Archives - France


Le CPE - Révolte contre la précarité

La révolte contre le CPE, la précarité et le nouvel esclavage

19.03.2006



Les images des manifestations et de l'occupation des facs...

Contrats "première embauche" et "nouvelle embauche",
le Code du travail en cours de démantèlement

17.01.2006


(AP/AFP) Avec l'extension du contrat nouvelles embauches à toutes les entreprises pour les jeunes de moins de 26 ans, les syndicats s'accordent à dire que le gouvernement accentue au fil des mois la flexibilité sur le marché de l'emploi.

Lancé en août 2005, le contrat "nouvelle embauche" (CNE) a été justifié par Dominique De Villepin par le fait que ce contrat ne concernait que les "très petites entreprises" de moins de 20 salariés, qui représentent en fait la majorité des entreprises en France.

Cinq mois plus tard, Dominique de Villepin annonce la création du contrat "première embauche" (CPE) pour les entreprises de de plus de 20 salariés, un contrat réservé au moins de 26 ans avec la même règle essentielle que pour le CNE: la possibilité pour les employeurs qui y ont recours de licencier sans justification durant les deux premières années.

Ajouté au CNE, le CPE généralise donc le contrat de travail au rabais pour les jeunes, tout en les plaçant en position de soumission totale dans le rapport de forces vis à vis de leur employeur pendant cette période. Selon les syndicats, seule une minorité de salariés est désormais à l'abri de la précarité, et tous les jeunes risquent de devoir passer par le CPE -y compris les plus diplômés- pour avoir accès au marché de l'emploi.

"Pour régler les problèmes spécifiques de certains jeunes, le gouvernement précarise l'ensemble de la jeunesse. Car le CPE s'imposera aussi à ceux qui disposent de qualifications reconnues", dénonce ainsi le secrétaire général de la CFDT, un syndicat pourtant largement favorable au libéralisme.

Même si le gouvernement s'en défend et assure au contraire vouloir "sécuriser" les parcours professionnels, le CNE et son corollaire le CPE vont provoquer une très forte pression, non seulement sur les modes de recrutement, mais également pour les autres salariés dans l'entreprise. "Plus on précarise les modes d'entrée sur le marché du travail, plus cette précarisation va être utilisée. Et on va précariser du même coup les autres catégories de personnel puisqu'on pourra désormais les remplacer par des gens ayant des droits plus fragiles", explique l'avocat Roger Koskas, membre du cabinet Grumbach et Associés, spécialiste du droit social et du travail.

Plusieurs spécialistes du droit du travail notent par ailleurs que les remises en cause du Code du Travail se multiplient. Ainsi, le 12 janvier 2006, la Cour de cassation a jugé légaux les licenciements économiques pour prévenir des difficultés économiques, et non plus uniquement lorsque ces difficultés existent. Ce jugement autorise donc les entreprises à licencier même lorsqu'elles font des bénéfices. Il leur suffit de dire qu'elles "prévoient" des difficultés pour se débarasser des salariés.

La Cour de cassation a ainsi remis à l'ordre du jour une mesure que le gouvernement Raffarin avait été obligé de retirer de son plan sur le traitement social des restructurations en 2004 face au tollé des syndicats. Le gouvernement avait tout de même réussi à faire adopter l'abrogation de 9 articles de la loi de modernisation sociale (adoptée par le gouvernement Jorpin en janvier 2002) qui durcissaient les conditions d'autorisation des plans sociaux.

Enfin, 16 Janvier 2006, Dominique de Villepin a demandé au ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo et au ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher de lancer des consultations avec les partenaires sociaux pour une "réforme globale du contrat de travail". Etant donné le contexte, les salariés et les syndicats sont sur leurs gardes...

De Villepin passe en force pour faire adopter le CPE

09.02.2006



(AFP) Dominique de Villepin a utilisé, pour la première fois depuis son arrivée à Matignon, l'article 49.3 pour faire adopter sans vote ni amendements le projet de loi instaurant le contrat première embauche (CPE).

"La France s'impatiente, elle attend des réponses", a lancé Dominique de Villepin à l'Assemblée, en accusant l'opposition de faire "obstruction".

Retour à Germinal: le travail de nuit autorisé dès 15 ans

10.02.2006


(Indymedia) Dans la foulée du CPE, le gouvernement a fait adopter l'abaissement de l'âge légal de l'apprentissage à 14 ans, tout en autorisant le travail de nuit ainsi que les dimanche et jours feriés dès l'âge de 15 ans. Une régression que la droite espérait bien faire passer incognito, avec un débat focalisé sur le contrat première embauche.

La mesure a été dissimulée dans le "pack" de la loi sur l'égalité des chances, actuellement en débat au Parlement. Ce sont les députés de gauche qui ont déniché le coup fourré à force de persévérance, dans la nuit de jeudi à vendredi, à l'Assemblée nationale.

Le travail de nuit était jusqu'à présent interdit pour les mineurs, selon l'article 221-3 du Code du travail, à l'exception de certains secteurs. À l'origine limitées à la boulangerie, ces exceptions n'ont cessé de s'élargir sous l'action de la droite à de nouveaux secteurs d'activité. Un décret du 13 janvier dernier a ainsi étendu le travail de nuit des mineurs dans le secteur hippique, l'hôtellerie, la restauration, la pâtisserie, ainsi que pour les traiteurs et organisateurs de réceptions, les cafés, tabacs et débits de boissons, la boucherie et charcuterie, la graineterie, la poissonnerie, les fleuristes, jardineries et fromagerie crémerie, et tous les "établissements des autres secteurs assurant à titre principal la fabrication de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate, ou dont l'activité exclusive est la vente de denrées alimentaires au détail". Une législation qui concernait les apprentis âgés de seize ans au minimum, avant que le gouvernement De Villepin n'abaisse à 14 ans l'âge de l'apprentissage.

Appel de Jack Lang contre la politique Villepin

24.01.2006


(AFP) Jack Lang, député socialiste du Pas-de-Calais, a lancé un appel intitulé "SOS jeunesse en danger" et lancé une pétition contre un gouvernement "qui mène la guerre contre la jeunesse".

"La génération Chirac, c'est plus que jamais la génération galère.
(...) Depuis trois ans, la jeunesse de France est devenue le rat de laboratoire préféré de la droite sur lequel elle expérimente tout: du démantèlement de l'école à la casse du droit du travail en passant par la remise au pas des libertés publiques et artistiques. (...) Génération précarité, ton destin est tout tracé ", affirme Jack Lang, dénonçant pêle-mêle les mesures sur l'apprentissage, les stages, le CPE, la politique de la recherche...

Selon l'ancien ministre de la Culture et de l'Education nationale, "il est temps de dire stop à la guerre contre la jeunesse que mène la droite au pouvoir". "Le moment est venu de lancer un large mouvement de résistance contre les mauvais coups du gouvernement", ajoute-t-il en appelant "à construire au plus vite un front commun contre ce gouvernement anti-jeunes".

Le CPE est "un contrat de précarité absolue pour les jeunes", selon François Bayrou

17.01.2006


(AP) Le président de l'UDF François Bayrou a critiqué le contrat première embauche (CPE) qui instaure "un contrat de précarité absolue pour les jeunes".

"Cela ne va pas dans la bonne direction, ce n'est pas en concentrant la précarité sur les plus jeunes qu'on va résoudre les difficultés qui se posent à eux", a déploré François Bayrou sur RTL.

Le président de l'UDF a souligné que "c'est revenir sur un engagement que le Premier ministre avait pris, la main sur le coeur, à la tribune où il avait dit 'jamais le CNE (contrat nouvelles embauches) ne sera élargi aux entreprises de plus de 20 salariés'". "On revient sur cette promesse et on met en place un contrat de précarité absolue pour les jeunes".


Lycéens et étudiants mobilisés pour une nouvelle journée d'action
contre le CPE

14.02.2006


(AFP) Rennes, Toulouse... lycéens et étudiants se mobilisent mardi pour une nouvelle journée nationale d'action contre le contrat première embauche (CPE).

En Bretagne, des centaines de lycéens se sont rassemblés devant plusieurs lycées de Rennes avant une manifestation dans l'après-midi contre le CPE, alors que d'autres manifestations ont eu lieu à Vannes et Brest, a-t-on appris de sources syndicale et administrative.

Selon la police, environ 1700 personnes, lycéens, étudiants, mais aussi des salariés d'entreprises, ont manifesté à Brest. A Vannes, la police a recensé environ 450 manifestants lycéens dans les rues de la ville. A Rennes, environ 150 jeunes ont bloqué une avenue devant le lycée Emile Zola, manifestant au cri de "Non au CPE" et appelant à rejoindre la manifestation en centre-ville à 14H00. Quelque "300 à 400 élèves" ont manifesté devant le lycée Joliot-Curie, a indiqué un porte-parole du syndicat lycéen Fidl pour la Bretagne.

L'appel à manifester a également été lancé par des étudiants des deux universités de la ville, Rennes 1 et 2, en pointe dans la protestation contre le CPE. La faculté de sciences humaines de Rennes 2 est en grève depuis le 8 février.

Un peu plus tôt, à Toulouse, près d'une centaine d'étudiants ont bloqué, pendant plus d'une heure, la circulation sur une des grandes artères de Toulouse près de l'université Paul-Sabatier pour protester contre le CPE. Devant une vingtaine de policiers, les jeunes, brandissant des affiches "Tous et toutes contre le CPE", "Pour le respect et la dignité", ont finalement levé le barrage et ont décidé de bloquer les accès aux salles de cours avant de se réunir en milieu de matinée en assemblée générale.

En face de l'université, des lycéens appelaient à manifester avec les étudiants dans l'après-midi contre le CPE et tentaient de dissuader leurs camarades d'entrer dans leur établissement, provoquant un attroupement de plusieurs centaines d'élèves.

Nouvelle manifestation étudiante pour le retrait du CPE

28.02.2006


(AFP/AP) La mobilisation étudiante anti-CPE s'est poursuivie aujourd'hui "pour maintenir la pression avant le 7 mars" selon l'UNEF, avec des blocages ou filtrages dans cinq universités en Ile-de-France, et une manifestation à Paris.

"En grève! En grève! Jusqu'au retrait total!" ou encore "C comme chômage, P comme précarité, E comme exploitation, retrait du CPE!" scandaient les manifestants.

A Paris et en Ile-de-France selon l'UNEF, quatre facultés (Villetaneuse, Nanterre, Tolbiac, et Jussieu) sont en grève ce mardi. Des rassemblements et des défilés similaires sont organisés dans plusieurs villes de France, une manière de maintenir la mobilisation jusqu'à la fin des congés scolaires en attendant la journée nationale de manifestations du 7 mars.

CPE: 13 universités en grève selon l'UNEF

01.03.2006


(AP) Treize universités étaient en grève aujourd'hui pour exiger le retrait du contrat première embauche (CPE) selon un communiqué diffusé par l'UNEF, principal syndicat étudiant.

Les universités en grève sont Bordeaux III, la faculté de lettres d'Aix-Marseille I, Tours, Poitiers, Lille III, La Rochelle, Nantes, et à Paris, Censier, Jussieu, Tolbiac, et Villetaneuse.

"Le pari du gouvernement d'utiliser les vacances scolaires pour étouffer la contestation a échoué. Malgré ce lourd handicap de calendrier, la grève s'amplifie dans les universités, et un mouvement fort se dessine pour les semaines à venir", affirme encore l'UNEF.

Les organisations lycéennes et étudiantes promettent une "très forte" mobilisation à l'occasion de la journée nationale de manifestations pour le retrait du CPE, prévue le 7 mars. Selon l'UNEF, elle imposera au gouvernement de retirer le CPE.

Sarkozy perd 8 points, De Villepin 7

02.03.2006


(AFP) Le ministre de la Police, Nicolas Sarkozy, enregistre une chute de 8 points de sa cote de popularité, à 44%, et le Premier ministre Dominique de Villepin de 7 points à 36%, selon le baromètre de mars TNS-Sofres du Figaro Magazine.

Cette baisse affecte, dans une moindre mesure, d'autres membres du gouvernement: le ministre des Affaires sociales, Jean-Louis Borloo, perd 5 points à 33%, Michèle Alliot-Marie (Défense) 6 points à 31%, et Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères) 4 points à 18%.

En revanche, la présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, gagne 3 points à 52%, en tête des personalités "présidentiables". L'ex-Premier ministre Lionel Jospin progresse de 4 points à 32%.

Les personnes interrogées devaient répondre à la question: "pour chacune des personnalités suivantes, souhaitez-vous lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir?".

Plus d'un million de manifestants contre le CPE

07.03.2006


(Reuters) Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à travers la France pour exiger le retrait du contrat première embauche (CPE) défendu par le Premier ministre Dominique de Villepin.

Plus de 160 manifestations ont eu lieu à Paris et dans les principales villes de province, autour d'un unique mot d'ordre: "Retrait du CPE".

A Paris, la manifestation a débuté avec retard place de la République. Un cortège imposant était emmené par plusieurs centaines de jeunes qui avaient pris place devant les dirigeants syndicaux. A Marseille, plus de 100.000 personnes selon les organisateurs, environ 12.000 d'après la police, ont défilé entre le Vieux Port et la place Castellane. Plusieurs milliers de lycéens ont symboliquement pris place en tête de cortège, qui s'est étiré sur 2,5 km derrière une banderole qualifiant le CPE de "contrat pour esclaves".

Parmi les autres banderoles brandies par les étudiants, on pouvait lire "CPE = Chômage, Précarité, Exclusion".

"CPE = Contrat Première Emmerde", proclamait une autre banderole portée par de jeunes manifestants tandis qu'un militant de la CGT avait revêtu un costume de macchabée pour dénoncer la "mort du code du travail".

De nombreux salariés de la fonction publique dont beaucoup d'enseignants étaient également présents dans les manifestations ainsi que des personnels d'entreprises du privé telle que Ford, à Bordeaux. D'autres manifestation ont eu lieu dans de nombreuses villes.

Le CPE jette les "jeunes en pâture" aux employeurs, crient trois générations

07.03.2006


(AFP) Trois générations différentes ont bravé le froid et la pluie à Paris pour crier leur refus du contrat première embauche (CPE) qui jette "les jeunes en pâture" aux employeurs et généralise la précarité, selon eux.

"C'est normal qu'on se révolte: on nous exploite!", dit la souriante Claire, 21 ans, sans emploi après deux CDD au Printemps. "Avec un Bac +2 en commerce international, j'ai été serveuse, vendeuse, standardiste... et en intérim on ne me propose que du secrétariat. Je cherche un appartement: avec un CDD, les loueurs ne veulent déjà rien savoir, avec le CPE ça va être pire ", raconte-t-elle.

"Cette loi est inadmissible", juge aussi Christelle Couet, 36 ans, salariée chez Hachette, qui a "posé une demi-journée de congé" pour manifester. "On jette les jeunes en pâture" aux employeurs, dit-elle, "Je pense à mon fils de huit ans et demi ... j'ai peu d'espoir de changer les choses, mais au moins je pourrai le regarder dans les yeux".

Philippe Pinon, 58 ans, enseignant à Paris VIII, bonnet rouge enfoncé sur la tête, craint pour l'avenir de ses étudiants, car il doute que "les patrons jouent le jeu". "Le grand risque, c'est qu'ils en prennent un en CPE, puis un autre, et encore un autre, en les jetant comme des kleenex", s'inquiète-t-il.

"Assez, assez, assez de précarité", hurlent en écho les lycéens venus en masse à la manifestation, armés de pancartes scotchées à la va-vite et affirmant: "Sois jeune et tais-toi", "CPE= Contrat Pour mieux t'Entuber", ou "CPE, Crevez Pour Eux".

"On ne peut pas prendre et jeter les gens comme ça, sans aucune raison", s'indigne Delphine Romac, 17 ans.

Au-delà du CPE, les manifestants dénoncent une "généralisation de la précarité".

Sabrina Laidouni, 29 ans, s'inquiète ainsi pour "tous ceux qui n'ont pas le choix", comme son oncle, "chauffeur routier en intérim à qui on vient de proposer un Contrat nouvelle embauche (CNE) à 57 ans!". "Il sait très bien que dans deux ans, on va se débarrasser de lui, et à 59 ans il lui manquera une ou deux annuités pour la retraite", prédit-elle.

Chevelure blanche et foulard coloré dans le froid piquant, Martine Maso, 82 ans, est "heureuse de voir tant de jeunes réagir" face à une "régression sociale épouvantable". "Il leur faut de vrais contrats, de vrais salaires, pour ne plus être à la charge de leurs parents", dit-elle.

Villepin perd 11 points d'opinions favorables à 41%

07.03.2006


(AFP) Dominique de Villepin perd 11 points d'opinions favorables en un mois, tombant à 41% de personnes approuvant son action comme Premier ministre, selon le sondage mensuel IFOP/Paris Match publié mardi.

Dans ce tableau de bord, rendu public le jour de manifestations dans toute la France contre le CPE, le Premier ministre passe de 52% d'approbation en février à 41% en mars. 59% des personnes interrogées (+12 points) déclarent désapprouver son action.

Quant au président Jacques Chirac, il perd 2 points d'opinions favorables, à 35%. La proportion de sondés qui désapprouvent son action passe de 63% à 65% (+2).

Au classement des personnalités politiques, la socialiste Ségolène Royal continue de progresser: avec 70% de bonnes opinions (+3). Dans le hit parade de la popularité, Bernard Kouchner est deuxième et Jack Lang est à la 3è place avec 66% d'opinion favorables. Bertrand Delanoë est 4è (63%), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière) fait un bond de la 14è à la 5è place du classement (+5 à 58%). Jean-Louis Borloo (Parti radical) cède 1 point à 57%, à la 6è place, tandis que Nicolas Sarkozy (UMP), 8è, reste stable à 56%.

Dans ce tableau Dominique de Villepin perd 11 points: avec 51% de bonnes opinions, il dégringole de la 4è à la 15è place, loin derière José Bové à la 10ème place du palmarès à 54% (+2).

Le Parlement adopte définitivement le CPE

09.03.2006


(AP) Le Parlement a définitivement adopté, après un ultime vote des sénateurs, le projet de loi sur l'égalité des chances qui met en oeuvre le décrié contrat première embauche (CPE).

Le Sénat a approuvé, par 178 voix contre 127 le texte de compromis élaboré en commission. Les sénateurs de gauche ont voté contre, tandis que les centristes se sont majoritairement abstenus. Le texte est donc définitivement adopté au Parlement. La gauche va saisir le Conseil constitutionnel.

La contestation étudiante anti-CPE ne faiblit pas

09.03.2006


(AFP) Après l'adoption définitive jeudi 9 mars par le Parlement de la loi instaurant le Contrat première embauche (CPE), le Premier ministre Dominique de Villepin a précisé que ce texte s'appliquerait "dans les prochaines semaines". Sur le terrain, la contestation étudiante ne mollit pas. Sur les 84 universités françaises, entre 31 (selon le ministère de l'Education nationale) et 40 (selon l'UNEF) étaient touchées à des degrés divers. A la Sorbonne à Paris, une centaine d'étudiants a passé la nuit dans un amphithéâtre. Au matin, pour éviter que le mouvement ne prenne trop d'ampleur, des CRS filtraient les entrées de l'université paralysée.

Malgré la rue et les sondages,
Villepin n'entend pas fléchir sur le CPE

07.03.2006


(AFP) Malgré la forte mobilisation des syndicats et des étudiants et une popularité en chute libre, Dominique de Villepin se refuse pour l'instant à toute inflexion sur le contrat première embauche (CPE). Il se dit prêt malgré tout à "enrichir" les mesures gouvernementales pour l'emploi des jeunes tout en excluant de retirer le CPE.

Alors que, selon la CGT, plus d'un million de personnes ont battu le pavé à travers la France (396.000 selon la police), soit plus du double du coup de semonce du 7 février, le Premier ministre a certes affirmé devant les députés "respecter les inquiétudes et les peurs qui s'expriment", mais il a également martelé son refus de "l'immobilisme".

"Il est temps de faire des choix et de les assumer", a-t-il dit dimanche pour résumer son état d'esprit. Et s'il a promis de présenter "le moment venu" une évaluation du CPE, il a réaffirmé que ce contrat était "un véritable contrat anti-précarité".

Une opinion de moins en moins partagée par les Français, à en croire les sondages. Dans le dernier baromètre LH2-Libération, 59% réclament l'abandon du CPE. Dans les cortèges, les manifestants s'en sont donné à coeur joie pour rebaptiser le CPE: "contrat pour esclave", "contrat poubelle embauche", "cadeau au patronat encore"...

Cette opposition croissante au CPE touche de plein fouet le chef du gouvernement, dont la cote de confiance chute de 11 points (à 41% d'opinions favorables) dans l'enquête Ifop/Paris-Match publiée ce 7 mars.

"Le charme de Dominique de Villepin a cessé d'opérer (...) Maintenant, derrière celui qui porte beau, on voit une vraie politique de droite, une politique de précarité", explique Claude Bartolone (PS).

L'équation s'annonce des plus délicates pour le Premier ministre, car un recul sur le CPE pourrait lui coûter cher au sein de son électorat. Reste à savoir comment M. de Villepin -dont son lointain prédécesseur Alain Juppé avait dit un jour qu'il ferait un "bon Premier ministre en temps de guerre"- fera face à cet avis de tempête.

Appel à la manifestation partout en France le samedi 18 mars

09.03.2006


(AFP) Les syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens hostiles au CPE ont décidé d'appeler à une nouvelle journée d'action avec des manifestations partout en France, le samedi 18 mars.

Réunis au siège de la CFDT 48 heures après le succès de la mobilisation du 7 mars (entre 400.000 et 1 million de manifestants), les syndicats des salariés ont également décidé d'apporter leur soutien à la journée d'action des étudiants et lycéens fixée au jeudi 16 mars.

Les confédérations syndicales CGT, CFDT, FO, CFTC et la CFE-CGC, ainsi que l'Unsa, la FSU, l'Unef, Solidaires, la Confédération étudiante, l'UNL (Union nationale lycéenne) et la FIDL (fédération indépendante et démocratique lycéenne), signataires de l'appel commun ont convenu de se retrouver le 18 au soir pour faire le point de la situation,

Dans une déclaration commune lue au sortir de leur réunion, les organisations signataires notent que "les manifestations du 7 mars marquées par un très grand succès constituent une montée en puissance dans la mobilisation et les actions engagées, tant chez les salariés que chez les étudiants et les lycéens pour le retrait du CPE".

"A ce jour, le gouvernement s'obstine, les organisations syndicales de salariés, étudiantes et lycéennes unanimes, réunies ce jour, lui répondent avec force en décidant d'une nouvelle étape de mobilisation qui sera, que le gouvernement n'en doute pas, encore plus forte que la précédente", poursuit la déclaration.

Les signataires "réaffirment leur volonté d'obtenir le retrait du CPE porteur de précarité, discriminatoire pour la jeunesse et, donc, pénalisant pour l'avenir de la société".

Les étudiants et lycéens appellent à se mobiliser "massivement" contre le CPE

11.03.2006


(AP) La FIDL appelle "l'ensemble des lycéens de France" à "se mobiliser massivement" contre le contrat première embauche (CPE). Dans un communiqué diffusé samedi, le syndicat lycéen souhaite la tenue d'assemblées générales dans tous les établissements afin de préparer la manifestation du 16 mars.

"Nous, lycéens de France, nous battrons tous ensemble jusqu'au retrait du CPE, jusqu'à la victoire!" promet la FIDL. L'Union nationale lycéenne (UNL) estime également que les mesures annoncées par Dominique de Villepin lors de son intervention télévisée "ne sont que de la poudre aux yeux" et maintient son appel "à organiser dès lundi des assemblées générales dans les lycées pour voter la grève" contre le CPE. "Monsieur de Villepin a une fois de plus montré qu'il ne comprenait rien à la situation dans la société" en excluant de retirer le CPE, a jugé l'UNL dans un communiqué dénonçant "la démarche butée" du Premier ministre.

Du coté des étudiants, un peu plus de 300 délégués d'une quarantaine d'universités et IUT de France se sont réunis en assemblée générale à l'université de Poitiers (Vienne), où ils ont décidé de poursuivre leur mobilisation contre le CPE (contrat première embauche). Ils ont tour à tour évoqué les formes prises par le mouvement dans leurs différents établissements. La plupart ont évoqué des blocages qu'ils ont l'intention de poursuivre, et si possible d'amplifier jusqu'à la manifestation du 16 mars.

Les étudiants de Poitiers, qui se disent "à la pointe du mouvement", ont rappelé qu'ils avaient notamment brûlé des voitures en carton devant la préfecture de la Vienne le 6 mars, bloqué la voie ferrée Paris-Bordeaux pendant trois heures le 7, et l'hôtel des impôts le 9 et le 10. "Nous voulons être totalement pacifiques mais totalement fermes dans notre détermination à obtenir l'abrogation du CPE", a conclu le délégué poitevin Tangui Le Bolloc'h.

Les étudiants occupent la Sorbonne
pour la première fois depuis mai 1968

11.03.2006


(AFP/AP) Emblème de l'université française et haut lieu des événements de Mai 68, la Sorbonne est devenue le symbole de la mobilisation contre le CPE avec son occupation par des centaines d'étudiants alors que plusieurs dizaines d'autres universités étaient toujours le théâtre de divers mouvements anti-CPE.

La Sorbonne, occupée depuis deux nuits, a été envahie peu avant 17H00 par plusieurs centaines de personnes qui ont pénétré dans le bâtiment en passant par des fenêtres au rez-de-chaussée. Ils "organisaient leur plan de défense" en vue de passer la nuit à l'intérieur de l'université.

A l'intérieur de la Sorbonne occupée, les jeunes se sont réunis en assemblée générale dans un amphithéâtre et ont brandi leurs cartes d'étudiants pour répondre au rectorat qui avait affirmé un peu plus tôt qu'il s'agissait "d'étudiants radicaux, agitateurs, et sans-papiers".

Vers 16H30, après une échauffourée avec les gendarmes mobiles rue de la Sorbonne, les manifestants anti-CPE sont parvenus à pénétrer par surprise dans l'université en s'engouffrant par une fenêtre en rez-de-chaussée rue Saint-Jacques. "10 mars 2006 jour mémorable", a alors écrit une main enthousiaste sur un tableau blanc de la salle de musique où un jeune homme entonnait le chant révolutionnaire italien Bella Ciao. Puis dans la cour pavée de la Sorbonne, sous l'oeil de la statue de Victor Hugo, des dizaines d'étudiants ont apporté des tables et des chaises pour élever une barricade, juste sous le nez des vigiles du rectorat censés empêcher leur entrée dans l'université.

Sous une fresque historique de l'amphithéâtre Descartes, un jeune homme se met à jouer au piano les Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach. Il est 19H00 et 300 étudiants viennent de discuter gravement de leurs revendications. Vers 23h00, les étudiants ont en outre reçu le renfort de quelque 150 intermittents du spectacle, venus de leur manifestation au Châtelet.

Trois mini barricades ont été érigées sans la soirée boulevard Saint-Michel. L'une au niveau de la place de la Sorbonne, une deuxième barricade en face de la place de la Sorbonne, et une troisième a été installée à une vingtaine de mètres de la deuxième. Barrières de chantier, grilles d'arbre, panneaux de signalisation ainsi qu'un conteneur de récupération pour le verre ont notamment été mis à contribution. Un grand feu de papier et de palettes de bois a également été allumé sur le boulevard, tandis qu'un groupe d'étudiants équipés de trombones, de trompettes et d'un tambour animaient la soirée.

Déjouant la surveillance policière, quelques manifestants ont réussi à rejoindre les occupants de la faculté en passant par un échafaudage et les toits.

Depuis leur "prise" de la Sorbonne, les étudiants sont persuadés d'être en position de force dans leur bataille contre le CPE. "Le gouvernement sait que s'il agit violemment, cela va rendre le CPE encore plus impopulaire qu'il ne l'est", déclare un jeune orateur à la foule. D'autres insistent sur un mot d'ordre: "la Sorbonne est un patrimoine historique, il ne faut pas qu'il y ait la moindre dégradation importante."

"Les seules dégradations minimes que nous avons commises, c'est de forcer des serrures", assure un jeune homme prêchant le pacifisme. A la fin de l'"AG", sur le grand tableau noir de l'amphithéâtre occupé, une question est écrite à la craie: "Doit-on se défendre si les CRS chargent?" A mains levées, les étudiants ont majoritairement voté "pour une défense activement non violente".

Huit universités (Clermont-Ferrand II, Grenoble II et III, Lille III, Montpellier III, la Rochelle, Rennes II et Paris X) étaient bloquées vendredi soir et 26 autres "perturbées à des degrés divers", sur 84 en France, selon le ministère de l'Education nationale.

La coordination Ile-de-France des étudiants grévistes, réunie vendredi soir à huis-clos à Paris X-Nanterre a appelé à la mobilisation générale pour la manifestation nationale du samedi 18 mars.

Les étudiants évacués de la Sorbonne par les CRS

11.03.2006





(AFP) La Sorbonne a été évacuée par les CRS avant la fin de la troisième nuit d'occupation, alors que plusieurs centaines d'étudiants réclamant le retrait de la loi sur l'égalité des chances, tenaient ce symbole de l'université française.

Les forces de l'ordre étaient entrées dans l'université peu avant 04h00, après avoir pris pris vers 00H30 le contrôle de la place de la Sorbonne, qu'ils ont vidée par des salves de gaz lacrymogènes suivies d'une charge. Dans la cour pavée de la Sorbonne, les CRS ont fait usage de gaz lacrymogènes et parfois de matraques pour pousser les étudiants vers la sortie. Les étudiants avaient essayé de faire face aux CRS en formant des chaînes humaines et en scandant: "Résistance pacifique" et "Police nationale, milice du capital!". L'irruption des forces de police dans le hall, devant l'amphithéâtre Richelieu, a donné lieu à des scènes de panique, alors que certains étudiants tentaient de bloquer les charges des CRS en jetant des chaises et des tables dans leur direction.

D'autres étudiants, surpris dans l'amphithéâtre où ils écoutaient un concert de piano, ont expliqué avoir été "évacués sans violence", et être "sortis calmement" par l'arrière du bâtiment, rue Saint-Jacques.

Vers 05H00, les gendarmes mobiles ont remonté le boulevard Saint-Michel pour en déloger les quelque 200 jeunes qui s'y trouvaient encore, interpellant onze personnes, selon la préfecture. Vingt-cinq manifestants du dernier carré ont également été interpellés. Des vitrines d'un McDonald, situé en bas de la rue Soufflot, ont été en partie brisées. Vers 05H30, les derniers manifestants se sont dispersés. Un étudiant et un photographe ont été blessés.

Les CRS ont alors pris vers 00H30 le contrôle de la place de la Sorbonne, qu'ils ont vidée par des salves de gaz lacrymogènes suivies d'une charge. Ils ont ensuite franchi le boulevard Saint-Michel, où ils ont démantelé une barricade, avant de se replier sur la place de la Sorbonne, face aux manifestants, un face-à-face qui a perduré jusqu'à l'évacuation de l'université.

Sarkozy: "Il fallait le faire. On l'a fait"

11.03.2006




Nicolas Sarkozy aux Antilles avant son retour à Paris
(AP) Nicolas Sarkozy s'est employé à tirer un bénéfice médiatique de l'évacuation dans la nuit de vendredi à samedi de la Sorbonne, dirigée en direct depuis l'avion qui le ramenait de la Martinique à Paris après son déplacement aux Antilles.

A 22h45 à Fort-de-France (3h45 à Paris), l'Airbus A310 de l'armée de l'air dans lequel ont pris place le ministre de l'Intérieur, ses collaborateurs et une cinquantaine de journalistes, s'apprête à décoller. Nicolas Sarkozy a avancé son départ de la Martinique (initialement prévu le lendemain en début d'après-midi) en raison de l'occupation de la Sorbonne par des étudiants opposés au contrat première embauche (CPE).

Le ministre de l'Intérieur a laisse entendre aux journalistes que l'université symbole de mai 1968, occupée depuis trois jours, va être évacuée. "On vous en dira plus après le décollage", lâche-t-il, énigmatique, avant de gagner sa place à l'avant.

A 22h55, alors que l'avion vient à peine de décoller, le conseiller en communication du ministre, Franck Louvrier, annonce que les CRS sont entrés dans l'université pour évacuer les 200 étudiants qui s'y trouvaient.

A 23h (4h heure de Paris), Nicolas Sarkozy, en liaison toutes les 10 minutes avec le directeur des CRS Christian Lambert, qui dirige l'opération sur les lieux, confirme. "Il fallait le faire, on l'a fait. On a pris la décision cette après-midi à 17 heures (22h à Paris) avec Dominique de Villepin", précise le ministre de l'Intérieur. "On a décidé de l'heure avec Christian Lambert, Michel Gaudin (directeur général de la police nationale) et Claude Guéant (son directeur de cabinet)".

1968-2006, les parallèles

12.03.2006


(syti.net) L'occupation de la Sorbonne, son évacuation par les CRS, puis sa fermeture, les barricades boulevard St Michel, tout cela rappelle les événements de mai 1968... Autres parallèles: l'ennui et l'atmosphère étouffante créés par une droite ultra-répressive, des salaires qui stagnent depuis 20 ans, la crise du logement, et surtout, la jonction entre entre le mouvement étudiant et celui des salariés, ce qui n'était jamais arrivé depuis 68. Pour l'anecdote, on peut aussi y ajouter le retour de la mode du jean ou des cheveux longs qui symbolisent la liberté et le "lâcher-prise"...

On retrouve des similitudes au niveau du contexte international, l'Amérique de Bush ayant des points communs avec celle de Nixon: guerres inutiles au bénéfice du lobby militaro-industriel, malhonnêteté foncière des dirigeants, mensonge permanent érigé en méthode de gouvernement, et volonté de restreindre la démocratie.

Eléments nouveaux en 2006: la défiance du peuple envers des élites discréditées, le nouvel esclavage et la précarité généralisée engendrés par la mondialisation, autant de facteurs qui ne peuvent qu'amplifier la révolte...

Villepin reste inflexible sur le CPE, malgré quelques ouvertures

12.03.2006


(AP/AFP) Dominique de Villepin a exclu dimanche soir de retirer le CPE. "La loi qui a été votée s'appliquera", a déclaré le Premier ministre sur TF1.

"Cette loi sera mise en oeuvre mais je souhaite compléter les garanties qui sont apportées par des nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux" dans le cadre de la loi, a-t-il ajouté. Le Premier ministre a notamment proposé la création d'un "référent" qui accompagnerait et conseillerait les jeunes salariés tout au long de la période de deux ans au cours de laquelle le contrat peut être rompu sans justification.

En cas de licenciement, Dominique de Villepin a proposé le versement d'un "complément de rémunération qui s'ajouterait à l'allocation chômage pour une période, par exemple de trois mois, et qui permettrait au jeune d'avoir une formation complémentaire
(...) de façon à retrouver rapidement un emploi".

Il a également proposé aux partenaires sociaux d'évaluer régulièrement la mise en oeuvre du CPE et il a émis le souhait de les rencontrer en avril pour "ouvrir un dialogue sur la précarité".

Alors que la semaine s'annonce à risques avec trois journées de mobilisation programmées mardi, jeudi et samedi à l'appel des syndicats et des étudiants, M. de Villepin, qui dévisse dans les sondages depuis un mois, a reconnu "beaucoup de malentendus, de confusion et d'incompréhensions". Assurant "comprendre" les inquiétudes des Français, le chef du gouvernement s'est proclamé "homme d'action et de conviction" mais aussi "d'écoute et de dialogue".

Bruno Julliard, le président du principal syndicat étudiant l'UNEF, a immédiatement exprimé son "sentiment de déception mêlé à de la colère".

"Atterrée par l'autisme total" du Premier ministre Dominique de Villepin, qui a refusé dimanche soir de retirer son contrat première embauche, la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) a annoncé que "les jeunes ne dialogueraient pas avec un pistolet sur la tempe". Le syndicat "appelle tous les lycéens de France à se réunir en assemblée générale pour décider de nouvelles actions et à préparer le grand rendez-vous de la jeunesse contre le CPE lors des manifestations du jeudi 16 mars".

"A force de prendre de haut les jeunes, le gouvernement ne va qu'accentuer la colère", prévient la FIDL. "Aucun dialogue ne pourra être envisagé tant que le CPE ne sera pas purement et simplement retiré".

L'ensemble des syndicats de salariés ont également rejeté la proposition d'entamer les négociations, conditionnant celles-ci au retrait pur et simple du CPE. "Tant que le gouvernement ne retire pas son projet et que les deux points clés restent, la période d'essai de deux ans et l'absence de motif pour licencier un salarié, je ne vois pas comment les discussions peuvent s'engager", a déclaré Jean-Claude Mailly, numéro un de Force Ouvrière (FO).

Les étudiants déterminés à poursuivre la mobilisation

12.03.2006




assemblée générale des étudiants à l'université de Rennes
(AFP) Les étudiants anti-CPE ont affiché ce week-end leur détermination à poursuivre lundi, lors de dizaines d'assemblées générales, leur mobilisation, avec trois manifestations prévues cette semaine.

Dominique de Villepin a annoncé sur TF1 que "la loi qui a été votée" sur le CPE "s'appliquera" mais qu'elle sera "complétée" de "nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux" sur son application.

"J'ai un sentiment de déception mêlé à de la colère, le Premier ministre n'a pas entendu la jeunesse et a fait un long discours avec les arguments mensongers que nous entendons depuis le début", a réagi Bruno Julliard, président de l'UNEF. De son côté, le syndicat lycéen FIDL s'est dit "atterré par l'autisme total dont a fait preuve" le Premier ministre.

Réunie à Poitiers, la coordination nationale étudiante - qui rassemble des délégués de chaque université élus en assemblée générale - a réaffirmé dimanche sa "détermination" et appelé les jeunes à manifester dès mardi, avant les manifestations de jeudi, à l'appel du collectif d'organisations de jeunesse Stop-CPE, et de samedi avec les confédérations syndicales.

Les deux syndicats lycéens, UNL et FIDL, ont par ailleurs appelé les lycéens à "voter la grève" en assemblées générales, voire à "décider le blocage" des établissements.

Près de la moitié des universités sont déjà en grève. Dans le courant du week-end, certaines d'entre elles ont été bloquées ou occupées par des étudiants, comme Toulouse II-Le Mirail, Rennes II, Montpellier II et III, Caen, Tours, Brest, Nantes, le Havre, Rouen, Grenoble II et III ou encore Dijon.

Trois présidents d'université réclament le retrait du CPE

12.03.2006


(AP) Les présidents des universités de Nanterre-Paris X, de Toulouse-Le Mirail et de Nantes demandent au Premier ministre Dominique de Villepin le retrait du contrat première embauche (CPE).

Dans une lettre adressée à Dominique de Villepin, le président de l'université de Nantes, François Resche, lui "demande solennellement de suspendre le CPE et d'ouvrir des négociations avec toutes les organisations professionnelles et étudiantes concernées".

Le président de l'université de Toulouse, Rémy Pech, "déplore vivement les violences policières survenues à la Sorbonne au cours de la nuit de vendredi à samedi, qui ne peuvent qu'aggraver une situation déjà tendue dans la majorité des universités françaises".

"Nous sommes en plein dans notre rôle lorsque nous nous soucions à la fois des débouchés des études des étudiants et du fait qu'ils puissent suivre ces études de façon sereine. Actuellement, ils ne le peuvent pas parce que cette obstination que manifeste le gouvernement a abouti à exacerber le conflit ", a déclaré Rémy Pech dimanche sur LCI.

Sur la même chaîne, Olivier Audéoud, président de l'université de Nanterre-Paris X, a demandé au gouvernement "de répondre à la jeunesse de façon claire et
(...) de retirer le CPE. Ca me paraît la seule solution. Faute de quoi, je ne sais pas ce qui peut arriver la semaine prochaine".

C'est à Nanterre qu'était né le mouvement du 22 mars qui avait débouché sur la grande contestation etudiante de mai 1968.

Violents incidents entre manifestants et forces de l'ordre au Quartier Latin à Paris

14.03.2006


(AP) Plusieurs centaines de jeunes, dont certains masqués, ont affronté les forces de l'ordre mardi en fin d'après-midi à proximité de l'université parisienne de la Sorbonne, au terme d'une manifestation d'étudiants et de lycéens contre le contrat première embauche (CPE).

La manifestation spontanée, d'environ 8000 participants, était partie dans le calme de la place d'Italie peu avant 15h30, rassemblant principalement des étudiants, mais également des lycéens venus de plusieurs universités et établissements scolaires de la capitale.

Au terme de cette marche qui est arrivée a proximité de la Sorbonne vers 16h30, les premiers incidents ont éclaté à l'angle de la rue Saint-Jacques et de la rue des Ecoles. Plusieurs dizaines de jeunes ont lancé des bouteilles et des cailloux sur un barrage de gendarmes mobiles, qui ont répondu à plusieurs reprises à des jets de gaz lacrymogène.

Tandis que les groupes les plus radicaux provoquaient les forces de l'ordre, plusieurs milliers d'autres jeunes étaient restés sur place en spectateurs.

Après avoir reçu des grilles métalliques, les gendarmes mobiles ont procédé à une brève charge pour se dégager, rejoints par des CRS qui ont provoqué le reflux des manifestants sur le boulevard Saint-Michel.

A 18h30, c'est une foule d'environ 2.000 à 3.000 personnes qui entrait sur la place de la Sorbonne où de nouveaux incidents, plus violents, éclataient avec les CRS, qui ont immédiatement dégagé la place en tirant plusieurs grenades lacrymogènes, noyant les lieux dans un épais nuage de fumée bleue.

A 20h30, les incidents se poursuivaient, non seulement avec la frange la plus radicale des étudiants et des lycéens, mais également avec une centaine de manifestants d'extrême droite venus faire le coup de poing contre les protestataires anti-CPE.

Peu avant 20h, la préfecture de police faisait état de sept interpellations, soulignant qu'il s'agissait d'un bilan provisoire en raison de la poursuite des incidents.

Le mouvement anti-CPE s'étend dans le Sud-Ouest

14.03.2006


(AP) Le mouvement des étudiants contre le contrat première embauche s'est étendu dans le Sud-Ouest. A Bordeaux, après l'université de lettres Bordeaux III, les universités de Bordeaux I (sciences) et de Bordeaux II (psychologie-sociologie) ont voté le blocage à partir de ce mardi soir.

A La Rochelle (Charente Maritime), le blocage a été levé dans la matinée, mais une assemblée générale inter-universités a voté la grève des cours sans blocage jusqu'au retrait du CPE. Environ 500 étudiants ont par ailleurs manifesté dans l'après-midi devant le tribunal de La Rochelle.

A Poitiers, une assemblée générale a voté la reconduction du blocage des universités, avant qu'une opération escargot composée d'une centaine de voitures ne se déroule dans la ville.

La gare de Nantes bloquée en fin d'après-midi par des étudiants

14.03.2006


(AP) Près de 2000 étudiants et lycéens protestant contre le contrat première embauche ont envahi mardi la gare de Nantes, occupant pendant environ une heure et demi les voies avant de se retirer.

Après s'être rassemblés à un arrêt de tramway proche de la gare SNCF, les étudiants ont d'abord emprunté des rues peu fréquentées derrière la gare, avant de pénétrer brusquement dans le hall puis de descendre sur les voies bloquer le trafic des trains.

Pour Maelle, une étudiante en droit qui fait partie des leaders du mouvement, les étudiants ont "choisi la gare car c'est un lieu symbolique économiquement et que la "loi sur l'égalité des chances" signifie la mort économique des étudiants et des apprentis."

La SNCF qui craignait un accident a interrompu la circulation ferroviaire dès que les étudiants ont exprimé leur intention d'occuper les voies. Les manifestants qui se sont répartis sur l'ensemble des voies de la gare, ont occupé les lieux pendant environ une heure et demie avant de se retirer, après avoir parlementé avec les forces de police.

Les policiers ont usé de lacrymogènes pour obliger les grévistes les plus récalcitrants à dégager les voies. Une quinzaine de trains ont été bloqués suite à ce mouvement.

Des centaines de milliers de jeunes redisent "non" au CPE

16.03.2006


(AP/AFP) Les jeunes persistent et signent. A l'avant-veille d'une nouvelle journée de mobilisation, des centaines de milliers d'étudiants et de lycéens - ces derniers très nombreux - ont manifesté dans toute la France contre le contrat première embauche (CPE). La participation globale aux manifestations était nettement plus importante que deux jours plus tôt, lors des précédentes manifestations d'étudiants et de lycéens. Au total, 500.000 personnes ont défilé selon les organisateurs.

Dans plusieurs villes, des incidents ont éclaté avec les forces de l'ordre. Plus de 80 lycées et les deux tiers des universités étaient bloquées ou perturbées par des grèves, des occupations, des barrages filtrants, ou la distribution de tracts. Une trentaine de lycées étaient touchés à Paris, selon le rectorat. Devant deux d'entre eux, Hélène-Boucher (XXe) et Balzac (XVIIe), les lycéens ont construit des mini-barricades.

Plus des deux tiers des 84 universités françaises étaient toujours touchées par le mouvement, grèves et blocages des campus, ainsi que des dizaines de lycées.

Le Premier ministre Dominique de Villepin s'est une nouvelle fois dit "ouvert au dialogue dans le cadre fixé par la loi pour améliorer" le CPE. "Je suis très attentif au bon déroulement de cette journée", a-t-il déclaré avant de rappeler qu'il recevrait les présidents d'université à Matignon dans la soirée.

Insuffisant, ont répondu les étudiants et lycéens qui exigent le retrait pur et simple du CPE, contrat réservé aux jeunes de moins de 26 ans et assorti d'une période d'essai de deux ans. "Retrait du CPE!", "Chirac, Villepin et Sarkozy: votre période d'essai, elle est finie!" ou encore "Non! Non! Non à la précarité", ont notamment scandé les manifestants dans les différents cortèges.

Selon l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), 66 universités sur 84 étaient en grève, tandis que 500.000 personnes participaient à 196 cortèges dans toute la France.

"On ne peut pas vivre avec un couteau sous la gorge", a observé dans la manifestation parisienne Sophie Cojan, étudiante en cinéma âgée de 21 ans. Comme de nombreux autres manifestants, elle portait sur ses vêtements un sac en plastique noir pour rappeler que les jeunes ne sont "pas jetables". "Je ne dis pas que tous les patrons sont mauvais, mais la bonne volonté ne suffit pas".

A Paris, Bruno Julliard, le président de l'Unef, s'est déclaré "très optimiste" sur la mobilisation pour cette journée. Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a salué "une vraie lame de fond dans la jeunesse contre le CPE", tandis que Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, a assuré que le mouvement "continue de s'amplifier".

"Le mouvement va crescendo, le gouvernement va devoir plier", a également estimé Tristan Rouquier, président national de la Fédération indépendante démocratique lycéenne (FIDL). "Nous donnons rendez-vous aux étudiants et aux salariés pour la manifestation de samedi qui sera le vrai rendez-vous de la lutte contre le CPE".

Dans la matinée, entre 7000 personnes, selon la police, et 15.000, selon les organisateurs, avaient manifesté dans les rues de Marseille contre le CPE. Le cortège bruyant et coloré était constitué d'une majorité de lycéens, une première dans la mobilisation phocéenne, qui répondaient à l'appel d'une journée "lycées morts".

A Toulouse, ils étaient plus de 17.000 à dénoncer le CPE. Le cortège était mené par des lycéens et étudiants, scandant notamment "Marre, marre, marre du CPE! Oui, oui, oui au CDI". En matinée, des heurts avaient éclaté devant l'université des sciences sociales entre partisans et opposants au blocus de l'université. Les cours ont été suspendus jusqu'à lundi, sur décision de la direction.

L'ambiance était également très tendue à Rennes, où entre 15.000 manifestants selon l'UNEF ont défilé à la mi-journée. Avant le rassemblement, une centaine d'étudiants avaient occupé le salon d'honneur de la mairie de Rennes, avant d'être délogés par les CRS. Des affrontements se sont déroulés à l'issue de la manifestation avec les forces de l'ordre.

A Paris où 200.000 lycéens et étudiants étaient dans le rue, de graves incidents ont éclaté après le rassemblement entre plusieurs centaines de jeunes et les CRS boulevard Raspail. De source policière, on précisait que 150 personnes ont été interpellées dans la capitale dans le cadre des manifestations contre le CPE.

Des manifestations ont également organisées été dans d'autres villes de France, comme à Bordeaux, où 20.000 personnes étaient dans les rues. Par ailleurs, 4000 manifestants ont défilé à Brest, 3500 à Quimper, 10000 à Nantes, 7000 à Angers, 8000 à Lille, 5000 à Grenoble, 8000 à Lyon, 10.000 à Marseille, 1000 à Périgueux et 4100 à Clermont-Ferrand.

Les manifestants anti-CPE ont également occupé des voies ferrées dans une dizaine de gares, principalement en Bretagne, dans les Pays de la Loire et le Sud Ouest, provoquant des retards pouvant aller jusqu'à 40 minutes, selon la SNCF.

Cette journée est un avant-goût des manifestations prévues le 18 mars dans toute la France à l'appel des organisations de jeunesse et des syndicats. Et ce alors que le rejet de ce contrat s'accroît massivement dans l'opinion. 68% des Français sont favorables à son retrait, soit 13% de plus en une semaine, selon un sondage CSA.

L'issue du conflit reste difficile à prédire. L'ampleur de la mobilisation du 18 mars sera sans doute déterminante. "On attend tous de savoir si dans la rue, dans l'opinion, ça monte ou pas", a expliqué un ministre au quotidien Le Monde sous couvert de l'anonymat. "Villepin ne reculera pas, il va tenir jusqu'au bout. Et s'il ne tient plus, il est mort".

Ambiance tendue à Paris à l'issue de la manifestation
contre le CPE

16.03.2006





(AP) Des centaines de milliers de lycéens et étudiants ont mené une démonstration de force contre le gouvernement en manifestant dans la plupart des grandes villes de France contre le CPE lors de défilés parfois émaillés de heurts, comme à Paris.

Alors que la manifestation s'était déroulée dans le calme et dans une ambiance bon enfant, la situation a dégénéré pendant plus de deux heures en début de soirée. De violents affrontements ont opposé jeunes et policiers dans le Quartier latin, au coeur de Paris, près de la prestigieuse université de La Sorbonne, symbole de la révolte étudiante de mai 1968.

Des jeunes ont incendié un kiosque à journaux et jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, à Sèvres-Babylone. Des incidents ont ensuite éclaté place de La Sorbonne, où plusieurs centaines de manifestants ont bataillé avec des cocktails molotov et des fumigènes. Un kiosque à journaux et une librairie et une cabine téléphonique ont été incendiées, une dizaine de voitures renversées ou détériorées dont 3 incendiées.

Les manifestants, qui descellaient des pavés pour en faire des projectiles, ont finalement reculé face aux canons à eau et à de grosses quantités de gaz lacrymogènes. Les forces de l'ordre ont également fait usage de flashballs. Le calme est revenu vers 22 heures.

D'autres heurts ont eu lieu en banlieue parisienne, notamment à Vitry-sur-Seine et au Raincy où une jeune lycéenne a été blessée au visage après avoir reçu des coups de matraque.

Manifestations anti-CPE en Province

16.03.2006


(AP) Marseille - Environ 15.000 personnes ont manifesté jeudi matin dans les rues du centre de Marseille contre le contrat première embauche. Le cortège bruyant et coloré était constitué d'une majorité de lycéens, une première dans la mobilisation marseillaise, qui répondaient à l'appel d'une journée "lycées morts", suivi des étudiants et de quelques représentants des syndicats de salariés. Le défilé s'est terminé par un meeting réunissant syndicats de salariés et organisations de jeunesse devant le Palais de Justice de Marseille, avant de se disperser sans incidents.

Bordeaux - La manifestation anti-CPE a réuni environ 20.000 manifestants, alors que les 4 universités étaient en grève dont 3 bloquées. La quasi-totalité des manifestants étaient des lycéens et des étudiants. La manifestation a duré un peu plus de deux heures dans le centre-ville. Elle s'est poursuivie par un sit-in d'environ un millier d'étudiants sur la Place de la Victoire, et notamment sur les rails de la ligne B du tramway de Bordeaux, dont la circulation a été momentanément interrompue. A l'issue du défilé, les organisateurs ont appelé à participer à la manifestation de samedi avec les syndicats de salariés, ainsi qu'à la mobilisation pour une journée de manifestation nationale le 23 mars.

Rennes - 15.000 manifestants ont manifesté dans les rues de Rennes, réclamant le retrait du contrat première embauche. L'université de Rennes II (lettres et sciences humaines) est en grève avec blocage depuis le 6 février. Jeudi, celle de Rennes I était également bloquée, ainsi que l'Institut d'études politiques.

Avant le début de la manifestation, une centaine d'étudiants ont occupé le salon d'honneur de la mairie de Rennes. Un imposant cordon de CRS a bloqué tous les accès à la Place de la mairie, au coeur de la ville. En début d'après-midi, les occupants ont été délogés par les CRS.

Après la manifestation, plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés vers 15h aux abords des locaux de l'UMP. Un face à face tendu s'est engagé avec les forces de l'ordre. Les manifestants ont mis le feu à des poubelles. Pendant environ une heure, des affrontements violents se sont déroulés entre les étudiants et les gendarmes mobiles ou CRS.

Toulouse - Environ 17.000 personnes ont manifesté à Toulouse dans le cadre de la journée de mobilisation nationale pour le retrait du contrat première embauche. Ouvert par une banderole unitaire "Lycéens, étudiants, salariés, précaires: tous contre la casse du code du travail, contre la loi sur l'égalité des chances", le cortège était mené par des lycéens et étudiants, scandant notamment: "Résistance", "Marre, marre, marre du CPE, oui, oui, oui au CDI".

On retrouvait dans la manifestation des étudiants, professeurs et personnels non-enseignant des universités en grève comme le Mirail, Paul-Sabatier et de quelques collèges, portant des pancartes comme: "Quel avenir pour la jeunesse?", "Couillonnés Précarisés Exploités". "La précarité n'est pas dans nos gènes. Aujourd'hui, luttons", disait une banderole de l'IUP Bio.

Nantes - La manifestation contre le contrat première embauche a réuni 20.000 personnes qui ont défilé dans les rues de la ville. Le cortège était essentiellement composé d'étudiants et de lycéens, 200 collégiens et 250 salariés y avaient également pris part. Le défilé est parti de la Place du Commerce vers 17h30 pour faire une boucle autour du centre-ville. Les étudiants ont manifesté dans le calme en scandant des slogans comme "Lycéens, étudiants, chômeurs et salariés, c'est tous ensemble qu'il lutter" ou "Villepin, t'es foutu, les étudiants sont dans la rue!". Les syndicats de salariés (la CGT, FO et la CFDT) avaient pris place à la fin du cortège. Une nouvelle manifestation aux flambeaux était par ailleurs prévue en soirée.

Angers - La manifestation a réuni 7000 personnes. Comme ceux de Nantes, les étudiants et lycéens angevins manifestant contre le contrat première embauche ont investi dans l'après-midi les voies de la gare d'Angers. A l'issue du défilé qui s'est déroulé dans les rues de la ville, les manifestants ont pris la direction de la gare où ils se sont engouffrés dans le hall et pris possession des voies après avoir forcé un cordon de police. Cette manifestation a entraîné des perturbations sur la ligne Paris-Nantes, entraînant des retards d'une heure environ. Le trafic a été dévié vers Tours. Par ailleurs, ne porte en verre a été dégradée dans le hall de la gare et sept personnes ont été interpellées. Trois majeurs ont été arrêtés pour dégradations et quatre mineurs pour des jets de projectiles et outrage envers les forces de police. Ils ont tous été remis en liberté après avoir été entendus par la police.

Poitiers - 8000 manifestants ont défilé dans l'après-midi dans les rues de Poitiers contre le contrat première embauche, alors que l'université d'Angers est bloquée depuis le 13 février. On comptait dans leurs rangs majoritairement des lycéens, des étudiants, mais aussi quelques représentants des syndicats (CFDT, FO, CGT et Sud) ainsi que des partis politiques (LCR et PCF)". Sur les banderoles des syndicats, on pouvait lire: "Ni négociable, ni amendable: retrait du CPE!" alors que les lycéens entonnaient une version remaniée de "La Marseillaise": "Allons enfants de Poitiers, le jour de lutte est arrivé". Le cortège s'est disloqué dans le calme après un sit-in près de la gare.

Tours - Le mouvement a été très suivi avec 4500 manifestants, et une université bloquée depuis le 2 mars.

Lyon - 8000 manifestants ont défilé à Lyon pour demander le retrait du contrat première embauche. Avant le départ du cortège, des lycéens ont grimpé sur la statue de Louis XIV, place Bellecour, pour y accrocher une banderole "Lycéens en colère". De nombreux manifestants, parmi lesquels 500 syndicalistes, selon la police, ont apposé sur leurs vêtements des autocollants fluos sur lesquels on pouvait lire "Un contrat, un vrai statut, un vrai salaire. Pour le retrait du CPE!".

Depuis le 14 mars, l'université Lumière Lyon II (28.000 étudiants) est totalement bloquée. Le 15 en fin de journée, la direction de l'Institut d'études politiques (Science-Po) de Lyon a décidé de fermer l'établissement jusqu'àu 20 mars. Quelques heures avant, les étudiants avaient voté le blocage total de l'IEP, comme à Lille quelques jours plus tôt.

1,5 million de personnes manifestent dans toute la France

18.03.2006


(AP/AFP) Les manifestations organisées samedi dans toute la France contre le contrat première embauche (CPE) on