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Quelques livres contre la "pensée unique"
  Un autre regard sur la mondialisation, la démocratie, les nouveaux pouvoirs planétaires...

Nouvel ordre économique | Fin de la démocratie | Nouvel ordre mondial | Empire US | France | Ecologie, Santé


"Bienvenue dans le pire des mondes", Natacha Polony et Comité Orwell 


"A Pékin, Moscou, Ankara ou Ryad, des oligarchies confisquent le pouvoir au nom du parti communiste, de la Sainte Russie, d'Allah. Cela, c'est l'image que la très grande majorité des médias occidentaux diffuse pour éviter de devoir balayer devant leurs portes. Car le même phénomène est à l'oeuvre en Occident, dans ce que l'on appelle encore les démocraties occidentales.

George Orwell, imprégné des horreurs du nazisme et des dérives du communisme, avait dépeint, dans 1984, ce que pouvait devenir notre quotidien dans un monde régi par un totalitarisme absolu. A contrario, le seul rempart contre de telles dérives reposait sur l'idéal démocratique et ses quelques libertés fondamentales.
Or, insensiblement, nos sociétés que l'on croyait démocratiques le sont de moins en moins. Nous basculons dans un totalitarisme mou.

Quel est ce système ? C'est celui où, grâce ? la technologie et au contrôle des flux financiers et commerciaux, quelques dizaines de multinationales, la plupart américaines, entendent organiser, orienter, régenter notre vie quotidienne. Pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur ? C'est effectivement ce que nous ont apporté ces nouvelles technologies : smartphone, Internet, nano technologies, progrès de la médecine… Le pire ? C'est le nivellement par le bas, la société du tweet, la surveillance, la captation de notre argent, la normalisation de nos goûts, l'uniformisation de nos besoins. Le pire, c'est aussi que cette d?rive se fait souvent avec le consentement de ceux qui en sont victimes... sans s'en rendre compte.

Le champ de nos libertés individuelles se rétroécit sérieusement et un jour, peut-être pas si lointain, nos fiches détaillées nourries des milliers de données récupérées par les multinationales, seront mises au service d'un système totalitaire de moins en moins soft."



"Google Démocratie", Laurent Alexandre et David Angevin


2018. L'Europe, pénalisée par ses lois bioéthiques, est ruinée par une crise économique sans précédent. L'Etat providence est en faillite. Aux Etats-Unis et en Chine, la croissance est boostée par la science, qui enfonce toutes les barrières morales. Les femmes programment l'ADN de leurs futurs bébés, la génétique rend l'immortalité possible, l'humain 2.0 est sur des rails...

Tout commence le jour où, à grand renfort de théâtralisation médiatique, le fondateur de Google annonce l'avènement proche de la "singularité": l'Intelligence Artificielle a tant appris de nous qu'elle devient sensible! Sensible au point de prendre en charge notre bonheur ?

Google Démocratie nous plonge dans un futur proche, théâtre d'une guerre d'influence décisive pour l'avenir de l'humanité. Google a un plan. Et les moyens de le mettre en oeuvre. Sa domination ne fait que commencer...



"Circus politicus", Christophe Deloire et Christophe Dubois


Circus politicus révèle les dessous d'un véritable "putsch démocratique", une tentative de neutralisation du suffrage universel par une superclasse qui oriente la décision publique. Il montre
comment le Pouvoir a capitulé devant les puissances financières. Il dévoile les stratégies de double discours et d'hypocrisie française entre Paris et Bruxelles. Histoires, anecdotes, preuves, documents... Tout dans ce livre tend à démontrer que les Indignés ont raison de réclamer une "vraie démocratie" !

Entrons dans ce Circus politicus où le peuple est jugé dangereux et la démocratie archaïque. Nous voici dans les réunions ultra secrètes des Conseils européens où tout se joue, dans les coulisses, dans de mystérieux clubs d'influence où les banquiers américains expliquent la vie à nos politiques, dans les officines et les bureaux d'agents secrets...

La France est sous la tutelle d'un pouvoir aveugle. La souveraineté, nationale ou européenne, n'est plus qu'une image pieuse entretenue par des "idiots utiles". Une enquête inédite, iconoclaste qui fait surgir une réalité qu'il vaudrait mieux affronter plutôt que de la nier.

 
Christophe Deloire est directeur du Centre de formation des journalistes (CFJ), ancien journaliste d'??investigation au Point.
Christophe Dubois est grand reporter pour l'??émission 7 à 8 sur TF1



"Alice", Paul Cabine


Paul Cabine nous fait suivre la vie d'Alice entre ses 7 et ses 21 ans à travers des chapitres courts où s'exprime avec un naturel confondant la petite fille, l'adolescente puis la jeune femme. La littérature, c'est d'abord une question de ton, de grain de la voix comme il y a un grain du papier ou de la peau. De temps en temps, un chapitre est consacré aux copains ou aux copines d'Alice, histoire d'avoir un éclairage latéral sur cette gamine déchaînée dans un monde assez inquiétant.

Il s'agit du nôtre, de monde, mais dans un futur proche. Un monde où, pourrait-on dire, Valls a définitivement gagné sur Taubira. Ã?a sombre complètement sur le plan social, ça commence sérieusement à dérailler sur le plan écologique mais sur le plan politique, la seule réponse que l'on trouve, c'est la schlague administrée par des gouvernements de plus en plus autoritaires.

Et l'auteur fait grandir Alice parallèlement à ce totalitarisme de moins en moins soft qui s'installe avec des méthodes de plus en plus élaborées pour contrôler les populations. Quand on fait connaissance d'Alice en CE1, elle a déjà parfaitement intégré le système de détection précoce des comportements délinquants dont il fut déjà question dans la tête de nos gouvernants, il n'y a pas si longtemps : « Faut que je vous explique quand même ces histoires de listes, parce que quand on fait des bêtises reconnues par la société (je ne sais pas trop ce que ça veut dire), on vous met sur des listes. Ã?a commence par la liste jaune et ça va jusqu'à la liste noire, et entre les deux, y a plein de couleurs et plus c'est foncé, plus c'est grave. »

Alice grandit donc dans ce monde devenu un Disneyland toxique et préfasciste mais garde un certaine de joie de vivre sensuelle qui tient lieu de tout quand on a dix sept ans. Puis elle rejoint ce qu'il convient d'appeler la résistance. Alice sait que ce choix de l'action directe est suicidaire. C'est pourtant là l'aspect éminemment optimiste de la fable très sombre de Paul Cabine. Il y a une résistance possible dans monde comme celui-là, pour au moins pouvoir finir en beauté. On voudrait en être aussi certain que lui.

Alice est précoce, très précoce, notamment sur le plan sexuel. C'est sa manière de protester à elle, dans un premier temps. Il faut dire que pour le bien des collégiens, on met des caméras de surveillance dans les toilettes et des bracelets électroniques le temps de la durée des cours.

 
Paul Cabine vit à Berlin, mais aussi à Londres, à Paris ou ailleurs. Il fait partie du duo d'illustrateurs Cabine. Alice est son premier roman.



"L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie, vive la démocratie", Hervé Kempf 


Sommes-nous en dictature ? Non. Sommes-nous en démocratie ? Non plus. Les puissances d argent ont acquis une influence démesurée, les grands médias sont contrôlés par les intérêts capitalistes, les lobbies décident des lois en coulisses, les libertés sont jour après jour entamées.

Dans tous les pays occidentaux, la démocratie est attaquée par une caste. En réalité, nous sommes entrés dans un régime oligarchique, cette forme politique conçue par les Grecs anciens et qu ont oubliée les politologues: la domination d'une petite classe de puissants qui discutent entre pairs et imposent ensuite leurs décisions à l'ensemble des citoyens.

Si nous voulons répondre aux défis du XXIe siècle, il faut revenir en démocratie: cela suppose de reconnaître l'oligarchie pour ce qu'elle est, un régime qui vise à maintenir les privilèges des riches au mépris des urgences sociales et écologiques.

Car la crise écologique et la mondialisation rebattent les cartes de notre culture politique: l Occident doit apprendre à partager le monde avec les autres habitants de la planète. Il n y parviendra qu'en sortant du régime oligarchique pour réinventer une démocratie vivante. Si nous échouons à aller vers la Cité mondiale, guidés par le souci de l'équilibre écologique, les oligarques nous entraîneront dans la violence et l'autoritarisme.

Au terme de ce récit précisément documenté mais toujours vivant, le lecteur ne verra plus la politique de la même façon.



"La force sans la violence", Gene Sharp


Chacun croit savoir que la force armée est l'unique moyen pour empêcher la guerre, le terrorisme, la dictature, l'oppression, le génocide... Et si cette évidence a largement été mise à mal par Gandhi, Martin Luther King et autres prix Nobel de la Paix, chacun doit le savoir, ce ne sont là que de belles histoires à raconter aux enfants. Pourtant, depuis un siècle, et nous sommes là beaucoup plus sérieux, la lutte nonviolente a permis de résoudre un nombre important de graves conflits. Elle a fait ses preuves dans les circonstances les plus terribles, elle est venue à bout des plus grandes puissances militaires. Le travail de nombreux chercheurs a permis de comprendre le rôle incomparable d'une population qui, écrasée par la violence d'une dictature, d'une oppression ou d'une agression, se redresse et se met en marche avec une incroyable détermination. Pourtant, il ne suffit pas de descendre dans la rue par millions, la clé de la réussite, c'est aussi la stratégie, un exercice de haut vol qui ne s'improvise pas comme nous le montre ici l'auteur.
 
Gene Sharp est un politologue américain connu pour ses nombreux écrits sur la lutte non-violente. Il a été parfois surnommé le "Machiavel de la non-violence".
Il est le fondateur de l'Albert Einstein Institution, une association sans but lucratif qui étudie et promeut la résistance non-violente dans le monde.



"Du bon usage de la torture, ou comment les démocraties justifient l'injustifiable", Michel Terestchenko


Depuis le 11 septembre 2001, la torture est devenue, aux Etats-Unis, une pratique d'Etat politiquement et juridiquement justifiée par la "guerre globale contre la terreur". Mais on sait moins, en Europe, qu'elle y a également fait l'objet d'une légitimation morale: pour d'éminents penseurs américains, la torture serait un mal nécessaire, voire un bien, dans certaines situations de menace extrême.

Comment comprendre cette dramatique régression de la "première démocratie"? La réponse à cette question est moins évidente qu'il n'y paraît. D'où l'importance de cet essai, dans lequel Michel Terestchenko l'affronte dans toutes ses dimensions. Historique d'abord, car les techniques "d'interrogatoire coercitif" sont le fruit de recherches scientifiques entreprises par l'US Army dès les années 1950. Juridique ensuite, avec les justifications légalisées par le Congrès américain, qui a permis la création d'un véritable archipel mondial de la torture. Philosophique et morale, enfin et surtout, avec une réfutation serrée de "l'idéologie libérale de la torture". L'auteur explique notamment pourquoi son argument central, l'hypothèse de la "bombe à retardement" justifiant la torture de l'individu qui l'a posée, n'est en réalité qu'une fable perverse, popularisée notamment par la série télévisée "24 heures".

Ainsi légitimée, démontre l'auteur, la torture devient le venin de la démocratie: en acceptant de briser les corps des hommes et des femmes "ennemis", elle mine inévitablement les principes mêmes de l'Etat de droit, corrompant la société tout entière.

 
Michel Terestchenko, maître de conférences de philosophie à l'université de Reims, est l'auteur de plusieurs ouvrages de philosophie morale et politique. Son blog: michel-terestchenko.blogs



"Au nom du 11 septembre - Les démocratie à l'épreuve du terrorisme", Thomas Deltombe, Laurent Bonelli, Didier Bigo


Depuis les années 1990, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis et les Etats de l'Union européenne ont multiplié les initiatives pour répondre aux menaces du "terrorisme islamiste": durcissement des législations, renforcement de la coopération antiterroriste internationale, actions ouvertes ou clandestines violant souvent le droit international. Et les effets de sidération produits par des attentats spectaculaires et meurtriers ont largement inhibé l'attention critique des citoyens face aux autres menaces que la plupart de ces initiatives font peser sur les démocraties.

C'est de ce constat qu'est né ce livre collectif, destiné à un public large. Réunissant les contributions d'une trentaine de spécialistes européens, universitaires et journalistes, il propose un ensemble sans équivalent d'informations et d'analyses. Elles montrent à quel point la lutte antiterroriste est devenue centrale dans la nouvelle géopolitique mondiale et la vie politique des Etats démocratiques. Et comment les acteurs en charge de cette lutte (législateurs et politiques, magistrats, services de police et de renseignement, militaires) façonnent un monde d'opérations militaires, d'extension de la surveillance, de pratiques d'exception et de désinformation.

Cet ouvrage permet ainsi de mesurer le chemin parcouru par les démocraties occidentales pour limiter les libertés des uns au nom de la sécurité des autres. Un chemin aussi contestable au plan éthique et politique qu'en termes d'efficacité, puisque, en clivant les sociétés, ces méthodes encouragent souvent la violence qu'elles prétendent combattre.

 
- Didier Bigo est maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris, chercheur associé au Centre d'études et de recherches internationales (CERI-Sciences Po, Paris).
- Laurent Bonelli est maître de conférences en science politique à l'Unive



"Tous pouvoirs confondus - Etat, capital et médias à l'ère de la mondialisation", Geoffrey Geuens


Bienvenue dans les entrailles du nouvel ordre mondial. Découvrez les membres des plus grands cercles de l'élite et des principaux lobbies agissant en coulisses pour conforter la configuration actuelle de la "mondialisation": la Commission Trilatérale, le Council on Foreign Relations, le Groupe de Bilderberg, Aspen France... Vous n'y êtes jamais convié? Evidemment ! Top secret et réservé aux industriels, financiers, ministres, commissaires européens, journalistes célèbres, magistrats et militaires bardés d'étoiles...

Quelles sont les 100 plus grandes compagnies dans le monde, les géants sur le plan européen et les plus puissants monopoles financiers de la planète? L'auteur dévoile les noms et le parcours politique de ceux qui siègent dans leurs conseils d'administration...

La presse, les médias, un 4ème pouvoir? En procédant à une analyse méticuleuse des actionnaires des grands groupes médiatiques, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe, ce livre dévoile à quel point l'information est sous contrôle.

En décortiquant l'entrelacement des directoires politiques, économiques et militaires, l'auteur nous présente également le nouveau complexe militaro-industriel ou, comment la crise et la militarisation de l'économie sont à l'origine des nouvelles "croisades guerrières".

Révéler tous ces réseaux croisés d'intérêts et de collusions, c'est dessiner le véritable organigramme de la "mondialisation" des grandes puissances. Indispensable pour entrer consciemment en résistance.

 
Geoffrey Geuens est assistant à la section Information et Communication à l'Université de Liège. Il a déjà publié "L'information sous contrôle - Médias et pouvoir économique en Belgique".
Table des matières, intro du livre, et revue de presse sur le site de l'éditeur



"Profession corrupteur", Roger Lenglet


En France, la corruption siphonne des dizaines de milliards d'euros chaque année, de quoi renflouer tout le système de protection sociale, caisses de retraite comprises. Cet ouvrage nous fait pénétrer dans les coulisses du pouvoir politique et économique pour nous révéler comment les corrupteurs manipulent les décideurs. Ces acteurs de l'ombre ne sont pas de simples " porteurs d'enveloppes " contrairement à une croyance commune. Ce sont de véritables corrupteurs professionnels. Dans cette enquête, Roger Lenglet nous dévoile leur activité quotidienne et leurs méthodes concrètes. Ces corrupteurs de métier interviennent partout : dans les mairies des grandes villes et des petites communes, dans les administrations et les entreprises privées, etc. Il dénonce aussi les conséquences insidieuses et souvent catastrophiques de ce phénomène, notamment dans des secteurs sensibles comme les soins médicaux et la sécurité sanitaire. C'est un appel pour que tous les citoyens exigent une loi sur la corruption à la hauteur des enjeux et des urgences.


"Les clubs de réflexion et d'influence 2006-2007", Pierre-Emmanuel Moog


Dans nos démocraties occidentales où le rôle des partis, la représentation parlementaire et les pouvoirs sociaux vivent en interaction, que viennent apporter ces groupes, véritables laboratoires d'idées, dans le débat ? Comment se constituent-ils ? Qui y participe ? A partir de quelles valeurs et avec quels objectifs ? Peut-on d'ailleurs les intégrer ? Immergez-vous dans le monde des clubs de réflexion et d'influence à la française. Pierre-Emmanuel Moog passe au crible tout ce qu'il faut savoir pour définir un think-tank, l'évaluer et le situer dans le panorama des zones d'influence qui, en France, irriguent le débat des idées actuel. Un guide très pratique qui permet de disposer de la carte d identité complète de chacun des groupes de réflexion et d'influence qui " comptent " dans notre pays. Il détaille leur histoire, leur fondateur et leurs principaux membres mais aussi leur production, leur budget et surtout leur véritable influence, notamment dans la préparation de rapports ou l'élaboration en amont de certaines lois. A qui s'adresse ce livre ? Aux hommes et femmes du monde des entreprises, acteurs et décideurs politiques et sociaux, étudiants ou chercheurs en sciences politiques mais aussi à tout citoyen en quête d'information. Une source documentaire indispensable pour comprendre comment circulent les idées, accompagnée d'un carnet d'adresses utile.
 
Pierre-Emmanuel Moog est consultant, diplômé de l'EM-Lyon, cofondateur d'un cabinet de conseil en gestion des compétences.



"Europe, la trahison des élites", Raoul-Marc Jennar 


L'Europe ne dit pas ce qu'elle fait; elle ne fait pas ce qu'elle dit. Elle dit ce qu'elle ne fait pas; elle fait ce qu'elle ne dit pas. Cette Europe qu'on nous construit, c'est une Europe en trompe l'œil." Voilà ce que pensait Pierre Bourdieu. Sa réflexion est le point de départ de ce livre.

Aujourd'hui, l'Europe n'est pas une communauté de valeurs, mais une communauté d'intérêts où l'individualisme l'emporte chaque jour davantage sur le bien commun, à l'image d'une société américaine souvent décriée, mais de plus en plus imitée.

A l'aide de multiples cas concrets, Raoul Marc Jennar met en évidence cette "trahison" et montre comment l'Union européenne agit à l'opposé de ce qu'elle proclame. Ses institutions ne sont pas démocratiques et transparentes, mais technocratiques et opaques. Ses politiques ne servent pas l'intérêt général, mais celui des milieux financiers et des lobbies d'affaires. Au sein de l'Organisation mondiale du commerce, elle défend parfois les propositions ultralibérales avec plus de force que les Etats-Unis. Enfin, sous couvert de "partenariats" avec les pays du Sud, elle se livre en fait à une véritable recolonisation de leurs économies.

 
Raoul Marc Jennar est docteur en science politique, diplômé des universités belge et française. Depuis 1999, il est chercheur sur les dossiers de l'Organisation mondiale du commerce dans l'ONG belge Oxfam Solidarité (Belgique) ainsi que pour l'Unité de recherche, de formation et d'information sur la globalisation (URFIG, France).



"Europe Inc - Comment les multinationales construisent l'Europe et l'économie mondiale", Observatoire de l'Europe Industrielle - B.Balanya, A.Doherty, O.Hoedeman, A.Ma'anit, E.Wesselius 


Ce livre montre l'incroyable imbrication du pouvoir polique européen et du pouvoir économique. On découvre que les multinationales ne font pas qu'exercer une influence sur les décisions de la Commission. Elles sont en fait à l'origine de toutes mesures importantes adoptées par l'Union Européenne durant ces 25 dernières années. La monnaie unique, l'élargissement à marche forcée, la directive Bolkestein, l'«agenda de Lisbonne» (qui érige la compétitivité en objectif prioritaire de l'Union), et le projet de constitution ont été conçues en amont des institutions européennes par un "groupe de réflexion" qui rassemble les présidents des 45 plus importantes multinationales européennes, l'ERT (European Round Table).

Le livre expose aussi le dense réseau des lobbies industriels et financiers qui gravitent autour de la Commission européenne et du Parlement, dont des organisations américaines comme la Chambre Américaine de Commerce qui exerce également une haute influence sur les décisions européennes.

 
Avec une préface extrêmement percutante de Raoul-Marc Jennar.
Ce livre est une version actualisée et complétée de "Europe Inc - liaisons dangeureuses entre institutions et milieux d'affaires européens" paru en 2000.



"L'industrie du mensonge: Lobbying, communication, publicité et médias", John Stauber et Sheldon Rampton


Duper l'opinion et plier les autorités aux intérêts des grands groupes industriels est un métier qui porte un nom: le lobbying. Ce livre révèle les procédés qu'utilisent les lobbyistes pour nous vendre aussi bien les vertus du tabac ou du nucléaire que celles des OGM ou de la guerre; il dit dans quelles circonstances et sur quelles personnes ils les emploient.

La diversité des protagonistes abordés, des stratégies exposées et la précision des faits répondent au souci d'analyser au plus près ce domaine, qui a pris une ampleur nouvelle et que l'on peut définir comme "l'art des pratiques d'influence appliqué à la décision politique". Un art du secret recourant à des procédés inavouables et qui donne au mensonge une place sans précédent dans nos sociétés.

A-t-on pris assez conscience du rôle paradoxal que l'on fait jouer à "l'opinion publique"? Objet d'un immémorial mépris dissimulé derrière les discours "démocrates" qui servent de masque à la plupart des gouvernants contemporains, formés aux mêmes certitudes qu'un Machiavel convaincu de l'éternelle bêtise du peuple et de la nécessité de le manipuler. L'immense majorité de nos élites est intimement convaincue que les citoyens sont dénués des qualités de jugement qui leur permettraient d'accéder à une bonne intelligence des informations sensibles et de fonder réellement la démocratie, en un mot que nos opinions sont condamnées à se nourrir des produits de "l'industrie du mensonge".

La seule différence entre la philosophie de Machiavel et le pragmatisme sans portée de nos dirigeants tient précisément à la finalité inaliénable du premier: la défense de l'intérêt général. User de mensonges pour accomplir le bien public, même si ce principe reste moralement et intellectuellement condamnable, reste une attitude philosophique diamétralement opposée à celle qui fait du mensonge l'instrument de fins viles, le moyen d'un mercantilisme passant s'il le faut sur le corps de ses semblables.



"Propagandes silencieuses", Ignacio Ramonet


Face à la puissance nouvelle des communications de masse, la question que se posent les citoyens n'est plus: sommes-nous manipulés? Car la réponse à cette interrogation, chacun le sait, est malheureusement affirmative. Il s'agit désormais de savoir comment nous sommes mentalement influencés, contrôlés, conditionnés? A l'heure d'Internet et de la révolution numérique, ce livre tente de répondre à cette question majeure. En rappelant comment se fabrique l'idéologie, comment se construit cette silencieuse propagande qui vise à domestiquer les esprits, à violer les cerveaux et à intoxiquer les coeurs. A l'aide de nombreux exemples puisés dans la télévision ou le cinéma, il nous explique quels sont les mécanismes et les procédés de l'endoctrinement contemporain. Comment, sans que nous nous en apercevions, les nouveaux hypnotiseurs entrent par effraction dans notre pensée et y greffent des idées qui ne sont pas les nôtres. Ainsi, par exemple, dans les modernes sociétés médiatiques, un enfant de quatre ans, avant même d'entrer à l'école, a déjà été soumis à plusieurs milliers d'heures de télévision et a gavé ses yeux de suggestions éphémères rapidement évanouies. Evanouies? Pas entièrement, nous dit Ignacio Ramonet, car toutes ces images (spots publicitaires, films-catastrophes, séries policières, comédies, scènes de guerre et de violence...) laissent des traces subliminales dont l'influence, à la longue, finit par fortement déterminer nos comportements. Et par réduire notre liberté.


"Les nouveaux chiens de garde", Serge Halimi 


"Les médias français se proclament "contre-pouvoir". Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence.

Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques.

Un petit groupe de journalistes omniprésents - et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence - impose sa définition de l'information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l'ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique."



"Un totalitarisme tranquille", André Bellon et Anne-Cécile Robert


Prétendre que notre société génère, et ce de façon paisible, une forme de totalitarisme peut être reçu comme une agression inacceptable. Et pourtant! Sommes-nous encore en démocratie? Certes, on nous en parle à longueur de journée. Mais ce n'est pas parce qu'on invoque perpétuellement quelque chose que cette chose existe. L' vient d'illustrer les incohérences des discours officiels.

La démocratie est en danger; au-delà des incantations, un travail de sape dépossède le citoyen de tout pouvoir politique et le peuple de toute souveraineté; la démocratie se vide de son contenu concret, elle est battue en brèche à la fois par les intérêts économiques dominants et par la passivité des esprits. Face à l'idéologie qui nous entraîne petit à petit, au nom de la modernité et de l'Europe, dans "l'après démocratie", l'ouvrage montre que les clés d'un renouveau de la démocratie sont à portée de main.



"Cybermonde, la politique du pire", Paul Viriliot


 
Paul Virilio est l'une des rares sentinelles à oser dénoncer les dangers d'une révolution cybernétique. S'insurgeant contre le fantasme de la démocratie virtuelle, il lance ici un véritable appel à la résistance. Il réfléchit à haute voix sur les conséquences morales, politiques et culturelles de l'accélération du temps mondial, le cybermonde. Ce dialogue passionné débouche sur une interrogation profonde sur le sens du temps et celui de notre présence au monde.
 
 



"Une étrange dictature", Viviane Forrester 


"Nous ne vivons pas sous l'emprise fatale de la mondialisation, mais sous le joug d'un régime politique unique et planétaire, inavoué, l'ultralibéralisme, qui gère la mondialisation et l'exploite au détriment du grand nombre. Son but principal : le profit, l'accroissement continu et maximal de la plus-value boursière. Loin de créer la richesse, ce système se révèle capable de détruire des pans entiers de l'activité ou de la recherche. Il crée et entretient le chômage. Il est prêt à sacrifier tous les investissements non immédiatement rentables, en particulier ceux concernant la santé et l'éducation.

Cette dictature sans dictateur n'aspire pas à prendre le pouvoir, mais à avoir tout pouvoir sur ceux qui le détiennent.

Nous pouvons résister à cette étrange dictature qui exclut un nombre toujours croissant d'entre nous, mais garde - c'est là le piège, et surtout notre chance - des formes démocratiques."



"Tous fichés", Jacques Henno


La surveillance totale a commencé:
- 12 mai 2005, un vol d'Air France est dérouté par erreur par les autorités Américaines sur l'aéroport de Bangor...
- Fin 2004, le fond américain Carlyle, proche du Pentagone et de la CIA, tente de racheter à Air France, Ibéria et Lufthansa, leur système de réservation Amadeus...
- Fin 2003, début 2004 : Acxiom, société sous-traitante du Pentagone, absorbe Claritas et Consodata,les 2 leaders français du data-mining et de la gestion de bases de données, contrôlant ainsi des fichiers sur plus de vingt millions de Français...

Ces 3 faits ont un point commun: ils annoncent "SURVEILLANCE TOTALE" ("Total Awareness"), le programme américain le plus démesuré et sans doute le plus contestable, de lutte contre le terrorisme par la mise sous fiche de la planète toute entière.

Comment est conçu "Surveillance totale"?
Quels risques pour les libertés individuelles de chacun ?
Comment les instances gouvernementales françaises et européennes ont-elles cédé aux pressions américaines ?
Etes-vous fichés ? Comment le savoir ?
Quels risques encourez-vous ? Comment réagir ?

Dans une enquête minutieuse et passionnante, Jacques Henno dévoile la genèse de ce programme sécuritaire inouï. Il décortique les mécanismes, les faiblesses et les perspectives inquiétantes que ce dispositif planétaire ouvre pour nos sociétés.



"Surveillance électronique planétaire", Duncan Campbell et Heloïse Esquié


 
 
Echelon, le système de surveillance électronique mis en place par les Américains, est un élément crucial du réseau mondial qui permet d'espionner toutes les communications, privées ou commerciales, à l'échelle planétaire. Sous couvert de "lutte contre le terrorisme", conversations téléphoniques, fax, e-mails, sont interceptés et analysés à des fins économiques et politiques.

Voilà ce que révèle, documents à l'appui, ce rapport de Duncan Campbell rédigé pour le Parlement européen.



"Un bonheur insoutenable", Ira Levin 


 
Dans le futur, les nations ont aboli les guerres et la misère. Mais à quel prix? Entièrement gouvernés et surveillés par un ordinateur géant, les hommes sont uniformisés et privés de toute pensée originale, au moyen d'un implant et d'un traitement hormonal hebdomadaire obligatoire...

Un roman de SF entre "1984" d'Orwell, "Le meilleur des mondes" d'Huxley et le film "Equilibrium".



"Eternity Express", Jean-Michel Truong


 
Des hommes et des femmes ont acheté très cher le droit de finir leur vie dans un endroit de rêve: Clifford Estates, une ville construite de toutes pièces au fin fond de la Chine. Eternity Express est le récit du voyage qui les y conduit. C'est une destination idyllique, certes, mais imposée par la loi.

A travers les réflexions et les souvenirs d'un des voyageurs, Jonathan (le narrateur, qui est médecin), se révèle peu à peu toute l'horreur économiquement correcte d'une société décidée à appliquer sans frémir la loi du profit. Car ce sont les effets conjugués de la démographie et de l'économie occidentale ruinée qui ont conduit les pays à adopter cette loi de "délocalisation du troisième âge": l'Europe ne peut plus nourrir ses papyboomers.



"Le gouvernement invisible", Laurent Joffrin


"France: pays d'apparence démocratique et de réalité oligarchique" : Laurent Joffrin n'y va pas par quatre chemins pour dresser l'état de la France. En un mot, le peuple perd le pouvoir.

La faute à qui? Pour l'ancien directeur de la rédaction de Libération, pas de doute: c'est l'émergence d'un "gouvernement invisible", conglomérat rassemblant financiers, managers de l'industrie et des médias, institutions indépendantes mondiales &endash; alimenté par l'impuissance des élus, qui est à l'origine de la confiscation du pouvoir. Bref, une oligarchie invisible accapare le pouvoir pour ses propres intérêts. L'auteur en veut pour preuves l'omniprésence des énarques, la toute-puissance de l'idéologie libérale libertaire, la survalorisation de l'argent et d'Internet dans nos sociétés. En ligne de mire principale: le PDG de Vivendi Universal Jean-Marie Messier et l'essayiste Alain Minc.

L'ambition de cet essai est avant tout de lancer des pistes pour réhabiliter le politique. Et Laurent Joffrin de nous rappeler combien les événements du 11 septembre 2001 ont fragilisé les forces du marché, occasion que devraient saisir intellectuels, militants et citoyens pour reprendre le pouvoir.

 
Laurent Joffrin a été journaliste au "Nouvel Observateur" avant de devenir directeur du journal "Libération" en 2006.