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(Reuters/AFP)
De
30.000 à 40.000 personnes à Berlin et 15.000
à Strasbourg ont manifesté à l'appel de
la Confédération européenne des
syndicats (CES) pour exiger des changements fondamentaux
à la "directive Bolkestein" sur la
libéralisation des services. D'autres manifestations
ont également eu lieu dans plusieurs régions
en France et en Allemagne.Les dirigeants syndicaux des 25 pays de l'Union marchaient en tête du défilé qui s'est dirigé en direction du parlement européen où les eurodéputés devaient débattre pour la première fois du texte en séance plénière. "Bolkestein: Non", affirmait dans plusieurs langues sur la grande banderole de tête soutenue notamment par le porte-parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot, la secrétaire nationale du Parti communiste français, Marie-George Buffet, et les principaux responsables français et allemands de l'association altermondialiste Attac. Au fil du cortège, on pouvait lire "The service directive, no way for Norway" (La directive Services, pas pour la Norvège), "Non au dumping salarial" ou encore, en anglais sur une banderole allemande: "Quality service, yes, cowboy economy, no!". Le Néerlandais Frits Bolkestein, ancien Commissaire européen au marché intérieur, "veut un marché libre pour les services sans protection sociale, sans protection environnementale, sans aucune couverture pour les salariés et salariées. Son idée de l'Europe est à l'évidence celle d'un capitalisme sauvage, asocial et effréné", a critiqué Michael Sommer, président de la Confédération allemande des syndicats (DGB).
Le Parlement européen a approuvé la nouvelle version de la directive Bolkestein sur les services. Lors d'un vote tendu, les eurodéputés ont voté en faveur d'un texte qui n'évoque plus le "principe du pays d'origine" qui avait défrayé la chronique en 2005. Les syndicats avaient protesté contre ce document, arguant qu'il constituait une menace potentielle pour les droits des travailleurs européens. Les partisans du texte avaient pour leur part affirmé que la mesure allait ouvrir de nouveaux marchés et contribuer à la relance de l'économie européenne. Lors d'un compromis intervenu la semaine dernière entre les deux principaux groupes du Parlement, le PSE (socialistes) et le PPE (conservateurs), les députés ont supprimé la clause du pays d'origine qui stipulait qu'un prestataire de services serait soumis uniquement au droit du pays où l'entreprise a établi son siège social, et non au droit du pays où il exerçait son activité. Les députés ont également réduit le nombre de secteurs concernés par la mesure, mais retenu les principes fondamentaux de la directive, qui obligent les Vingt-Cinq à assurer un libre accès aux services sur leur territoire. Cette nouvelle version exclut notamment les services sociaux, comme l'aide aux personnes âgées ou handicapées, ainsi que les services d'intérêt général, comme les compagnies d'eau et de gaz. La Commission européenne a précisé qu'elle allait élaborer une troisième version à partir de ce vote. Les Etats-membres devront ensuite l'approuver. Le Parlement européen n'ayant qu'un pouvoir consultatif, il est possible que la Commission de Jose Manuel Barroso tente de réintroduire le principe de "pays d'origine", un principe qu'elle a toujours souhaité et défendu. Par ailleurs, des députés de la gauche non-libérale dénoncent un compromis en trompe-l'oeil. En effet, le principe du pays d'origine a disparu, mais le texte adopté ne mentionne pas pour autant le respect de la règle du principe du pays de destination, qui aurait seul permis de faire obstacle au dumping social". La nouvelle version de la directive crée donc un vide juridique qui donne aux entreprises la liberté de faire ce qu'elles voudront. "En cas de litige, ce texte laisse donc le soin de trancher à la Cour de justice européenne qui appliquera sa jurisprudence traditionnellement ultra-libérale", selon le PCF qui souligne que "des domaines-clés, comme la culture, demeurent malgré les engagements, soumis à cette directive".
(Reuters) Les libéraux de l'Union européenne, particulièrement les nouveaux pays, refusent de rendre les armes dans le débat sur l'ouverture des services à la concurrence malgré le vote sans appel du Parlement européen. Les ministres chargés de la compétitivité au sein des Vingt-Cinq se sont réunis à Bruxelles pour faire le point sur ce dossier qui a joué un rôle éminent dans le "non" français lors du référendum sur la Constitution européenne. Les députés européens, qui co-décident avec les gouvernements sur ce dossier, ont complètement changé la donne en gommant du projet de directive la plupart des aspects les plus "libéraux", et ce à une écrasante majorité. Il n'est plus question notamment du "principe du pays d'origine" (PPO) qui aurait permis à un prestataire de services de travailler en France aux conditions de son pays d'origine. Il a été remplacé par le principe de la liberté de prestation de service entre deux pays avec obligation pour le pays d'accueil de simplifier les formalités administratives. De très nombreux secteurs ont également été exclus du champ d'application du texte à la demande de pays comme la France. Il s'agit par exemple des services publics, des services sociaux, de sécurité et de santé, des activités bancaires, notariales, portuaires, des agences de travail temporaire, du transport, de l'audiovisuel ou des jeux de hasard. Les services économiques d'intérêt général tels que la poste, la distribution d'eau ou d'énergie, le traitement des déchets ou les services sociaux à caractère économique restent en revanche inclus dans le champ de la directive. Mais les pays de l'Est ainsi que le Royaume-Uni, les Pays-Bas et, dans une moindre mesure, l'Italie et l'Espagne, ont rué dans les brancards et veulent réintroduire plus d'ouverture à la concurrence dans le projet de directive. Pour eux, la libéralisation du marché des services, un secteur qui représente près de 70% du PIB de l'Union européenne, est un élément essentiel de sa "compétitivité". Tous ne veulent pas réintroduire le principe du pays d'origine mais ils estiment à l'unisson que le Parlement européen a exclu trop de secteurs du champ d'application.
Le 16 février 2006, le Parlement avait supprimé toute référence au "principe du pays d'origine" qui avait suscité une levée de boucliers, notamment en France au moment du référendum sur la constitution en mai 2005. Par ailleurs, la dernière mouture réduit le nombre de secteurs concernés par la libéralisation des services, excluant notamment les services sociaux, comme l'aide aux personnes âgées ou handicapées, la santé, ou les transports publics. La directive se limite désormais à une obligation pour le pays d'accueil de lever les obstacles administratifs, pour favoriser l'établissement des sociétés de services dans l'ensemble de l'Union. Les services, qui peuvent aller de la location de voitures aux architectes, représentent 70% du PNB européen. Ils employaient 116 millions de personnes en 2005. La France est particulièrement concernée, puisqu'elle est le quatrième exportateur mondial de services. Les députés des 10 nouveaux Etats membres avaient voté en majorité contre cette nouvelle version en février, estimant qu'elle n'était pas assez libérale. Toutefois, elle a reçu le soutien des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE réunis fin mars à Bruxelles, afin de calmer la défiance croissante des citoyens envers le projet européen. Cette nouvelle mouture, qui doit être à nouveau soumise aux 25 et aux parlementaires européens, pourrait être définitivement adoptée début 2007.
(AFP)
Le
Parlement européen a rejeté à nouveau
le projet européen de libéralisation des
services portuaires, contre lequel protestent des milliers
de dockers, sans pour autant persuader la Commission
européenne d'abandonner cet objectif.A une très large majorité (532 voix contre, 120 pour et 25 abstentions), les eurodéputés ont voté contre la deuxième tentative de la Commission d'ouvrir ce secteur à la concurrence, confirmant ainsi leur rejet de novembre 2003. Selon le président du Parlement Josep Borell, le résultat du vote "démontre que le Parlement n'est pas prêt à se ridiculiser quand on lui présente le même texte pour la deuxième fois". Seule une petite moitié du Parti populaire européen (PPE, droite libérale), avec 116 députés pour le texte, s'est prononcée en faveur de la directive. Lors du débat, les députés avaient vivement exprimé leur opposition à ce texte qui ouvrait notamment la voie à "l'auto-assistance", un principe permettant aux équipages d'effectuer eux-mêmes le chargement et le déchargement des navires, en se passant des dockers. Ces équipages étant le plus souvent constitués d'esclaves du Tiers-Monde, le projet de directive revient donc à favoriser la "délocalisation" du travail des dockers, conformément à l'objectif central de la mondialisation: augmenter la concurrence sur le marché du travail afin de tirer les salaires vers le bas. Le
commissaire aux Transports, Jacques Barrot,
(photo
ci-contre)
s'est dit prêt à "tirer les
conséquences" de ce rejet, mais a aussi
souhaité que "l'objectif que poursuivait le texte" ne
soit pas oublié. Il a appelé à
"continuer le travail avec tous les acteurs
concernés, Etats, opérateurs, utilisateurs,
syndicats, en concertation avec le Parlement, pour jeter les
bases d'une politique européenne des ports qui
permette d'encadrer et de rassurer les investisseurs",
d'"accroître la compétitivité
européenne et de favoriser la croissance et
l'emploi", a-t-il souligné, rapellant par ailleurs
qu'il n'était pas l'auteur de cette proposition."Et maintenant, cap sur Bolkestein", a de son côté commenté Francis Wurtz, le président de la Gauche unitaire européenne (communistes, extrême-gauche), qui appele à la même mobilisation contre la directive Bolkestein de libéralisation des services dans l'UE, que les eurodéputés doivent examiner en février.
(AP)
Les
dockers européens disent non à la
libéralisation des ports. Une grève a
sérieusement affecté la manutention dans les
grands ports continentaux, tandis que 8000 dockers ont
manifesté à Strasbourg dans une
atmosphère particulièrement tendue à la
veille du début de l'examen d'une directive "sur
l'accès au marché des services
portuaires".De violents affrontements avec la police ont eu lieu devant le Parlement européen de Strasbourg. Des vitres du bâtiment ont été brisées par des jets de pierres, malgré les canons à eau et les gaz lacrymogènes. Certains manifestants étaient armés de bâtons. Dans la vieille ville, la police a également utilisé des grenades lacrymogènes pour riposter à des jets de bouteilles et de pierres. Les manifestants venaient de la plupart des grands ports européens comme Rotterdam, Anvers, Hambourg, Le Havre et Marseille. Dans toute l'Union européenne, des débrayages ont ralenti la manutention dans les ports, à l'appel de la Fédération européenne des travailleurs des transports. La semaine dernière déjà, ils étaient plusieurs dizaines de milliers à faire grève pour rejeter ce projet de libéralisation des services portuaires dont une première version avait déjà été repoussée par les eurodéputés en 2003.
Les ministres de l'Emploi de l'Union européenne se sont réunis à Luxembourg pour débattre d'une éventuelle réforme de la loi qui fixe à 48 heures maximum la durée de travail hebdomadaire dans l'Union. Le Parlement européen a décidé la suppression des dérogations permettant aux Etats-membres de dépasser cette durée maximale de 48 heures par semaine. Mais la Grande-Bretagne s'est fermement opposée à cette modification, avec le soutien de plusieurs pays dont l'Allemagne, la Pologne, l'Autriche, la Slovaquie, la Slovénie, la Lettonie et l'Estonie, et avec l'accord tacite de la Commission qui souhaite accroître la flexibilité en Europe. "L'opt-out demeure", s'est réjoui le ministre britannique au commerce et à l'industrie. A l'ère de la mondialisation, cela montre que la question de la semaine de travail n'est pas uniquement le symbole du refus britannique d'une normalisation sociale de l'Europe. "Chacun d'entre nous doit être souple dans l'organisation des marchés du travail", a-t-il ajouté. Introduite en 1993 sous la pression du Royaume-Uni lors de la négociation de la première directive sur le temps de travail, la clause dite "d'opt-out" autorise un salarié à renoncer "volontairement" à la semaine de 48 heures, pour travailler jusqu'à 65 heures par semaine. L'opt-out est aujourd'hui largement utilisé en Grande-Bretagne, où plus de 20% des salariés dépassent les 48 heures hebdomadaires de travail. L'opt-out est également appliqué dans les nouveaux Etats-membres comme la Pologne. De son côté, la France, où la durée hebdomadaire de travail est de 35 heures, souhaitait la suppression de la clause dite d'"opt-out". Elle comptait dans son camp la Belgique, la Suède, l'Espagne, la Grèce, la Finlande, la Lituanie ou encore la Hongrie, mais cela n'a pas suffi.
(Reuters)
La
Commission Barroso confirme son orientation
"dérégulatrice" en retirant 68 propositions de
législations, afin de "stimuler la
compétitivité de l'Union".José Manuel Barroso a confirmé que l'époque où la Commission voulait légiférer "à tort et à travers" était révolue. "Cela signifie que nous pouvons concentrer nos efforts sur la promotion de la prospérité de l'Europe", a-t-il déclaré dans un communiqué. "C'est juste le début", a expliqué le commissaire à l'Industrie Günter Verheugen en estimant que l'objectif n'était "définitivement pas moins d'Europe, mais une meilleure Europe" qui apporte de la "valeur ajoutée". La Commission a donc analysé 183 propositions datant d'avant le 1er janvier 2004 afin de voir si elles étaient toujours d'actualité, et surtout, si elles ne risquaient pas de nuire à la compétitivité. 68 propositions n'ont pas passé ce test. Dans le passé, la Commission a toujours retiré des propositions mais jamais le critère dominant n'a été la priorité aux entreprises. Pour certaines des textes, l'abandon est logique: il n'est plus nécessaire d'adopter une directive sur les qualifications professionnelles des équipages des avions, puisqu'une autre législation réglemente déjà ces pratiques. Mais dans plusieurs domaines, il y a une volonté politique affichée de laisser la bride sur le cou aux entreprises, même si la Commission n'exclut pas de nouvelles propositions. Ainsi, la Commission retire sa proposition sur l'étiquetage des produits alimentaires (bloquée devant le Parlement et le Conseil des ministres depuis 1999). Elle ôte également de la table une proposition d'harmonisation des interdictions de circuler des camions le week-end et les jours fériés. Sans la retirer formellement, la Commission a également annoncé qu'elle allait réexaminer la nécessité d'une législation accordant des droits minimaux aux travailleurs temporaires. Le chef du groupe socialiste européen Martin Schulz a critiqué la méthode "inacceptable" de Barroso: s'il ne dénie pas à la Commission le droit de retirer une proposition, le Parlement européen doit au moins avoir son mot à dire selon lui. Il faut rappeler que contrairement à tous les parlements démocratiques, le Parlement européen de dispose pas du pouvoir de légiférer, c'est à dire de proposer une loi. Ce pouvoir est détenu par le seule Commission, un pouvoir exclusif réaffirmé dans le projet de Constitution européenne. |
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(syti.net)
Oyez
braves gens, réjouissez-vous! L'Union
Européenne compte désormais 25 pays-membres.
Soyez joyeux, même si vous ne savez pas trop pourquoi.
Car comme dit la chanson d'Arno:
"Putain, putain, c'est vachement bien, nous sommes quand
même tous des Européens".C'est vrai, allez. Après s'être entre-déchirés dans des guerres pendant des siècles, et après avoir été divisés par le "rideau de fer" durant la guerre froide, voilà que tous ces pays sont désormais unis, rassemblés par un même idéal: la production et la consommation de marchandises. De plus, tous ces pays sont désormais des "démocraties", dans lesquels les populations peuvent librement choisir entre le libéralisme et le libéralisme. Avec son "élargissement à l'Est", l'Europe compte donc 10 nouveaux pays: la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque, la Slovaquie, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie, la Slovénie, Malte, et la partie Sud de Chypre. Voilà une excellente nouvelle pour les entreprises européennes qui vont pouvoir "délocaliser" leurs centres de production dans des pays qui offrent tous les avantages: une proximité qui réduit les frais de transport, l'absence de droits de douane, une fiscalité avantageuse, et surtout une main d'oeuvre qualifiée 2 à 4 fois moins chère qu'en France ou en Allemagne. Il reste l'espoir que l'Europe à 25 parvienne à être moins divisée qu'à 15 pour devenir un contrepoids aux Etats-Unis...
"Les performances économiques réalisées par la Turquie depuis 2001 sont époustouflantes", a estimé le secrétaire général de l'OCDE, Donald Johnston, lors d'une conférence de presse à Paris en compagnie de M. Erdogan. Une étude publiée le même jour par l'OCDE estime que l'économie turque a définitivement éloigné le spectre des grandes crises financières de 2001, et pourrait franchir un nouveau palier en cas d'intégration à l'UE. L'OCDE prévoit pour la Turquie une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de plus de 8% cette année, après 6% en 2003. "Il s'agit de la plus forte croissance parmi les pays de l'OCDE", a souligné M. Johnston, en notant que l'inflation en Turquie était passée sous les 10% pour la première fois depuis 30 ans. L'OCDE appelle Ankara à poursuivre ses efforts d'assainissement budgétaire en affectant prioritairement les dépenses aux "postes de nature à renforcer la croissance", et à accélérer les privatisations".
Les responsables européens jugent généralement que l'entrée de la Turquie dans l'UE n'interviendra pas avant 2015. La Commission a estimé en revanche que les négociations avec la Roumanie et la Bulgarie devraient s'achever avant la fin de l'année pour une adhésion en 2007. Les dirigeants de l'UE se prononceront le 17 décembre. Si le oui l'emporte au Conseil, les pourparlers pourraient commencer dès 2005, comme l'espère le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Selon celui-ci, une fois le processus d'adhésion enclenché, le suspendre reviendrait à "manquer de respect à un pays qui a accéléré" les réformes économiques et politiques ces dernières années pour répondre aux critères de l'Union européenne". M. Erdogan a aussi critiqué le président Jacques Chirac qui propose d'organiser un référendum en France sur l'entrée de la Turquie dans l'UE et plus généralement pour tout nouvel élargissement "à partir de 2010".
- Aussi peuplée que l'Allemagne, avec 82 millions d'habitants, la Turquie serait le plus peuplé des pays-membres en 2025, avec 100 millions d'habitants contre 81,9 millions à l'Allemagne. De ce fait, la Turquie serait le pays qui occuperait le plus de sièges au Parlement européen. - La Turquie serait aussi la première puissance militaire de l'union, en hommes et en matériel conventionnel (hors nucléaire). - Les aides versées par l'Union à la Turquie seraient de 45,3 milliards d'euros sur la période 2015-2017, en vertu des programmes actuels, soit un montant égal à celui accordé à l'ensemble des 10 pays qui ont intégré l'Union en mai 2004. - Economiquement, la Turquie serait probablement le plus pauvre des Etats-membres. La dette publique en 2003 s'élevait à 87,4% du PNB et son déficit budgétaire atteignait 8,8% du PIB, soit bien au-delà des critères du pacte de stabilité sur l'euro. Le chômage en Turquie était de 10,8% en 2003, soit plus ou moins la moyenne européenne. - Avec l'intégration de la Turquie, l'Union Européenne s'étendrait jusqu'au Moyen-Orient, et aurait une frontière commune avec la Syrie, l'Irak, l'Iran, la Géorgie, l'Arménie, et l'Azerbaïdjan. - Comme la France, la Turquie est un état laïc par sa Constitution. Si sa population est composée majoritairement de Musulmans, les Turcs utilisent l'alphabet latin, et le voile islamique a été interdit dans les écoles 80 ans avant la France. Mais aujourd'hui, le gouvernement turc envisage d'autoriser à nouveau le voile dans les écoles, au nom des libertés publiques que l'Union Européenne demande à la Turquie de développer.
Le n°2 du Parti socialiste Laurent Fabius a estimé que les conditions posées par la Commission européenne à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne ne sont qu'un leurre: "On n'a jamais vu des négociations s'ouvrir sans qu'elles aboutissent à un Oui, ce qui veut dire que lorsqu'on nous dit aujourd'hui: mais, ne vous en faites pas, c'est simplement l'ouverture des négociations, on verra dans dix ans, on verra dans quinze ans', c'est un leurre! (...) J'ai beaucoup de respect pour la Turquie, qui est un grand pays qui doit se développer démocratiquement et l'Union européenne doit appuyer ce développement, mais ce qui est proposé là ne paraît pas raisonnable. C'est l'avenir de la construction européenne qui est en jeu. Ce qui nous est proposé là risque d'aboutir à une dilution européenne". Laurent Fabius a donc réclamé l'organisation d'un débat avec vote à l'Assemblée nationale avant le sommet européen du 17 décembre. Hostile à l'entrée de la Turquie dans l'UE, il s'est prononcé pour un "partenariat puissant, durable". "La Turquie n'est pas en Europe" et "serait l'Etat le plus peuplé d'Europe", a-t-il conclu. A
l'inverse, Dominique Strauss-Kahn est un fervent partisan
l'entrée de la Turquie dans l'Union. Selon lui, si
les Français sont "plutôt hostiles" à
l'adhésion de la Turquie, "c'est qu'on ne leur a pas
assez expliqué pourquoi il fallait à terme que
la Turquie nous rejoigne."Selon Dominique Strauss-Kahn, "l'avenir de l'Europe est lié à l'avenir de la Méditerranée", et l'entrée de la Turquie dans l'Union "se fera irrémédiablement dans le temps". Sans exclure que la Turquie ne respecte pas encore les conditions d'entrée pour les droits de l'homme et l'économie, Dominique Strauss-Kahn a ajouté que dans ce cas, "ça sera pour plus tard".
(AP) Répondant à la demande de plusieurs responsables politiques de droite comme de gauche (François Bayrou pour l'UDF, François Hollande pour le PS et Nicolas Sarkozy pour l'UMP), Jacques Chirac a assuré que les Français seraient consultés par référendum sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. A cette fin, une disposition prévoyant la consultation obligatoire des Français pour tout élargissement futur sera ajoutée à la Constitution à l'occasion de la révision constitutionnelle préalable à la ratification de la Constitution européenne et prévue au printemps 2005. Le projet de loi constitutionnelle sera présenté au printemps 2005 à l'Assemblée et au Sénat, qui devront l'adopter dans les mêmes termes. Le texte devra ensuite être approuvé par les deux chambres du Parlement réunies en Congrès à Versailles, à la majorité des 3/5è des suffrages exprimés.
Le président français s'exprimait au cours d'une conférence de presse à Strasbourg aux côtés du chancelier allemand Gerhard Schröder. Celui-ci a estimé que l'entrée de la Turquie dans l'Union "serait une très bonne chose" car elle permettrait "d'établir un lien entre les valeurs européennes et l'Islam non intégriste". Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE doivent décider les 16 et 17 décembre 2004 à Bruxelles d'ouvrir ou non des négociations avec Ankara, sur la base du rapport que la Commission doit publier le 6 octobre. En annonçant dès aujourd'hui ce référendum sur un élargissement qui n'aura de toute façon pas lieu avant 10 ans, Jacques Chirac essaie aussi d'éviter que la question turque n'interfère sur le référendum à propos de la Constitution européenne en renforçant le camp du "non".
(AFP)
Après
une vingtaine d'heures de tractations entre les ministres
des Affaires étrangères des 25, l'Union
Européenne a officiellement ouvert les
négociations d'adhésion de la Turquie.L'Autriche s'est finalement ralliée à l'accord, après s'y être opposé en réclamant qu'une "alternative" soit prévue à l'adhésion effective d'Ankara (comme par exemple un "partenariat privilégié"). L'Autriche a été encouragée à renoncer à son veto en échange d'une accélération de la candidature de la Croatie soutenue par l'Autriche, alors que les Européens avaient décidé de reporter les pourparlers avec la Croatie à cause de son manque d'empressement à arrêter le général en fuite Ante Gotovina, inculpé en 2001 par le Tribunal Pénal International (TPI). Un compromis a également été trouvé pour éliminer les réticences de la part de Chypre que la Turquie refuse toujours de reconnaître. L'adhésion de la Turquie était fermenent soutenue par la Grande-Bretagne dont le premier ministre Tony Blair exerce pour 6 mois la présidence tournante de l'Union.
(AP)
Le
Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan
(en
photo)
a fait savoir qu'il avait appelé Condoleezza Rice et
que la secrétaire d'Etat américaine avait
exprimé son soutien à l'ouverture de
négociations sur l'adhésion de la Turquie
à l'Union européenne.Le chef du gouvernement turc a dit garder l'espoir "jusqu'à la dernière minute" que les responsables européens surmonteraient les blocages sur l'ouverture des négociations. "Rice continue de soutenir la Turquie", a ajouté Recep Tayyip Erdogan. "Il y a une intense activité diplomatique pour trouver une solution".
(Reuters)
Après
avoir atteint certaines capitales européennes et la
Commission, le "blues" de l'élargissement de l'UE
semble aussi frapper ses plus ardents partisans au Parlement
européen, notamment à propos de la
Turquie.Le double "non" français et néerlandais à la Constitution européenne a fait l'effet d'une douche froide à Bruxelles, où il est interprété en partie comme une signe de méfiance vis-à-vis d'une extension apparemment sans fin de l'Union européenne. L'adhésion de la Turquie, pour laquelle les négociations doivent débuter le 3 octobre 2005, devrait pâtir de l'absence de règles institutionnelles susceptibles de permettre à l'Union de rester gérable à 30 pays. "Par conséquent, l'élargissement pour le moment, sans Constitution, ne peut pas continuer comme prévu", a dit l'Allemand Marin Schulz, le chef du groupe socialiste au Parlement européen. Même le chef du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit, chaud partisan de l'adhésion de la Turquie, a émis des doutes. Ces doutes, qui ont également été exprimés il y a quelques jours par le groupe conservateur, reflètent l'état d'esprit général au sein des institutions européennes. Ainsi, le commissaire italien chargé de la Justice et des Affaires intérieures, Franco Frattini, a déclaré dans "Il Messagero" que le processus d'élargissement devait désormais être ralenti. "Il est évident que des pays comme la Bulgarie et la Roumanie, et encore plus la Turquie, seront soumis à un examen avec une loupe plus puissante", a-t-il ajouté en faisant référence au respect des droits de l'homme dans ce dernier pays. Le commissaire à l'Elargissement, Olli Rehn, a insisté sur le fait que la date du 3 octobre n'était pas remise en question, mais il a estimé qu'Ankara devait faire plus de progrès sur les droits de l'homme avant de pouvoir entamer des négociations qui s'annoncent longues. "On demande à la Turquie de renforcer ses performances en matière de droits de l'homme et de la règle de droit et d'étendre son accord d'accociation à Chypre avant de commencer les négociations d'adhésion", a-t-il expliqué. L'évaluation de ces critères risque d'être délicat, les Etats membres étant divisés entre les partisans d'un élargissement rapide à la Turquie, comme le Royaume-Uni, qui assumera la présidence de l'UE ces six prochains mois, et ceux qui sont plus prudents, crise constitutionnelle oblige.
En dépit des "non" français et néerlandais à la Constitution européenne, où les réticences à l'encontre de l'élargissement ont joué un rôle, la Commission juge irresponsable d'abandonner une politique qui, à ses yeux, a porté ses fruits. "L'élargissement est un des instruments les plus puissants de l'UE", peut-on lire dans le document de stratégie adopté 16 ans jour pour jour après la chute du Mur de Berlin. Le commissaire européen chargé du dossier Olli Rehn a exhorté les Vingt-Cinq à ne pas arrêter le processus même si certains pays comme la France ont recommandé la prudence. Après l'intégration de la Bulgarie et de la Roumanie, qui est déjà prévue pour le 1er janvier 2007 avec une année de délai supplémentaire en cas de retard dans les réformes, les regards se portent sur l'ex-Yougoslavie. Elli Rehn a ainsi recommandé mercredi l'octroi du statut de candidat à l'adhésion à la Macédoine, récompensant les efforts consentis par ce pays pour bâtir une société pluriethnique après les violents affrontements de 2001 entre les forces gouvernementales et les maquisards albanophones. Si les Vingt-Cinq approuvent cette recommandation, la Macédoine pourra rapidement commencer les négociations et rejoindre ainsi la Croatie, qui l'a fait le 3 octobre 2005. L'Albanie devrait également conclure avant la fin de l'année un "Accord de stabilisation" avec l'UE, première étape vers la reconnaissance du statut de candidat. La Bosnie-Herzégovine et la Serbie-Monténégro devraient suivre en 2006. Parmi ces pays, l'Albanie, la Serbie et la Bosnie sont loin d'être des économies de marché et l'Etat de droit n'y est pas pleinement respecté, malgré les progrès réalisés récemment. Pour rassurer une opinion publique inquiète, la Commission entend d'abord améliorer son effort de communication pour expliquer les vertus de l'élargissement, appelant les Etats membres à "prendre leurs responsabilités" pour faire de même.
(AP) La France a émis des réserves sur l'opportunité d'accorder à la Macédoine le statut de candidat à l'adhésion, avant que l'UE n'ait terminé un débat sur l'avenir du bloc des 25. La France et d'autres pays hésitent à donner le feu vert à un "élargissement" à la Macédoine en raison des divisions actuelles sur le budget de l'UE, et de l'opposition d'une grande partie de l'opinion publique des pays-membres à un nouvel élargissement.
"L'avenir de l'Ukraine est en Europe, et aujourd'hui nous bâtissons cet avenir avec des étapes concrètes", a déclaré le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso à l'issue d'un sommet UE-Ukraine à Kiev, le premier depuis la "Révolution orange" financée et manipulée par l'Europe et les Etats-Unis pour amener au pouvoir le très libéral et pro-américain Viktor Iouchtchenko. Les mesures concrètes liées à ce statut vont bientôt être prises, a précisé le président Iouchtchenko. Ce dernier est arrivé aux commandes en s'engageant à rapprocher son pays de l'Occident, ne ne faisant pas mystère de sa volonté d'adhésion à l'UE. "Nous avons eu aujourd'hui une décision politique claire", et "le changement de statut enclenche une chaîne de changements dans notre relation", s'est réjoui Iouchtchenko. |
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L'élection
des députés européens a
été marquée par une forte abstention.
Le taux de participation a été de 40% en
moyenne, et seulement 28% dans les 10 nouveaux pays
entrés dans l'Union Européenne après
son récent "élargissement". En Pologne, le
plus peuplé de ces pays, le taux de participation n'a
été que de 20%.Il faut dire que le Parlement européen a relativement peu de pouvoir, celui-ci étant concentré entre les mains d'une Commission Européenne composée de technocrates au service des multinationales. Dans la plupart des pays, ces élections marquent un désaveu des électeurs envers les partis au pouvoir, de gauche ou de droite, et qui ont en commun d'appliquer les mêmes politiques ultra-libérales (privatisation du secteur public, réformes des retraites et de l'assurance-maladie, "assouplissement" du droit du travail, suppression ou réduction des aides sociales, etc). En Allemagne, des sociaux-démocrates du chancelier Gerhard Schroeder n'ont obtenu que 22% des voix. En Grande Bretagne et en Italie, Blair et Berlusconi payent également le prix de leur soutien à la guerre en Irak. Le Parti travailliste de Tony Blair n'a obtenu que 22 % des suffrages, et le parti de Berlusconi recule de près de 10 points. En Belgique, ce sont les libéraux flamands du Premier ministre Guy Verhofstadt qui ont été sévèrement sanctionnés. Mais c'est en France que la défaite du gouvernement est la plus cinglante. L'UMP, parti de droite libérale au pouvoir, n'obtient que 16% des voix. Le Parti Socialiste (dans l'opposition) réalise un score presque deux fois plus élevé avec près de 30% des voix. On enregistre également une forte progression des partis hostiles à l'Europe, en particulier en Suède, en Pologne, en République Tchèque, en Lettonie, et en Autriche, et en Grande Bretagne où un nouveau parti, l'UKIP, obtient 18% avec un programme qui demande carrément le retrait de la Grande-Bretagne de l'Union européenne. Pour
les élections européennes en France, voir
un
peu plus bas
sur cette page.
M. Barroso est un pro-européen convaincu qui n'en est pas moins indéfectiblement pro-américain. "Ce serait une erreur [pour l'Europe] que d'essayer de vouloir se différencier afin de devenir des rivaux. L'Europe doit être un partenaire des Etats-Unis, pas un contrepoids, et vice versa" a-t-il dit. Au pouvoir au Portugal depuis avril 2002, il n'a pas hésité à soutenir George W. Bush dans sa guerre en Irak, en dépit d'une forte opposition populaire. De centre-droit, Durao Barroso est bien placé pour obtenir le soutien des conservateurs du Parti populaire européen (PPE), premier groupe au Parlement européen. La nomination du président de la Commission est décidée par le Conseil européen (qui rassemble les chefs d'Etat et de gouvernement des 25) mais elle doit aussi être approuvée par le parlement de Strasbourg. Agé de 48 ans, Durao Barroso s'est lancé en politique avec la fin de la dictature salazariste. Etudiant à la faculté de droit de Lisbonne, il était à la tête d'un groupuscule maoïste appelé "Mouvement révolutionnaire du prolétariat portugais" lors de la Révolution des oeillets de 1974. Mais comme beaucoup d'autres personalités de la gauche, il a depuis effectué une conversion complète en faveur du libéralisme. A la tête du gouvernement portugais, il a acquis une réputation de "réformateur" qui n'a pas hésité à adopter des mesures d'austérité impopulaires: réduction du déficit budgétaire, réduction du nombre de fonctionnaires, "libéralisation" de la législation du travail... Mais son parti, le PSD (Parti Social-Démocrate, centre-droit) a essuyé le plus cuisant revers de son histoire lors des élections européennes du 13 juin 2004.
Le
président désigné de la Commission
européenne, le Portugais José Manuel Barroso,
a demandé et obtenu le report du vote sur
l'investiture de sa Commission après qu'il est devenu
clair que le Parlement y opposerait son veto, le groupe
charnière des Libéraux (centre-droit) ayant
rejoit les groupes socialistes et écologistes dans le
camp du refus. M. Barroso va consulter les dirigeants de
l'UE avant de présenter une nouvelle commission
devant les eurodéputés.On ignore encore quand ce vote sera reprogrammé. L'actuelle session parlementaire se termine le 28 octobre et la prochaine doit ouvrir ses travaux le 15 novembre. En attendant, la Commission européenne sortante présidée par l'Italien Romano Prodi reste en fonction. La crise de défiance a été déclenchée par les déclarations du commissaire italien à la justice, la liberté et la sécurité. Rocco Buttiglione avait notamment déclaré que l'homosexualité était un "péché", et que le mariage avait pour but de "permettre aux femmes d'avoir des enfants et la protection d'un mâle". Des propos inquiétant pour un futur commissaire chargé de la justice et des libertés. De nombreux députés ont alors demandé à M. Barroso de choisir un autre commissaire pour ce poste. Mais Barroso s'est entêté et a choisi l'épreuve de force avec le Parlement. Son refus du dialogue n'a fait qu'envenimer la situation, les parlementaires estimant que M.Baroso montrait qu'il n'avait pas les qualités requises pour diriger l'Europe. Plusieurs autres commissaires désignés étaient également contestés, notamment la femme d'affaires néerlandaise Neelie Kroes, nommée Commissaire à la Concurrence et dont les députés dénonçaient les liens trop étroits avec plusieurs entreprises. Avec ce nouveau rebondissement, le pouvoir législatif européen (le seul à être issu des urnes) remporte une victoire contre le pouvoir exécutif (la Commission) désigné par les 25 Etats membres. Le Parlement avait déjà fait tomber le prédécesseur de l'Italien Romano Prodi, le Luxembourgeois Jacques Santer, forcé de démissionner avec toute son équipe en 1999 sous le coup d'accusations de népotisme et de mauvaise gestion.
(AP)
Le
Parlement européen a accordé son investiture
à la nouvelle Commission remaniée par
José Manuel Durao Barroso, mettant ainsi fin à
un bras de fer politique sur la composition du gouvernement
européen.Les eurodéputés ont voté la confiance par 449 voix contre 149 et 82 abstentions. Les Verts, les communistes et les eurosceptiques ont voté contre l'investiture, mais M. Barroso a pu compter sur le soutien des trois plus grands groupes parlementaires, le Parti populaire européen (PPE, droite), les socialistes et les libéraux-démocrates. M. Barroso avait accepté de renoncer à la nomination de M. Buttiglione, remplacé par le ministre des Affaires étrangères italien Franco Frattini à qui seront confiées la Justice, la Liberté et la Sécurité. La candidate lettone Ingrida Udre, également très critiquée, a laissé la place à son compatriote Andris Piebalgs, nommé à l'Energie. Reste que certains membres de la nouvelle Commission sont loin de faire l'unanimité. Le PPE et les socialistes ont ainsi annoncé qu'ils garderaient un oeil sur la Néerlandaise Neelie Kroes, nommée à la Concurrence. Les activités passées de cette ancienne femme d'affaires font craindre des risques de conflit d'intérêt avec ses nouvelles fonctions. De leur côté, les Verts s'étaient déclarés hostiles à la candidature d'un membre du gouvernement italien pour la Justice, et donc à celle de M. Frattini. Ils reprochent en effet à Rome d'être intervenu dans le système judiciaire italien pour protéger le chef du gouvernement Silvio Berlusconi. Les Verts ont également critiqué la nomination du Grec Stavros Dimas à l'Environnement. M. Barroso, qui dirige un exécutif au profil très libéral, souhaite relancer la croissance européenne avec des "réformes", et améliorer les relations avec les Etats-Unis.
"La
coopération entre l'Union européenne et les
Etats-Unis est la seule manière de créer un
monde plus sûr, plus démocratique et plus
prospère", a déclaré le chef de la
diplomatie européenne Javier Solana. Une
déclaration dont chaque mot pourrait avoir
été pronnoncé par George W.Bush.
(Reuters)
Rejet
du projet de Constitution européenne, initiatives
intempestives de la Commission, absence d'accord entre les
25 pour l'adoption du budget, et montée des
incertitudes en Allemagne: la rentrée est morose
à Bruxelles.De plus, il se confirme qu'aucune initiative ne sera prise par les trois institutions - Commission, Parlement et Conseil européen - pour sortir l'Europe politique de l'ornière. "La Constitution n'est plus un sujet pour l'instant", souligne un ambassadeur. "Il faut se donner du temps". Ce refus de prendre la moindre initiative s'explique aussi par le fait qu'après une période de vives critiques contre les Français et les Néerlandais, les dirigeants européens ont pris conscience que le gouffre entre les opinions et l'Europe existait partout. Tout le monde a compris que ce qui s'est passé dans deux pays aurait pu se passer ailleurs, si les pays qui ont adopté la constitution par voie parlementaire avaient choisi de consulter leur population par un référendum.. L'idée est donc de mettre entre parenthèses les grands projets politiques pour se concentrer sur les "réformes" économiques et sociales jugées "urgentes" par les entreprises. Ainsi, la présidence britannique de l'Union européenne mise beaucoup sur l'adoption de la libéralisation des services, la fameuse "directive Bolkestein". Mais le gouvernement français, soucieux de rassurer une opinion qui ne veut pas voir la concurrence s'installer dans des domaines comme la santé, sera un partenaire intransigeant. Les mêmes désaccords existent entre les Etats membres sur les réformes du marché du travail. Le sommet que Tony Blair organise à Londres les 27 et 28 octobre risque de tourner à la confrontation des modèles sociaux européens. D'autant plus que les électeurs allemands ont démontré lors des élections législatives qu'ils restent réticents à se lancer dans un vaste programme de réformes "libérales". La
Commission européenne paraît elle aussi
incapable de sortir la construction européenne de
l'impasse.José Manuel Barroso a même annoncé qu'il allait retirer quelque 70 propositions actuellement bloquées dans le processus législatif, notamment sur l'étiquetage des produits alimentaires et les interdictions de rouler le week-end pour les camions. Les rares directives européennes conformes à l'intérêt des citoyens mais qui gênent les entreprises vont pouvoir passer à la trappe. "Barroso est le représentant d'un état d'esprit général", souligne un diplomate en estimant que la Commission est avant tout soucieuse d'éviter tant qu'elle le peut toute harmonisation. "Le tort de la Commission, c'est de laisser la place au doute en ayant un discours dérégulateur", explique un diplomate de haut rang qui reflète l'inquiétude d'un Parlement privé de textes sur lesquels travailler. "Il n'y a pas d'allant du côté de la Commission, sauf pour s'assurer qu'on ne fera rien".
Cette rencontre informelle d'une journée, organisée à l'initiative du Premier ministre Tony Blair dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, doit durer seulement huit heures. Pas beaucoup pour un sujet aussi lourd de conséquences que la mondialisation... Les dirigeants européens sont réunis dans un palais Tudor du XVIè siècle, le plus vaste d'Angleterre, avec un parc de 300 hectares. Alors que deux visions s'opposent au sein de l'Europe, l'une plus "libérale" et l'autre plus politique et sociale, M. Blair avait répété la veille ses objectifs devant le parlement européen à Strasbourg. Pour réduire le chômage, l'Europe doit selon lui agir pour "augmenter la flexibilité du monde du travail", et investir dans la recherche et le développement. Sur le même credo, son ministre des finances Gordon Brown a insisté sur la nécessité de "moderniser les marchés du travail, des capitaux et des produits".
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