA (en français ZLAA, Zone de libre échange des Amériques), plan clé de l'administration Bush qui, pour l'heure, est dans une impasse.

"Chacun d'entre nous a apporté une pelle, une pelle de fossoyeur, parce que c'est ici, à Mar el Plata, que se trouve la tombe du FTAA", a lancé Chavez dans le stade, bondé, où s'est tenu le contre-sommet altermondialiste. Chavez a été rejoint dans le stade par Diego Maradona, légende argentine du football, qui a agité le drapeau de Cuba et portait un T-shirt avec le visage de Bush accompagné des mots "war criminal". Le leader indien bolivien Evo Morales, favori de l'élection présidentielle du 18 décembre, était également présent.

Les manifestants ont appelé les dirigeants de la région à rechercher des solutions alternatives au capitalisme américain, dont les méthodes ont dominé l'Amérique latine durant les années 1990 sans réduire la pauvreté et les inégalités.

Le président argentin Nestor Kirchner a fait écho à la colère des Argentins sur les politiques économiques du passé, lors de son discours inaugural du sommet des Amériques. "Nous critiquons ces politiques parce que nous en avons vu les résultats lors de la crise que l'Argentine a traversée en 2001", a dit le chef de l'Etat argentin, sous les regards de George Bush et d'autres dirigeants du continent américain.

REFERENDUM SUISSE

La Suisse dit non aux OGM

27.11.2005


Les électeurs suisses ont approuvé à 55,7% par référendum une interdiction totale des OGM pendant 5 ans.

Ce texte qui était soumis à votation (référendum d'initiative populaire) vise à interdire pendant cinq ans toute utilisation d'organismes génétiquement modifiés dans l'agriculture, aussi bien en ce qui concerne les plantes que les animaux.

L'initiative était lancée par des milieux écologistes et de protection des consommateurs.

Elle était combattue par le gouvernement, le parlement, les partis de droite et de centre-droit, les industriels, et certains scientifiques.

Les citoyens Suisses ont donc refusé de suivre les bons conseils des élites dirigeantes au service des multinationales, avec une victoire du NON dans la totalité des cantons.

Rappelons que pour être adoptée par votation, une loi doit obtenir non seulement la majorité au niveau national, mais également gagner dans une majorité de cantons.

OGM

Landes: une parcelle d'OGM détruite pour la troisième année consécutive

01.09.2005


(AP) Une parcelle de maïs transgénique de 650m2 appartenant à la firme américaine Monsanto, sur la commune de Magescq (Landes) a été détruite pour la troisième année consécutive. La destruction a été revendiquée par un individu se réclamant des faucheurs volontaires.

Le maïs cultivé sur cette parcelle dans le cadre d'un "programme pluriannuel pour le développement de lignées d'hybrides de maïs transgénique Roundup Ready-NK 603" avait déjà été détruite en août 2003 et en septembre 2004. En 2003, le Conseil Général des Landes avait émis un vote défavorable à cette expérimentation, et son président socialiste Henri Emmanuelli avait participé à une manifestation sur le site.

OGM

Un champ de maïs OGM fauché dans le Tarn

29.07.2005


(AP) Un champ d'expérimentation de maïs OGM situé sur la commune de Blan (Tarn), a été détruit pendant la nuit. La parcelle de deux hectares était cultivée pour le compte de la société agroalimentaire Syngenta qui n'a pas souhaité réagir.

Cette action n'a toujours pas été revendiquée. C'est la deuxième de ce type dans la région Midi-Pyrénées après le fauchage du 14 juillet 2005 à Menville (Haute-Garonne) d'une autre parcelle OGM appartenant à la société Pioneer, alors revendiquée par 400 faucheurs volontaires.

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Réchauffement: deux scientifiques de renom sonnent l'alarme

27.10.2005


(AFP) Deux scientifiques canadiens de renom, l'astrophysicien Hubert Reeves et le généticien David Suzuki, ont sonné l'alarme au sujet du réchauffement climatique, au cours d'une conférence visant à sensibiliser l'opinion publique sur ce phénomène.

S'exprimant devant un public jeune et enthousiaste de quelque 3500 personnes, les deux scientifiques ont souligné à plusieurs reprises que la surexploitation de la planète est la cause d'un réchauffement qui pourrait entraîner une disparition de l'homme.

"Nous pourrions faire partie d'une nouvelle extinction d'espèce" a déclaré Hubert Reeves après avoir évoqué la disparation passée de nombreuses espèces animales, dont les dinosaures.

Pour Hubert Reeves, il ne tient qu'à l'homme de résoudre cette situation: "puisqu'il est clair que le réchauffement de la planète est dû à au moins 90% à l'activité humaine et il faut en tenir compte".

Quant à David Suzuki, il a accusé le gouvernement canadien de ne pas faire sa part en matière de réduction de gaz à effet de serre, et ce malgré les accords signés au Sommet de Rio en 1992 et à Kyoto en 1997. "Le Canada a continué d'augmenter ses émissions de gaz a effet de serre et il faudrait aujourd'hui réduire celles-ci de 30% pour respecter nos engagements" a-t-il déclaré.

L'intervention des deux hommes avait été organisée l'organisme Équiterre, qui a été chargé par l'ONU d'accueillir environ 3000 ONG qui participeront à la conférence de l'ONU sur les changements climatiques. Celle-ci aura lieu à Montréal du 28 novembre au 9 décembre prochain.

ÉCOLOGIE

Un écologiste brésilien s'immole par le feu

15.11.2005


(AP) Un écologiste brésilien est mort après s'être immolé par le feu pour protester contre la construction d'usines d'alcool dans la réserve animale du Pantanal, une des plus vastes du monde et site privilégié pour l'observation des animaux.

Francisco Anselmo de Barros, 65 ans, s'est enroulé dans une couverture imbibée d'alcool et y a mis le feu lors d'une manifestation à Campo Grande (1.200km au nord-ouest de Rio de Janeiro). Francisco Anselmo de Barros était le président de la Fondation pour la conservation de la nature dans l'Etat du Mato Grosso do Sul, une organisation qu'il avait fondée en 1980.

Dans une lettre adressée à sa famille et à ses amis, il explique que son geste était "le seul moyen de réveiller les gens" et de les sensibiliser à la défense de l'environnement, selon l'agence de presse Globo.

VIE ANIMALE

Les nouveaux pensionnaires du zoo
de Londres sont des humains

25.08.2005


(AFP) Le zoo de Londres accueille pendant quatre jours des spécimens du genre humain, avec un "troupeau d'Homo Sapiens", selon le communiqué du parc zoologique.

Ces pensionnaires inhabituels sont des volontaires, hommes et femmes, sélectionnés sur concours.

Cet événement de sensibilisation est organisé par la Société zoologique de Londres (ZSL) afin de prouver "l'appartenance de l'homme au genre animal" et "montrer que sa prolifération est un véritable fléau pour les autres espèces".

ÉCLAIRAGE URBAIN

Unis contre la pollution lumineuse

26.06.2005


Vu de l'espace la nuit, les zones à forte densité d'urbanisation se repèrent immédiatement...

(astrosurf.com) Rien ne saurait remplacer l'admiration d'un ciel nocturne parsemé d'étoiles. Mais ce spectacle gratuit est déjà largement menacé. Dans les grandes villes et même les petites agglomérations, seules subsistent les étoiles les plus brillantes. Cela fait bien longtemps que la Voie Lactée - une bande laiteuse qui traverse le ciel et qui est en fait notre propre galaxie vue par la tranche - a disparu des nuits citadines, effacée par des éclairages urbains la plupart du temps mal étudiés (une grande partie de la lumière part vers le ciel alors qu'elle est utile au sol).

En France, l'ANPCN (Association Nationale pour la Protection du Ciel Nocturne) tire la sonnette d'alarme depuis déjà quelques années. Mais très souvent, les logiques municipales de développement urbain ou de promotion touristique l'emportent sur ce qui est hâtivement jugé comme une revendication de quelques astronomes amateurs ou amoureux du ciel. Pourtant, le débat ne saurait se réduire ainsi. Les effets néfastes des éclairages urbains excessifs sur la faune et la flore font de plus en plus l'objet d'études qui démontrent que le terme de "pollution lumineuse" est loin d'être exagéré. L'alternance jour-nuit qui rythme la vie biologique est gravement perturbée et nombre d'espèces animales risquent d'en être affectées sans oublier, dans une certaine mesure, l'espèce humaine".

Étendue à une logique environnementale, la lutte contre la pollution lumineuse interpelle désormais de plus en plus de monde et les actions concrètes se multiplient, avec le soutien notamment de l'astrophysicien Hubert Reeves en tant que président de la ligue ROC, association de sauvegarde de la nature.

Mais d'ici 20 ans si rien n'est fait, nos enfants ne sauront plus ce qu'est un ciel noir où brillent des étoiles.

EMPOISONNEMENT DE L'ALIMENTATION

Menaces radioactives sur les aliments

02.11.2005


(loindevant.org) Dès 2005, les aliments présentant des teneurs en polluants radioactifs 100 fois à 1 000 fois supérieures au risque négligeable pourront être librement commercialisés et consommés sans restriction.

L'irradiation des aliments est utilisée par l'industrie agro-alimentaire pour allonger la durée de conservation, notamment des fruits et légumes (en particulier les pommes de terre, les oignons, ou les herbes en flacon).

Deux projets, élaborés au plus haut niveau, sont en effet en passe d'être adoptés. Faute de mobilisation, ils entreront en vigueur courant 2005 et affecteront de façon radicale la qualité de notre alimentation. Il s'agit :

1- des "Recommandations 2005" de la Commission Internationale de Protection Radio-logique (CIPR). Rappelons que les "recommandations" de cet organisme servent de base à l'élaboration des réglementations européenne et française en matière de protection contre les dangers des rayonnements ionisants.

2- de la nouvelle norme sur la contamination radioactive des aliments élaborée par la Commission du Codex alimentarius. Cette commission (qui dépend à la fois de la FAO et de l'OMS) est chargée d'établir les normes de référence pour le commerce international des denrées alimentaires.

Les auteurs de ces projets affirment que toutes les parties prenantes ont été consultées et ont donné leur aval. C'est totalement inexact. En France, le niveau d'information des consommateurs et des professionnels de l'alimentaire est pratiquement inexistant alors que l'impact économique et sanitaire des changements réglementaires sera majeur.

Il s'agit des projets les plus inquiétants que la
CRIIRAD ait eu à traiter depuis sa création en 1986. Aliments bio ou pas seront systématiquement irradiés si ces projets sont signés. Rappelons en effet que les produits radioactifs sont reconnus comme cancérigènes et mutagènes.

Pour vous opposer à ce projet, vous pouvez signer la pétition sur le site de la
CRIIRAD, une association citoyenne de mesure de la radioactivité et de lutte contre les abus du lobby nucléaire.

CONSTITUTION EUROPÉENNE

Rejet massif de la Constitution européenne en France

29.05.2005


(AP) Le projet de constitution européenne a été massivement rejetté par les électeurs français, avec 55% de "Non" et un fort taux de participation (70%).

Selon un sondage IPSOS, les jeunes, les ouvriers et les chômeurs ont davantage voté "non" que les femmes, les retraités, les cadres ou les professions libérales, et les hommes ont davatage voté Non que les femmes. Les hommes ont voté à 57% contre la Constitution européenne, tandis que les femmes ne l'ont rejetée qu'à 53%.

Score du Non par classe d'âge:
18-24 ans: 59%
25-34 ans: 56%
35-44 ans: 59%
45-59 ans: 60%
60-69 ans: 45 %
+ de 70 ans: 41 %

Score du Non par activité professionelle:
ouvriers: 70%
employés: 67%
chômeurs: 67%
agriculteurs: 61%
professions intermédiaires: 54%
travailleurs indépendants: 53%
artisans et commerçants: 49 %
retraités: 45%
professions libérales: 35 %

Ce sondage a été réalisé à la sortie des bureaux de vote par IPSOS auprès de 3.355 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française inscrite sur les listes électorales.
 

voir la page consacrée au sens et aux perspectives du Non français

CONSTITUTION EUROPÉENNE

Les Pays-Bas rejettent à leur tour massivement la Constitution

01.06.2005


(Reuters/AFP) Trois jours après la large victoire du "non" en France, les Pays-Bas ont affaibli un peu plus le projet de Constitution européenne en se prononçant massivement contre le texte avec près de 63% de "Nee", ignorant les appels de l'immense majorités des partis politiques, des organisations professionnelles ou des ONG. La participation a été également massive pour les Pays-Bas (63%).

Le référendum néerlandais est seulement consultatif mais les partis politiques et les ministres ont fait savoir qu'ils suivraient la volonté populaire en cas de participation supérieure à 30%, ce qui est le cas.

Les cinq principaux partis néerlandais, dont les trois formations de la coalition gouvernementale, avaient fait campagne pour le "Oui".

Les Pays-Bas, l'un des six pays fondateurs de l'Union européenne dans les années 1950, ont vu ces dernières années une montée en puissance de l'hostilité à Bruxelles dans un contexte de tensions politiques et sociales accrues.

Multiforme comme en France, l'opposition au traité s'est appuyée sur le mécontentement des Néerlandais à propos de l'euro et de la forte hausse des prix, la crainte qu'ils ont de perdre le contrôle de leur politique d'immigration, leur hostilité à la candidature de la Turquie à l'UE et la peur de voir Bruxelles s'attaquer aux libertés des néerlandais sur les drogues douces, l'euthanasie, l'avortement, ou le mariage homosexuel.

Du côté des partisans du Oui, l'heure était à l'autocritique et aux moyens de combler le "gouffre" entre la population et la classe politique majoritairement favorable à la Constitution. "Le non est un signal aux politiques pour dire: arrêtez-vous et écoutez-nous", a déclaré Maurice de Hond, directeur d'un des principaux instituts de sondage des Pays-Bas. Selon une enquête de l'institut Maurice de Hond réalisée à la sortie des bureaux de vote, 58% des partisans du non sont mécontents de la manière dont évolue l'UE, 30% du texte lui-même, et 11% de la situation politique aux pays-Bas.

Contrairement à Jean-Pierre Raffarin en France, le Premier ministre néerlandais de centre-droit Jan Peter Balkenende, au pouvoir depuis 2002, avait exclu de démissionner en cas du victoire du "non", estimant qu'il reviendrait au parlement de décider de la suite des événements, puisque les députés ont lancé cette consultation alors que lui-même y était hostile."

voir la page à propos de la victoire du Non aux Pays-Bas

CONSTITUTION EUROPÉENNE

La révolte des peuples

02.06.2005


(Yahoo) Depuis le 1er Juin, la France n'est plus le "mouton noir" de l'Europe. Le "nee" hollandais n'est pas seulement impressionnant par son ampleur: 62% des voix avec une participation spectaculaire de 63% pour un pays sans tradition référendaire. Ce Non devrait tout autant inquiéter les dirigeants de l'Union que le Non français.

Si la Hollande est un petit pays, elle avait toutes les caractéristiques du parfait soldat de la construction européenne. Depuis 1944, les Pays-Bas participent à une sorte de micro-Europe, le Benelux. L'orgueil nationaliste des Néerlandais peut difficilement être invoqué pour expliquer leur geste. Et le plat pays du joint légal a longtemps été un exemple de tolérance et d'ouverture qui ne le prédisposait guère aux crispations du repli. Le "modèle des polders" n'est certes plus qu'un souvenir. Des courants protestataires fleurissent, des tensions communautaires surgissent et le gouvernement est aussi impopulaire à Amsterdam qu'à Paris. Mais la crise hollandaise a bel et bien une dimension européenne. Si les Allemands avaient voté, certains de leurs dirigeants le susurrent, le "nein" aurait pu l'emporter. Face à ces réalités, il ne suffit pas de railler une contestation assurément bigarrée. Les Néerlandais ne sont pas subitement devenus un ramassis de xénophobes, néo-fascistes, démagogues et autres gauchistes. Le "populisme" est la courte explication de ceux qui se voilent la face. On ne peut pas construire l'Europe contre ses peuples.

Éric Dupin

RÉSISTANCE

Marche pour la décroissance - du 7 juin au 3 juillet 2005

31.03.2005


Dans la tradition des grandes marches non-violentes, une grande marche pour la décroissance se déroulera au mois de juin 2005, avec la participation de José Bové, le généticien Albert Jacquard, et le biologiste Jacques Testard, entre autres. Une grande marche ouverte à tous ceux qui résistent à cette société de consommation, de gaspillage et de croissance dont seules la technique et la science seraient les remèdes Une grande marche ouverte à tous ceux qui comprennent que pour transformer ce monde, il faut aussi transformer son mode de vie, et en finir avec l'idéologie publicitaire. Une grande marche conviviale sur les chemins, sans aucun moteur, en prenant le temps de discuter et d'échanger. Une grande marche avec François Schneider et l'ânesse Jujube qui parcourent la France depuis 1 an pour la décroissance. Une grande marche qui se conclura le 3 juillet 2005 devant le circuit de Magny-Cours pendant le Grand Prix de France de Formule1, ultime symbole de tous les gaspillages.

La marche partira le 7 Juin de Lyon. Elle traversera les monts du Lyonnais jusqu'à Roanne puis suivra le canal de la Loire jusqu'à Decize avant d'arriver à Magny-Cours le 3 juillet. A tout moment du parcours il sera possible de rejoindre la marche notamment aux étapes accessibles par le train. N'hésitez pas à venir la rejoindre même seulement pendant quelques jours. Cet itinéraire pourra être modifié selon les propositions d'accueil et d'organisation d'événements le long du parcours.

Plus d'infos sur le site décroissance.org

PRIX NOBEL DE LA PAIX

Prix Nobel de la paix 2004, Wangari Maathai exhorte à un "nouveau niveau de conscience" pour sauver la Terre et ses habitants

10.12.2004


(AP) En recevant son prix Nobel de la paix, la Kenyane Wangari Maathai a lancé une mise en garde face à la quantité de menaces qui pèsent sur le monde, maladie, guerre, déforestation, exhortant à changer de manière de penser pour sauver la planète.

Soulignant que la planète est menacée par l'homme, Wangari Maathai a lancé un appel en faveur de réformes démocratiques et estimé qu'il fallait mettre un terme à la course au profit des entreprises.

"Il ne peut y avoir de paix sans développement équitable, et il ne peut y avoir de développement sans gestion durable de l'environnement dans un espace démocratique et pacifique.
(...)
Il faut que l'humanité cesse de menacer son système de vie. Nous sommes appelés à aider la Terre à guérir de ses blessures, et à guérir les nôtres en cours de route, à prendre en compte toute la création dans sa diversité, sa beauté et ses merveilles.
Dans le courant de l'histoire, arrive un moment où l'humanité est appelée à passer à un nouveau niveau de conscience, un terrain moral plus élevé. Un moment où nous devons nous débarrasser de la peur et nous donner espoir les uns aux autres. Ce moment est arrivé."

Agée de 64 ans, Wangari Maathai est une militante de la protection de l'environnement. Le prix Nobel de la Paix lui a été attribué pour récompenser sa lutte en faveur des femmes, pour la reforestation de l'Afrique, et contre la corruption. C'est la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix.

AUTRE MONDE

Forum social européen à Londres

15.10.2004


(AFP) Le coup d'envoi du 3ème Forum social européen (FSE) a été donné à Londres par le maire de la capitale britannique Ken Livingstone (travailliste) en présence de plusieurs personnalités, et devant environ 1.500 militants altermondialistes.

Très applaudi, Ken Livingstone a donné le ton aux débats qui devraient être largement dominés par la question de la guerre en Irak, en déclarant: "J'espère que nous sommes dans les derniers jours de l'administration Bush".

Quelque 5.000 personnes étaient logées au Dôme du millénaire, dans l'est de Londres, sur les bords de la Tamise. Parmi les premiers inscrits figuraient beaucoup de jeunes, habitués des forums. Le Forum s'est terminé par un concert et une manifestation de 50.000 personne contre la guerre en Irak.

ÉTATS-UNIS

Manifestations anti-Bush et arrestations en masse
à la Convention Républicaine de New York

28.08.2004


(AFP) La police new-yorkaise a procédé à l'arrestations de 300 manifestants anti-Bush à deux jours de l'ouverture de la convention républicaine dans un New York sous haute surveillance. Plus de 10.000 policiers dont des unités spéciales et des démineurs ont été mobilisés à cette occasion. Un strict périmètre de sécurité a été dressé aux abords du Madison Square Garden, là où doit se tenir la convention.

Plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblées pour manifester de Brooklyn à Manhattan. Les manifestants ont scandé des slogans anti-Bush et en faveur du droit à l'avortement. Plus 5000 de cyclistes en faveur de la défense de l'environnement s'étaient joints à la manifestation. Selon le commissaire adjoint de la police Paul Browne, ils ont causé des "perturbations massives" et mis en danger les automobilistes.

Les manifestants ont pour leur part affirmé que leur rassemblement était pacifique, qualifiant les interpellations de démonstration de force excessive.

La ville de New York, un bastion démocrate, est majoritairement hostile aux républicains qui se préparent à introniser officiellement George W. Bush comme candidat à un second mandat. M. Bush est attendu à New York tout auréolé de sondages à la hausse, en dépit d'une croissance économique ralentie, d'une augmentation de la pauvreté, et d'une situation irakienne qu'il vient d'admettre avoir "mal évaluée".

ÉTATS-UNIS

400.000 manifestants anti-Bush à New York

29.08.2004





(AFP/Reuters) Une seconde manifestation a réuni 400.000 personnes dans les rues de New York à l'appel de nombreuses organisations anti-Bush. Le cortège des manifestants s'étirait sur 2 kilomètres.

Plusieurs personalités étaient présentes, notamment le révérend Jesse Jackson et Michael Moore, le réalisateur de Fahrenheit 9/11".

"Aujourd'hui nous envoyons notre message", a lancé Leslie Cagan, dirigeante du mouvement "United for Peace and Justice". "Nous sommes la majorité dans ce pays. La majorité de ce pays est contre la guerre", a ajouté Michael Moore, s'adressant à la foule rassemblée au point de départ de la manifestation. "Nous allons réserver un bon accueil aux républicains car nous savons qu'ils sont un peu déprimés: Pour eux, la fin est proche. Il faut leur adresser un gentil sourire et un petit signe de la main", a-t-il ironisé.

Plusieurs manifestants avaient déployé un ballon géant en forme de globe terrestre. Beaucoup de pancartes rappellent les manifestations pacifistes de l'hiver dernier: "Ramenez les soldats à la maison" ou encore "Pas de sang pour le pétrole", "Irak et Vietnam. Tant de mensonges délibérés. Tant de vies gâchées". "Irak est le mot en arabe qui veut dire Vietnam", affiche une autre, à côté de ce slogan des années 1960 remis au goût du jour: "Arrêtez de vous plaindre et commencez la révolution".

"Cette élection est beaucoup trop importante pour ne pas manifester", explique Kerry Jones, un employé municipal de 52 ans, venu de l'Ohio, un Etat qui s'annonce très disputé. "Nous avons 45 millions de personnes sans couverture sociale, ce qui est criminel. Pour ce qui est de la guerre, il va sans dire qu'on n'avait rien à faire là-bas, ajoute-t-il.

Barbara Cobran, médecin de 62 ans, en longue robe blanche, bijoux et chapeaux, résume sa démarche: "Nous sommes contre la guerre et contre la perte de nos libertés civiles. L'administration Bush ne fait qu'augmenter le terrorisme et la colère dans le monde". "J'espère que nous allons montrer fortement notre opposition", ajoutait Laura Pessieri, 27 ans, agitant une banderole où l'on pouvait lire, à côté de la photo de Bush: "menace imminente pour la démocratie".

Les manifestants, qui se sont vus interdire de défiler dans Central Park, ont effecté une boucle autour du Madison Square Garden, empruntant notamment la 7ème Avenue. Environ 200 personnes ont été interpellées pour des délits mineurs, notamment entrave à la circulation. Ces dernières arrestations portent à près de 500 le nombre d'interpellations depuis le début des manifestations anti-Bush la veille à New York. D'autres manifestations moins importantes devraient avoir lieu durant toute la semaine de la Convention.

ÉTATS-UNIS

3è jour de manifestations anti-Bush à New York

31.08.2004


(AP) Au deuxième jour de la Convention républicaine à New York, des manifestants portant des nez de cochon s'en sont pris mardi au vice-président américain Dick Cheney et à son ancienne société Halliburton, qu'ils accusent de tirer profit de la guerre en Irak.

Affirmant être des employés "d'Hallibacon", ils ont manifesté devant l'hôtel où séjournent les délégués républicains du Texas, scandant "Nous aimons l'argent. Nous aimons l'argent. Nous aimons encore plus Cheney".

La police new-yorkaise a encerclé les manifestants et tout un secteur du centre de Manhattan de filets de sécurité orange, interpellant 270 personnes.

ÉTATS-UNIS

4è jour de manifestations anti-Bush à New York

01.09.2004


(AP/AFP) Aux abords de la bibliothèque publique de New York, à Ground zero et dans les rues adjacentes du Herald square, les manifestants ont promis de faire passer leur message. "Les gens ici essayent de remettre en question la politique d'un gouvernement corrompu. Ils descendent dans la rue et n'ont pas besoin de demander la permission", a affirmé Gan Golan, manifestant de 30 ans.

Devant les studios de la chaîne de télévision Fox News, la police casquée et portant des boucliers, a dû utiliser des barrières pour contenir le millier de manifestants dénonçant les liens de la chaîne avec les Républicains. "Ces dernières années, les médias grand public ont marché main dans la main avec le gouvernement Bush, maintenant il est temps de défiler contre eux," dit Fair, organisation de veille des médias établie en 1986. "Qu'il s'agisse de guerre en Irak, du recompte de Floride en 2000, du Patriot Act, les médias grand public se sont plus comportés en toutous qu'en chiens de garde".

Des manifestants portant des nez de cochon s'en sont également pris mardi au vice-président américain Dick Cheney et à son ancienne société Halliburton, qu'ils accusent de tirer profit de la guerre en Irak.

Affirmant être des employés "d'Hallibacon", ils ont manifesté devant l'hôtel où séjournent les délégués républicains du Texas, scandant "Nous aimons l'argent. Nous aimons l'argent. Nous aimons encore plus Cheney".

Enfin, plusieurs milliers de personnes brandissant des tracts roses, la couleur des feuilles de licenciement souvent utilisées par les compagnies américaines, ont formé mercredi une file d'attente de chômeurs symbolique qui s'est étirée sur cinq kilomètres de Wall Street jusqu'au site de la Convention républicaine à New York.

Selon la police, plus de 1.500 personnes ont été arrêtées dans le cadre de manifestations contre la convention républicaine depuis la semaine dernière, bien que les défilés ait été pacifiques.

ÉTATS-UNIS

Un juge ordonne la libération de 470 manifestants anti-Bush

04.09.2004


(AP) Un juge de la cour suprême de l'Etat de New York a ordonné jeudi la libération de 470 manifestants anti-Bush interpellés pendant la Convention républicaine.

Le juge Cataldo a imposé à la Ville de New York une amende de 1000 dollars par jour et par détenu non libéré après la date butoir du 3 Septembre à 17h.

Environ 50 des détenus avaient entamé une grève de la faim pour protester contre leur maintien en détention avant leur mise en accusation. Les avocats des détenus se sont félicité de la décision du juge, alors que les représentants de la Ville affirmaient faire tout leur possible pour se conformer à la décision, tout en déclarant: "Nous ne pouvons pas simplement ouvrir les portes des prisons de New York et laisser tout le monde sortir".

Pendant la convention et les quelques jours qui l'ont précédée, la police de New York a arrêté plus de 1.700 manifestants, dont près de 1.200 durant la journée de désobéissance civile le 1er Septembre.

ÉTATS-UNIS

"Farenheit 911", le film de Michael Moore ovationné à Cannes

17.05.2004


(AP) - Michael Moore a créé l'événement au 57e Festival de Cannes, en présentant en première mondiale "Fahrenheit 9/11", violente critique contre George Bush et la guerre en Irak. "Je suis Américain, je vis aux Etats-Unis, j'aime mon pays et je me sens mal à l'aise sur ce qui est fait en notre nom là-bas. Et je voulais dire au monde entier qu'il y a des millions d'Américains comme moi", dit Michael Moore en parlant de l'Irak. Le film a été ovationé pendant vingt minutes après la projection. Aux dires de responsables, jamais auparavant, une oeuvre en compétition à Cannes n'avait eu droit à un tel déferlement de sympathie de la part des festivaliers.

"Fahrenheit 9/11", fait d'interviews, d'extraits de films, d'images télévisées et de divers documents, commence par accuser George Bush d'avoir volé sa victoire en 2000 dans le scrutin de Floride. Puis les attentats du 11 septembre 2001 sont évoqués, ainsi que les relations financières des Bush avec la famille royale saoudienne, la famille ben Laden et l'industrie texane du pétrole. La seconde moitié du film est consacrée à la guerre en Irak, dénnoncée comme un énorme mensonge du gouvernement américain envers ses citoyens.

L'humour grinçant du film a pour effet de ridiculiser un George Bush incapable, prétentieux et mal à l'aise devant les décisions importantes. Le cinéaste accuse Bush d'incompétence et d'incurie, et le cite comme responsable "d'énormes perturbations dans le monde".

Aux Etats-Unis, le film devait être distribué par Miramax. Mais Miramax est une filiale de Disney dont le PDG, Michael Eisner soutient Bush. Disney a donc refusé que sa filiale Miramax distribue le documentaire aux Etats-Unis. Le film devrait néanmoins sortir en Juillet aux Etats-Unis et en Septembre en France.
  

ÉTATS-UNIS

"Farenheit 911" remporte la palme d'or à Cannes

22.05.2004


(AFP) - "Fahrenheit 9/11", le brûlot anti-Bush de Michael Moore, a reçu samedi la Palme d'or du 57e Festival de Cannes. C'est le premier documentaire à gagner la Palme d'or à Cannes depuis "Le monde du silence" de Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle en 1956. Michael Moore, qui s'est dit "écrasé" par l'émotion, a exprimé l'espoir que cette récompense permette à son film de sortir aux Etats-Unis, pour que "le peuple américain puisse le voir" et pour "faire sortir la vérité". "Si on dit la vérité au peuple, la République sera sauve", a-t-il ajouté citant l'ancien président Abraham Lincoln, "un Républicain d'une autre trempe".

Michael Moore a également indiqué avoir "le grand espoir que les choses changent". "Je ne suis pas seul. Il y a des millions d'Américains comme moi et je suis comme eux". Il a souhaité dédier son film notamment au peuple irakien "et à tous ceux qui souffrent à cause de nous, les Etats-Unis", en soulignant que des millions de ses compatriotes partageaient ses idées.
 

CULTURE

Vent de contestation à Cannes

17.05.2004


(AP) - Alors que les intermittents du spectacle restent mobilisés pour dénoncer la réforme de leur assurance-chômage et que la grève du Carlton s'est étendue aux autres palaces de la Croisette, deux films ont fait souffler un vent de contestation anti-capitaliste sur le Festival: "Farenheit 911" de Michael Moore, et "The Edukators" de l'Autrichien Hans Weingartner (titre original: "Die Fetten Jahre sind vorbei"), avec Daniel Brühl et Stipe Erceg.

"The Edukators" met en scène trois jeunes gens d'une vingtaine d'années (deux garçons et une fille), en révolte contre le système occidental et ses injustices. La nuit, ils s'introduisent dans les villas désertes de familles riches pour y renverser les meubles et y tagger les murs et, sans rien voler, laisser derrière eux le petit mot "Vous gagnez trop d'argent".

Ces actions non-violentes de jeunes révoltés contre l'injustice sociale vont cependant prendre un tour dramatique quand, un soir, le propriétaire d'une villa rentre à l'improviste. Les trois Arsène Lupin révolutionnaires décident de l'enlever et se cachent avec lui dans un chalet de montagne où, au fil des conversations, le riche homme d'affaires leur racontera qu'il était comme eux à leur âge, en 1968, cheveux longs et révolte en tête...
  

RÉSISTANCE

Farenheit 911, le film de Michael Moore sur les écrans aux USA

26.06.2004





Michael Moore et le sénateur démocrate Robert Graham à la "première" du film
(AP) - Alors qu'il vient de sortir sur les écrans aux Etats-Unis, au Canada et en Europe, "Fahrenheit 9/11", le brûlot anti-Bush de Michael Moore enflamme la scène politique américaine, cinq mois avant l'élection présidentielle, et au moment où George Bush est sous le feu de critiques l'accusant d'avoir entraîné l'Amérique dans une spirale de violences et de chaos en Irak.

Le film de Michael Moore fait pousser des hauts cris aux Républicains qui tentent de faire censurer le film. Egalement scandalisé par le contenu subversif du documentaire, le lobby conservateur "Move America Forward" (Amérique en avant) qui soutient la politique de Bush, mène une ultime campagne pour dissuader les cinémas américains de le projeter. Le lobby a qualifié le film de "non-américain" et "non-patriotique", et menacé d'utiliser tous les moyens à sa disposition, pression économique et publique y compris, pour en empêcher la diffusion. Beau sens de la démocratie!

L'Association américaine de cinéma qui fixe les seuils d'âge pour les films, a également pris part au débat mardi en obligeant les mineurs âgés de moins de 17 ans à être accompagnés par un adulte. Moore y a répliqué en affirmant que cet âge n'empêchait pas Washington d'envoyer de jeunes recrues mourir en Irak.

A l'inverse, l'organisation anti-Bush MoveOn.org (Aller de l'avant) utilise internet pour inciter les Américains à aller voir le film en masse. "Ce film d'une force incroyable met à nu le cynisme et la cupidité présents derrière la politique guerrière de Bush", estime Eli Pariser, porte-parole de l'organisation. Selon lui, "les séquences surprenantes et révélatrices qu'on y voit ont le pouvoir de changer le cours de l'élection de 2004".

Palme d'Or au dernier Festival de Cannes, "Farenheit 9/11" est finalement distribué par les studios indépendants canadiens Lions Gate Film dans un millier de salles aux Etats-Unis, un record pour un documentaire. Il devait initialement être distribué par Miramax, filliale de Disney dont le PDG Michael Eisner (qui soutient Bush) a refusé de distribuer le film.

Le petit séisme politique qu'il a déclenché a offert une telle publicité au film qu'il devrait pulvériser le record de 24 millions de dollars enregistré au box-office par "Bowling for Columbine", le précédent film de Moore, primé aux Oscars.

"Fahrenheit 9/11", fait d'interviews, d'extraits de films, d'images télévisées et de divers documents, commence par accuser George Bush d'avoir volé sa victoire en 2000 dans le scrutin de Floride. Puis les attentats du 11 septembre 2001 sont évoqués, ainsi que les relations financières des Bush avec la famille royale saoudienne, la famille Ben Laden et l'industrie texane du pétrole. La seconde moitié du film est consacrée à la guerre en Irak, dénnoncée comme un énorme mensonge du gouvernement américain envers ses citoyens.

RÉSISTANCE

Michael Moore n°1 au box-office

29.06.2004


"Fahrenheit 9/11", le film de Michael Moore, s'est hissé ce week-end au sommet du hit-parade nord-américain avec 23,9 millions de dollars de recettes pour les trois premiers jours de sa sortie aux Etats-Unis et au Canada. Il surpasse même le record obtenu pour un film documentaire, ce record étant déjà détenu par Michael Moore avec "Bowling for Columbine".

Selon les distributeurs, "Fahrenheit 09/11" est aussi bien reçu par le public dans les petites que dans les grandes villes d'Amérique du Nord, dans les Etats réputés démocrates comme dans ceux républicains.
  

RÉSISTANCE

Succès phénomènal pour "Farenheit 9/11" aux Etats-Unis
Lettre de Michael Moore

04.07.2004


« Mes amis, Par où commencer? La semaine qui vient de s'écouler m'a donné le tournis. "Fahrenheit 9/11" a fait le plus grand nombre d'entrées dans les salles aux Etats-Unis, c'est le documentaire qui a eu le plus de spectateurs de l' histoire du cinéma. J'ai la tête qui tourne.
(...) Tous les jours, cette semaine, j'ai reçu une nouvelle info de la presse qui couvre Hollywood. Et j'avais à peine eu le temps de me remettre de la précédente que la suivante venait m'assommer. Il y a eu plus de spectateurs pour " Fahrenheit 9/11 " en 1 weekend que pour "Bowling for Columbine" en 9 mois. "Fahrenheit 9/11" a battu le record de "Rocky III" au Box Office: il a eu le plus grand nombre de spectateurs le premier weekend pour un film projeté dans moins de 1000 salles. "Fahrenheit 9/11 a battu le premier weekend du "Retour du Jedi". "Fahrenheit 9/11" a été immédiatement n°2 de l'histoire pour la moyenne des entrées par salle d'un film en sortie nationale. (...)

Mais ce sont les réactions et les récits que nous avons reçus des salles de tout le pays qui m'ont vraiment fait craquer. L'un après l'autre, les directeurs de salles téléphonaient pour dire que les spectateurs se levaient pour applaudir pendant le générique - dans des endroits comme Greensboro, la Caroline du Nord et Oklahoma City, et qu'ils avaient du mal à faire évacuer les salles après la fin du film parce que les gens étaient trop sonnés, ou qu'ils voulaient se rasseoir et parler à leurs voisins de ce qu'ils venaient de voir. A Trumbull, dans le Connecticut, une femme est montée sur son fauteuil après la projection, et a crié : "On va faire un meeting!" A San Francisco, un homme a retiré sa chaussure et l'a lancée sur l'écran quand Bush est apparu à la fin du film. Des groupes de paroissiennes de Tulsa, qui étaient allées voir le film, pleuraient à chaudes larmes à la sortie.

Ce sont ces spectateurs-là qui ont fait mentir tous les experts bavards des médias qui, avant la sortie du film, avait déclaré que seule la clique habituelle de la gauche pure et dure irait voir "Fahrenheit 9/11". Ils se sont complètement trompés. Des cinémas du Sud profond et du Middle-west ont battu les records absolus de fréquentation de leurs salles. Oui, des salles ont affiché complet à Peonia. Et à Lubbock, au Texas. Et à Anchorage, en Alaska.

Tous les journaux, les uns après les autres, ont publié, incrédules, des histoires complètement invraisemblables de gens qui se disaient "Indépendants" et "Républicains", et qui sortaient du cinéma bouleversés et en pleurs, jurant qu'ils ne pourraient, en conscience, voter pour George W. Bush. Le New York Times a raconté l'histoire de cette femme d'une vingtaine d'années, républicaine conservatrice de Pensacola, Floride, qui a pleuré pendant tout le film, et qui a dit au journaliste: "Ca remet vraiment en question mon opinion du Président. Je me pose des questions sur ses motivations."

Dans Newsday, il y avait l'interview de cet homme, qui se décrivait comme un partisan convaincu de Bush et Cheney, et qui a eu, après la projection, une réaction très calme. Il a dit " Ce film m'a vraiment fait réfléchir sur ce qui se passe en réalité. Il y avait vraiment trop de choses. On ne peut pas balayer tout ça d'un revers de main ". L'homme a ensuite acheté trois autres tickets pour revoir le film.

Le Los Angeles Times a trouvé une mère de famille qui avait soutenu férocement Bush, dans un cinéma de Des Peres, dans le Missouri. En sortant de la salle, les yeux humides, Leslie Hanser a dit qu'elle comprenait enfin. "Je suis très émue". Elle s'est arrêtée, et a fait un geste de la main pour montrer qu'elle n'arrivait pas à trouver ses mots: "Je pense que nous n'avions pas encore vu toute la vérité auparavant".

Pour conclure, je voudrais vous dire que les réactions les plus encourageantes au film sont venues de nos soldats et de leurs familles. Les salles situées dans des villes de garnison dans tout le pays ont toutes fait le plein. Nos troupes connaissent la vérité. Elles l'ont vue de leurs yeux. Et beaucoup de soldats ne croyaient pas que c'était un film qui était REELLEMENT de leur côté - pour qu'ils rentrent chez eux sains et saufs et qu 'on ne les envoie plus jamais affronter le danger sauf en tout dernier recours. (...)

Merci encore à vous tous pour votre soutien. Ensemble, nous avons écrit un chapitre des livres d'histoire. Et toutes mes excuses au "Retour du Jedi". Nous nous rattraperons en réalisant "Le retour du texan à Crawford", en novembre. La farce soit avec vous, mais plus pour longtemps. »

Michael Moore - mmflint@aol.com
  

DVD

"Le monde selon Bush" - Un documentaire à ne pas rater

24.06.2004



Ce film de William Karel raconte les mille jours de la présidence de Bush, des attentats du 11 septembre au bourbier de la guerre en Irak. Il dresse un état des lieux de l'Amérique d'aujourd'hui et tente de comprendre comment un petit groupe d'hommes, sous l'influence des faucons néo-conservateurs, a pris le contrôle de la politique étrangère américaine.

Le film dénonce la dynastie Bush au grand complet. On y découvre le grand-père de l'actuel Président, Prescott Bush, qui a fait fortune en faisant des affaires avec les nazis après l'arrivée au pouvoir de Hitler, avant de voir ses entreprises saisies pour collaboration avec l'ennemi. Les relations entre George Bush père et Saddam Hussein sont aussi largement évoquées.

"Le monde selon Bush" est en grande partie basé sur une enquête menée par Eric Laurent, grand reporter spécialiste de politique étrangère au Figaro, et auteur de deux livres, "
La Guerre des Bush" et "Le Monde secret de Bush".

"Le monde selon Bush" est sorti en DVD, après sa projection en salles et sa diffusion par Arte en Juin.

GUERRE EN IRAK

Al Gore condamne violemment la politique de Bush 

27.05.2004


(AP) - Lors d'un discours prononcé à l'université de New York, l'ancien vice-président démocrate Al Gore a fustigé "les valeurs tordues et les politiques atroces" de l'administration Bush en Irak, et a demandé la démission du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, de la conseillère à la sécurité nationale Condoleezza Rice et du directeur de la CIA George Tenet.

"Comment osent-ils nous soumettre à un tel déshonneur et à une telle disgrâce! Comment osent-ils traîner le beau nom des Etats-Unis d'Amérique dans la boue d'une prison de torture de Saddam Hussein! (...) C'est un désastre pour notre pays. Il est le résultat des valeurs tordues et des politiques atroces aux plus hauts niveaux de notre gouvernement", a martelé Al Gore. "Donald Rumsfeld doit démissionner immédiatement! Notre nation est en danger chaque jour tant que Rumsfeld reste secrétaire à la Défense. Nous avons besoin de quelqu'un avec un bon jugement et du bon sens."

Pour Al Gore, la situation en Irak est de moins en moins sous contrôle. "J'appelle aujourd'hui les républicains aussi bien que les démocrates à se joindre à moi pour demander la démission immédiate de ceux qui sont en dessous de George W. Bush et de Dick Cheney, qui sont les plus responsables d'avoir créé la catastrophe à laquelle nous faisons face en Irak", a-t-il déclaré. Quant à Condoleeza Rice, elle "a mal géré la coordination de la politique de sécurité nationale", a-t-il souligné, demandant également sa démission immédiate.

à lire également, le discours vibrant d'Al Gore à Georgetown
 

GUERRE EN IRAK

Des diplomates et des militaires américains dénoncent la diplomatie désastreuse de Bush

16.06.2004


(AFP) - Affolés, dégoûtés ou attristés par la diplomatie "désastreuse" du président George W. Bush dans le monde, d'anciens diplomates et militaires de haut rang américains ont tiré la sonnette d'alarme, publiant une lettre ouverte pour réclamer un changement politique.

Le groupe réunit notamment le général retraité Joseph Hoar, commandant des forces américaines au Moyen-Orient sous la présidence de George Bush père, l'amiral à la retraite William Crowe, chef d'état-major interarmes sous Ronald Reagan, et l'amiral à la retraite Stansfield Turner, ancien patron de la CIA. Il compte également 20 anciens ambassadeurs, nommés par des présidents républicains ou démocrates, dont Jack Matlock, nommé en poste en Union soviétique par Ronald Reagan.

Cette initiative est très inhabituelle car normalement, les anciens diplomates et chefs militaires observent un devoir de réserve, évitant les déclarations politiques, surtout lors d'une année électorale.

Les signataires s'inquiétent notamment de la dégradation de l'image des Etats-Unis dans le monde, attestée par de nombreuses études et sondages.

Jamais, de toute leur histoire, "les Etats-Unis n'ont été aussi isolés parmi les nations, n'ont suscité autant de crainte et de méfiance", regrette le texte signé par ces 27 responsables, qui se présentent comme "démocrates pour certains, républicains pour d'autres, beaucoup ayant voté pour George W. Bush".

"C'est cette administration qui s'est éloignée de moi, et pas le contraire", dit avec amertume le général Merrill McPeak, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air, qui se présente comme un républicain de longue date. "Notre diplomatie a été aussi maladroite que possible", regrette-t-il, jugeant aussi que la planification militaire a été largement insuffisante en Irak. L'administration Bush n'a pas du tout préparé l'après-guerre en Irak. "Nous voyons donc se derouler devant nous un désastre complet", dit-il.

"Les choses sont allées si loin, pouvons-nous encore réparer les dégâts?", s'alarme, visiblement ému, le diplomate et ancien secrétaire d'Etat adjoint Bob Oakley. Le scandale des tortures dans la prison d'Abou Ghraib, près de Bagdad, est une "catastrophe sur le plan moral", ajoute Bob Oakley. "Nous sommes arrivés pour montrer l'exemple au Moyen-Orient et qu'avons-nous fait ? Tout le contraire".

Les Etats-Unis ont dépensé des milliards. De nombreuses vies, américaines et irakiennes, ont été perdues. "Notre réputation internationale a été atteinte. Pour tout cela, il est trop tard", répond Dan Philips, ancien ambassadeur en Afrique.

Pire encore, grâce aux Etats-Unis, les ennemis d'hier, baassistes et islamistes, se sont trouvés des points communs. "Nous leur avons permis de surmonter leurs différences. Un remarquable exploit diplomatique", ironise Chas Freeman, ex-secrétaire adjoint à la Défense et ancien ambassadeur en Arabie saoudite. Chas Freeman estime que la manière dont l'administration Bush a géré les relations avec le monde islamique est particulièrement nuisible aux intérêts américains sur le long terme.

Chas Freeman a également dénoncé "l'hystérie" qui a saisi le pays après les attentats du 11 septembre 2001, soulignant les abus en termes de droits de l'homme et de libertés civiles qui ont suivi.

Evoquant une administration Bush "aveuglée par l'idéologie", Bob Oakley affirme que "jamais auparavant, nous n'avons été si nombreux à éprouver le besoin d'un changement de direction majeur dans notre politique étrangère".

Les signataires s'inquiétent de la dégradation de l'image des Etats-Unis dans le monde, attestée par de nombreuses études et sondages.

Une soixantaine d'anciens diplomates américains avaient déjà vivement critiqué en mai la politique de Washington au Proche-Orient dans une lettre au président Bush, une initiative jugée alors exceptionnelle.
  

OCÉANS

Greenpeace réclame des mesures de protection des océans 

04.06.2004


(AFP) - Dix militants de l'organisation écologiste Greenpeace ont escaladé les tours de la cathédrale inachevée de la Sagrada Familia à Barcelone pour réclamer des mesures de protection des océans.

Les militants écologistes ont déployé deux banderoles géantes portant des inscriptions "Sauvez nos océans" en anglais et catalan, à la veille de la journée mondiale de l'environnement, qui sera marquée par la réunion à Barcelone du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Greenpeace réclame notamment par cette manifestation un moratoire immédiat sur un système de pêche en eaux profondes mettant en oeuvre des filets traînants fortement lestés, qui "détruisent tout sur leur passage", en particulier "des coraux qui ont mis des centaines d'années à se développer". "Des milliers d'espèces sont gravement menacées par la pêche traînante en eaux profondes", dénonce Greenpeace, "nous ne pouvons pas continuer à exploiter les océans jusqu'à leur extinction".
 

INTELLIGENCE ANIMALE 

La vengeance des éléphants en deuil

23.05.2004


(AP) Une horde d'éléphants a détruit les maisons d'un village, semé la panique et fait fuir la population, furieux après la mort d'un des leurs tué par des braconniers dans le sud-est du Bangladesh, a annoncé un responsable des services forestiers.

Trois jours plus tôt, un jeune éléphant mâle avait été tué et ses défenses arrachées, dans les collines du district de Cox's Bazar, à 300 km au sud-est de Dacca, la capitale.

Réagissant à ce décès, un groupe d'une vingtaine d'éléphants s'est déchaîné, déracinant les arbres, détruisant quelque 50 huttes et forçant un millier de villageois à s'enfuir. Dans le même temps, plusieurs des éléphants montaient la garde autour du cadavre de leur camarade, empêchant les humains de s'en approcher et lançant des barrissements de deuil.

Tuer les éléphants et vendre l'ivoire est interdit au Bangladesh, puni de peines allant jusqu'à cinq ans de prison. Mais les braconniers sont nombreux, une seule défense de 30 kilos pouvant rapporter jusqu'à un millier de dollars dans les pays voisins, Birmanie, Inde ou Thaïlande.
 

MEXIQUE

Des Indiens du Chiapas menacent de brûler un maire corrompu

10.08.2004


(AFP) Des milliers d'Indiens du Chiapas, dans le sud du Mexique, menaçaient de brûler le maire de San Juan Chamula et cinq de ses collaborateurs, accusés de corruption et séquestrés depuis une journée. Les Indiens de l'ethnie tsotsil, qui occupent la mairie, réclament la destitution du maire, José Gomez, et de son équipe qu'ils accusent d'avoir détourné trois millions de pesos (222.000 euros) qui devaient être investis dans des projets publics.

Environ 500 hommes de la police anti-émeute ont pris position dimanche soir autour du bâtiment de la municipalité de San Juan Chamula et des points stratégiques de ce village rural. Les Indiens ont bloqué avec des pylônes en bois les accès au village et demandent l'intervention du gouvernement de l'Etat du Chiapas "pour qu'il fasse justice".

Pendant ce temps à Oventik, 3.000 sympathisants de l'Armée zapatiste du sous-commandant Marcos célébraient dans une ambiance de fête le premier anniversaire des Conseils de bonne gouvernance, structures politiques autonomes, qui coïncide avec la journée internationale des peuples indigènes.

Les 12 millions d'Indiens du Mexique survivent avec un revenu par personne d'à peine un peu plus de 3.000 pesos (environ 210 euros) par an, selon la Confédération nationale paysanne.

RUSSIE AUSSI

Poutine sabre les avantages sociaux, la gauche proteste

03.08.2004


(AFP) La majorité de la Douma (chambre basse) a voté une loi qui réduit les vastes avantages sociaux hérités de l'URSS, une réforme libérale qui suscite une vive opposition à gauche. 304 députés ont voté pour le projet de loi, 120 contre, essentiellement les communistes, les membres du parti nationaliste de gauche Rodina et les quelques indépendants, mais aussi 5 membres du parti au pouvoir "Russie Unie".

Le jour du vote, les manifestants ont été nombreux autour du bâtiment du parlement, protégé par un dispositif de sécurité renforcé, alors que les députés examinaient à toute allure quelque 200 amendements retenus parmi près de cinq mille proposés tant par la majorité que par l'opposition. Le débat a été réduit au minimum: les parlementaires ont consacré une minute en moyenne à chaque amendement.

La réforme, soutenue par le président Vladimir Poutine, touchera en premier lieu près de 30 millions de Russes vivant au dessous du minimum vital
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RÉSISTANCE

"Manifestations du Lundi" contre les réformes libérales en Allemagne

09.08.2004


(AFP) Des dizaines de milliers de personnes hostiles aux réformes sociales du gouvernement ont défilé lundi dans plusieurs villes de l'est de l'Allemagne, dans la tradition des "manifestations du lundi" organisées contre l'ancien régime communiste de RDA, une référence historique qui irrite le Parti social-démocrate (SPD) au pouvoir.

Les manifestations, qui avaient débuté la semaine dernière dans l'ex-RDA, se sont étendues à de grandes villes de l'ouest de l'Allemagne. Lundi 16 Aout, une grande manifestation est prévue à Berlin.

Au total des défilés ont eu lieu dans une trentaine de villes. Certains manifestants, qui brandissaient des pancartes "Schroeder doit partir", demandaient la création "d'un nouveau parti de gauche".

"Ces manifestations du lundi sont un symbole; nous voulons donner aux gens un podium pour leur contestation", a affirmé Winfried Helbig, membre de Forum social de Leipzig, organisateur local de la marche. "La manifestation du lundi va redevenir une institution", s'est réjoui Andreas Ehrholdt, organisateur à Magdebourg (centre-est). Quant à Heidemarie Ehlert, organisatrice à Dessau (est), elle s'est déclarée surprise par le succès des manifestations: "Personne n'avait prévu que les gens soient si nombreux pour se battre contre cette destruction sociale".

Les mouvements organisateurs comme le réseau anti-mondialisation ATTAC entendent manifester régulièrement les lundis: "nous voulons rappeler 1989, quand les gens (de l'ex-RDA) ont dit: ça suffit".

Les manifestations trouvent un écho dans les régions de l'ex-RDA où la réforme du marché du travail, adoptée en juillet, frappent les chômeurs qui forment entre 17% et 20% de la population active.

Devant entrer en vigueur en janvier 2005, cette réforme clé de "l'Agenda 2010", le programme de modernisation de l'Etat-providence du chancelier Gerhard Schroeder, prévoit une réduction des aides aux chômeurs de longue durée et des incitations à accepter les emplois proposés. L'irritation est d'autant plus palpable que dans les syndicats et l'aile gauche du SPD, certains parlent ouvertement de faire tomber Schroeder, le dernier en date étant l'ancien président du SPD, Oskar Lafontaine.

La référence aux "manifestations du lundi" de 1989 qui avaient lieu à Leipzig (est) avant la chute du régime communiste de RDA a enclenché une violente polémique. Le porte-parole adjoint du gouvernement, Hans Langguth, a dénoncé "un niveau élevé d'hystérie" et la "désinformation" entretenus par les médias, leur reprochant de mettre l'accent sur les sacrifices plutôt que sur les bienfaits de la réforme contre le chômage structurel.

Auteur de la réforme controversée, le ministre de l'Economie, Wolfgang Clement, s'est insurgé: "Rien que la comparaison (avec 1989) est une insulte au courage civique dont beaucoup d'Allemands de l'Est ont fait preuve". Pourtant, le pasteur Christian Fuehrer, de l'église Saint-Nicolas de Leipzig, l'un des initiateurs des manifestations de 1989, a défendu les mécontents de 2004, affirmant "ne pas comprendre l'indignation de la classe politique". "On ne peut dire: bravo d'être descendus dans la rue contre les communistes, mais maintenant vous n'avez plus qu'à la fermer", a-t-il expliqué.

Le SPD se dit déterminé à aller au bout des réformes, estimant que les électeurs (qui ne sont plus que 23% à le soutenir), réaliseront plus tard leurs bienfaits.

RÉSISTANCE

Les "manifestations du Lundi" prennent de l'ampleur en Allemagne

17.08.2004


(AP) Plus de 60.000 personnes ont manifesté lundi 16 Août à travers l'Allemagne durant l'après-midi et en soirée, contre les projets de réforme du système social du gouvernement Schroeder.

Selon les organisateurs, le mouvement de manifestations commencé il y a deux semaines prend de l'ampleur, surtout dans les Lander de l'ex Allemagne de l'Est. Ils étaient ainsi 20.000 à Leipzig, soit deux fois plus que la semaine précédente, 15.000 à Magdebourg. Des manifestations ont également eu lieu à Berlin et dans de nombreuses autres villes.

Les manifestations sont organisées chaque semaine le lundi soir, évocation des marches en faveur de la démocratie pendant l'été 1989 en RDA, qui aboutirent à la chute du régime communiste en novembre, puis à l'unification avec l'Allemagne de l'Ouest.

Les manifestants protestent contre le plan de réforme du système de sécurité sociale allemand du chancelier Schroeder, appelé "Agenda 2010". Le projet prévoit des coupes claires dans la protection sociale afin de relancer l'économie.

ALLEMAGNE

Schroeder maintient le cap des "réformes" malgré la contestation

18.08.2004


Le chancelier allemand Gerhard Schroeder, est confronté à une vague de mécontentements causée par les "réformes" (privatisation du service public, réduction des aides sociales, réforme des retraites et de l'assurance-maladie...).

Dans une conférence de presse, Gerhard Schroeder est apparu imperturbable et sûr de lui, affichant une confiance sans faille dans sa politique. Le message était clair: montrer qu'il poursuivra sans faille son programme de réformes. Comme Raffarin en France, il a assuré qu'il ne changerait pas d'orientation, malgré le rejet de ces réformes par les Allemands. Le chancelier se dit convaincu que ses réformes seront à terme positives pour les Allemands qui n'en comprennent pas bien les enjeux complexes. Un refrain bien connu...

En dépit de 90.000 manifestants ayant défilé la veille encore dans les rues, il a annoncé que la réforme du marché du travail, qui prévoit la baisse de l'aide aux chômeurs de longue durée, sera mise en oeuvre "sans restriction" et "sans aucun changement", au 1er janvier 2005.

M. Schroeder a également dénoncé le parallèle abusif à ses yeux entre les nouvelles "manifestations du lundi" contre le régime néo-libéral, et les manifestations contre la dictature communiste à l'automne 1989 en RDA.

ALLEMAGNE

Nouvelles manifestations contre les réformes de Schröder

06.09.2004


(Reuters) Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus lundi soir dans les rues de plusieurs villes d'Allemagne, alors que le mouvement de protestation contre les réformes économiques du chancelier Gerhard Schröder entre dans sa 6è semaine. Les manifestations se sont, une fois encore, concentrées dans l'est du pays anciennement communiste, où les réformes seront le plus rudement ressenties. Dans les sondages, l'extrême gauche et l'extrême droite récoltent de plus en plus d'opinions favorables.

Quelques manifestants berlinois ont lancé des oeufs et des bouteilles de plastique contre le siège du SPD
(en photo), mais ils n'ont réussi qu'à atteindre des policiers. Il y a eu trois arrestations.

Ces manifestations intervenaient au lendemain de la déroute électorale du parti social-démocrate (SPD) de Schroeder dans le Land de Sarre, où il a perdu 13,5 points par rapport aux élections régionales de 1999 et réalisé son plus mauvais score depuis 1960 (30,8%).

Mais les dirigeants du SPD excluent de revenir sur les mesures décidées. Gerhard Schroeder s'est engagé à poursuivre sur la voie des réformes bien que les électeurs aient sanctionné une réorganisation tous azimuts du système de prestations sociales.

ALLEMAGNE

Déroute du SPD en Sarre

06.09.2004


(AP) Les électeurs allemands ont infligé dimanche une défaite cuisante au Parti social-démocrate (SPD) du chancelier Gerhard Schroeder, à l'occasion des élections au Parlement du Land de Sarre, reflétant ainsi un rejet général contre les coupes claires pratiquées par le gouvernement dans les programmes sociaux.

Comme les sondages l'avaient prévu, les socio-démocrates enregistrent une véritable déroute. Avec seulement 30,8% des voix, le SPD a perdu près de 14 points par rapport aux précédentes élections et s'effondre à son plus bas niveau depuis 1960 dans ce petit land de l'ouest du pays. Il perd 7 de ses 25 députés sortants. C'est la défaite électorale consécutive du SPD depuis les législatives qu'il avait remporté de justesse en 2002.

Les chrétiens-démocrates de la CDU (conservateurs) ont réussi à progresser de deux points par rapport à 1999. Avec 47,5% des suffrages, ils gagnent un siège et, avec 27 élus sur les 51 membres du parlement, confortent leur majorité absolue.

Les Verts et les libéraux-démocrates du FDP franchissent tous deux la barre des 5% et reviennent au parlement, avec trois élus chacun. Mais le scrutin, marqué par une forte abstention (55,5% de participation, contre 68,7% en 1999) a également vu le résultats surprenants de petits partis: les neo-nazis du NPD obtiennent 4,0%, le parti de la Famille 3,0% et les communistes du PDS 2,3%.
 

ÉLECTIONS RÉGIONALES

Vote de rejet massif contre le gouvernement

29.03 - 06.04.2004

Page spéciale - Elections régionales 2004
Le vote-sanction contre le gouvernement,
Jacques Chirac sourd au message des électeurs,
Raffarin persiste et signe,
les déclarations de Ségolène Royal,
et le changement de poste de Dominique De Villepin...

FRANCE - ACTION CITOYENNE

Appel contre la "guerre à l'intelligence"

21.02.2003


Une pétition a été lancée par l'hebdomadaire culturel "Les Inrockuptibles" pour dénoncer la guerre contre l'intelligence" qui est actuellement menée en France par le gouvernement Raffarin. 15.000 enseignants, magistrats, chercheurs, artistes, avocats ou étudiants ont déjà signé cet appel.

Parmi les signataires figurent les cinéastes Bertrand Tavernier, Claude Lanzmann, Patrice Chéreau, Catherine Breillat, François Ozon, Arnaud Desplechin, Pascale Ferran, Matthieu Amalric et Nicolas Philibert, les écrivains Philippe Djian, Martin Winckler, Marie Darrieussecq, l'historien Pierre Vidal-Naquet, le sociologue Alain Touraine, la psychanalyste Elisabeth Roudinesco, le philosophe Jacques Derrida, l'ancien Premier ministre Michel Rocard, le médecin urgentiste Patrick Pelloux et le metteur en scène Ariane Mnouchkine.

"Tous les secteurs du savoir, de la recherche, de la pensée, du lien social, producteurs de connaissance et de débat public font aujourd'hui l'objet d'attaques massives, révélatrices d'un nouvel anti-intellectualisme d'Etat. C'est à la mise en place d'une politique extrêmement cohérente que nous assistons. Une politique d'appauvrissement et de précarisation de tous les espaces considérés comme improductifs à court terme, inutiles ou dissidents, de tout le travail invisible de l'intelligence, de tous ces lieux où la société se pense, se rêve, s'invente, se soigne, se juge, se répare.
(...)

Le gouvernement Raffarin fait un usage simpliste et terrifiant des fameuses leçons des
élections présidentielles du 21 avril 2002 (...), dans ces secteurs les plus sensibles que sont l'hôpital et la santé, l'école et l'université, la justice et le travail social, la culture et l'audiovisuel public, au moment d'une fracture urbaine sans précédent entre des centre-ville riches et paisibles et des périphéries abandonnées (...), que fait le gouvernement? Il livre l'architecture, l'urbanisme et la construction d'un nouvel espace public aux grands groupes de BTP. Il dégraisse les corps intermédiaires de la communauté éducative en supprimant emplois-jeunes, aide-éducateurs, infirmières, surveillants. Il fragilise le monde du spectacle au nom d'une réforme nécessaire du régime de l'intermittence. Il démoralise les professions de santé et accélère la "fuite des cerveaux" dans les universités étrangères. Il profite du départ à la retraite des générations du baby-boom pour faire disparaître des secteurs de recherche, des spécialités médicales, des disciplines éducatives. Il procède à des coupes sombres dans les budgets du savoir et de la recherche. Et il résout la prise en charge des "vieux" par la culpabilisation des familles et la suppression d'un jour férié.

Cette guerre à l'intelligence est un fait sans précédent dans l'histoire récente de la nation. C'est la fin d'une exception française : un simple regard chez quelques-uns de nos voisins européens, dans l'Angleterre post-thatchériene ou l'Italie berlusconienne permet pourtant de voir ce qu'il advient des écoles, des hôpitaux, des universités, des théâtres, des maisons d'édition au terme de ces politiques qui, menées au nom du bon sens économique et de la rigueur budgétaire, ont un coût humain, social et culturel exorbitant et des conséquences irréversibles.
(...)"

vous pouvez signer la pétition et retrouver l'appel dans son intégralité sur le site des Inrockuptibles.
 

FRANCE - JUSTICE 

Victoire judiciaire des chômeurs exclus de l'assurance-chômage

15.03.2004




Chômeurs victorieux
à la sortie du tribunal de Marseille
265.000 chômeurs avaient été exclus de l'indemnisation en janvier 2004, à la suite de l'entrée en vigueur de la nouvelle convention d'assurance chômage qui a raccourci de 7 mois l'indemnisation. Cette mesure avait été décidée par l'état et le patronat, avec l'accord des syndicats "collaborationistes" au nouvel ordre économique (CFDT, CGC, CFTC).

L'état ayant renié ses engagements pris par contrat avec les personnes exclues, le tribunal de Marseille a donné raison à des chômeurs qui s'étaient regroupés pour porter plainte contre l'état.

Cette décision de justice pourrait faire jurisprudence, et la caisse d'assurance-chômage (l'UNEDIC) serait alors obligé d'indemniser chaque chômeur exclu qui porterait plainte. Environ 2.000 plaintes sont déjà déposées, et on peut s'attendre à ce que le nombre de plaintes augmentent dans les jours à venir...

En attendant, le MEDEF (l'organisation patronale) et la CFDT (syndicat soi-disant de gauche) sont à l'unisson pour dénnoncer une possible indemnisation générale des chômeurs exclus, sous pretexte que cela provoquerait une faillite de l'UNEDIC. La caisse d'assurance-chômage, co-financée par les cotisations salariales et patronales, devrait alors rembourser 1,5 à 2 milliards d'euros, alors qu'elle affiche déjà un déficit de 7 milliards, financé en partie par des emprunts. La dette de l'UNEDIC atteint actuellement 4 milliards d'euros (soit 26 milliards de francs).
 

FRANCE - JUSTICE 

Victoire définitive des chômeurs

03.05.2004


(AP) - Devant la menace d'une multiplication des plaintes déposées par les chômeurs "recalculés" contre l'état, et après l'enregistrement 112 nouvelles plaintes par le tribunal de Bordeaux le 28 Avril, le ministre de la "cohésion sociale" Jean-Louis Borloo a annoncé que les chômeurs "recalculés" seront réintégrés dans le système d'assurance-chômage et toucheront à nouveau leurs allocations.

"A partir d'aujourd'hui, ceux qu'on appelle les «recalculés» sont réintégrés dans leur droit", a déclaré Jean-Louis Borloo. L'Etat a décidé "d'aménager" le remboursement d'une dette de 1,2 milliard d'euros pour permettre à l'Unedic de verser les allocations aux chômeurs "recalculés", a-t-il ajouté. "De bonne foi, il y avait un droit acquis, une forme de contrat" pour ces chômeurs, a reconnu le ministre, pour qui "il ne servait à rien d'attendre" les décisions que doivent rendre d'autres tribunaux pour rétablir le versement des indemnités.

Le président du MEDEF, Ernest-Antoine Seillière, s'est félicité lundi des mesures "intelligentes" annoncées par M. Borloo, rappelant qu'une hausse des cotisations patronales eût été "impensable" pour son organisation.

 

RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Les chercheurs français dénoncent des conditions de travail misérables

11.01.2004


Dans le cadre du démantèlement organisé de l'état, les crédits accordés à la recherche publique sont en constante diminution depuis 10 ans. Aujourd'hui, les chercheurs français doivent travailler dans des conditions misérables. Les locaux sont souvent vétustes, le matériel de recherche est insuffisant ou dépassé, les postes de chercheurs ne sont pas assez nombreux, et les salaires sont misérables. Une fuite des cerveaux a déjà commencé. Les chercheurs français s'expatrient en masse aux Etats-Unis où on leur offre un salaire confortable et des conditions idéales pour mener leur recherches.

La situation est si grave que les chercheurs ont lancé un cri d'alarme au début du mois de Janvier. En tête du mouvement, on retrouve les scientifiques français les plus connus du public comme le généticien Axel Kahn, le physicien Pierre-Gilles de Gênes, ou le géophysicien et ancien ministre Claude Allègre. La
pétition du collectif de chercheurs "Sauvons la Recherche" a été signée par 65.000 scientifiques, dont la totalité des plus renommés, et de nombreux chercheurs menacent de démissionner, voire de quitter la France (dont Claude Allègre, en photo).
 

RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Démission en bloc de plus de 2000 directeurs de recherche

09.03.2004


Deux mois après avoir lancé un cri d'alarme sur la situation de la recherche publique en France, les chercheurs n'ont reçu que des engagements flous et insuffisants de la part de gouvernement Raffarin. 2086 directeurs de recherche ont donc démissionné en bloc, mettant à exécution la menace adressée au gouvernement par le collectif "Sauvons la Recherche".

La démission a été votée à une écrasante majorité lors d'une assemblée générale. Selon les chiffres annoncés par leur porte-parole Alain Trautmann lors d'une conférence de presse, 976 directeurs de laboratoire et 1110 chefs d'équipe ont confirmé leur démission de leurs fonctions administratives. Le collectif précise que des lettres de démissions continuent d'arriver par e-mail de toute la France et que le nombre de démissionnaires pourront donc encore grossir.

"Le travail d'un directeur de recherche, c'est de défendre ses chercheurs, et pas seulement de faire accepter les manques de moyens", a justifié Nadine Halberstadt, chercheuse en physique quantique à l'université Paul-Sabatier de Toulouse, expliquant qu'elle avait pris sa décision très rapidement "tant la situation était insupportable" dans son unité. Un autre chercheur en sciences humaines et sociales a évoqué "le bricolage permanent" pour récupérer "des micro-crédits", tandis que d'autres expliquaient leur nécessité de licencier des contractuels.


nouvelle manifestation des chercheurs
le 19 Mars devant l'Assemblée Nationale
Des manifestations de chercheurs ont également eu lieu à Paris et dans plusieurs villes de province, rassemblant au total près de 18.000 chercheurs (5000 à Paris, 5000 à Lyon, 200 à Bordeaux, 3000 à Montpellier...). On pouvait lire sur les banderoles "Non à la précarité, ni dans la recherche, ni ailleurs!", tandis que les manifestants réclamaient la démission de Jean-Pierre Raffarin et de la ministre de la recherche Claudie Haigneré. On a aussi pu entendre des jeunes chercheurs témoigner de la précarité du métier. "J'ai 28 ans. Actuellement, je soutiens ma thèse mais à la sortie, je n'aurais droit qu'au RMI", est
par exemple venu expliquer une intervenante.

Le site pour signer la pétition, que vous soyez scientifique ou simple citoyen (125.000 personnes ont signé la pétition ouverte aux non-scientifiques)
 

FRANCE - RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Victoire partielle des chercheurs après 3 mois de conflit

07.04.2004


(AFP) - Après 3 mois d'un conflit et une mobilisation sans précédent des chercheurs contre le gouvernement, et après le vote-sanction des élections régionales, le nouveau ministre de la recherche François Fillon a fait un geste en donnant satisfaction à l'une des principales revendications des chercheurs en annonçant la création de 550 postes "dans les plus délais les plus courts". Ces 500 postes se répartissent en 200 emplois de chercheurs et de 350 emplois d'ingénieurs et de techniciens. Le ministre a de surcroît annoncé la création de 1000 postes d'enseignants universitaires.

Le professeur Etienne-Emile Beaulieu (en photo), co-président du Comité d'initiative et de proposition, s'est félicité que le gouvernement ait "finalement entendu cette voix puissante de l'activité scientifique". "Cette crise et finie, tant mieux, mais tant pis pour nous qui allons devoir travailler beaucoup pour redresser la situation insuffisante du point de vue du budget, insuffisante du point de vue de l'organisation", a-t-il toutefois souligné.

FRANCE - 2 POIDS, 2 MESURES

Procès des militants anti-pub

10.03.2004


Une soixantaine de militants anti-pub comparaissent mercredi à Paris, poursuivis par la RATP qui leur réclame près d'un million d'euros pour avoir barbouillé des milliers d'affiches, au cours de quatre opérations organisées à la fin 2003, les 17 octobre, 7 novembre, 28 novembre et 19 décembre. Au tribunal, le romancier et ancien publicitaire Frédéric Beigbeder est venu témoigner en leur faveur.

La RATP réclame 922.000 euros pour les dommages subis. Outre ces dommages-intérêts, la RATP réclame également que les prévenus soient passibles d'une amende de 10.000 euros en cas de nouvelle infraction.

L'avocat de quatre des prévenus, Alexandre Faro, a choisi une stratégie de défense "militante". "La publicité dans le métro n'a pas de réelle légitimité, on n'a pas demandé aux usagers leur avis et en outre elle n'a pas fait baisser le prix du ticket de métro". Il a cité à comparaître le romancier et ex-publicitaire Frédéric Beigbeder, dont le roman "99 francs" est une charge féroce contre la publicité. Egalement cités comme témoins, Yvan Gradis, pionnier du mouvement antipublicitaire en France, ainsi que Oliviero Toscani, photographe des campagnes publicitaires de Benetton, et auteur d'un pamphlet "la publicité est une charogne qui nous sourit".

Les Amis de la Terre et les Verts avaient appelé la RATP à l'arrêt des poursuites contre les militants.
  

ALTERMONDIALISTES

Forum Social Mondial à Bombay

21.01.2004


En réponse au Forum économique de Davos, le Forum Social Mondial (FSM) a réuni plus de 100.000 altermondialistes à Bombay. L'un des invités était Joseph Stiglitz, prix Nobel de l'économie en 2001, qui a dénoncé les excès du néo-libéralisme. Comme à son habitude, le FSM n'a adopté ni résolution, ni déclaration finale. L'assemblée des mouvements sociaux, son organe de décision, a cependant appelé à manifester "dans le monde entier" le 20 mars, à l'occasion du premier anniversaire du déclenchement de la guerre en Irak.




Arundhati Roy

Une invitée également remarquée fut Arundhati Roy, femme écrivain indienne et militante engagée. Elle a déclaré espérer que George W. Bush subisse le même sort que Saddam Hussein. "Si Saddam Hussein mérite qu'on l'humilie à une heure de forte audience à la télévision et qu'on lui compte ses plombages ou qu'on lui cherche des poux, alors George Bush aussi. (...) Saddam Hussein doit sûrement être jugé pour crimes contre l'humanité. Mais aussi tous ses complices aux Etats-Unis et en Europe".

Arundhati Roy a aussi cité le cas de Bechtel, une firme d'ingénierie basée à San Francisco qui a obtenu auprès du Pentagone des contrats d'une valeur de 2,5 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Irak. Arundhati Roy a noté que George Shultz (conseiller de George W. Bush et ancien ministre de George Bush-père) faisait partie du Conseil de direction de Bechtel.
 

 


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