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(syti.net) - Le gouvernement français vient d'inventer le contrat de travail dont rêvaient les entreprises. Baptisé "contrat de mission", il permet à l'entreprise d'embaucher un salarié pour une "mission" définie et de le licencier dès que cette mission est terminée. Et c'est l'entreprise, et elle seule, qui décide quand la "mission" est terminée, sans préavis. ![]() Contrairement au "CDD" (Contrat à Durée Déterminée) qui s'arrête à une date fixée d'avance, le contrat de mission apporte une souplesse totale d'utilisation pour l'entreprise. Quant au salarié, il sera soumis à une précarité totale, ne pouvant plus envisager aucun projet personnel pour l'avenir, à cause de l'imprévisibilité de ses revenus. C'est ce que l'on peut appeler "l'insécurité sociale"... Cette réforme est préparée par le ministre du travail néo-libéral François Fillon (en photo). Elle pourrait faire partie des mesures qui seront adoptées dans le cadre du "grand chantier pour l'emploi" annoncé à la télévision par le président Jacques Chirac le 31 Décembre 2003 à l'occasion de ses voeux aux Français.
D'après
un sondage effectué fin décembre 2003, 70% des
Français jugent que 2003 a été une
mauvaise année pour la France.De son coté Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement, exprimait l'auto-satisfaction du gouvernement Raffarin et son enthousiasme à aller plus loin encore dans la guerre sociale en cours: "La détermination réformatrice du gouvernement reste intacte. (...) La France du 31 Décembre 2003 n'est déjà plus tout à fait la France de 2002". Et d'ajouter: "2004 sera une année passionnante!" (sondage
réalisé sur Internet auprès de 2000
personnes par le site Expression
Publique)
Dans le cadre du démantèlement organisé de l'état, les crédits accordés à la recherche publique sont en constante diminution depuis 10 ans. Aujourd'hui, les chercheurs français doivent travailler dans des conditions misérables. Les locaux sont souvent vétustes, le matériel de recherche est insuffisant ou dépassé, les postes de chercheurs ne sont pas assez nombreux, et les salaires sont misérables. Une fuite des cerveaux a déjà commencé. Les chercheurs français s'expatrient en masse aux Etats-Unis où on leur offre un salaire confortable et des conditions idéales pour mener leur recherches. La
situation est si grave que les chercheurs ont lancé
un cri d'alarme au début du mois de Janvier. En
tête du mouvement, on retrouve les scientifiques
français les plus connus du public comme le
généticien Axel Kahn, le physicien
Pierre-Gilles de Gênes, ou le géophysicien et
ancien ministre Claude Allègre. La pétition
du collectif de chercheurs "Sauvons la Recherche" a
été signée par 65.000 scientifiques,
dont la totalité des plus renommés, et de
nombreux chercheurs menacent de démissionner, voire
de quitter la France (dont Claude Allègre, en
photo).
(AFP/AP)
- Deux
mois après avoir lancé un cri d'alarme sur la
situation de la recherche publique en France, les chercheurs
n'ont reçu que des engagements flous et insuffisants
de la part de gouvernement Raffarin. 2086 directeurs de
recherche ont donc démissionné en bloc,
mettant à exécution la menace adressée
au gouvernement par le collectif "Sauvons la Recherche".La démission a été votée à une écrasante majorité lors d'une assemblée générale. Selon les chiffres annoncés par leur porte-parole Alain Trautmann lors d'une conférence de presse, 976 directeurs de laboratoire et 1110 chefs d'équipe ont confirmé leur démission de leurs fonctions administratives. Le collectif précise que des lettres de démissions continuent d'arriver par e-mail de toute la France et que le nombre de démissionnaires pourront donc encore grossir. "Le travail d'un directeur de recherche, c'est de défendre ses chercheurs, et pas seulement de faire accepter les manques de moyens", a justifié Nadine Halberstadt, chercheuse en physique quantique à l'université Paul-Sabatier de Toulouse, expliquant qu'elle avait pris sa décision très rapidement "tant la situation était insupportable" dans son unité. Un autre chercheur en sciences humaines et sociales a évoqué "le bricolage permanent" pour récupérer "des micro-crédits", tandis que d'autres expliquaient leur nécessité de licencier des contractuels.
par exemple venu expliquer une intervenante.
(AFP)
- Après
3 mois d'un conflit et une mobilisation sans
précédent des chercheurs contre le
gouvernement, et après le vote-sanction des
élections
régionales,
le nouveau ministre de la recherche François Fillon a
fait un geste en donnant satisfaction à l'une des
principales revendications des chercheurs en
annonçant la création de 550 postes "dans les
plus délais les plus courts". Ces 500 postes se
répartissent en 200 emplois de chercheurs et de 350
emplois d'ingénieurs et de techniciens. Le ministre a
de surcroît annoncé la création de 1000
postes d'enseignants universitaires.
Le
professeur Etienne-Emile Beaulieu (en
photo),
co-président du Comité d'initiative et de
proposition, s'est félicité que le
gouvernement ait "finalement entendu cette voix puissante de
l'activité scientifique". "Cette crise et finie, tant
mieux, mais tant pis pour nous qui allons devoir travailler
beaucoup pour redresser la situation insuffisante du point
de vue du budget, insuffisante du point de vue de
l'organisation", a-t-il toutefois souligné.
Une pétition a été lancée par l'hebdomadaire culturel "Les Inrockuptibles" pour dénoncer la guerre contre l'intelligence" qui est actuellement menée en France par le gouvernement Raffarin. 15.000 enseignants, magistrats, chercheurs, artistes, avocats ou étudiants ont déjà signé cet appel. Parmi les signataires figurent les cinéastes Bertrand Tavernier, Claude Lanzmann, Patrice Chéreau, Catherine Breillat, François Ozon, Arnaud Desplechin, Pascale Ferran, Matthieu Amalric et Nicolas Philibert, les écrivains Philippe Djian, Martin Winckler, Marie Darrieussecq, l'historien Pierre Vidal-Naquet, le sociologue Alain Touraine, la psychanalyste Elisabeth Roudinesco, le philosophe Jacques Derrida, l'ancien Premier ministre Michel Rocard, le médecin urgentiste Patrick Pelloux et le metteur en scène Ariane Mnouchkine. "Tous
les secteurs du savoir, de la recherche, de la
pensée, du lien social, producteurs de connaissance
et de débat public font aujourd'hui l'objet
d'attaques massives, révélatrices d'un nouvel
anti-intellectualisme d'Etat. C'est à la mise en
place d'une politique extrêmement cohérente que
nous assistons. Une politique d'appauvrissement et de
précarisation de tous les espaces
considérés comme improductifs à court
terme, inutiles ou dissidents, de tout le travail invisible
de l'intelligence, de tous ces lieux où la
société se pense, se rêve, s'invente, se
soigne, se juge, se répare. (...)Le gouvernement Raffarin fait un usage simpliste et terrifiant des fameuses leçons des élections présidentielles du 21 avril 2002 (...), dans ces secteurs les plus sensibles que sont l'hôpital et la santé, l'école et l'université, la justice et le travail social, la culture et l'audiovisuel public, au moment d'une fracture urbaine sans précédent entre des centre-ville riches et paisibles et des périphéries abandonnées (...), que fait le gouvernement? Il livre l'architecture, l'urbanisme et la construction d'un nouvel espace public aux grands groupes de BTP. Il dégraisse les corps intermédiaires de la communauté éducative en supprimant emplois-jeunes, aide-éducateurs, infirmières, surveillants. Il fragilise le monde du spectacle au nom d'une réforme nécessaire du régime de l'intermittence. Il démoralise les professions de santé et accélère la "fuite des cerveaux" dans les universités étrangères. Il profite du départ à la retraite des générations du baby-boom pour faire disparaître des secteurs de recherche, des spécialités médicales, des disciplines éducatives. Il procède à des coupes sombres dans les budgets du savoir et de la recherche. Et il résout la prise en charge des "vieux" par la culpabilisation des familles et la suppression d'un jour férié. Cette guerre à l'intelligence est un fait sans précédent dans l'histoire récente de la nation. C'est la fin d'une exception française : un simple regard chez quelques-uns de nos voisins européens, dans l'Angleterre post-thatchériene ou l'Italie berlusconienne permet pourtant de voir ce qu'il advient des écoles, des hôpitaux, des universités, des théâtres, des maisons d'édition au terme de ces politiques qui, menées au nom du bon sens économique et de la rigueur budgétaire, ont un coût humain, social et culturel exorbitant et des conséquences irréversibles. (...)"
(syti.net)
- Classé
récemment parmi les cent personnes les plus
influentes du monde selon le magazine américain
"Time", Bernard Kouchner fait partie des
personnalités politiques françaises favorables
à la politique de Bush et la guerre en Irak, souvent
sans oser le dire clairement. C'est également le cas
des ultra-libéraux de la droite: Nicolas Sarkozy,
Patrick Devedjian, Alain Madelin, ou encore Pierre
Lellouche.Bernard Kouchner a estimé dans une interview sur RTL que la France s'y est "mal pris" avec le dossier irakien. "Que Saddam Hussein soit tombé est une très bonne chose. Je pense que les Américains s'y sont très mal pris (et) que nous aussi. (...) Maintenant il n'y a pas d'autre solution que d'élargir le mandat de l'ONU, ce que nous avons toujours dit, les Français aussi d'ailleurs, mais ce n'était pas la peine de brandir le veto pour ça, peut-être". L'ancien ministre socialiste a aussi abattu ses cartes à propos du libéralisme et de la mondialisation. Il a déploré que les socialistes "s'accrochent telle la moule au rocher à un social utopique". "Il faudrait qu'on se rende compte qu'il y a un monde plus grand que le nôtre, dans lequel il n'y a pas de social du tout", a-t-il expliqué. Evoquant les "délocalisations", Bernard Kouchner s'est demandé "comment on peut empêcher que les usines françaises construisent moins cher ailleurs? D'abord ça donne du travail ailleurs, alors qu'ils n'en ont pas du tout. (...) C'est plus compliqué que de protester en permanence".
Le Figaro et l'Express viennent de passer sous le contrôle du groupe Dassault, première société française d'aéronautique militaire. Le groupe Dassault détient désormais 80% de la Socpresse contre 30% précédemment. La Socpresse contrôle le Figaro, le groupe Express-Expansion, et un tiers de la presse régionale. Cette société appartenait jusqu'ici majoritairement à la famille Hersant.
(AP/AFP)
- Le
président UMP de l'Assemblée nationale
Jean-Louis Debré a demandé au gouvernement de
comprendre "que certaines injustices ne sont plus
supportables"."Je l'ai dit et je le répète, attention à ce que la politique française ne soit pas dictée par les intégristes du libéralisme! La finalité de la politique doit être sociale. On l'a peut-être un peu trop oublié ". Selon Jean-Louis Debré, il "faut davantage de lisibilité dans l'action" du gouvernement, qui doit répondre à "toutes les urgences sociales". "Il faut moderniser l'économie, sans remettre en cause un certain nombre de droits acquis". M. Debré demande que l'effort soit "partagé", et que chaque réforme soit élaborée en fonction "de ce qu'elle apporte en matière d'équité sociale".
Plus de chômeurs que prévu ont été exclus de l'indemnisation en janvier 2004, à la suite de l'entrée en vigueur de la nouvelle convention d'assurance chômage qui a raccourci de 7 mois l'indemnisation. L'état a donc renié ses engagements pris précédemment, et 265.000 personnes se retrouvent brusquement sans ressources. Pour faire baisser les chiffres du chômage, le gouvernement Raffarin a trouvé un moyen original: effacer les chômeurs des listes. C'est déjà ce qui a permis au gouvernement d'annoncer une "baisse du chômage" en Janvier.
Les principaux artisans de ce rapport sont politiquement très proches de Nicolas Sarkozy, ainsi que de Jean-Pierre Raffarin (Hervé Novelli et Raffarin se sont connus sur les bancs du parti libéral d'Alain Madelin). Après sa défaite aux élections régionales et avant celle des élections européennes, Jean-Pierre Raffarin a trouvé ces propositions "intéressantes" tout en déclarant ne pas avoir l'intention de modifier la loi pour l'instant. Cette "réforme" du temps de travail redeviendra probablement d'actualité une fois les élections passées... Note
de la rédaction: un an plus tard, le projet est bien
de retour, mais cette fois au niveau européen, avec
la "directive
Bolkestein"
et la "directive sur le temps de travail".
Le
déficit public s'est nettement alourdi en 2003 pour
atteindre 64,3 milliards d'euros, soit 63% du Produit
intérieur brut (PIB), selon les chiffres
publiés en avril par l'INSEE.Par ailleurs, la dette publique totale atteint 1000 milliards d'euros, dépassant pour la première fois le seuil de 60% du PIB (63,7% exactement). En seulement 2 ans, Jean-Pierre Raffarin a fait augmenter l'endettement de la France de plus de 13%. Dans le même temps, le déficit du budget public a été multiplié par 3, passant de 1,5% du PIB en 2001 à 4,1% en 2003, bien au-delà des 3% imposés par le "pacte de stabilité" européen. L'augmentation accélérée de l'endettement public fait partie de la stratégie de démolition sociale du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Comme la plupart des gouvernements dans la plupart des pays, il obéit à une stratégie globale des "Maîtres du Monde" qui consiste à augmenter le plus possible l'endettement des états, afin de les affaiblir, les contraindre aux privatisations, et leur enlever définitivement tout pouvoir et toute possibilité de contrôle sur l'économie, la société, et les agissements des entreprises.
(syti.net)
Le
déficit de la Sécurité sociale
atteindra 12 milliards d'euros en 2004, ce qui
représente plus de 400 euros par foyer et par an. Ce
déficit a plus que doublé en 2 ans, depuis
l'arrivée au pouvoir de Jean-Pierre Raffarin en Juin
2002.Le nouveau ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, juge "effrayant" ce déficit représentant "23.000 euros chaque minute", estime que "l'évidence saute aux yeux de tous: le système n'est pas piloté, n'est pas gouverné". Comme solution, le ministre a proposé... d'ajouter une photographie sur la carte Vitale (la carte à puce utilisée pour les remboursements) pour lutter contre la fraude. Cette idée avait pourtant été précédemment écartée à cause de son coût supérieur aux économies qu'elle permettrait de réaliser. La proposition du ministre a été immédiatement qualifiée de "solutions-gadget" par la gauche et les syndicats. Si il s'agit de vérifier l'identité du propriétaire de la carte, la présentation d'une carte d'identité serait suffisante, plutôt que de faire fabriquer des millions de nouvelles cartes, pour le plus grand bénéfice de la multinationale Gemplus qui fabrique les carte à puces. Le député socialiste Jean-Marie Le Guen a jugé mardi qu'il n'était "pas sérieux" de vouloir réduire le déficit de la Sécurité sociale par la lutte contre la fraude à la carte Vitale. "Ce n'est pas sérieux, cela détourne l'opinion des vrais problèmes. (...) On ne peut pas faire croire que les problèmes que rencontre l'assurance-maladie peuvent se résoudre à travers un problème de fraude". (...) "Tout le monde sait que, par derrière, le gouvernement prépare de nouveaux prélèvements et des déremboursements: de cela, il ne dit rien", a déploré M. Le Guen. Le député estime que le gouvernement "essaie d'éviter, avant les élections du mois de juin, de porter la responsabilité de décisions qu'il est en train de préparer mais il le cache aux Français". L'ancienne ministre socialiste Elisabeth Guigou, qui juge le déficit de la Sécurité Sociale "dramatique", s'est inquiétée du contenu de la réforme préparée par le gouvernement pour l'été. "Nous voulons que le gouvernement dise ces intentions" a-t-elle demandé. Elisabeth Guigou a refusé par avance une hausse de la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale), alors que le ministre de la Santé a laissé entendre dimanche que le gouvernement pourrait l'augmenter. "Ca, c'est renvoyer la dette à plus tard, ce n'est pas une vraie solution", a-t-elle affirmé, préférant évoquer une politique de l'emploi pour augmenter les ressources de la "sécu". Les
vraies causes du déficit
![]() (Reuters) - Après les chercheurs, c'est au tour des médecins hospitaliers de lancer un mouvement de fronde contre le gouvernement Raffarin. Près de 300 médecins, chefs de départements hospitaliers, spécialistes, ont signé un appel publié lundi dans Le Monde, dans lequel ils dénoncent en matière de santé "une situation indigne d'un pays civilisé" et s'insurgent contre la destruction programmée d'un système "qui a fait ses preuves". "Pourquoi détruire notre système de santé qui a fait ses preuves? Nous ne voulons pas d'une médecine à plusieurs vitesses où il resterait au secteur public des soins minimum et des hôpitaux retournant à leur fonction d'hospice du XIXe siècle?", écrivent les 286 premiers signataires du texte. "Nous
ne pouvons nous résoudre à ce que soient
présentées comme des «décisions
médicales» des décisions politiques et
économiques qui réduisent l'accès aux
soins de la population", déclarent-ils. "Le
déficit de la Sécurité sociale a
été artificiellement creusé par des
charges nouvelles et des exemptions de cotisations pour des
motifs éloignés de la solidarité face
à la maladie".
Jean-Pierre Raffarin continue de "vendre les bijoux de famille" pour combler les 1000 milliards d'euros de dette que les gouvernements français successifs ont accumulé pour financer la corruption et les subventions abusives versées aux entreprises, le tout au plus grand bénéfice des banques. Le
premier ministre a confirmé le changement prochain de
statut d'Aéroports de Paris (ADP) en précisant
que "l'État conservera la majorité du capital"
et que "le statut du personnel ne sera pas
modifié".On retrouve là une stratégie en 2 temps très souvent utilisée par les Maîtres du Monde pour faire accepter en douceur des changements structurels inacceptables. On commence par changer la structure, mais en l'ajustant de façon à ce qu'il y peu ou pas de différences par rapport à la situation antérieure. Puis une fois un certain délai passé, lorsque le changement structurel a été intégré dans le "consensus général", on supprime les garde-fous ou les limitations initialement prévus. Pour justifier l'opération, Jean-Pierre Raffarin a ensuite utilisé ses talents de publicitaire (avant d'être premier ministre, Mr Raffarin dirigeait une agence de communication en Poitou-Charentes), avec des phrases creuses dont il a le secret: "Le gouvernement veut accompagner ADP dans sa réussite et nous avons engagé une évolution de statut afin de lui donner les moyens de rivaliser avec les plus grandes plates-formes européennes, mondiales. Cette évolution passe par un changement de structure: ADP va devenir une entreprise, une entreprise qui restera une entreprise de service public. (...) Il s'agit de donner de la force, de la puissance à cette entreprise". "On nous vend pour baisser le déficit de la France", s'est insurgée la représentante de FO. "Le personnel est très en colère et prépare une riposte d'ampleur sur le terrain" début Mai, a déclaré à l'Associated Press Christelle Martin, responsable de la section FO de Roissy. "Si on ne se bat pas, de toute façon on est morts".
Le
6 Avril, Nicolas Sarkozy a confirmé le projet de
changement de statut (d'établissement public en
société anonyme) et la privatisation de 49% du
capital d'EDF, tout en indiquant que le statut des agents
EDF ne serait pas modifié. (encore la
stratégie en deux temps évoquée dans
l'article précédent)Jouant sur les mots, Nicolas Sarkozy refuse de parler de privatisation pour préférer les termes de "changement de statut" et "d'ouverture du capital". "Il n'y aura pas de privatisation d'EDF et de Gaz de France, ni aujourd'hui ni demain, pour une raison simple: l'intention déterminée du gouvernement de la France est que l'État garde la majorité du capital de cette grande entreprise", soit 51% du capital. "Le gouvernement est tout à fait prêt à discuter avec le Parlement pour savoir si vous voulez que nous relevions ce seuil", a dit le ministre devant l'Assemblée. Celle-ci devrait voter le changement de statut au mois de Juillet 2004. Il faut rappeler que ce changement de statut décidé par Nicolas Sarkozy est la conséquence de la décision prise au niveau européen en 2002 de "libéraliser" le marché de l'électricité. Cette décision avait été approuvée conjointement au sommet européen de Barcelone par Jacques Chirac et Lionel Jospin. La
CGT affirme que le projet "constituerait la première
étape pour aller à la privatisation". Les
agents d'EDF ont démarré un mouvement de
grève le 8 Avril, sous la forme de coupure de courant
sélectives, comme par exemple le Château de
Versailles, privé d'électricité pendant
plus de deux heures le 8 Avril, ou encore l'éclairage
urbain. Un autre moyen d'action est le blocage en tarif
réduit des compteurs électriques de
particuliers, et le rétablissement du courant
à des familles démunies. Plusieurs
manifestations ont également eu lieu (10.000
manifestants à Paris, 1000 à 3000 dans les
autres villes).Le 20 Avril, lors d'une réunion de concertation avec les syndicats au ministère des Finances, Nicolas Sarkozy a réaffirmé que le changement de statut n'était pas négociable. Jugeant qu'il n'y avait plus rien à discuter, les syndicats CGT, FO, CFDT et CFTC d'EDF-GDF ont claqué la porte de la négociation. EDF gère avec un haut niveau de sécurité 58 réacteurs nucléaires et produit suffisamment d'électricité pour satisfaire la demande, en investissant sans cesse dans l'outil de production, et en se donnant les moyens de répondre rapidement aux situations d'urgence lors des catastrophes naturelles (appelées à être de plus en plus fréquentes du fait des changements climatiques). Par ailleurs, vis à vis des usagers, EDF pratique actuellement les tarifs les plus bas d'Europe. Tout cela ne pourra continuer lorsque le but d'EDF sera celui de toute société privée: faire des profits. Dans tous les pays où les services publics de l'électricité ont été privatisés, cela s'est traduit par une hausse de 20 à 40% des prix pour l'usager, et dans certains cas, par des pénuries d'électricité. Seule une poignée de personnes trouve un (gros) intérêt à cette privatisation.
(syti.net)
- En
2000, les gouvernements européens de droite et de
gauche ont convenu de "libéraliser" le marché
de l'énergie. En France, la privatisation d'EDF est
une conséquence de ces décisions. Mais
d'autres conséquences devraient aller plus loin
encore. Le projet en préparation consiste à
soumettre le marché de l'électricité
aux mêmes règles qu'un autre marché de
l'énergie: le pétrole. C'est à dire que
l'électricité sera bientôt vendue et
achetée en bourse, avec les variations brutales de
cours que cela suppose. L'électricité est un
gigantesque marché, ainsi qu'un gigantesque pouvoir,
car tout repose sur l'énergie. Il s'agit donc de
livrer ce marché à la spéculation, afin
qu'il puisse devenir une source de fabuleux profits. Une
bourse européenne de l'électricité
fonctionne déjà. Elle s'appelle "Powernext",
en référence à "Euronext", le
marché européen des actions. Comme en bourse,
des traders achètent et vendent des kilowatts
d'électricité.Ce qu'il faut savoir, c'est que dans les prochaines années, il y aura des pénuries d'électricité en Europe à cause de 2 facteurs. D'ici une dizaine d'années, de nombreuses centrales nucléaires auront atteint leur durée maximale d'utilisation et devront être fermées. Or aucun plan n'est actuellement prévu pour assurer le remplacement de ces centrales. Par ailleurs, le réchauffement climatique provoque des périodes de canicules qui entraînent une réduction du débit des fleuves et une élévation de leur température. Or les centrales nucléaires ont besoin de l'eau fraiche des fleuves pour refroidir leurs réacteurs. Pendant l'été 2003, plusieurs réacteurs nucléaires français ont du être stoppés, et la France a été obligée d'importer de l'électricité de ses voisins européens. Lorsque le marché de l'électricité sera soumis aux règles boursières, les cours de l'électricité vont s'envoler dans les périodes de pénurie. De plus en plus, l'accès à l'énergie sera réservé aux riches. Cela s'inscrit dans le cadre de la "solution finale" des Maîtres du Monde: pour éliminer la pauvreté et les problèmes qu'elle engendre (insécurité, instabilité sociale), il suffit d'éliminer les pauvres. La solution consiste à les éliminer non pas dans des camps de concentration, mais en leur supprimant progressivement l'accès à l'espace vital, à la nourriture, à la santé, à l'éducation, à l'information, et à l'énergie. (voir aussi les pages sur l'idéologie des Maîtres du Monde, les mensonges du libéralisme, et l'accord de l'AGCS, l'arme pour détruire les services publics)
Jean-Pierre
Raffarin a fait voter une loi à l'Assemblée
pour supprimer la limite d'âge des présidents
des entreprises détenues par l'Etat,
précédemment fixée à 65 ans.Des sources proches du dossier ont indiqué à l'AFP que cette modification de la loi avait pour but de permettre la nomination à la tête d'EDF de Francis Mer (en photo), l'ex-ministre de l'économie qui a fêté ses 65 ans en mai. Nicolas Sarkozy avait promis que le changement de statut d'EDF n'était pas destiné à préparer sa privatisation. Mais la nomination de Francis Mer à la tête d'EDF signifierait exactement le contraire. Cet ancien patron, ancien responsable du MEDEF et ultra-libéral convaincu, a le profil idéal pour mener EDF à la privatisation.
(AP) Le premier ministre Jean-Pierre Raffarin a confirmé que "l'ouverture du capital" d'EDF sera réalisée "au cours de l'année 2005". Ce début de privatisation et le changement de statut de l'ex-entreprise publique avaient été décidés par Nicolas Sarkozy alors qu'il était ministre de l'économie. Le gouvernement a décidé une augmentation de capital de l'ex-service public transformé en société anonyme pendant l'été 2004. Cette augmentation sera de 8 à 11 milliards d'euros, ce qui permettra à des actionaires privés d'entrer dans le capital. La part minimale de l'Etat dans le capital sera de 70%, et 15% des actions seront réservées à un achat par les salariés au moment de l'ouverture de capital
L'état ayant renié ses engagements pris par contrat avec les personnes exclues, le tribunal de Marseille a donné raison à des chômeurs qui s'étaient regroupés pour porter plainte contre l'état. Cette décision de justice pourrait faire jurisprudence, et la caisse d'assurance-chômage (l'UNEDIC) serait alors obligé d'indemniser chaque chômeur exclu qui porterait plainte. Environ 2.000 plaintes sont déjà déposées, et on peut s'attendre à ce que le nombre de plaintes augmentent dans les jours à venir... En attendant, le MEDEF (l'organisation patronale) et la CFDT (syndicat soi-disant de gauche) sont à l'unisson pour dénnoncer une possible indemnisation générale des chômeurs exclus, sous pretexte que cela provoquerait une faillite de l'UNEDIC. La caisse d'assurance-chômage, co-financée par les cotisations salariales et patronales, devrait alors rembourser 1,5 à 2 milliards d'euros, alors qu'elle affiche déjà un déficit de 7 milliards, financé en partie par des emprunts. La dette de l'UNEDIC atteint actuellement 4 milliards d'euros (soit 26 milliards de francs).
(AP) - Devant la menace d'une multiplication des plaintes déposées par les chômeurs "recalculés" contre l'état, et après l'enregistrement 112 nouvelles plaintes par le tribunal de Bordeaux le 28 Avril, le ministre de la "cohésion sociale" Jean-Louis Borloo a annoncé que les chômeurs "recalculés" seront réintégrés dans le système d'assurance-chômage et toucheront à nouveau leurs allocations. "A partir d'aujourd'hui, ceux qu'on appelle les «recalculés» sont réintégrés dans leur droit", a déclaré Jean-Louis Borloo. L'Etat a décidé "d'aménager" le remboursement d'une dette de 1,2 milliard d'euros pour permettre à l'Unedic de verser les allocations aux chômeurs "recalculés", a-t-il ajouté. "De bonne foi, il y avait un droit acquis, une forme de contrat" pour ces chômeurs, a reconnu le ministre, pour qui "il ne servait à rien d'attendre" les décisions que doivent rendre d'autres tribunaux pour rétablir le versement des indemnités. Le président du MEDEF, Ernest-Antoine Seillière, s'est félicité lundi des mesures "intelligentes" annoncées par M. Borloo, rappelant qu'une hausse des cotisations patronales eût été "impensable" pour son organisation...
Près de trois mois après la fin du mouvement des chercheurs, leurs représentants syndicaux se disent inquiets du "silence gouvernemental", en particulier à propos du budget 2005 de la Recherche et du milliard d'euros supplémentaire promis par le gouvernement. Après sa cinglante défaite aux élections régionales régionales, le gouvernement Raffarin avait été contraint à un peu moins d'arrogance et les chercheurs avaient obtenu la titularisation de 550 chercheurs et la création de 1.000 nouveaux emplois à l'université. En échange, le ministre avait indiqué avoir obtenu que "l'ensemble de la communauté de la recherche française s'engage dans un processus de réforme profonde de la recherche française" (en vue de l'adapter davantage aux besoins des entreprises). Réunis devant la fac de Jussieu à Paris dans le cadre d'une Journée d'action, les représentants du collectif "Sauvons la Recherche" ont exprimé leur inquiétude. Leurs contacts avec le ministère de la Recherche à propos du budget 2005 "ne sont pas encourageants", a indiqué un représentant des chercheurs. "Le seul point positif a été de nous affirmer qu'il n'y aurait pas en 2005 des transformations d'emplois statutaires en CDD (contrats à durée déterminée) comme en 2004. Par contre, le ministère nous a très clairement indiqué qu'il n'y aurait pas de création d'emploi statutaire en 2005. (...) En ce qui concerne le milliard supplémentaire annoncé par Jean-Pierre Raffarin, aucune assurance ne nous a été donnée par le ministère de la Recherche. De même, le ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, a déclaré le 10 juin ne pas être en mesure de prendre des "engagements précis et chiffrés". Pour parvenir à l'objectif fixé par l'Union Européenne de consacrer 3% du produit intérieur brut à la recherche en 2010, il faudrait accroître chaque année de près de 10% les dépenses de recherche et les emplois de scientifiques pour porter ceux-ci "aux alentours de 8.000 par an", rappellent les chercheurs.
(AFP)
Dans
un entretien au journal le Monde, le ministre
français de l'Economie Nicolas Sarkozy souhaite faire
encore plus de cadeaux aux entreprises pour lutter contre
les délocalisations. Il propose une
exonération d'impôts et de charges pour les
entreprises qui relocaliseront des emplois en France dans
des zones économiquement dévastées,
celles où l'on compte 20% à 30% de
chômeurs.Nicolas Sarkozy a également prôné un assouplissement des procédures de licenciement pour lutter contre les délocalisations d'entreprises. Il suggère "des procédures plus courtes et plus souples, mais des indemnités plus élevées pour les salariés, une obligation de les informer plus tôt des difficultés de l'entreprise, et plus d'ambition pour la formation et le reclassement. (...) Avec les partenaires sociaux, nous avons un grand champ de discussions", a-t-il affirmé. Le patronat français a déjà opposé une fin de non-recevoir à cette proposition informelle. Il entend en effet obtenir de nouveaux avantages, mais sans rien donner en contrepartie. "Nous n'avons pas, par la négociation, à donner de la compensation, de la contrepartie pour la modification des règles du travail qui nous paraissent limiter l'embauche, limiter le développement des entreprises", a fait valoir Ernest-Antoine Seillière, le président du Medef (l'organisation du patronat français).
Pour lutter contre les délocalisations, Nicolas Sarkozy propose de ne plus verser de fonds structurels aux nouveaux Etats-membres de l'Union Européenne ayant des taux d'imposition inférieurs à la moyenne européenne. En clair, les états comme la Pologne qui pratiquent le "dumping fiscal" pour attirer les entreprises. "Je proposerai que les pays nouvellement en Europe qui ont des impôts à inférieurs à la moyenne européenne ne soient plus éligibles aux fonds structurels", a déclaré le ministre français de l'Economie sur TF1. "On ne peut pas en Europe dire qu'on est suffisamment riche pour baisser les impôts, voire les porter à zéro pour certains d'entre eux et en même temps demander aux pays de l'ancienne Europe de payer des fonds structurels que nous ne pouvons plus utiliser pour nos régions". Pour Nicolas Sarkozy, cette proposition est surtout destinée à soigner sa popularité, car elle n'a en réalité aucune chance d'être appliquée. Comme Nicolas Sarkozy le sait bien, ces "fonds structurels" sont distribués au niveau de l'Union Européenne dont la Commission et le Parlement sont majoritairement en faveur du libéralisme et donc, des délocalisations.
Le
ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy n'étant jamais
à court d'idée pour faire parler de lui et
pour soigner sa popularité, il avait demandé
aux distributeurs de baisser leur prix, afin de redonner du
pouvoir d'achat aux Français.A grand renfort de publicité, Nicolas Sarkozy est parvenu à obtenir que les distributeurs baissent leurs prix de 2%, et seulement sur les produits des marques. Mais au final, la baisse des prix constatée n'a été que de 1%. C'est ce qui s'appelle "se foutre du monde", après la hausse de 40% du prix des produits de base au moment du passage à l'euro...
(AP/AFP)
Dans
un entretien au journal Le Figaro, Nicolas Sarkozy fait
l'éloge de son bilan à la tête du
ministère de l'Economie. "En huit mois, je ne crois
pas avoir perdu mon temps", dit-il.Nicolas Sarkozy se félicite notamment de la privatisation de France Telecom, et de la "réforme du statut" d'EDF (la compagnie nationale d'électricité). Il avoue cependant un "regret", "celui de ne pas avoir eu assez de temps" pour réformer La Poste ou "aller plus loin" dans le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite. Pour lui, 10.000 postes de moins, "ce n'est qu'un premier pas". Evoquant la baisse des prix dans la grande distribution, l'un de ses chantiers de l'été dernier, le ministre reconnaît implicitement que l'objectif de baisse de 2% des prix dans la grande distribution n'a pas été atteint, puisqu'il cite le chiffre de 1,57%. Interrogé sur la hausse continue des prélèvements obligatoires, Nicolas Sarkozy se défend en disant ne pas être comptable des prélèvements sociaux.
Le moral des Français sur l'évolution de la situation économique du pays est au plus bas, d'après un sondage CSA pour La Tribune. Les Français se disent pessimistes à 64%, "soit le plus mauvais résultat enregistré depuis août 1996" (et alors que le premier ministre était Alain Juppé). Ces résultats ambivalents tiennent "au manque de lisibilité et de cohérence de la politique économique et sociale du gouvernement", avance un analyste de l'institut CSA, cité par La Tribune, évoquant "des annonces contradictoires" du gouvernement sur des grands dossiers qui touchent les Français: 35 heures, étalement de la hausse du Smic, amnistie fiscale. Les personnes "en appellent à l'action régalienne de l'Etat pour éviter les délocalisations et baisser le coût du travail par une diminution des charges des entreprises", poursuit le quotidien. La réouverture du dossier des 35 heures et l'assouplissement du Code du travail et des règles de licenciement occupent les dernières places dans les attentes des Français, alors qu'elles figurent parmis les priorité du gouvernement Raffarin, toujours aussi en phase avec les aspirations des gens...
(AP/AFP)
Lors
d'une réunion aux Nations unies consacrée
à la lutte contre la faim et la pauvreté, le
Jacques Chirac a défendu l'idée d'un
prélèvement international pour "abattre les
murs" de la faim et de la misère dans le monde. Bien
qu'il n'ait pas employé le terme "d'impôt",
l'idée est toutefois très proche de la taxe
Tobin proposée par les altermondialistes."La misère et la faim sont une prison où plus d'un milliard de femmes, d'hommes et d'enfants consument leur existence. En abattant les murs de cette prison, nous ferons bien plus qu'un acte de générosité. Nous ferons acte de justice, d'intelligence, de paix. Abattre les murs de leur prison de misère et de famine, c'est conjurer la menace du chaos, c'est réunifier l'humanité dans un même destin d'espoir et de progrès", a dit le président français, ajoutant que "face aux générations futures, la communauté internationale n'a pas le droit d'esquiver ses responsabilités". "Une mondialisation qui tolèrerait la prédation et l'accaparement de ses fruits par une minorité n'a pas d'avenir. Une mondialisation qui détruirait les équilibres sociaux et environnementaux, écraserait les plus faibles, nierait les droits de l'Homme n'a pas d'avenir. Il nous appartient de refuser ces dérives, en dotant la mondialisation d'une conscience et d'une éthique sociale, afin de lui donner sa pleine légitimité et son sens au service de l'homme. (...) Les droits de l'homme, la dignité du travail comme l'avenir de notre planète ne peuvent être des variables d'ajustement des coûts". Partisan "de nouveaux équilibres entre le capital et le travail", Jacques Chirac a demandé "un renforcement du régime juridique de responsabilité des entreprises et des Etats" au niveau international. "Face aux pratiques absolument inacceptables, telles que l'esclavage ou l'exploitation des enfants, les engagements volontaires ne suffisent pas". Il a souhaité en outre que la préoccupation sociale puisse "irriguer l'ensemble de l'action internationale" au niveau multilatéral. Jacques Chirac a plaidé pour la création d'une "enceinte multilatérale de gouvernance économique et sociale de la mondialisation" et d'une Organisation des Nations unies pour l'environnement. Il a également plaidé pour "l'affirmation du droit à la diversité culturelle" et que la préoccupation sociale puisse "irriguer l'ensemble de l'action internationale" au niveau multilatéral et dans les travaux de l'OMC. Le problème est que les Etats-Unis et la plupart des pays européens sont acquis au libéralisme, dont le principe est d'alléger le plus possible les impôts payés par les entreprises, et non d'instaurer des impôts supplémentaires. La proposition de Jacques Chirac a donc peu de chance de se réaliser.
![]() (syti.net) L'ancien directeur du FMI Michel Camdessus (en photo) a remis à Nicolas Sarkozy un rapport sur les "freins à la croissance" dont les propositions sucitent déjà la colère des organisations syndicales. Dans son chapitre 5 intitulé "Travail, économie, société: préférer l'emploi à l'assistance", ses suggestions pour "fluidifier" le marché du travail en France rejoignent les propositions du MEDEF et les positions libérales développées par une partie de l'UMP. (pour les lecteurs extérieurs au microcosme français, le MEDEF est l'organisation des patrons français, et l'UMP est le parti de droite actuellement au pouvoir) Le rapport Camdessus propose une "modernisation" du code du travail, un renforcement du contrôle des chômeurs, une extension du recours aux heures supplémentaires, une croissance "modérée" du salaire minimum (SMIC) ou encore une réforme de la prime pour l'emploi . Le rapport propose également de donner "une plus grande fluidité" au marché du travail en remplaçant les actuels contrats CDI et CDD par "un contrat unique". L'alignement se ferait évidemment plutôt par le bas, généralisant la précarité. Concrètement, la distinction entre contrats de travail à durée indéterminée ou déterminée serait supprimée au profit d'un contrat unique dans lequel les droits relatifs à la protection d'emploi et à l'indemnisation se renforceraient progressivement" en fonction de l'ancienneté dans l'entreprise. Mais dans la pratique, les salariés seront licentiés suffisamment rapidement pour les maintenir perpétuellement leurs droits au minimum. Quelques jours plus tôt, le 8 octobre, Nicolas Sarkozy avait déjà vanté les mérites de ce rapports à l'occasion d'un déjeuner-débat organisé par le MEDEF d'Ile-de-France. "Dans quelques jours je rendrai public le rapport Camdessus, un document absolument remarquable dont nous ferons un livre de poche, et sur lequel je m'appuierai beaucoup pour défendre un certain nombre d'idées sur le droit du travail", avait déclaré le ministre de l'Economie (dont le frère, Guillaume Sarkozy est par ailleurs le n°2 du MEDEF). De son coté, le ministre délégué aux Relations du Travail, Gérard Larcher, se montre beaucoup plus prudent. "C'est un sujet qu'il faudra analyser. Notre objectif au gouvernement, c'est l'intérêt général, ce n'est pas de faire plaisir à tel groupe de pression par rapport à tel autre. (...) Il y avait déjà un rapport Virville (qui proposait le fameux "contrat de mission"), on connaît la réaction des uns et des autres.", a-t-il dit. La seule mesure sociale proposée par le rapport est l'instauration "un système de bonus/malus sur les cotisations sociales payées par l'entreprise tenant compte du nombre d'embauches et de licenciements au cours de l'année". Concernant la loi sur les 35 heures, le rapport Camdessus propose que l'employeur ait "la possibilité de proposer individuellement aux salariés de travailler plus et de gagner effectivement plus, dans la limite des durées maximales de travail". A l'occasion de la présentation de ce rapport, Michel Camdessus a appelé la France à un "sursaut". Selon l'ancien directeur du FMI, si des "réformes" profondes ne sont pas réalisées maintenant, la France deviendra durablement une puissance économique de seconde zone d'ici 10 ans, avec une croissance en chutte libre. Tel est le diktat de la mondialisation. Soit un pays rennonce à ses lois sociales et accepte les conditions souhaitées par les entreprises (c'est à dire un alignement sur les salaires et les conditions de travail qu'une entreprise peut trouver en Chine en délocalisant), soit ce pays est condamné au déclin et à la misère. Vis à vis des citoyens et des états, les entreprises utilisent désormais le même type de chantage que les mafias et les brigands: "la bourse ou la vie !"
(AP)
Le
gouvernement a présenté aux partenaires
sociauxson avant-projet de loi sur les restructurations, un
texte qui facilite les procédures de
licenciements.Trois articles du projet de loi provoquent un tollé de la part des organisations syndicales. Le premier article contesté modifie la définition du licenciement économique. Un chef d'entreprise pourrait ainsi décider de licencier des salariés au nom de la notion de "sauvegarde de la compétitivité", notion très floue qui inquiète forcément les syndicats. Le deuxième annule l'obligation de réintégration de salariés licenciés prononcée par les tribunaux lorsqu'ils annulent un plan social. Si le texte était appliqué, cette réintégration serait désormais soumise à l'accord du chef d'entreprise concerné. Le troisième article limite la procédure de contestation d'un plan social à 6 mois, alors que cette durée était auparavant indéterminée. La CGC (d'habitude pourtant très modérée) et la CGT ont d'ailleurs claqué la porte de la réunion seulement une heure après son commencement, jugeant que l'avant-projet de loi reprenait trop largement les revendications patronales. Le représentant de la CGC Jean-François Heckle, a lancé avant de partir: "le MEDEF l'a rêvé, le gouvernement l'a fait".
(AFP)
Malgré
le cadeau que le gouvernement vient encore de lui faire avec
la "loi sur les restructuration" pour faciliter les
licenciements, le MEDEF ne s'estime pas encore
satisfait.Ernest-Antoine Seillière, le président du Medef, a accusé le gouvernement Raffarin d'être "entièrement" en faveur des syndicats dans le dossier des restructurations. En réalité, le MEDEF utilise à nouveau la même tactique que lors de l'adoption de la loi sur la flexibilité (dite "loi sur les 35 heures") par le gouvernement Jospin. Pour ne pas que la loi apparaissent trop comme un cadeau en leur faveur, les chefs d'entreprise font semblant d'être mécontents, alors qu'ils se frottent les mains. Ernest-Antoine Seillière a également jugé que le rapport Camdessus qui lui paraît décrire de façon tout a fait réaliste de la situation de l'économie française.
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