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Le
gouvernement très à droite de Jean-Pierre
Raffarin a été sévèrement
sanctionné par les électeurs pour sa politique
de démolition sociale et de guerre contre les
citoyens.La défaite de la droite est sans précédent puisque la gauche l'emporte largement dans toutes les régions sauf en Alsace. Le 2ème tour a donc encore amplifié la victoire de la gauche au 1er tour. Cette amplification est rendue encore plus significative par la forte participation (62% au premier tour, encore en augmentation à 66% au second tour). Par ailleurs, les nombreux ministres qui se présentaient dans les régions ont tous été battus. C'est donc un message extrêmement fort qui est envoyé au gouvernement par les électeurs. Loin
d'avoir compris le sens de cette défaite, les leaders
de la droite parlent d'un "manque d'explications" du
gouvernement au sujet des "réformes" (traduction: la
démolition sociale). Ils continuent d'affirmer
imperturbablement que ces "réformes" sont
"nécessaires" et "inévitables". Dans la
foulée, ils accusent ceux qui refusent ces
"réformes" d'être des "conservateurs".
Magnifique inversion des rôles!En vérité, les électeurs ne doutent pas de la nécessité de faire des "réformes". Simplement, ils refusent que ces réformes soient au service exclusif des mêmes intérêts particuliers. Ils refusent aussi que les réformes soient menées sans concertation, avec un mépris total des citoyens, et en appliquant toujours 2 poids et 2 mesures. Ces élections marquent aussi une repolarisation du jeu politique en France, avec une extrêmisation de la droite, et une gauche revenue un peu plus à gauche après la dérive néo-libérale de l'ère Jospin. Enfin, notons aussi qu'avant ces élections, les sondages avaient annoncé que la gauche et la droite seraient "au coude à coude" et que la participation serait faible. Les médias parlaient avec insistance du "désintérêt" des Français pour la campagne des régionales... Erreur ou tentative de manipulation?
"Les Français veulent des réformes, mais des réformes justes, qui servent à quelque chose et qui résolvent les problèmes qui se posent à eux". Elle a dénoncé la politique menée par l'actuel gouvernement "qui a traité toute une série de catégories par le mépris et qui a dressé les gens les uns contre les autres, en créant de l'insécurité sociale". C'est le président de la République qui est aujourd'hui interpellé" par les électeurs qui ont donné la victoire à la gauche. "Il a fait une politique de droite très conservatrice, très libérale qui a creusé les inégalités et c'est ça qui ne va pas. Il faut qu'il change profondément de politique". Ségolène Royal a également jugé que les nouveaux élus socialistes peuvent "faire en région beaucoup de choses en réparant les désordres sociaux au niveau national". Elle a notamment souligné la capacité des conseils régionaux à intervenir en matière d'économie locale, de formation professionnelle, d'environnement et de prévention de la santé.
Malgré
le cinglant désaveu infligé par les
électeurs au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin,
celui-ci a été reconduit dans ses fonctions.
Quant au remaniement ministériel annoncé, il
se limite à un jeu de chaises musicales. On retrouve
quasiment les mêmes ministres, bien que tous aient
été battus sévèrement aux
élections.Jacques Chirac n'a eu que mépris pour le message exprimé par les électeurs. C'est un véritable "bras d'honneur" adressé aux Français. Le premier secrétaire du PS François Hollande a lancé un avertissement à Jacques Chirac: "En ignorant cyniquement le message des Français, le président de la République prend le risque d'aggraver la crise de confiance à l'égard de l'exécutif et d'aggraver les tensions sociales et les conflits. Il a pris une grave responsabilité. (...) Plus qu'une erreur, c'est une faute." Certes, Jacques Chirac n'était obligé à rien par la Constitution puisqu'il ne s'agissait que d'élections régionales. Mais après l'effondrement de la droite et la victoire de la gauche dans toutes les régions, il est incontestable que ces élections régionales avaient une dimension nationale. Lorsque le gouvernement d'Edith Cresson avait perdu les élections régionales en 1992, François Mitterrand alors président de la République avait démis Edith Cresson pour nommer à sa place Pierre Bérégovoy. Pourtant à l'époque, la défaite de la gauche avait été moins sévère que celle de la droite aujourd'hui. La légitimité politique de ce gouvernement est sérieusement atteinte. Il est clair que désormais, il gouverne contre la volonté des citoyens. (Liste
complète
du gouvernement sur le site officiel du premier
ministre)
Le quotidien belge "Le Soir" a publié ce dessin de Pierre Kroll qui résume tout...
En
dépit de la débâcle électorale
qu'il vient de subir, Jean-Pierre Raffarin a confirmé
la poursuite des "réformes" dans son discours
à l'Assemblée nationale. Le premier ministre a
même annoncé une accélération du
programme de privatisation. Prochain objectif de son travail
de démolition: la réforme de la
sécurité sociale et la privatisation d'EDF (et
donc des centrales nucléaires).Jean-Pierre Raffarin a par contre été obligé de confirmer les promesses faites par Jacques Chirac à la TV trois jours après les élections: des nouvelles propositions seront faites aux chercheurs et aux intermittents du spectacle, mais rien de précis n'a été annoncé. Le seul engagement précis concerne le gel de l'ASS (qui revenait à mettre à la rue 200.000 personnes supplémentaires). Le
premier ministre a aussi confirmé la poursuite de la
baisse de l'impôt sur le revenu. Rappelons que 33% du
montant global des réductions d'impot
déjà accordées ont profité
à 1% de la population en 2003. Prendre aux pauvres
pour donner aux riches...Pendant que l'argent public est distribué aux plus riches, les déficits publics se creusent. A ce sujet, Jean-Pierre Raffarin n'a donné aucune date pour la réduction du déficit sous la barre des 3% fixés par les règles européennes. A
l'Assemblée, les députés socialistes
ont vivement critiqué le gouvernement. "La France est
en état de dépôt de bilan", a
lancé Jean-Marc Ayrault, président du groupe
socialiste à l'Assemblée, lors de la
séance de questions d'actualité. "En 2 ans les
déficits publics ont été
multipliés par 3. Celui de la sécurité
sociale par 5, l'endettement dépasse désormais
le plafond record de 1.000 milliards d'euros", a-t-il
ajouté. "S'il n'y avait pas la monnaie unique, votre
gouvernement aurait déjà dû
dévaluer plusieurs fois (...)
Ce qui est en cause c'est votre gestion, incapable de
fédérer les énergies et de stimuler la
croissance". Le
président du groupe UDF (qui soutient pourtant le
gouvernement) Hervé Morin a déploré
mardi que le Premier ministre ait "repris la litanie des
mêmes propositions" lors de son discours de politique
générale. "Je m'attendais à tout
à fait autre chose, d'abord qu'il prenne en compte
les résultats des élections régionales.
Quand on prend une raclée électorale comme
celle-ci, il faut se poser la question" de ce qui s'est
passé. (...)
J'ai
eu l'impression que les élections n'avaient pas eu
lieu. On retrouvait la litanie des mêmes
propositions", a regretté Hervé Morin. "Il
fallait fixer un cap, il fallait qu'il y ait une ambition
collective. Il fallait "qu'on donne au pays une feuille de
route. Je ne l'ai pas eue hier", a-t-il
affirmé.
Même du coté de l'UMP, l'enthousiasme n'était pas au rendez-vous. Aucun applaudissements pendant le discours, et des têtes qui en disaient long... ![]() ![]() ![]() Jean-Louis Debré, Jean-François Copé, et Dominique de Villepin écoutant le Premier Ministre
![]() ![]() Les archives 2003-2005 Les lois Perben, l'émergence du "libéral-fascisme", la France de Sarkozy, le "2 poids 2 mesures" permanent, la corruption du régime, le projet de Raffarin pour un "salarié jettable", le mouvement des chercheurs, l'appel contre la "guerre à l'intelligence", la loi LEN, l'existence des sites personnels menacée, la future privatisation du marché de l'électricité... |
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