infos 1er semestre 2006 - page 3


France

CPE

La révolte contre le CPE, la précarité et le nouvel esclavage

19.03.2006



Les archives des infos sur le CPE

Les
images des manifestations et de l'occupation des facs...

CPE

La fin du CPE, une victoire partielle

12.04.2006


(Attac) La mobilisation intergénérationnelle, de la jeunesse, lycéens, étudiants, des salariés, de l'entité syndicale la plus large et des chômeurs a gagné: elle a fait reculer un gouvernement arrogant, autoritaire et répressif. Il a été contraint de supprimer le CPE (article 8 de la loi sur "l'égalité des chances").

Les lycéens et les étudiants qui ont mené sans relâche des actions durant ces dernières semaines ainsi que les 3 millions de personnes qui ont manifesté peuvent se réjouir de ce résultat.

L'enterrement du CPE s'ajoute à deux autres victoires obtenues récemment grâce à la mobilisation des citoyens: le rejet de la constitution européenne, et la modification en profondeur de la "directive Bolkestein".

Toutefois ce recul du gouvernement ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt , le gouvernement et le MEDEF ne renonçant aucunement à leur objectif de précarisation de l'emploi et de destruction du Code du Travail. Mais la victoire populaire sur le CPE et le rapport des forces qui l'a imposée leur rendent la tâche plus difficile.

Ainsi, la loi sur "l'égalité des chances" n'est pas abrogée. Or elle contient de dangereuses mesures de régression sociale: l'apprentissage à 14 ans, l'autorisation du travail de nuit à 15 ans, le chantage à la suppression des allocations familiales, etc.

De même, le CNE adopté depuis août 2005 reste en vigueur. Cousin du CPE pour les entreprises de moins de 20 salariés, le CNE institue le salariat précaire, jetable, une main d'œuvre pas chère et corvéable à souhait.

Autre mesure contenue dans la loi sur "l'égalité des chances", la refonte des ZEP (zones d'éducation prioritaire), qui est présentée par le gouvernement Chirac-De Villepin-Sarkozy comme une réponse palliant les inégalités scolaires, est en réalité une anarque. Ce sont, en effet, les ZEP dites "EP3" qui réduiront leurs moyens en fournissant des heures d'enseignement aux ZEP "EP1" situées dans les quartiers encore plus en difficulté. Sous couvert de solidarité, le gouvernement veut opposer les plus exclus aux exclus, les plus pauvres aux pauvres...

Ne nous faisons aucune illusion. La politique gouvernementale continuera par tous les moyens à chercher à imposer la précarité, la remise en cause des droits du travail et des acquis sociaux. Tout simplement parce qu'elle procède de la même logique néolibérale que celle mise en œuvre par l'Union européenne, dans le cadre de la "stratégie de Lisbonne"
(définie au sommet européen de Lisbonne).

CPE

Chirac et De Villepin annoncent le "remplacement" du CPE

10.04.2006


(AFP) Après deux mois de manifestations sans précédent depuis 1968, Jacques Chirac a signé l'acte de décès du CPE, à la plus grande satisfaction des syndicats, de la gauche et des organisations d'étudiants et de lycéens.

Pour éviter les mots "abrogation" ou "retrait", Jacques Chirac a annoncé dans un communiqué que le CPE serait "remplacé" par un dispositif d'insertion professionnelle en faveur des jeunes. Le chef de l'Etat a pris soin d'affirmer que l'initiative en revenait à Dominique de Villepin, jusque là opposé à un recul sur le CPE.

Dans une courte allocution le matin à Matignon, le Premier ministre a regretté ne pas avoir été "compris par tous", soulignant que "les conditions nécessaires de confiance et de sérénité" n'étaient pas réunies pour appliquer le contrat première embauche.

Le président des députés UMP, Bernard Accoyer, a annoncé le dépôt immédiat de la proposition de loi remplaçant ce contrat et souhaité sa discussion au parlement "dans les tout prochains jours".

Le texte prévoit une aide à tout employeur embauchant en CDI un jeune de 16 à 25 ans de faible qualification, ou résidant en zone urbaine sensible, ou encore, titulaire d'un contrat d'insertion dans la vie sociale (CIVIS). Les mesures contenues dans la proposition de loi remplaçant le CPE devraient coûter 150 millions d'euros en 2006 et le double en 2007.

L'intersyndicale anti-contrat première embauche, regroupant 12 organisations, a salué un "authentique succès", affirmant qu'elle allait rester "vigilante".

Nicolas Sarkozy a pour sa part souligné dans une interview au Figaro n'avoir "en rien renoncé à la rupture", c'est à dire au démantèlement des droits sociaux et du code du travail.

CPE

Les quatre mesurettes clés de la proposition de loi UMP

12.04.2006


La proposition de loi UMP qui remplace le CPE (l'article 8 de la "loi sur l'égalité des chances") comporte quatre mesures:

- CIVIS: Depuis 2003, le "contrat d'insertion dans la vie sociale" (CIVIS) accorde aux jeunes (agés au moins de 18 ans) une allocation misérable de l'Etat (900 euros maximum par an) pour les périodes où ils n'ont aucune rémunération. Désormais, le CIVIS sera précédé d'un "bilan de compétences". Puis, lorsque le jeune trouvera un emploi, il continuera à être suivi par un "tuteur" pendant un an. Tous les jeunes au chômage depuis plus de six mois pourront en bénéficier.

- CJE: Lancé en 2002, le "Contrat jeune en entreprise" (CJE) est un contrat à durée indéterminée destiné aux 16-23 ans de niveau inférieur au bac. Ils perçoivent au minimum le SMIC. En contrepartie, l'employeur bénéficie d'une exonération de charges sociales.
Le CJE est désormais élargi aux jeunes en CIVIS et à ceux qui sont au chômage depuis plus de six mois.

- Contrat de Professionnalisation: actuellement, ce contrat de travail en alternance (25% en formation, le reste en entreprise) est destiné aux jeunes de 16 à 25 ans sortis du système scolaire et aux chômeurs de plus de 26 ans. CDI ou CDD, il dure entre 6 et 12 mois, mais peut-être porté à 24 mois dans certains cas. Le salaire varie en fonction de l'âge (de 55% du SMIC à 100% ou plus). L'employeur bénéficie d'une exonération totale de charges sociales (dans la limite du SMIC) s'il embauche un jeune de moins de 26 ans ou un demandeur d'emploi de plus de 45 ans.
Désormais, le contrat de professionnalisation sera subventionné par l'Etat (en plus des réductions de charges), avec une prime de 200 euros par mois la première année et de 100 euros la seconde dès lors que le contrat débouchera sur un CDI. Cela pourrait concerner 30.000 personnes.

- Stages: A partir de l'été 2006, 50.000 stages seront ouverts dans les métiers qui ont des difficultés à recruter, tels que l'hôtellerie, la restauration, le bâtiment ou les services à domicile.

CPE

Le "remplacement" du CPE ne met pas totalement fin à la mobilisation des lycéens et étudiants 

10.04.2006




Karl Stoeckel,
président du syndicat lycéen UNL

(AP/AFP) L'annonce du remplacement du contrat première embauche n'a pas suffi à convaincre complètement les lycéens et étudiants qui souhaitent maintenir la pression sur le gouvernement. Malgré le retrait du CPE, l'UNEF, la FIDL, l'UNL et la coordination nationale des étudiants et des lycéens ont maintenu leur appel à une nouvelle journée de manifestations le 11 avril dans toute la France pour obtenir l'abrogation de l'intégralité de la "loi sur l'égalité des chances" qui autorise notamment le travail dès 14 ans et le travail de nuit dès 15 ans.

"Villepin a lâché des miettes, il nous faut la baguette entière", a insisté Rémi, un étudiant de Toulouse II, où les personnels ont également voté la poursuite de la grève.

La coordination nationale étudiante et lycéenne avait déjà renouvelé à Lyon son appel à "rester mobilisés jusqu'au retrait de la loi sur l'Egalité des chances", et à "contribuer à la mobilisation des travailleurs".

Bruno Julliard, président de l'Unef, a évoqué "d'autres questions soulevées pendant la mobilisation" et "pas réglées alors qu'elles sont importantes", comme la loi sur l'Egalité des chances et mais aussi le CNE. De même, Karl Stoeckel le président du syndicat lycéen UNL a déclaré à l'Associated Press: "aujourd'hui, il faut qu'on revienne sur les mesures imposées de la même manière que le CPE.
(...) Il va falloir maintenant parler du CNE (le cousin du CPE pour les entreprises de moins de 20 salariés) puisque du désaveu du CPE découle un désaveu de la politique économique et sociale du gouvernement comme le CNE", a expliqué Karl Stoeckel, qui estime aussi que la plupart des mesures de la loi sur l'égalité des chances "ont été rejetées par le mouvement social".

Enfin, les organisations étudiantes, lycéennes et les syndicats exigent l'arrêt des poursuites contre les manifestants incarcérés et/ou inculpés.

CPE

Les jeunes ont rendu "un immense service" à la France en refusant le CPE, salue Ségolène Royal

10.04.2006


(AP) La candidate à l'investiture socialiste Ségolène Royal a salué "le formidable mouvement citoyen" des jeunes qui ont rendu "un immense service" à la France en obtenant le retrait du contrat première embauche (CPE).

"Ce qu'il faut retenir, c'est le formidable mouvement citoyen des jeunes et de leurs aînés pour empêcher que la société français ne dérive vers une société qui broie les êtres humains.
(...) Le refus de la précarité qui aurait été érigée comme une norme, c'est un immense service rendu au pays ", a-t-elle déclaré sur France-Info.

CPE

De Villepin reconnait ses erreurs mais ne "baisse pas les bras"

10.04.2006


(AP) Dominique de Villepin a déclaré lundi soir sur TF1 qu'il n'avait pas l'intention de "baisser les bras" face au chômage des jeunes malgré son échec sur le contrat première embauche (CPE).

"La réalité, c'est que nous n'avons pas l'intention de baisser les bras face à la situation très difficile des jeunes dans notre pays. Nous allons et nous voulons intensifier les réponses à apporter en ce qui concerne en particulier ceux qui rencontrent le plus de difficultés", a déclaré le Premier ministre.

Le chef du gouvernement a justifié le retrait du CPE, décidé le matin même par Jacques Chirac, par le constat d'une "situation de blocage". "La première responsabilité d'un gouvernement, c'est de trouver les moyens d'en sortir", a-t-il rappelé. S'il faut du "réalisme" et de la "conviction", "il ne faut pas être entêté".

Tirant les leçons de la crise, il a estimé que "deux choses ont pu jouer": le "sentiment de stigmatisation qu'a pu ressentir une partie de la jeunesse alors qu'il s'agissait d'apporter une réponse à ceux qui rencontrent le plus de difficultés", et "le sentiment de profonde précarité (...) avec un élément supplémentaire ressenti par les étudiants dans les universités que leur diplôme n'avait peut-être pas la même valeur qu'autrefois".

Dans un timide mea culpa, Dominique de Villepin a admis avoir voulu "aller vite" et "droit au but" pour "avoir des résultats" contre le chômage des jeunes. "La réponse que j'ai voulu apporter était très directe, très ciblée sur les différents systèmes. Ces peurs, ces inquiétudes ont été plus fortes que la proposition que nous avions faite", a-t-il reconnu, en comparant cette situation au référendum de 2005 sur la Constitution européenne.

Conclusion tirée par le Premier ministre: "il faut savoir contribuer suffisamment à l'évolution des esprits et peut-être traiter pas à pas les problèmes".

Dans cet esprit, il a développé sa proposition aux partenaires sociaux de traiter "trois facteurs de peurs" aux cours des prochains mois "en préalable" à toute réforme du marché du travail: l'insertion des jeunes en difficulté, la sécurisation des parcours professionnels et les problèmes des universités.

"Nous avons devant nous beaucoup de sujets à traiter", a affirmé le Premier ministre, sans toutefois annoncer aucune mesure nouvelle. "En réduisant les peurs (...), nous créerons la confiance qui permettra petit à petit d'avancer".

Plus personnellement, Dominique de Villepin a reconnu avoir traversé "une épreuve, un temps extrêmement difficile" dont il a tiré des "leçons".


CPE

Manifestations du 4 avril:
plus de 3 millions de personnes dans les rues

04.04.2006


(AP/AFP) Des manifestations ont eu lieu à nouveau partout en France, en aussi grand nombre que le 28 mars, avec 3,5 millions de personnes dans la rue pour réclamer l'abrogation pure et simple du contrat première embauche (CPE). La participation a été qualifiée "d'historique" par les syndicats.

A Paris, 700.000 personnes ont défilé contre le CPE, mais aussi contre "la façon d'agir du gouvernement", dénonçant "un réel abus de pouvoir d'une minorité politique", selon une étudiante.

Presque partout en France, les cortèges ont égalé ou dépassé ceux du 28 mars: 250.000 manifestants à Marseille, 100.000 à Nantes, 125.000 à Bordeaux, 40.000 à Pau, 13.000 à Bayonne, 10.000 à Mont-de-Marsan, 8000 à Périgueux, 3500 à Bergerac, 7000 à Agen, 45.000 à Lyon, 90.000 à Toulouse, 50.000 à Montpellier, 50.000 à Rennes, 30.000 à Brest, 10.000 à Lorient, 11.000 à Vannes, 30.000 à Quimper, 45.000 à Lille... Des manifestation ont également eu lieu dans les départements d'outre-mer.

"Le mouvement ne s'achèvera pas avec cette journée", a assuré M. Thibault, "dès demain (5 avril), nous appellerons à une poursuite du mouvement avec de nouvelles formes d'action pour tenir compte des vacances scolaires".

Jugeant que "le mois de mai, c'est trop loin", M. Mailly (FO) a lui déclaré qu'il fallait "une réponse rapide, sinon ça s'appelle jouer la montre, jouer le pourrissement".

En fin d'après-midi, des incidents ont éclaté place d'Italie à Paris, lieu de dispersion de la manifestation, mais le calme était revenu vers 22H00. 352 personnes ont été interpellées en marge de cette manifestation parisienne, selon un bilan de la police. Des heurts ont aussi opposé jeunes et forces de l'ordre dans plusieurs villes de l'Ouest, notamment Rennes, Angers et Lorient. "On ne va pas être loin des 400 à 600 interpellations aujourd'hui" sur l'ensemble du territoire, a déclaré Nicolas Sarkozy en félicitant les forces de l'ordre place d'Italie.

Marseille - Les marseillais ont fait aussi fort que la semaine dernière, avec plus de 250.000 manifestants. "Nous ne laisserons pas les minots tout seuls": une banderole positionnée au milieu du parcours de la manifestation donnait le ton d'un cortège qui a défilé durant plus de trois heures, sans incident. Les organisateurs ont d'ailleurs rallongé le tracé qu'ils avaient accompli la semaine dernière.

Toulouse - 90.000 personnes ont défilé dans les rues de Toulouse pour demander le retrait du contrat première embauche. "Le cortège est plus dense, et proportionnellement, il y a davantage de jeunes, 25% au lieu de 20% la semaine dernière", a estimé Bernard Dedeban, de la FSU.

Dans une ambiance bon enfant de défilé du 1er mai avec camions sonorisés et percussions, sous un agréable soleil de printemps, la manifestation a débuté vers 14h30 de la place Arnaud Bernard avec les mêmes slogans: "Résistance", "Non non non au CPE, oui oui oui au CDI", "Pas de négociation, pas de compromission, retrait du CPE".

Comme les fois précédentes, venaient d'abord de nombreux lycéens, étudiants et enseignants venus des lycées, collèges, écoles et universités de l'agglomération avec leurs banderoles, auxquels se mêlaient des parents et même quelques retraités et "grands-parents solidaires".

Venaient ensuite les salariés derrière les organisations syndicales traditionnelles (CGT, FO, CFDT, CGC, UNSA, Sud, FSU), avec des salariés du public et du privé (Thalès, Latécoère, Siemens, EADS Astrium, Airbus, Labinal...).

"CPE, Citoyens Promis à l'Errance", "CPE: Cultivons la Précarité et l'échec Social", "Halte au scandale, défendons-nous", "Précaire bosse et tais-toi", "Rêve Générale", pouvait-on lire sur des banderoles, ou encore sous la photo de Chirac, De Villepin et Sarkozy: "Vite on a besoin d'un Charter Pour Eux".

Le défilé comptait également dans ses rangs de nombreux intermittents du spectacle, des membres d'ATTAC, de la CNT, et en fin de cortège, toujours le front unitaire des partis de gauche (notamment avec le PS, les Verts, la LCR, le PCF).

Bordeaux - La manifestation bordelaise a réuni 125.000 personnes, dont un tiers de lycéens et étudiants, avec une "hausse sensible de la participation" par rapport aux 100.000 manifestants du 28 mars.

"Ce qui explique cette hausse, c'est la déclaration du président Chirac qui a suscité la révolte de l'ensemble des jeunes", estimait Jules Boyadjian, porte-parole du comité des étudiants de Bordeaux. Selon lui, "le mouvement a l'impression de se battre contre un mur, et on veut faire tomber ce mur. Nous sommes dans une deuxième phase du mouvement et le mot d'ordre reste le même: retrait pur et simple du CPE".

Pour Alain Delmas, secrétaire régional de la CGT-Aquitaine, "plus que jamais le mot d'ordre reste l'abrogation du CPE. Si Bernard Accoyer nous invite à négocier pour l'adapter, c'est niet!".

Lyon - Environ 45.000 personnes ont défilé sous le soleil à Lyon. Le cortège s'est ébranlé peu après 11h dans le 8e arrondissement pour se disperser deux heures et demie plus tard place Bellecour. Suivis par les étudiants, les lycéens ouvraient un défilé festif et coloré aux cris de "Chirac, Villepin, Sarkozy, votre période d'essai elle est finie!" ou encore "ni CPE Villepin, ni CPE Sarkozy!".

Les négociations proposées par le ministre de l'Intérieur et l'UMP laissaient de marbre Charlotte Allégret, vice-présidente du syndicat lycéen FIDL: "on reste sur nos positions, il n'y aura aucune discussion avant un retrait du texte. On ne veut pas d'un CPE bis."

Dans le cortège parsemé de caricatures de Dominique de Villepin, on trouvait également des retraités, des salariés des secteurs public et privé (Renault Truck), et même quelques professions libérales. "Les politiques détiennent la clé: soit il y a un dialogue soit cela continue", expliquait un kinésithérapeute de 42 ans, venu avec ses enfants.

A l'issue du défilé, certains manifestants affichaient leur optimisme quant à une éventuelle suite de la mobilisation. "Même pour les syndicats, ce mouvement est surprenant par sa longueur et sa vigueur. Il y a une force tranquille, les gens savent qu'il faut aller jusqu'au retrait", soulignait Elia Rosario, membre du secrétariat départemental de la FSU.

Montpellier - 50.000 personnes ont défilé dans les rues de Montpellier, une mobilisation similaire à celle du 28 mars. Le cortège s'est élancé du quartier Antigone et a rejoint vers 17h la place centrale de la Comédie dans une ambiance de fête: percussionnistes, danses improvisées par des étudiants vêtus de T-shirts oranges et mimant la "vague" des tribunes des stades de football, feux de Bengale, pétards...

Malgré l'annonce d'une nouvelle loi devant instaurer un CPE révisé, les manifestants ont maintenu la pression sur le gouvernement: "CDI Famille Patrie", "Sauvez-moi", "Non à l'inégalité des contrats", "De Villepin, Sarkozy, tueurs de rêves", pouvait-on lire sur les banderoles.

Nantes - La manifestation a réuni 100.000 personnes dans les rues de Nantes, avec une mobilisation encore plus importante que la semaine précédente. La ville n'avait jamais connu une manifestation de telle ampleur depuis mai 1968.

La manifestation est partie à 10h du Cours des 50 Otages, le parcours du défilé ayant été rallongé par les quais de la Loire pour permettre à tous les manifestants d'avancer.

Un grand nombre de jeunes, étudiants et lycéens ont pris part à la manifestation en tête du cortège. Presque tous avaient collé sur leurs vêtements de gros autocollants marqués "retrait du CPE". Les syndicats de salariés venaient derrière défilant sous les banderoles de leurs entreprises comme la CRAM (Caisse régionale d'assurance maladie), EDF ou encore la CAF (Caisse d'allocations familiales).

Les manifestants ont encore une fois décliné les trois lettres du CPE pour inventer des slogans sur leurs pancartes. On pouvait ainsi lire: "CPE, contrat pas d'espoir ou crève pauvre employé". Un groupe de lycéens avaient installé une bouse géante sur le toit d'une voiture surmonté d'une pancarte "Ca pue encore". D'autres portaient une banderole "Faites l'amour, pas le CPE".

Rennes - 50.000 personnes ont manifesté dans les rues de Rennes pour réclamer l'abrogation définitive du CPE. Lycéens et étudiants ont notamment marché derrière une banderole réclamant la "grève générale jusqu'au retrait".

A l'issue de la manifestation qui s'est déroulée sans incident, le cortège s'est scindé en deux. Une partie des étudiants a une nouvelle fois occupé pacifiquement les voies de la gare, bloquant l'accès des trains. Une autre partie des jeunes s'est dirigée vers l'inspection académique du département qui a été occupée durant une demi-heure.

Dans l'après-midi, des affrontements ont éclaté vers 15h30 entre les forces de police et plusieurs centaines de jeunes qui s'étaient rassemblées en face du siège local de l'UMP après la manifestation.

Lille - 45.000 personnes ont défilé dans le centre-ville de Lille pour fustiger le gouvernement et réclamer le retrait du contrat première embauche.

Des charges policières ont eu lieu en fin d'après-midi dans le quartier de la gare. Dans le centre-ville, quelques vitrines avaient été brisées et des véhicules et des cabines téléphoniques dégradés, alors que certains membres de coordinations lycéennes et étudiantes tentaient de dissuader les casseurs. Des groupes de manifestants erraient dans les rues, renversant des poubelles et montant des barricades. Avant le rassemblement, des incidents avaient éclaté dans la matinée entre des policiers et des manifestants. Une soixantaine de lycéens et d'étudiants, qui avaient tenté de s'approcher du siège de l'UMP, rue de Solférino à Lille, ont jeté des objets et des oeufs en direction des policiers. Une personne a été interpellée.

CPE

"On est leur futur et ils ne nous écoutent pas!",
crient les jeunes à Paris

04.04.2006


(AFP) "On est leur futur et ils ne nous écoutent pas!": Aude, lycéenne de 18 ans, exprime le ras-le-bol des nombreux lycéens et étudiants qui s'inquiétent des intentions "pas claires" du gouvernement et redoutent, comme les salariés, une "réponse politicarde" du gouvernement à leurs exigences de retrait du CPE.

Une étudiante de 19 ans explique: "On fait semblant de nous écouter, mais on est très nombreux dans la rue et on ne nous entend toujours pas".

"Il faut continuer la bataille", affirme une lycéenne, le sourire malicieux: "mes parents ont fait mai 68... c'est pas eux qui vont me dire d'arrêter!".

Car "juridiquement, le CPE existe, il est applicable, on nous parle d'un projet de loi à venir mais nous voulons le retrait de la loi existante", rappelle Karsten Beyer, cadre de 33 ans.

Gilles Dabin, conseiller prud'homal de 52 ans à Bobigny, est déguisé en Obélix: il fait mine de ployer sous le poids d'un menhir baptisé "CPE", "Rien n'est jamais gagné avec les politiques!", car la loi "a été promulguée", fait-il valoir.

En secouant ses nattes rousses, il ajoute: "Quand Chirac a parlé, on aurait dit une anguille qui fuyait entre les mains". Pour lui, cette 5ème manifestation anti-CPE est aussi importante que les autres, car "Il faut que les représentants du peuple voient qu'on ne lâche pas le morceau!"

Sika Fakambi, une traductrice de 29 ans, espère elle aussi "une réponse un peu moins politicienne et politicarde" aux manifestations, car le gouvernement "est en train de semer le trouble avec une réaction incompréhensible".

"On est face à un gouvernement qui ne comprend rien" renchérit son ami, Tristan Poullaouec, 31 ans, enseignant en sociologie, qui lui tient la main. "Les gens sont très motivés, ils veulent continuer jusqu'à l'abrogation du CPE", affirme-t-il.

D'une boîte flottant dans le ciel, suspendue à des ballons multicolores, s'échappent une multitude de petits rectangles roses et oranges où l'on peut lire: "Retrait du CPE, retrait du CNE".

"Ce qu'on veut c'est pas la modification, c'est l'A-BRO-GA-TION", clame Aimée, 93 ans, militante communiste "de toute la vie". Elle a "fait 36 et 68", et a "soigné des blessés pendant les derniers jours de la Guerre d'Espagne".

CPE

Bernard Thibault veut "porter un coup fatal au CPE"

04.04.2006


(AP) "J'espère que les manifestations nous aideront à porter un coup fatal au CPE", a lancé le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault.

Avant le début de la manifestation, il a répété sur France-Info que "cette journée est destinée à rappeler que le retrait du CPE n'est pas négociable".

Alors que Bernard Accoyer, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, doit adresser une lettre d'invitation aux syndicats pour discuter de l'avenir du CPE, le leader de la CGT explique sa méfiance: "On cherche un petit peu à nous balader entre groupes politiques, responsables du gouvernement, propos présidentiels. (...) Le flou demeure total".

"Nous ne sommes pas dans une cour de récréation, il va falloir reprendre un certain sérieux pour gérer la situation de conflit sans équivalent depuis très longtemps", a conclu le N°1 de la CGT.

CPE

La FSU propose l'organisation d'Etats généraux sur l'avenir des jeunes "après le retrait du CPE"

03.04.2006


(AP) La Fédération syndicale unitaire (FSU) propose l'organisation d'Etats généraux pour l'avenir des jeunes "après le retrait" du contrat première embauche.

"De véritables négociations devront s'ouvrir sur l'emploi, la précarité, l'avenir des jeunes et leur formation, remettant en cause les choix politiques de ces derniers mois", comme le contrat nouvelles embauches (CNE), l'apprentissage dès 14 ans et la loi Fillon sur l'école, souligne le syndicat.

La FSU "exige que l'intersyndicale des 12 y soit pleinement associée. Pour l'organisation syndicale, le retrait du CPE peut être obtenu "si la mobilisation se confirme et s'élargit". Elle appelle les fonctionnaires "à tout faire pour assurer le plein succès de la journée de grèves et de manifestation" et à débattre "des suites unitaires avec un calendrier d'actions permettant de confirmer et d'amplifier le mouvement".

CPE

Chirac promulgue la loi, rejet des syndicats et colère de la rue

01.04.2006


(AFP) Jacques Chirac a annoncé à la télévision la promulgation de la loi instaurant le très controversé CPE, une décision rejetée par les syndicats et une majorité de lycéens, étudiants et salariés.

Dans une déclaration solennelle aux Français, le chef de l'Etat a annoncé qu'il avait décidé de promulguer cette loi, le Conseil constitutionnel l'ayant jugée "en tous points conforme aux principes et aux valeurs de la République", et parce que "le contrat première embauche peut être un instrument efficace pour l'emploi".

Mais Jacques Chirac a simultanément demandé "au gouvernement de préparer immédiatement deux modifications de la loi", assurant avoir "entendu les inquiétudes qui s'expriment chez de nombreux jeunes et chez leurs parents".

"La période de deux ans sera réduite à un an. En cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi", a-t-il énoncé, tout en apportant son soutien au Premier ministre Dominique de Villepin. "Dominique de Villepin a voulu offrir à tous ces jeunes des opportunités nouvelles pour l'emploi", a-t-il assuré.

L'intervention présidentielle, suivie par des milliers d'opposants qui s'étaient rassemblées sur les places des grandes villes (Strasbourg, Lille, Nantes, Grenoble, Nancy, Bordeaux ou Rennes), a été sifflée et suivie de manifestations sauvages dont les slogans, comme "Chirac en prison, Villepin démission", ou "Chirac, on t'emmerde, c'est la rue qui gouverne", visaient avant tout le chef de l'Etat et son Premier ministre.

A Paris, des milliers de manifestants ont défilé entre Bastille, Opéra, Concorde et l'Assemblée nationale avant de se diriger vers la Sorbonne dans le quartier latin. Les actions se sont déroulées dans l'ensemble dans le calme. Une poignée de manifestants a cependant cassé une vitrine, une guérite en verre devant le Sénat et lançaient des projectiles sur les forces de l'ordre vers minuit devant les grilles qui interdisent l'entrée de la Sorbonne.

A Nantes, environ 400 jeunes ont défilé dans les rues dénonçant "une provocation". Une minorité a jeté des canettes et brisé des vitrines. A Poitiers, environ 150 étudiants ont envahi le rectorat après avoir lancé des poubelles contre la façade de la permanence UMP, et envahi le conseil municipal (PS) de la ville. Au Mans, environ 500 jeunes se sont rassemblés devant la préfecture, où ils ont entassé des barrières métalliques et des pavés face aux CRS. Très énervés, les manifestants criaient "qui sème la misère récolte la colère".

CPE

Des milliers d'anti-CPE conspuent Chirac à travers la France

01.04.2006


(AFP) "Chirac en prison": c'est l'un des slogans entendus place de la Bastille vendredi soir à Paris, après l'intervention télévisée de Jacques Chirac sur le CPE. Des milliers de militants ont participé jusqu'aux matin à des manifestations sauvages à Paris et en province contre la promulgation annoncée par le chef de l'Etat de la loi sur ce contrat controversé.

A Paris, plusieurs milliers de personnes ont effectué un long périple d'une vingtaine de kilomètres, passant de Bastille où elles avaient sifflé l'allocution du président de la République, à la place de l'Opéra, la Concorde, l'Assemblée nationale, le Quartier latin, avant de retraverser la Seine vers le boulevard Magenta et la butte Montmartre.

Sur les boulevards St Germain et Raspail, une minorité de manifestants a lancé des bouteilles de verre sur les forces de l'ordre, très peu nombreuses, hormis au niveau de la place de la Concorde et devant l'Opéra et l'Assemblée.

Une vitrine a été cassée, des poubelles renversées et des manifestants ont tenté en vain de forcer une porte du Sénat, brisant une guérite en verre vers 23H45. Vers 00H30 samedi, les manifestants sont arrivés devant la Sorbonne où quelques dizaines d'entre eux ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre et ont donné des coups de pieds dans les immenses grilles qui interdisent l'accès de la faculté.

Une heure plus tard, quelques dizaines d'individus encagoulés ont brisé les vitrines de plusieurs agences d'intérim et bars, de deux banques et d'un MacDonald, boulevard Magenta, à Paris, immédiatement conspués par la majorité des manifestants pacifiques qui criaient à leur intention "casseur, rentre chez toi" ou encore "résistance pacifique".

Vers 03H00, la manifestation semblait prendre fin, seule une poignée de participants dansant encore sur des rythmes de percussion au pied de la butte Montmartre ou brulant quelques chaises vers le boulevard de Rochechouard.

La préfecture de police n'a signalé aucune interpellation et aucun trouble grave.

A Strasbourg, ils étaient 300 manifestants, à Nancy, une centaine de lycéens, à Grenoble 250, à Lyon 350, à Bordeaux environ 500, à Lille une centaine, à Rennes seulement 150.

A Nantes, des affrontements se déroulaient dans la nuit de vendredi à samedi dans le centre-ville où environ 300 manifestants anti-CPE s'opposaient aux forces de l'ordre qui bloquaient l'accès du siège de l'UMP. Les manifestants ont lancé des canettes sur les forces de l'ordre qui ont riposté à coup de grenades lacrimogènes. Vers 01H00, huit interpellations avaient été recensées par le préfet de Loire-Atlantique.

A Poitiers, environ 150 étudiants ont envahi le rectorat. Ils avaient auparavant lancé des poubelles contre la façade de la permanence UMP, et envahi le conseil municipal (PS) de la ville. Au Mans, environ 500 jeunes se sont rassemblés devant la préfecture, où ils ont entassé des barrières métalliques et des pavés face aux CRS. Très énervés, les manifestants criaient "qui sème la misère récolte la colère".

CPE

Les syndicats pas convaincus par l'allocution de Chirac

30.03.2006


(AFP) Bruno Julliard, président de l'UNEF, a déclaré après l'allocution du Président de la République que les jeunes "n'ont pas été entendus".

"Le Président nous énumère les mêmes arguments que nous entendons depuis deux semaines. Il nous propose de négocier le contrat première embauche, je ne sais pas s'il a des problèmes d'audition, mais cela fait deux mois qu'on lui répète qu'on ne veut pas négocier le CPE. (...) Malheureusement je pense que les jeunes ce soir doivent se sentir méprisés, et pas entendus par le Président. Nous refusons la légalisation de la précarité que constitue le CPE.", a déclaré le président de l'UNEF, le principal syndicat étudiant.

Pour Bruno Julliard, il y a une "grande contradiction entre imposer la loi en promulguant et expliquer en même temps qu'on va ouvrir des négociations pour l'amender. Je trouve assez grotesque qu'on promulgue pour finalement demander de ne pas appliquer".

Il a réitéré son appel à manifester mardi 4 avril et a prédit que "la coordination étudiante qui se réunit ce week-end à Lille donnera une suite à la mobilisation".

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a également indiqué qu'il maintenait l'appel à une journée de grèves et de manifestations le mardi 4 avril.

"En aucun cas, le président n'apporte un début de réponse", a estimé Bernard Thibault, alors qu'il "avait la possibilité de saisir le Parlement pour demander une nouvelle délibération. Les deux petites modifications qu'il a annoncées sont celles déjà envisagées par le Premier ministre depuis quinze jours et qui n'ont pas suffi. Nous maintenons l'appel à la mobilisation" de la loi.

Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a jugé "incompréhensible" et "pas acceptable" le contenu du discours du président Chirac annonçant la promulgation de la loi sur le CPE. "La réponse pour nous, ce sera le 4 avril, avec les grèves et les manifestations que nous maintenons bien évidemment", a averti Jean-Claude Mailly.

Le président de l'Union nationale lycéenne (UNL), Karl Stoeckel, a affirmé à l'AFP que l'intervention de Jacques Chirac sur le CPE était une "provocation" et a parlé de "décision irresponsable" à propos de la promulgation de la loi. "Il aurait fallu retirer le CPE pour ouvrir un espace de dialogue. (...) On continue, le gouvernement reste isolé et Jacques Chirac est déconnecté de la jeunesse et de la population ", a-t-il estimé après avoir suivi l'intervention présidentielle dans un café près de la place de la Bastille, à Paris, où les syndicats lycéens UNL et FIDL ainsi que l'UNEF avaient appelé les jeunes à se rassembler.

CPE

Sur les routes ou les rails, les jeunes occupent le terrain

30.03.2006




blocage de la gare de Marseille



barrage sur l'autoroute à Caen
(AFP) Etudiants et lycéens en lutte contre le CPE ont occupé le terrain jeudi, dans l'attente de la décision du Conseil constitutionnel, en multipliant les blocages de lycées, mais aussi de routes et voies ferrées, qui se sont soldés par des dizaines d'interpellations.

Nantes, Rennes, Grenoble, Limoges, Paris, Lille: presque toutes les grandes villes ont connu des difficultés de circulation allant du blocage de rond-point aux embouteillages de plusieurs kilomètres, lors de cette nouvelle journée d'actions à l'appel de la coordination nationale étudiante et lycéenne.

De même, des étudiants et lycéens ont envahi les rails dans plusieurs gares, comme Roanne, Rennes, Limoges, Brest mais aussi la gare de Lyon à Paris, où plus d'un millier de jeunes étaient sur les voies, où ils ont érigé une barrière faite de planches de bois.

A Paris encore, les mesures de sécurité ont été renforcées au Palais Royal autour du Conseil constitutionnel.

"Si le président passe en force, il y aura une réaction à la hauteur", a prévenu Gérard Aschieri (FSU), tandis que Jean-Claude Mailly (FO) mettait en garde Jacques Chirac contre "une logique d'aventure".

La tension était d'ailleurs perceptible puisque les opérations menées par les jeunes anti-CPE se sont en plusieurs endroits soldées par des dizaines d'interpellations.

A l'issue d'un rassemblement dans le calme à Marseille, une dizaine de manifestants, dont le leader lycéen du département, ont été interpellés par la brigade anti-criminalité. A un jeune homme qui lui demandait pourquoi il était emmené avec des menottes, un policier a répondu: "pour l'exemple".

A Paris, une cinquantaine de lycéens, parmi lesquels Karl Stoeckel, président du syndicat lycéen UNL, ont été arrêtés, après avoir provoqué de sérieux embouteillages sur le périphérique. "On était très calmes, très sereins, on n'a pas fait de provocation", a expliqué le jeune homme, jugeant que le gouvernement regardait les lycéens comme "des délinquants parce qu'ils sont mobilisés contre le CPE".

Du côté des universités, une soixantaine restaient perturbées. Le ministre de l'Education a frappé du poing sur la table au Sénat, en enjoignant les présidents d'université à "assumer leurs responsabilités" car "les cours doivent reprendre". Très critiquée par les syndicats qui y ont vu un appel à recourir aux forces de l'ordre, cette consigne a peu été suivie d'effets. Selon les informations recueillies par les bureaux de l'AFP, pratiquement aucun chef d'établissement n'a appelé la police. En revanche, des négociations avec les élèves bloqueurs ont été fructueuses, par exemple dans une dizaine de lycées parisiens qui ont rouvert leurs portes dans la journée.

CPE

Chirac bat le record de défiance
d'un président de la Vème République

31.03.2006


(AFP) Jacques Chirac perd 3 points de confiance à 20% d'opinnions favorables contre 78% d'opinnions défavorables, battant ainsi non seulement son propre record de défiance, mais aussi celui des autres présidents de la 5è République, selon le baromètre TNS-Sofres pour le Figaro Magazine.

Par ailleurs, Dominique de Villepin enregistre une nouvelle baisse de sa cote de popularité (-7 points) et de confiance (-5 points).

Avec 29% de personnes qui lui font confiance (-5 points en un mois) et 68% qui ne lui font pas confiance, Dominique de Villepin connaît son plus mauvais score depuis qu'il est Premier ministre. En termes de popularité, le Premier ministre perd 7 points à 29% également.

Dans le palmarès des personnalités de gauche, la présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, reste en tête (+1 point à 53%), battant son propre record dans l'histoire du baromètre.

CPE

Sarkozy ordonne "d'interpeller le plus possible de casseurs"

28.03.2006


(AP) Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a donné pour consigne aux forces de l'ordre "d'interpeller le plus possible de casseurs", à l'occasion de la journée nationales de grèves et de manifestations contre le CPE.

M. Sarkozy s'est également rendu dans un Hôtel de police près de la Bastille pour encourager des unités de la brigade anti-criminalité, de la gendarmerie mobile et des CRS avant le début des manifestations.

Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur a évoqué l'utilisation de nouvelles armes pour identifier les casseurs, notamment à peinture indélébile. L'utilisation de la vidéo est aussi désormais utilisée systématiquement.

CPE

Des grèves contre les "réformes" libérales
touchent aussi la Grande-Bretagne et l'Allemagne

28.03.2006


(AFP) A l'instar de la France, des mouvements sociaux touchent la Grande-Bretagne, où plus d'un million de fonctionnaires des administrations locales britanniques étaient grève pour défendre leurs retraites, et en Allemagne, avec des arrêts de travail dans l'industrie automobile et la fonction publique.

Les fonctionnaires des administrations locales britanniques protestent contre une réforme menace de les faire travailler jusqu'à 67 ans contre 60 ans pour obtenir une retraite décente.

Ce mouvement de 24 heures, le plus important du pays depuis la grève générale de 1926 selon les syndicats, était très suivi d'après les premières estimations, qui chiffraient jusqu'à 1,5 million le nombre de grévistes. Les syndicats espèrent que cette journée d'action ne sera que la première d'une série de mouvements destinés à faire échec au projet du gouvernement.

Le secteur de l'éducation était le plus touché, quelque 2000 écoles n'ayant pas ouvert leurs portes, avec 70% de grèvistes à Londres où une manifestation s'est déroulée à Westminster. Les services administratifs et sociaux, bibliothèques, musées, centres sportifs et de loisirs, services de police et pompiers, ramassage des ordures et transports en commun étaient également perturbés.

Le ministre britannique des Finances Gordon Brown a croisé des grévistes à l'entrée d'un bâtiment public de la City mais ne leur a pas dit un mot, contrairement à l'ancien président américain Bill Clinton qui l'accompagnait pour une conférence.

L'appel à la grève, lancé par 11 organisations, a reçu une "réponse fantastique", a souligné le syndicat de la construction UCATT, alors que le syndicat Unison, le premier de la fonction publique locale, a prévenu qu'il y aurait d'autres grèves si celle-ci ne débouchait pas sur des négociations.

L'Allemagne, quant à elle, connait une agitation sociale importante qui va des agents de la fonction publique aux médecins en passant par l'industriee. C'est tout le secteur industriel allemand, de la construction mécanique aux technologies de pointe et à l'acier, qui a connu des mouvements sporadiques d'arrêt du travail.

L'objectif de ces débrayages est deaire pression sur le patronat alors que les négociations autour des revalorisations salariales s'enlisent. Le syndicat de la métallurgie IG Metall réclame 5% d'augmentation de salaires pour les 3,4 millions de salariés du secteur. Le patronat n'a pas fait de proposition officielle mais estime que la hausse ne doit pas dépasser les gains de productivité, évalués entre 1,2% et 1,4%.

Enfin, depuis huit semaines, les services publics du Bade-Wurtemberg (sud-ouest de l'Allemagne) connaissent la grève la plus dure depuis 14 ans dans le secteur public pour protester contre l'allongement de la durée du temps de travail.

GUERRE SOCIALE

Les travailleurs pauvres: une précarité qui effraie les Français

25.03.2006


(AFP/syti.net) Le phénomène des "travailleurs pauvres", qui touche de nombreux jeunes, tend à s'amplifier en France et renforce la peur de la précarité qui mobilise dans la rue des centaines de milliers de salariés, lycéens et étudiants contre le contrat première embauche (CPE).

"Il y a un grand vertige des Français", estime M. Hirsh. "Avant, il y avait la peur du chômage et on pensait s'en sortir avec un emploi. Aujourd'hui, un emploi ne permet pas à coup sûr de sortir de la galère".

"C'est une inquiétude de fond", renchérit Nicole Maestracci, présidente de la fédération nationale des associations de réinsertion sociale. Une peur illustrée, selon elle, en novembre par les émeutes dans les banlieues défavorisées et aujourd'hui par la fronde contre le CPE, rebaptisé par ses opposants "Contrat Précarité Exclusion".

Car qui dit travail précaire, dit pas de logement stable, pas de compte bancaire (4 à 5 millions de personnes, selon les associations), un accès aux soins limité et, au bout du compte, "un nombre croissant" de salariés piégés dans un "cercle vicieux" générateur de pauvreté, conclut une récente étude publiée par l'IRES.

Apparue dans les années 70, la notion de "travailleurs pauvres" ("working poor") vient des Etats-Unis et désigne une personne qui travaille mais dont le salaire ne permet pas, malgré tout, à sa famille de s'extraire de la pauvreté.

En France, comme dans plusieurs pays de l'Union européenne, cette catégorie de travailleurs a pris de l'ampleur à partir de la fin des années 1990, touchant principalement les familles monoparentales et les jeunes. Et elle tend à augmenter, relève le rapport 2005-2006 de l'Observatoire français de la pauvreté.

La France compte un million de "travailleurs pauvres" si on se réfère au seuil de pauvreté fixé à 50% du salaire médian (soit 645 euros par mois pour une personne seule). Ce nombre grimpe à 2 millions si l'on applique les critères de l'Union Européenne qui fixent le sueil de pauvreté à 60% du salaire médian (774 euros par mois).

En comptant les non-salariés, le nombre de pauvres en France se situe entre 3,7 et 7 millions de personnes (7% de la population), selon que l'on retient la définition française ou européenne de la pauvreté. Cette proportion reste néanmoins inférieure à celle des pays qui appliquent encore davantage le "libéralisme", notamment en Grande-Bretagne (11% de pauvres) et aux Etats-Unis (17%), selon les statistiques de l'OCDE.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne affichent un tauc de chômage de 5% contre 9,6% en France, mais l'envers du décor est le nombre élevé de "travailleurs pauvres", esclaves modernes pour le plus grand profit des entreprises.

GUERRE SOCIALE

La politique pour l'emploi confiée à un spécialiste
de la démolition sociale

12.10.2005


(syti.net) Le premier ministre Dominique de Villepin a créé un "Conseil d'orientation pour l'emploi" (COE) constitué de 50 membres et regroupant des élus locaux, des experts, des parlementaires, et des représentants du patronat et des syndicats.

Dominique de Villepin a assigné au Conseil la mission "d'éclairer le débat démocratique" et de "préparer la décision publique". Il leur a aussi demandé d'établir un diagnostic sur "les contreparties en termes d'emploi" des aides publiques versées aux entreprises. Le Premier ministre a enfin demandé au COE de se consacrer à la question des revenus et des coûts de travail pour l'entreprise et à celle du financement de la protection sociale.

La présidence du Conseil a été confiée à Raymond Soubie
(en photo), par ailleurs président d'Altedia, une société leader dans le conseil aux entreprises pour mettre en place des "restructurations" et des "plans sociaux", bref, pour augmenter les profits en "dégraissant" plus facilement le personnel.

Très introduit dans les cercles du pouvoir à droite, Raymond Soubie avait déjà beaucoup "conseillé" le gouvernement Raffarin dans ses mesures de démolition sociale.

ENTREPRISES VAMPIRES

Bénéfices record en 2005 pour les entreprises du CAC 40

14.03.2006




la Bourse de Paris
(AFP) Les 40 plus grands groupes français ont réalisé des bénéfices record en 2005 avec 86 milliards d'euros, en augmentation de plus de 50% par rapport à ceux de l'année précédente qui étaient déjà en hausse de plus de 60%.

Avec un envol de 215,5%, Danone arrive en tête des progressions, même si avec son 1,464 milliard d'euros, il ne peut rivaliser avec le mastodonte Total et ses 12 milliards de bénéfices, en progression de 31% sur un an.

EDF arrive en deuxième position avec un doublement de ses profits (+102%), suivi de France Télécom (+89,2%). Le sidérurgiste Arcelor, qui lutte contre une offre public d'achat hostile de Mittal Steel, a dégagé un bénéfice en hausse de 66%.

Outre le secteur de l'énergie (Total, EDF, Suez, et GDF), la pharmacie (Sanofi et Aventis) et les télécoms (France Télécom et Vivendi), le haut du classement est toujours tenu par le secteur de la banque et de l'assurance (BNP Paribas, Société Générale, Axa et Crédit Agricole).

Les entreprises du CAC 40 représentent 4 millions d'emplois au total, dont seulement 1,3 million en France. De même, elles réalisent les trois quarts de leur activité à l'étranger.

Total réalise ainsi 95% de ses bénéfices hors de France, tandis que BNP Paribas emploie désormais plus de salariés hors de France qu'en France.

Les actionnaires devraient encore largement bénéficier de ces bonnes performances en 2006. Les dividendes vont augmenter généreusement, de 20, 30 ou 40%, jusqu'à 66% pour Vivendi, 85% pour Arcelor et plus de 100% pour France Télécom.

PROFITS

LVMH affiche un bénéfice 2005 record
porté par l'appétit des nouveaux riches

02.03.2006




Bernard Arnault,
PDG du groupe LVMH

(AFP) Le groupe de luxe LVMH a réalisé des bénéfices record en 2005, à 1,44 milliard d'euros, un bond de 21% porté par l'appétit de luxe des nouveaux riches notamment en Chine, en Inde, au Brésil ou en Russie.

Sans la provision constituée pour l'arrêt de l'activité de la Samaritaine (180 millions), son bénéfice aurait progressé de 32%.

LVMH, qui compte doubler sa taille en 5 cinq ans, a su profiter de sa présence partout dans le monde qui lui a permis d'accroître ses ventes de 11% l'année dernier. Le chiffre d'affaires s'élève désormais à 13,910 milliards contre 12,481 milliards en 2004.

"Les tendances observées au début de l'année confirment la forte dynamique de 2005. Le groupe continue d'enregistrer une croissance organique à deux chiffres de ses ventes", a indiqué Bernard Arnault, le PDG de LVMH, au cours d'une conférence de presse.

"Nous avons une croissance particulièrement forte sur la plupart des continents. La présence du groupe en Chine, en Inde, dans tout le sud-est asiatique confère à LVMH une avance considérable sur l'ensemble de la concurrence. Les Chinois voyagent plus, consomment plus, il y a beaucoup plus de Chinois dans les aéroports d'Asie du sud-est qu'il y a 3 ou 4 ans. Tout cela est très bon pour notre business", a affirmé M. Arnault. Selon le dirigeant, la croissance à venir sera portée par les nouvelles clientèles des pays émergents.

PROFITS

Bernard Arnault, 7è fortune mondiale

28.02.2006


(lexpansion.com) Le patron de LVMH est désormais un riche parmi les très riches selon le classement annuel établi par le spécialiste du genre, le magasine Forbes: à la tête de la 7ème fortune mondiale avec 21,5 milliards de dollars, Bernard Arnault est le premier Français à intégrer le top dix des milliardaires. Un classement dominé pour la douzième année consécutive par Bill Gates et ses 50 milliards. Au hit parade des grandes fortunes françaises, Liliane Bettencourt a perdu sa première place mais l'héritière du fondateur de L'Oréal peut se consoler avec son statut de femme la plus riche du monde (16 milliards).

Plus généralement, les milliardaires n'ont jamais été aussi nombreux, avec une centaine de nouveaux milliardaires en 2005. Ils sont près de 800 à présent (dont 14 Français). Leur fortune cumulée se monte à 2.600 milliards de dollars. Soit davantage que le PIB de l'Allemagne.

PROFITS

Bénéfices record pour Axa

28.02.2006


(AFP) Le groupe français d'assurances Axa a réalisé un bénéfice record de plus de 4 milliards d'euros en 2005. La multinationale a annoncé un bénéfice net en hausse de 12% à 4,173 milliards d'euros, et lerésultat opérationnel a bondi de 24% à 3,258 milliards.

VASES COMMUNIQUANTS

Les grandes entreprises françaises en excellente santé

09.09.2005


Les grandes sociétés cotées en bourse publient en ce moment leurs résultats pour le premier semestre de cette année. Plusieurs d'entre elles ont annoncé des profits en forte augmentation.

La France est malade, mais les grandes entreprises françaises sont en excellente santé. Alors que le ministre de l'Economie révise à la baisse ses prévisions de croissance pour le pays, les grandes entreprises revoient à la hausse leurs perspectives de profits.

Il y a quelques jours, le pétrolier Total, l'assureur Axa ou les banquiers comme le Crédit Agricole annonçaient, pour le premier semestre, de plantureux profits. Hier, une dizaine d'autres très grandes sociétés françaises, l'énergéticien Suez, l'opticien Essilor, le distributeur Pinault-Printemps-Redoute, LVMH, Cap Gemini, bref, des grandes affaires françaises qui travaillent dans des secteurs très différents, ont présenté à leur tour des résultats tous en forte augmentation.

Nous avons d'un côté un pays qui va mal, de l'autre des grandes entreprises qui se portent bien. La raison de ce paradoxe est que les entreprises se sont intensément "restructurées" au cours des dernières années, en augmentant leur marge de profit sur le dos des salariés grâce aux délocalisations. Par ailleurs, les multinationales françaises tirent parti d'une économie mondiale en plein boom. On l'oublie parfois, mais le monde connaît en ce moment une croissance exceptionnelle. En 2004, 5%: la plus forte croissance des trente dernières années. Et ça continue. On devrait encore avoir au moins 4% cette année et l'an prochain.

GUERRE SOCIALE

La France compte entre 4 et 7 millions de pauvres

22.02.2006


(AFP) La pauvreté touchait entre 3,7 millions et 7 millions de personnes en 2003, affectant surtout les femmes seules avec enfant et les moins de 25 ans, selon un rapport remis au gouvernement.

Au total, en 2003, 3,7 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté fixé à 50% du revenu médian (soit 645 euros par mois pour une personne seule), indique le rapport de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'excusion sociale.

Mais en relevant ce seuil à 60% du revenu médian, niveau utilisé pour les comparaisons européennes (soit 774 euros/mois pour une personne seule), le nombre de pauvres double, s'établissant à 7 millions en 2003.

Des indicateurs plus récents confirment la progression de la pauvreté: le nombre d'allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI) a progressé de 5,2% entre septembre 2004 et septembre 2005, selon la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).

Les personnes seules, les femmes seules avec enfants et les moins de 25 ans sont "sur-représentés" parmi les pauvres, selon le rapport, qui s'interroge aussi sur "une possible remontée de la pauvreté des personnes âgées, notamment lorsqu'elles sont seules".

Des "privations et des contraintes multiples pèsent sur les modes de vie des personnes pauvres et leur accès aux droits fondamentaux", en matière de logement, de santé et d'alimentation de qualité, analyse l'Observatoire.

L'Observatoire souligne également les "relations complexes entre emploi et pauvreté": chômage ne signifie pas forcément pauvreté, alors qu'inversement, on peut désormais être pauvre tout en ayant un emploi.

PAUPÉRISATION

Les Français fréquentent de plus en plus les magasins hard-discount

19.12.2005


Appauvris par la hausse des prix et la précarité généralisée, les consommateurs français fréquentent de plus en plus les magasins "hard discount". Ces supermarchés qui vendent sans marque des produits bas de gamme à "prix cassés" représentent aujourd'hui 14% de part de marché en France, alors que cette formule était presque inexistante au début des années 1990, selon une enquête du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC).

En Allemagne, où les problèmes économiques sont similaires, les magasins "hard discount" atteignent 40% de part de marché.

VU DU MONDE D'EN-HAUT

"Nous n'avons pas de misère en France", déclare Patrick Balkany, piégé par une équipe TV

22.11.2005


(AFP) "Nous n'avons pas de misère en France", affirme le député-maire UMP Patrick Balkany (sarkozyste), piégé par les "Yes Men" (un groupe altermondialiste) dans une vidéo