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A 55% et avec une participation massive, les Français ont dit Non au projet de constitution européenne et désavoué leurs élites politiques et médiatiques. Après une campagne intense et passionnée, le "peuple souverain" a rejeté sans ambiguïté une constitution indigne d'une démocratie. |
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Bravo les Français ! Tout d'abord, bravo aux Français pour leur nouvelle capacité à ne plus se laisser berner par la propagande des médias, ni par les mensonges et les manipulations des politiciens, ni par la campagne d'intimidation et de culpabilisation menée contre les électeurs du Non. Contrairement aux prévisions de ceux qui avaient conçu la Constitution pour la rendre hermétique et incompréhensible, les Français ont manifesté un intérêt intense pour le texte qui a suscité des débats passionnés jusque dans les cafés, les bureaux ou les soirées entre amis. Perfidement, Valery Giscard d'Estaing conseillait aux Français de ne lire que les parties I et II de la Constitution, la partie III n'étant "pas importante", alors que cette partie III était au contraire l'élément-clé du piège libéral de cette Constitution. Heureusement, les Français ne s'en sont pas tenus aux bons conseils de Giscard. Peut-être
grâce aux 200 ans d'expérience
démocratique de la France, les citoyens de ce pays
ont su détecter les pièges de cette
constitution, et faire preuve une nouvelle fois d'un bel
esprit de Résistance, en refusant de se
résigner à l'inacceptable, même quand
l'inacceptable semble inéluctable. Le rejet massif d'une mauvaise constitution Le
Non à la constitution n'était pas un Non
à l'Europe. Ce n'était pas un vote de repli ou
de frilosité, comme certains essayent de le
suggérer. Les citoyens français ont simplement
la sagesse de refuser une constitution
anti-démocratique qui tentait d'établir pour
l'éternité: Le rejet massif du libéralisme et d'une Europe contre le peuple Cette victoire du Non est un rejet massif du libéralisme, générateur de précarité, de chômage, d'insécurité sociale, d'abandon des services publics, et d'un nouvel esclavage pour les salariés. C'est un rejet d'un modèle de société où l'homme est au service de l'économie, et non l'économie au service de l'homme. C'est le rejet d'un monde où l'homme, la nature, ou la culture sont considérés comme des simples marchandises. Le Non à la Constitution exprime le refus d'une Europe faite contre les peuples et au seul bénéfice des entreprises. C'est aussi une révolte contre des dirigeants européens qui ont tout décidé depuis 10 ans dans le dos des citoyens. Il n'y a eu aucun débat public au sujet de la suppression des taxes douanières indispensables à l'Europe pour protéger ses emplois, ni à propos d'autres sujets importants comme la "libéralisation" des services publics, la directive Bolkestein, et l'encouragement du dumping social et fiscal au sein de l'Europe. Il n'y a pas eu non plus de débat public au sujet de l'élargissement à 25 pays, alors que cet élargissement entraînait un changement de la nature même du projet européen. Pendant longtemps, ce projet était de construire progressivement une Europe politique, avec un haut niveau d'intégration entre des pays réunis par un idéal, un projet, des valeurs, des objectifs et des intérêts communs. L'arrivée de 10 nouveaux pays aux situations économiques, sociales et géopolitiques très différentes a fait de l'Union Européenne un ensemble plus hétérogène, rendant plus difficile l'émergence d'une Europe politique qui puisse s'affirmer face aux Etats-Unis ou à la Chine. Plus l'Europe s'élargit, plus elle limite son avenir immédiat à une simple union commerciale et monétaire où l'homogénéité des pays-membres n'a finalement plus d'importance. Pour satisfaire la cupidité des entreprises en leur offrant un réservoir de main d'oeuvre bon marché en Europe de l'Est, les dirigeants européens ont sacrifié le projet européen initial. Le libéralisme a tué l'Europe en sapant la confiance et le "désir d'Europe" des citoyens. C'est
encore pour satisfaire les intérêts des
entreprises qu'il a été décidé
de "constitutionnaliser" les orientations économiques
"libérales". Avec cette tentative de
détournement de la démocratie, les serviteurs
du libéralisme ont également mis en danger le
projet de constitution et sa capacité à
obtenir l'adhésion populaire.
Un formidable désaveu des élites politiques et médiatiques Le résultat du référendum sur la Constitution est sans équivoque, par l'ampleur de la victoire du Non et par le fort taux de participation (70%). Ce Non massif traduit une crise majeure de la démocratie en France, car il est désormais évident que les "représentants du peuple" issus des grands partis politiques ne représentent plus la volonté et les aspirations des citoyens. Les députés et sénateurs avaient adopté le projet Constitution européenne à plus de 90%, alors que les électeurs l'ont rejeté à plus de 55%. Ce rejet est le plus marqué dans l'électorat populaire: 60% des salariés et 80% des ouvriers ont voté Non, ainsi qu'une majorité des jeunes. Le fossé entre le "monde d'en-haut" et le "monde d'en-bas" est devenu un abîme. Les "autistes" du PS (gauche libérale) et de l'UMP (droite libérale) sont désormais complètement déconnectés de la réalité telle que la vivent les citoyens ordinaires. Ce
Non massif des Français est aussi un désaveu
cinglant pour les grands médias qui avaient fait bloc
pour peser de tout leur poids en faveur du Oui. La
propagande des médias semble ne plus avoir autant de
prise sur les esprits. Les citoyens ont commencé
à comprendre que les médias font partie
intégrante du "système" dont ils
défendent naturellement les intérêts.
(Par leur niveau de salaire, par leur appartenance aux
réseaux d'influence occultes, et par les
privilèges dont ils bénéficient, les
grands journalistes et éditorialistes appartiennent
incontestablement au monde d'en-haut. De plus, la
quasi-totalité de ces médias sont la
propriété de multinationales ou sont
contrôlés par le gouvernement.) Un troisième avertissement à la classe dirigeante française Aux élections présidentielles de 2002, les Français ont infligé une défaite humiliante à Lionel Jospin, premier ministre sortant et candidat de la gauche libérale, éliminé dès le premier tour. Elu président en promettant de réduire la "fracture sociale", Jacques Chirac s'est empressé de conduire une politique libérale encore plus marquée que celle de Jospin. Deux ans plus tard, à l'occasion des élections régionales d'avril 2004, les Français ont infligé une défaite cuisante à la droite libérale au pouvoir, avec une victoire de la gauche dans toutes les régions sauf l'Alsace. Une deuxième fois, Jacques Chirac avait promis de tenir compte du mécontentement exprimé, mais il avait maintenu à son poste le premier ministre Jean-Pierre Raffarin pour continuer d'appliquer son programme de démolition sociale. Après avoir dit Non massivement à la gauche libérale, puis Non encore plus massivement à la droite libérale, les Français ont cette fois adressé un Non massif simultanément à la droite libérale et à la gauche libérale. Mais les dirigeants politiques vont probablement tenter une nouvelle fois d'ignorer ou de travestir le message des électeurs...
Projet
pour une nouvelle Constitution Les dirigeants européens doivent maintenant élaborer une nouvelle constitution dont on peut tracer les grandes lignes: 1 - Le nouveau projet devra être une vraie constitution démocratique, c'est à dire un texte clair, concis, et compréhensible par tous, si possible élaboré par une Assemblée Constituante. 2 - La nouvelle constitution devra se limiter à définir les droits civiques, le fonctionnement des institutions, et les valeurs de l'Union. La "partie III" doit donc être exclue de la constitution et être renégociée en tant que traité européen, hors du champ constitutionel. Dans une démocratie, le rôle d'une constitution n'est pas définir la politique économique et sociale qui doit pouvoir varier dans le temps, selon le choix des citoyens à l'occasion des élections parlementaires ou présidentielles. Pour cette même raison, la nouvelle constitution ne devra pas tenter d'établir une Europe sociale qui serait par ailleurs souhaitable, mais qui ne doit pas être davantage "constitutionnalisée" que l'Europe libérale. Il faut aussi être réaliste: un projet de constitution européenne doit pouvoir obtenir l'accord de tous les pays-membres, or les pays les plus "libéraux" comme la Grande-Bretagne n'accepteront jamais la constitutionnalisation d'une "Europe sociale". Pour obtenir l'accord de l'ensemble des pays européens et de leurs citoyens, la nouvelle constitution devra se réduire au plus petit dénominateur commun acceptable, à savoir la définition des droits civiques et des institutions, ce qui coïncide exactement avec le rôle normal d'une constitution dans une démocratie. 3 - La partie I doit être corrigée avec une redéfinition des "objectifs de l'union" afin d'en exclure les notions économiques comme la recherche de la meilleure "compétitivité". La définition de la politique militaire et des relations avec l'OTAN doit également être exclue de la constitution. Comme les questions économiques, les politiques militaires n'ont rien à faire dans une constitution. 4 - La Charte des Droits fondamentaux (la partie II) doit être complétée avec les droits civiques qui en sont absents, comme la liberté à disposer de son propre corps, ainsi que les droits reconnus par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée par l'ONU en 1948 mais qui sont absent de la Constitution Giscard, comme le droit à un revenu minimum ou à un logement. 5 - Les annexes liberticides à la Charte des droits fondamentaux doivent être supprimées. 6 - Le pouvoir du Parlement européen doit être étendu et inclure l'ensemble des pouvoirs normaux d'un Parlement dans une démocratie. La Commission européenne doit être responsable devant le Parlement. 7 - La règle de l'unanimité des pays-membres doit être maintenue pour toutes les décisions importantes, car c'est la garantie que l'Union Européenne n'agira jamais de façon contraire aux aspirations fondamentales et aux intérêts vitaux d'un pays. La règle de l'unanimité est le fondement de la confiance qui a prévalu pendant 20 ans entre tous les pays de l'Union, et qui a permis de faire progresser la construction européenne au moyen du dialogue et de l'écoute réciproque pour la recherche d'un consensus. Certes, l'unanimité est plus difficile à obtenir avec 25 pays qu'avec 15 pays. Mais peut-être fallait-il y réfléchir avant de procéder à l'intégration de 10 nouveaux pays dont les situations et les intérêts différents rendent le consensus plus improbable. On peut néanmoins espérer que ces différences pourront se réduire avec le temps, ou être surmontées grâce à la volonté de se comprendre et de progresser ensemble. |
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THEMES
ASSOCIES
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Après les français, les citoyens Néerlandais ont dit Non au projet de constitution à 63%, avec comme en France une forte participation électorale. Ce résultat confirme le rejet des orientations actuelles de la construction européenne et le décallage abyssal entre les élites dirigeantes et les citoyens. |
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Les pièges d'une constitution anti-démocratique et anti-sociale, dont le but est de rendre irréversible l'orientation ultra-libérale de l'Europe. |
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La Constitution européenne menace les libertés et prépare le terrain à une dérive totalitaire et policière de l'Europe par le biais "d'annexes" qui vident de son contenu la "Charte des droits fondamentaux" incluse dans la Constitution. |
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Inventaire des articles inacceptables du projet de Constitution européenne. |
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Une nouvelle arme de guerre sociale élaborée par la Commission Européenne, pour "libérer" les entreprises de toute règlementation... |
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Une directive européenne fixe la durée du travail à 48 heures par semaine avec la possibilité d'aller jusqu'à 65 heures. Un pas de plus vers l'instauration d'un nouvel esclavage au service de la "compétitivité" des entreprises... |
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Nous vivons depuis dix ans un changement radical du type de régime politique dans les pays occidentaux, avec l'avènement d'un nouveau pouvoir, celui des réseaux économiques et financiers. Voici les raisons pour lesquelles nous pouvons dire que nous ne sommes déjà plus tout à fait en démocratie. |
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Les élections présidentielles françaises de 2002 ont révélé une nouvelle carte du jeu politique, dont les vraies frontières ne sont plus entre la droite et la gauche, mais entre la collaboration et l'opposition au nouvel ordre économique. |
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Pour savoir "qui est qui", voici l'indice de contrôle et de collaboration des personalités politiques, syndicats ou médias. |
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Un démontage en règle des mensonges les plus fréquemment utilisés par la propagande néo-libérale et sa "pensée unique". |
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L'AGCS est un nouvel accord mondial négocié dans le cadre l'OMC, dans le secret et l'opacité. Son but: démanteler totalement et définitivement l'ensemble des services publics, y compris la santé et l'éducation... |
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A cause de leur inefficience croissante, les grandes entreprises ne sont plus capables de créer de la valeur, mais seulement de vampiriser la richesse des autres acteurs économiques, du corps social, et des états... |
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Le futur du monde appartient aux citoyens. Les directions prises par la société, l'économie, l'environnement ne sont pas inéluctables. Sans le savoir, les citoyens disposent de puissants moyens d'action... |
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L'actualité au sujet de l'Europe: élargissement, activité de la Commission, constitution, ultra-libéralisme, droits de l'homme, environnement... |
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