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Quelques livres contre la "pensée unique"
  Un autre regard sur la mondialisation, la démocratie, les nouveaux pouvoirs planétaires...

Nouvel ordre économique | Fin de la démocratie | Nouvel ordre mondial | Empire US | France | Ecologie, Santé


"Une brève histoire de l'avenir", Jacques Attali


 
 
L'histoire des cinquante prochaines années telles qu'on peut les imaginer à partir de ce que l'on peut déjà observer aujourd'hui, avec deux futurs probables mortels, que Jacques Attali appelle l'hyperempire, celui du "marché" qui aura détruit les états, l'hyperconflit, entre cet empire et ceux qui le refuseront, et une alternative positive qu'il nomme l'hyperdémocratie.



"La violence des riches", Monique et Michel Pinçon-Charlot



PSA, Doux, Arcelor, Petroplus, Goodyear... Sur fond de crise, la casse sociale bat son plein: vies jetables et existences sacrifiées. Mais les licenciements boursiers ne sont encore que les manifestations les plus visibles d'un phénomène dont il faut prendre toute la mesure: l'intensification multiforme de la violence sociale des dominants.

Mêlant récits vécus, micro-enquêtes, faits d'actualité, portraits et données chiffrées, les deux sociologues dressent le tableau d'une grande agression sociale, d'un véritable pilonnage des classes populaires ' un monde social fracassé, au bord de l'implosion. Loin d'être l'Å?uvre d'un "ennemi sans visage", cette violence de classe a ses agents, ses stratégies et ses lieux, que les auteurs étudient depuis plus de vingt-cinq ans. Dans ce guide pratique à l'usage des dominés, ils décryptent l'arsenal de cette brutalité feutrée, ses codes et ses stratagèmes. Entrez dans les coulisses de la guerre sociale, poussez la porte d'un conseil d'administration, écoutez-les parler: sous le vernis des bonnes manières ne tardent pas à percer le cynisme, le mépris de classe et l'arrogance sans borne des élites de l'argent.

Reprenant à Bourdieu la notion de "violence symbolique", intériorisée par ceux qui en sont la cible, les auteurs expliquent comment la domination sociale se marque dans les têtes, dans les corps et dans l'espace. Quels sont les mécanismes de l'autodévaluation et de la dépossession de soi ? Comment s'en libérer ? Comment bousculer les habitudes ? Dans cette intensification en cours de la violence économique, les politiques ont leur part écrasante de responsabilité. La "stratégie du choc" chère au néolibéralisme a aussi sa généalogie française. Le pacte budgétaire européen ou la loi sur la compétitivité doivent être replacés dans la longue histoire des petites et grandes trahisons de la gauche socialiste, qui remonte au début des années 1980, avec le tournant de la rigueur. Après le "président des riches", le gouvernement des traîtres. Le livre se clôt par un retour sur les luttes sociales : esquisser une sociologie de la colère populaire qui soit aussi un appel à la contre-offensive. Malgré la dureté des assauts, des pressions et de la répression, le peuple se rebiffe. Ã?coutez monter sa rage.



"Comment les riches détruisent la planète", Hervé Kempf


Nous sommes à un moment de l'histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l'espèce humaine: pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver les moyens d'orienter différemment l'énergie humaine. C'est un défi magnifique, mais redoutable. Or une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s'impose. Elle ne porte aucun projet, n'est animée d'aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Elle prétend que toute alternative est impossible. Cette représentation du monde méconnaît la puissance explosive de l'injustice, sous-estime la gravité de l'empoisonnement de la biosphère, promeut l'abaissement des libertés publiques. Pour l'auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s'attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd'hui les riches qui menacent la planète.


"Fin de l'Occident, naissance du monde", Hervé Kempf


Cessons de nous raconter des histoires sur "la crise" ! Et regardons de face le coeur du problème qui se pose à la société humaine en ce début du XXIe siècle: les contraintes écologiques interdisent que le niveau de vie occidental se généralise à l'échelle du monde. Il devra donc baisser pour que chacun ait sa juste part. Autrement dit, l'appauvrissement matériel de l'Occident est inéluctable. Comment allons-nous vivre cette mutation: en changeant nos sociétés pour nous adapter au mieux à ce nouveau monde, ou en nous opposant au sens de l'histoire, au prix d'un déchaînement de la violence ? Déjà en cours de traduction dans plusieurs langues, ce récit phosphorescent d'idées originales prend comme fil conducteur les tribulations de l'humanité depuis son apparition sur terre. Captivant et à rebours du discours dominant, il nous invite à une dérangeante lucidité. Mais ce livre est également habité par un optimisme communicatif: oui, un nouveau monde est possible.


"Les limites à la croissance (dans un monde fini)"


1972 : le Club de Rome commande à quatre chercheurs du MIT ce qui deviendra le Rapport Meadows, publié sous le titre de "The limits to growth"(en français, "Les limites à la croissance"). Pour la première fois, leur recherche établit les conséquences dramatiques sur le plan écologique d'une croissance économique exponentielle dans un monde fini. Il prévoit, si rien n'est fait pour stabiliser la croissance, un effondrement 60 ans après.

Leur analyse repose sur le modèle "World3", qui permet une simulation informatique des interactions entre population, croissance industrielle, production alimentaire et limites des écosystèmes terrestres.

2012, rien n'a changé sous le soleil : le successeur de Dennis Meadows pour le Club de Rome, Graham Turner déclare: "Si l'humanité continue à consommer plus que la nature ne peut produire, un effondrement économique se traduisant par une baisse massive de la population se produira aux alentours de 2030".

La traduction de la dernière version de ce fameux rapport vient d'être publiée, à un moment où la crise majeure que nous traversons jette une lumière crue sur la dynamique de la croissance et ses effets.



"Mondialisation, déclin de l'Occident", Elie Arié


Les grands bouleversements ayant marqué l'histoire de l'humanité ont rarement été perçus par ceux qui les ont vécus. Ce constat a poussé l'auteur à se pencher sur le phénomène de la mondialisation porteur, à ses yeux, de la fin inéluctable de la civilisation occidentale.

L'occident ne regroupe que le dixième de la population du globe. Or la mondialisation qui se résume à une guerre économique impitoyable entre quatre ou cinq groupes de nations, loin d'être un remède aux maux de notre temps, est l'opportunité pour le reste d'un monde qui aspire à la prospérité, de prendre sa revanche. Bouleversement dont les premières victimes seront les Occidentaux, nouveaux aristocrates menés à la lanterne

En fait, cette "Révolution" appelée à cor et à cri par une civilisation en déclin, a, par aveuglement idéologique anéanti chez nous ce qui semblait éternel ainsi que les outils dont nous disposions pour agir sur le monde. Qu'il s'agisse de la vie démocratique désormais déconnectée de la réalité mondiale uniformisée des grèves devenues inopérantes face aux délocalisations, des batailles impossibles contre un système mondial qui s'est affranchi des pouvoirs des gouvernements, des revendications pour plus de justice et le respect de la culture et des identités, auprès d'institutions et d'oligarchies qui ne les entendent pas, partout le même sentiment d'impuissance prévaut. D'où la résignation des peuples, grands perdants de cette mondialisation, qui ne se manifestent plus que par des indignations stériles ou par la montée d'intégrismes religieux et communautaristes en quête d'un mode de vie disparu et idéalisé.

Rien pourtant, dans le cadre irréversible de la mondialisation, n'est joué, l'Histoire procédant toujours par ruptures brutales; qui petit dire, en effet, quels séismes nous attendent ? Mais, pour leur faire face, encore faut-il se débarrasser de nos vieilles habitudes de pensée, et soigner notre inertie intellectuelle afin de ne pas rester les spectateurs passifs de notre mise à mort programmée.

 
Cardiologue et enseignant en économie de la santé au Conservatoire national des Arts et Métiers, Elie Arié a milité pendant près de 40 ans au parti socialiste, puis au Mouvement Républicain et Citoyen (parti de Jean-Pierre Chevènement) où il fit partie du secrétariat national. Il est aujourd'hui membre du Conseil scientifique de la fondation Res Publica, le "think tank" de J-P. Chevènement.



"Le scandale des délocalisations", Eric Laurent 


Ce livre révèle que le monde des affaires mène une véritable guerre contre l'emploi. Des milliers de postes, même hautement qualifiés, sont constamment détruits en France, en Europe, comme aux Etats-Unis, pour être transférés en Chine et en Inde. Une quête du profit à court terme où les salaires sont sacrifiés à l'avidité des actionnaires.

"Le scandale des délocalisations" entraîne le lecteur dans les coulisses d'une réalité, dont l'ampleur et la gravité sont soigneusement occultées par les dirigeants d'entreprises et les responsables politiques. Il découvrira comment un fonds créé par Nicolas Sarkozy pour lutter contre la crise finance les délocalisations. Il apprendra comment l'Union européenne, déjà impuissante à créer des emplois, s'empresse de détruire ceux qui existent.

En délocalisant massivement, les industriels occidentaux sont tombés dans un véritable piège, soigneusement tendu par l'Inde et la Chine, et les bénéfices de la mondialisation leur échappent désormais. Au terme de cette enquête emplie de révélations, Le Scandale des délocalisations pose une question cruciale: un pays peut-il perdre ses emplois et continuer de prospérer ?



"La crise globale - On achève bien les classes moyennes, et on n'en finit pas d'enrichir les élites", Jean-Michel Quatrepoint 


La crise des subprimes ? C'est la faute des banques. La bulle Internet ? C'est la faute de la spéculation. Les fermetures d'usines et les délocalisations ? C'est la loi de l'économie. Le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre ? Ils n'ont bien sûr rien à voir avec le développement exponentiel des transports et le mouvement brownien des marchandises aux quatre coins de la planète. Les hausses vertigineuses des matières premières ? C'est la faute des Chinois, des Indiens et des Brésiliens. Bref, d'une demande qui explose. Ã? chaque phénomène, on trouve une explication technique, et surtout partielle, généralement a posteriori. Mais jamais, au grand jamais, on ne cherche à relier les problèmes les uns aux autres. Dans une société dominée par la globalisation, il ne faut surtout pas... globaliser les problèmes. Car ce serait reconnaître que la crise que le monde traverse, comme la paupérisation en marche de nos classes moyennes, ne tombe pas du ciel et qu'il s'agit bien d'une crise globale. Elle est la conséquence des dérives d'un processus entamé, voilà près de trente ans, lorsque le capitalisme anglo-saxon a décidé de revenir aux sources du libéralisme et de s'imposer aux quatre coins du monde.

Dans les années quatre-vingt-dix, l'alliance sinoaméricaine, Internet et la financiarisation de l'économie ont fait croire au triomphe définitif de la mondialisation. Trop rapide, trop forte, trop brutale, elle a débouché, après le 11 septembre 2001, sur une sorte de spirale infernale, une fuite en avant des pays occidentaux dans une économie de la dette. Les Anglo-Saxons ont joué les apprentis sorciers. Jean-Michel Quatrepoint écrit le roman de cette globalisation qui se voulait heureuse et qui tourne au fiasco pour les Occidentaux.

 
Jean-Michel Quatrepoint est journaliste. Après onze ans passés au Monde, il a dirigé les rédactions de l'Agefi, de La Tribune et du Nouvel Economiste. Son livre "La Crise globale" a reçu le Prix de l'Excellence Economique 2009.



"Mourir pour le Yuan? - Comment éviter une guerre mondiale", Jean-Michel Quatrepoint 


Depuis un quart de siècle, nous vivons sur le dogme d'une globalisation inéluctable, stade ultime du capitalisme, censée apporter bonheur et prospérité au plus grand nombre. Or, ce monde global débouche sur une crise... globale. Comme il y a un siècle, lorsque la première globalisation s'est effondrée avec la première guerre mondiale.

A l'époque, il ne manquait pas de bons esprits, à gauche comme à droite, pour prédire la fin des nations... grâce à l'internationalisation des échanges, des marchés et des capitaux facilitée par les nouvelles technologies et les moyens de communication. L'interdépendance des économies rendait la guerre quasiment impossible, disait-on. On a vu ce qu'il advint de ces prophéties.

Cette seconde globalisation, amorcée depuis un quart de siècle, a reproduit les mêmes erreurs. On a poussé les feux du libre échange jusqu'à l'absurde. Comme au XIXe siècle, l'hypertrophie du commerce mondial a débouché sur une financiarisation excessive. Nous avons assisté à une sorte d'alliance contre nature entre les multinationales, la finance internationale et la Chine. Résultat: l'Occident a fait un marché de dupes, car il doit faire face désormais à une concurrence déloyale, à un dumping multiforme.

Comment éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets et que cette seconde globalisation ne débouche, à son tour, sur une catastrophe mondiale ? Jean-Michel Quatrepoint analyse deux scénarios possibles: aller encore plus loin dans la voie du libre échange ou tenter une déglobalisation progressive, limitée, contrôlée. Cette seconde voie passe par la redéfinition d'un monde multipolaire, où les frontières ne sont pas des obstacles. Pourquoi également ne pas relancer l'idée de la préférence communautaire ? Imposer une harmonisation fiscale au sein de l'Europe ?, etc.

Ou bien le monde réussit à accoucher de nouvelles règles du jeu monétaires, fiscales, sociales, environnementales, avec quelques grands espaces régionaux, ou nous allons à la catastrophe, c'est-à-dire à la guerre. Le paradigme dominant veut nous faire croire que le protectionnisme, quel qu'il soit, débouche inéluctablement sur la guerre. Mais pour Jean-Marie Quatrepoint, l'enjeu aujourd'hui est bien plutôt entre la déglobalisation... ou la guerre.

 
Jean-Michel Quatrepoint est journaliste. Après onze ans passés au Monde, il a dirigé les rédactions de l'Agefi, de La Tribune et du Nouvel Economiste. Son livre "La Crise globale" a reçu le Prix de l'Excellence Economique 2009.



"Pour eviter le krach ultime", Pierre Larrouturou - préface de Stéphane Hessel


"Comment dire la gravité de la crise ? Comment, aussi, reconstruire l'espoir ? Telles sont les deux questions fondamentales auxquelles répond ce livre lumineux et essentiel, en faisant un sort à quelques idées préconçues qui nous empêchent de penser l'avenir. Non, la crise n'est pas finie et la crise financière n'est que la partie émergée de l'iceberg. Non, le chômage et l'accroissement des inégalités ne sont pas des conséquences de la crise; ils en sont la cause fondamentale. Non, la mondialisation n'est pas coupable, même s'il est urgent de l'humaniser. Non, la croissance ne reviendra pas et il est vital d'inventer très vite un nouveau modèle de développement. Pour éviter que l'Histoire ne se répète." - Stéphane Hessel
 
Ingénieur agronome et diplômé de Sciences-Po, Pierre Larrouturou est l'un des rares économistes à avoir annoncé la crise financière.



"La Banque: Comment Goldman Sachs dirige le monde", Marc Roche


Le culte du secret: voilà ce qui fait la force de Goldman Sachs, la Banque d'affaires la plus puissante du monde. Journaliste à Londres, l'auteur met au grand jour les rouages sulfureux de cet empire financier qui peut faire basculer les gouvernements.

OPA brutales, spéculation à outrance, relations secrètes avec de grandes multinationales: cette enquête très documentée livre un récit riche en anecdotes sur de redoutables pratiques.

 
Marc Roche est un correspondant du journal Le Monde à Londres et spécialistes des investigations financières.
 



"La face cachée des banques - Scandales et révélations sur les milieux financiers", Eric Laurent 


Les banques ont provoqué la crise la plus grave survenue depuis 1929. Entrons dans les coulisses de Wall Street et des banques européennes pour percer les secrets d'un scandale financier sans précédent : falsification des comptes, contournement des lois. Un seul but: l'enrichissement personnel. Cet ouvrage en démonte les rouages et permet de comprendre pourquoi les banques sont les seules bénéficiaires de la crise qu'elles ont provoquée. Au fil d'une enquête aux révélations fracassantes, l'auteur nous fait pénétrer dans un univers qui repose sur le mensonge et l'opacité. Cette avidité, ce cynisme ont conduit le monde au bord du gouffre. Et maintenant ?
 

 
Eric Laurent est grand reporter et spécialiste de politique étrangère. Enquêtant sur les intérêts secrets et le jeu caché des hommes de pouvoir, il est l'auteur de nombreux romans et documents à succès.



"Les secrets de la Réserve Fédérale", Eustace Mullins 


La plupart des gens, aux Ã?tats-Unis, en Europe et dans le reste du monde, pensent que les dollars en circulation sont créés par le gouvernement américain. Que le nom de "Réserve Fédérale", mentionné sur chaque billet, désigne une administration gouvernementale. Or, il n'en est rien: la "Réserve Fédérale" est une institution privée, possédée par des banques commerciales.

Ce livre, traduit pour la première fois en français, a représenté quarante années de travail pour son auteur. C est probablement un des ouvrages les plus importants du XX° siècle. C'est le seul livre brûlé en autodafé, par décision de justice, en Europe après 1945. C est une enquête minutieuse, servie par l'honnêteté et la compétence. C'est, aussi et surtout, une révélation sur la manière dont fonctionne réellement le monde, depuis un siècle.

Dans ce livre vous apprendrez, entre autres choses, que: Le système de la Réserve Fédérale n'est pas fédéral. En outre, il ne possède pas les moindres réserves. C'est un syndicat d'émission monétaire, dont les membres se sont octroyé le privilège exorbitant de fabriquer l'argent que vous gagnez durement. Sans ce système, il est très probable que les deux guerres mondiales n'auraient pu être ni déclenchées, ni financées. Et surtout, vous apprendrez, que, pour citer Henri Ford, un grand capitaine d'industrie et un VRAI américain: "L'unique objectif de ces financiers est le contrôle du monde par la création de dettes inextinguibles". Des mots qui, à l'heure actuelle, prennent une actualité brûlante...



"Blythe Masters", Pierre Jovanovic


Avec d'autres mathématiciens de la JP Morgan Bank, l'anglaise Blythe Masters a mis au point les CDS (Credit Defauld Swap), formule magique qui a transformé le papier en or et qui a rendu les banquiers complètement fous. Inconnue du public, Blythe Masters est pourtant, selon la formule consacrée du Guardian de Londres ''La femme qui a inventé les armes financières de destruction massive'', armes qui ont, selon Newsweek ''libéré un monstre'' qui est toujours en train de détruire progressivement l'économie mondiale, jusqu'à l'inévitable banqueroute universelle.

La banquière de la JP Morgan a déclenché la crise économique mondiale en inventant les credits default swaps qui ont ruiné les banques. Un livre incroyable qui retrace les véritables raisons de la crise économique actuelle et qui va obliger les français à travailler deux années de plus, juste pour compenser les pertes de Wall Street. En effet, les banques cachent encore une très grande partie des 55 000 milliards de dollars d'emprunts toxiques qu'elles ne reverront jamais en positif dans leurs bilans.

Pierre Jovanovic retrace dans ce livre comment le destin hors du commun de cette jeune diplômée de Cambridge a involontairement croisé celui de centaines de millions de personnes, mises au chômage par les effets de la crise, simplement parce que tous les banquiers de la planète ont écouté, fascinés, son Evangile des Credits Default Swap au point qu'ils ont fini par copier et plagier sa formule ''magique'' qui les mène, en ce moment même, à leur perte.



"Quand le capitalisme perd la tête", Joseph Stiglitz


Dans ce nouvel ouvrage polémique, Joseph Stiglitz analyse les travers des politiques économiques occidentales des années 1990 à aujourd'hui, démolissant les divers mythes qui ont assuré le "triomphe" (largement surévalué) du capitalisme américain: la main invisible, l'obsession de la réduction des déficits, l'impact positif des guerres...

A travers une démonstration brillante nourrie de multiples faits, témoignages et expériences, s'appuyant toujours sur les mécanismes très concrets de l'économie, Joseph Stiglitz fait ici le procès du libéralisme sans limites.
 

 
Prix Nobel d'économie en 2001, Joseph Stiglitz est l'un des économistes les plus influents et les plus écoutés au monde. Il est l'un des rares à nous mettre en garde, depuis plusieurs années, contre le fanatisme du marché et la financiarisation de l'économie.



"Le triomphe de la cupidité", Joseph Stiglitz


La crise mondiale, Joseph E Stiglitz, prix Nobel d'économie, l'avait annoncée. Aujourd'hui il démontre qu'elle est au système néolibéral ce que la chute du mur de Berlin, en 1989, fut à l'économie soviétique. Il ne s'agit donc pas d'y répondre dans le cadre exigu de nos références mais de faire un pas de côté et de la considérer globalement, jusqu'à la remise en cause des fondations qui l'ont rendue possible. Un document d'une importance majeure, par l'auteur de La Grande Désillusion et de Quand le capitalisme perd la tête.
 
Prix Nobel d'économie en 2001, Joseph Stiglitz est l'un des économistes les plus influents et les plus écoutés au monde. Il est l'un des rares à nous mettre en garde, depuis plusieurs années, contre le fanatisme du marché et la financiarisation de l'économie.



"L'Amérique qui tombe - Comment les politiques ont trahi le rêve américain et abandonné la classe moyenne", Arianna Huffington


Les Ã?tats-Unis, pays du tiers-monde ? Appliquée à la première puissance mondiale, la formule peut paraître provocatrice. Pourtant, le constat dressé par Arianna Huffington est sans appel.

Un Américain sur huit vit grâce aux bons alimentaires. Plus de 120 000 familles se déclarent en faillite tous les mois: la classe moyenne est en voie de disparition. Un Américain sur cinq est sans emploi ou sous-employé. La désindustrialisation est galopante. Les infrastructures sont délabrées: le système de canalisations date de la guerre de Sécession; un quart des ponts est structurellement déficient. Secteur le plus dévasté, l'enseignement: 30 % des lycéens quittent l'école sans diplôme.

Le rêve américain semble avoir définitivement tourné au cauchemar.

Arianna Huffington accuse ces élites qui ont trahi et sacrifié la classe moyenne américaine sur l'autel de Wall Street. Ã? travers une enquête implacable et le récit de vies brisées, elle révèle le vrai visage de l'Amérique qui tombe, celui que nous ne voulons voir ni ici ni outre-Atlantique.



"Boomerang - Europe: voyage dans le nouveau tiers-monde", Michael Lewis


La crise qui s'est abattue sur la planète depuis 2008 a eu de nombreuses conséquences, dont l'une des plus notables est l'écroulement financier progressif de quelques pays européens. Nous savons quelle est aujourd'hui la situation en Grèce et en Irlande. Nous avons entendu les avertissements concernant l'Espagne, l'Italie et le Portugal. Du haut de leur triple A, la France et l'Allemagne paraissent sauves. C'est du moins ce qu'on nous dit.

Michael Lewis a donc décidé de faire un tour d'Europe afin de juger de la situation sur le terrain. Et les séquelles humaines, sociales et financières de la crise qu'il a constatées sont pour le moins saisissantes. Entre les Ã?tats les plus touchés, qui peu à peu commencent à s'apparenter à de véritables pays du tiers-monde, et ceux qui sont encore épargnés, dont l'inconscience est difficile à croire, le tableau est éloquent.

Avec le ton inimitable, d'une singulière pertinence économique et d'une humanité rare, qui a fait le succès du "Casse du siècle", Michael Lewis confirme dans ce portrait tragi-comique de l'Europe contemporaine qu'il est l'un des analystes les plus remarquables de sa génération.

 
Michael Lewis est né à La Nouvelle-Orléans en 1960. Il a travaillé comme investisseur, au milieu des années quatre-vingt, pour la banque Salomon Brothers, expérience qui lui a donné la matière de son premier livre, "Poker menteur" (Dunod, 1990), comparé, lors de sa sortie, au "Bûcher des vanités" de Tom Wolfe. Il est aujourd'??hui journaliste à Vanity Fair. Egalement auteur en 2010 du "Casse du siècle".



"Le casse du siècle", Michael Lewis


Des banquiers crédules, des spéculateurs corrompus, de naïves agences de notation... manipulant des fortunes dont les ordres de grandeur dépassent l'entendement. Bienvenue dans le monde de la finance ! Le "casse du siècle" ou le vrai roman de la crise saisie depuis son origine: les subprimes, ces produits financiers qui ont servi à l'enrichissement de quelques-uns... et causé la ruine de beaucoup.
 
 

 
Michael Lewis est né à La Nouvelle-Orléans en 1960. Il a travaillé comme investisseur, au milieu des années quatre-vingt, pour la banque Salomon Brothers, expérience qui lui a donné la matière de son premier livre, "Poker menteur" (Dunod, 1990), comparé, lors de sa sortie, au "Bûcher des vanités" de Tom Wolfe. Il est aujourd’hui journaliste à Vanity Fair.



"La dernière bulle", Jean-Michel Quatrepoint


Le 15 septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers fait faillite. La bombe des subprimes éclate au grand jour. Le krach financier se propage à l'ensemble de l'économie, plongeant le monde dans une crise globale, encore plus grave que celle de 1929. Largement responsables des dérives du capitalisme, banquiers et financiers ont réclamé sans vergogne l'aide des contribuables et des Ã?tats pour sauver le système. Des trillions de dollars sont généreusement distribués par la Fed et les banques centrales.

Moins d'un an après le krach, Wall Street et les financiers se sont refaits, ils s'octroient de faramineux bonus et cherchent par tous les moyens à relancer la machine à spéculer. On a nationalisé leurs pertes pour qu'ils puissent reprivatiser leurs profits. Ils sont pour une bonne part à l'origine de l'explosion des dettes publiques et de la formation d'une nouvelle, d'une dernière bulle dont ils s'emploient à tirer le maximum de profits.

Jean-Michel Quatrepoint, qui annonçait dès l'été 2008 la crise globale, raconte comment le lobby financier c'est-à-dire Wall Street, les grandes banques et la Réserve fédérale américaine ont lié les mains de Barack Obama, afin d'éviter toute réforme en profondeur du système. Il décrypte le jeu dangereux de ce lobby des lobbies qui ne pense qu'à ses intérêts et nous a fabriqué une fausse reprise.

 
Jean-Michel Quatrepoint est journaliste. Après onze ans passés au Monde, il a dirigé les rédactions de l'Agefi, de La Tribune et du Nouvel Economiste. Son livre "La Crise globale" a reçu le Prix de l'Excellence Economique 2009.



"Un monde sans Wall Street", François Morin


Les marchés financiers ont beau déclencher des crises à répétition, peu d'experts et encore moins de gouvernants osent imaginer un monde sans la liberté et sans le pouvoir de ces marchés, un monde " sans Wall Street " ! Pourtant, comme l'explique ici l'un des meilleurs experts français des systèmes financiers, c'est le pas décisif qu'il faut franchir au plus vite pour éviter une nouvelle catastrophe. L'auteur pose d'abord un diagnostic précis sur les impasses d'un monde " avec Wall Street " : les normes insensées de rentabilité imposées par les gestionnaires de capitaux entraînent, tout à la fois, la déshumanisation des conditions de travail, le saccage des écosystèmes et la soumission des politiques publiques à des intérêts privés plutôt qu'à la volonté des citoyens. Mais peut-on, dans un monde ouvert, se passer de la puissance des marchés financiers ? Oui, car du fait même de leur puissance, ces marchés ne servent plus à financer l'économie réelle et pénalisent même celle-ci au profit des jeux financiers purement spéculatifs. Toutefois, pour abandonner toute spéculation sur les taux d'intérêt ou les taux de change, il faut reconstruire un système monétaire international qui permette de gérer la monnaie comme un bien commun de l'humanité. Et pour échapper au pouvoir exorbitant des gestionnaires de capitaux, il faudra réformer le droit des sociétés pour partager le pouvoir de gestion entre tous les acteurs prenant part à la production.
 
François Morin, professeur émérite de sciences économiques à l'Université de Toulouse I, a été
membre du Conseil Général de la Banque de France et du Conseil d'Analyse Economique



"Ces 600 milliards qui manquent à la France - Enquête au coeur de l'évasion fiscale", Antoine Peillon


600 milliards d'euros: c'est la somme astronomique qui se cache depuis des décennies dans les paradis fiscaux, soit près de 10% du patrimoine des Français. Comment cette évasion fiscale massive a-t-elle été rendue possible ? Et pourquoi l'évasion de ce patrimoine fait-elle l'objet d'une telle omerta judiciaire, alors que les institutions de contrôle, la police, la justice, la douane, les services de renseignements, etc. en possèdent l'essentiel des preuves ? Quand on connaît la situation des comptes publics de la France, la question mérite d'être posée...

Exploitant une somme impressionnante de données ultraconfidentielles, l'auteur de ce livre met pour la première fois au jour l'étendue, les circuits, les mécanismes secrets de cette gigantesque fraude fiscale. Il montre quelles techniques sophistiquées, et parfaitement illégales, utilise une grande banque étrangère pour opérer sur le territoire français, pour approcher les fortunes privées, celles du showbiz, du sport et des affaires. S'appuyant sur des témoignages exceptionnels, il révèle comment s'organise l'impunité de tous ceux qui participent à ce système qui soustrait à la France une part colossale de sa richesse nationale. Où l'on croise alors d'autres réseaux et circuits de financement, politiques cette fois'?¦

 
Antoine Peillon est grand reporter à la Croix.



"Les imposteurs de l'économie", Laurent Mauduit


Dans la tourmente de la crise économique grave qui secoue la planète, les économistes exercent un formidable magistère. Journaux, télévisions, gouvernements: oracles respectés d'un univers au bord du chaos, tout le monde les consulte. Pour comprendre les causes de la catastrophe. Pour trouver des remèdes. En France, ils sont ainsi une petite vingtaine à disposer d'un quasi monopole d'expression dans le débat public. Et à la veille de l'élection présidentielle de 2012, gauche et droite se les disputent pour donner du crédit à leurs projets. Mais qui a eu l'idée d'expertiser... ces experts ?

Car en vérité, le petit microcosme des économistes français, s'il recèle de grands talents, souvent modestes et peu connus du grand public, comprend aussi des charlatans ou des imposteurs. C'est ce qu'établit ce livre, qui recense les invraisemblables bourdes commises par quelques uns de ces économistes de renom. Et aussi les formidables conflits d'intérêt dont certains d'entre eux se rendent coupables et qui jettent la suspicion sur l'honnêteté ou l'indépendance de leurs diagnostics et recommandations. Ils prétendent détenir les clefs d'une science qui explique la misère du monde. Mais ce qu'ils ne disent pas, c'est que trop souvent, ils en vivent, de ce système qui est devenu fou. Et ils en vivent même très bien. C'est aussi l'objet de cette enquête: lever le voile sur le petit business, pas toujours glorieux, des grands économistes.

 
Laurent Mauduit est journaliste. Après avoir été chef du service économique de Libération, il a rejoint Le Monde comme responsable de la politique économique et sociale française puis directeur adjoint de la rédaction. Il a quitté le quotidien pour fonder Médiapart avec Edwy Plenel.



"Manifeste d'économistes atterrés - Crise et dettes en Europe", Les économistes atterrés


Les décideurs européens ont-ils appris quelque chose de la crise provoquée par les dérives de l'industrie financière ? On peut en douter. Pour résorber les déficits provoqués par le sauvetage des banques et la récession, la Commission européenne et les gouvernements appliquent avec une vigueur renouvelée des programmes d'ajustement qui ont dans le passé démontré leur capacité à accroître l'instabilité économique et les inégalités sociales. Ces politiques de soumission au pouvoir de la finance mettent en danger l'avenir du projet européen. Atterrés par ce constat, nous avons pris l'initiative d'écrire ce manifeste. Il dénonce dix fausses évidences, mal fondées scientifiquement, qui servent à justifier les politiques actuellement menées en Europe. Il soumet au débat vingt-deux propositions pour une autre stratégie. Initialement adressé à la communauté des économistes, et plus de sept cents d'entre eux, issus comme nous d'horizons théoriques très divers, l'ont signé, ce manifeste est surtout destiné à nos concitoyens. Le décalage est aujourd'hui patent entre les affirmations péremptoires des " experts " et la fragilité de leurs diagnostics. Nous souhaitons aider les citoyens à mettre des mots et des concepts sur leurs doutes, et les conforter dans l'idée que d'autres choix peuvent être mis en débat.


"20 ans d'aveuglement", Les économistes atterrés


Par les économistes atterrés dont le manifeste s'est vendu à près de 60000 exemplaires. Ce nouvel opus démontre l'impéritie des politiques européennes et françaises : solidarité très faible, absence de banque centrale, main mise donc des marchés financiers qui, non contents d'avoir contribué au creusement d'énormes déficits, prêtent aujourd'hui à des taux exorbitants, non harmonisation sociales et fiscales qui fait de notre continent une arène de la concurrence et du chacun pour soi. Deux exemples extrêmes sur les solutions apportées à la crise sont également remarquablement analysés. Celui de l'Irlande qui laisse perdurer sa faible imposition et fait peser le poids de la crise sur les citoyens et celui très peu connu de l'Islande : la crise y a provoqué un séisme politique. Une nouvelle constitution est en cours de rédaction et les banques sont fortement mises à contribution pour rembourser les déficits. Un opus décapant qui déconstruit le modèle économique toujours dominant et propose une série de 30 mesures pour remettre nos économies à l'endroit.


"L'implosion - La finance contre l'économie: ce que révèle et annonce la crise des subprimes", Paul Jorion


Paul Jorion est considéré comme le meilleur observateur contemporain de l’actuelle crise financière américaine et a été le premier à annoncer l’enchaînement provoqué par la crise des crédits hypothécaires à haut risque (subprimes), accordés sans contrôle aux Etats-Unis, entraînant une dépréciation des institutions financières (banques en faillite), entraînant elle-même la panique des marchés et la hausse des matières premières. En six mois, la crise a déjà fait chuter le Dow Jones de 16 % et le CAC 40 de 24,4 % en neuf mois. Le cours du pétrole a grimpé de 44 % en neuf mois, et celui de l’or de 43 %. Les pertes liées à la crise des subprimes (provisions passées pour couvrir des dépréciations d’actifs) sont pour l’heure de 18 milliards de dollars pour Citigroup, de 13,5 pour l’UBS, de 14,1 pour Merrill Lynch. On estime à 12 milliards d’euros la perte cumulée actuelle des banques françaises. L’économie américaine étant entrée en récession, nul n’écarte plus l’hypothèse d’une ère de stagflation, combinant regain de l’inflation et croissance molle, étendue à toutes les économies occidentales. C’est dire l’importance que revêt la compréhension de phénomènes qui vont décider des conditions de vie des Européens dans les mois à venir.
 
Anthropologue réputé, expert en intelligence artificielle et spécialiste de la formation des prix travaillant dans le monde bancaire, Paul Jorion jette depuis plusieurs années un autre regard sur l'économie; il annonçait ainsi dès 2005 ce qui allait devenir la crise des subprimes.



"Désobéissons à l'Union européenne !", Aurélien Bernier


L'Union européenne (UE) est une forteresse ultralibérale. Une forteresse qui, depuis qu'elle est secouée par les crises financières, refuse de changer de cap en dépit des périls. Le piège de la construction européenne s'est refermé sur les peuples, priés d'accepter cet eurolibéralisme à marche forcée. Désormais, ils savent que l'Europe les a désarmés et ne les protège pas.

Devant le mécontentement grandissant des citoyens, certains partis appellent à réformer « l'Europe » de l'intérieur, sans jamais dire comment y parvenir. Rien de surprenant, puisque les institutions ont été verrouillées. Tout au plus des gouvernements retardent-ils la transcription de directives, quitte à se faire tirer l'oreille, mais ils finissent toujours par être contraints à se plier aux exigences du droit communautaire.

Pour rompre avec cette Europe du libre-échange intégral, il faut assumer une autre position: celle de la désobéissance européenne. Mettre en place des politiques sociales et environnementales passera par la restauration de la primauté réelle du droit national sur le droit européen.

Ce livre ouvre le débat interdit: des Ã?tats courageux, à commencer par la France, doivent provoquer une crise institutionnelle salutaire en désobéissant à l'UE.



"La crise du capitalisme américain", Paul Jorion


La crise du capitalisme américain parut en février 2007, soit six mois avant que la crise n'éclate véritablement. L'ouvrage avait été écrit d'octobre 2004 à février 2005. En novembre 2005, Paul Jorion, qui travaillait depuis 1998 dans le secteur du crédit à la consommation aux Etats-Unis, serait recruté par Countrywide, le principal établissement de crédit immobilier américain, bientôt au coeur de la tourmente et dont il resterait cadre jusqu'en octobre 2007. Le capitalisme américain apparaissant à l'époque triomphant, le manuscrit chercha vainement un éditeur pendant plus d'un an. Quand la décision de le publier fut prise, l'éditeur, sceptique, en modifia le titre qui devint "Vers la crise du capitalisme américain ?". Le livre a repris son titre original dans la présente réédition.

La "crise des subprimes" éclata en août 2007. Le crédit s'était soudain tari sur les marchés interbancaires quand les prêts immobiliers américains, plusieurs milliers d'entre eux étant reconditionnés à la fois sous forme d'obligations (la "titrisation"), cessèrent de trouver acheteurs. La raison en était simple: ils essuyaient désormais de lourdes pertes, de trop nombreux emprunteurs appartenant au fameux secteur à risque des "subprimes" se révélant incapables de faire face à leurs engagements. Limitée au départ aux Ã?tats-Unis, la crise devait bientôt déferler sur le monde. Le portrait dépeint ici est celui d'une Amérique aux consommateurs surendettés s'engouffrant avec l'aide d'organismes de prêt complaisants et de banques d'investissement rapaces, dans une gigantesque bulle immobilière. Si les Ã?tats-Unis étaient bien les principaux responsables du drame, ils n'étaient cependant pas seuls car la Chine avait financé la bulle par ses achats massifs de bons du Trésor et de titres immobiliers américains, poussant les taux d'intérêt à la baisse et encourageant de fait le consommateur américain à acheter les produits made in China en quantités colossales. Lorsque la bulle creva, le capitalisme américain, entraînant le monde à sa suite, plongea dans une crise historique qui risque désormais de lui être fatale.

 
Anthropologue, sociologue et spécialiste de la formation des prix, Paul Jorion jette depuis plusieurs années un autre regard sur l’économie; il annonçait ainsi dès 2005 ce qui allait devenir la crise des subprimes.



"La crise : Des subprimes au séisme financier planétaire", Paul Jorion


En 2007, une crise financière née dans le secteur subprime de l'immobilier résidentiel américain débouche sur un tarissement du crédit, paralysant peu à peu le monde bancaire international. En 2008, la crise se transforme en crise économique mondiale, puis en authentique crise de civilisation. Tous les établissements privés du prêt hypothécaire américain sont emportés, suivis par les deux colosses du crédit immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac, que l'Etat américain se voit forcé de nationaliser. La crise ne s'arrête pas là: les banques d'affaires connues sous le nom de "Wall Street" s'effondrent à leur tour. Cette dévastation sans précédent du système financier restreint alors dramatiquement les choix de placement des investisseurs. Des sommes colossales se retrouvent concentrées sur le marché à terme des matières premières, engendrant une énorme bulle spéculative. Le grain vient à manquer dans des pays du Sud, déclenchant des émeutes de la faim. Le prix exorbitant du carburant contribue à mettre au bord de la faillite les compagnies aériennes ainsi que les constructeurs automobiles américains. Au-delà d'un récit détaillé des événements et de leur mécanisme, l'auteur répond aux questions que se pose le lecteur: quel rôle a joué la Chine dans ce processus? Notre compréhension des crises antérieures a-t-elle été intentionnellement censurée? Le capitalisme surmontera-t-il la crise?
 
Anthropologue, sociologue et spécialiste de la formation des prix, Paul Jorion jette depuis plusieurs années un autre regard sur l’économie; il annonçait ainsi dès 2005 ce qui allait devenir la crise des subprimes.



"Le Capitalisme à l'agonie", Paul Jorion


Ã? la chute du mur de Berlin, le capitalisme triomphait: privé d’ennemis, il cessait d’être un système économique parmi d’autres pour devenir la manière unique dont un tel système pouvait exister. Vingt ans plus tard, il est à l’agonie. Que s'est-il passé ? Une explication possible est que le capitalisme a été atteint du même mal qui venait de terrasser son rival et la complexité devrait alors être incriminée: l’organisation des sociétés humaines atteindrait un seuil de complexité au-delà duquel l’instabilité prendrait le dessus et où, sa fragilité étant devenue excessive, le système courrait à sa perte. Une autre explication: il avait besoin de l’existence d’un ennemi pour se soutenir. En l’absence de cette alternative, ses bénéficiaires n’auraient pas hésité à pousser leur avantage, déséquilibrant le système entier. Autre explication encore: du fait du versement d’intérêts par ceux qui sont obligés de se tourner vers le capital, c’est-à-dire d’emprunter, le capitalisme engendrerait inéluctablement une concentration de la richesse telle que le système ne pourrait manquer de se gripper.

Entre ces hypothèses, il n’est pas nécessaire de choisir: les trois sont vraies et ont conjugué leurs effets au début du XXIe siècle. C’est cette rencontre de facteurs mortifères qui explique pourquoi nous ne traversons pas l’une de ces crises du capitalisme qui lui sont habituelles depuis deux siècles, mais sa crise majeure, celle de son essoufflement final, et pour tout dire celle de sa chute.

 
Anthropologue, sociologue et spécialiste de la formation des prix, Paul Jorion jette depuis plusieurs années un autre regard sur l’économie; il annonçait ainsi dès 2005 ce qui allait devenir la crise des subprimes.



"Pour sauver la planète, sortez du capitalisme", Hervé Kempf


Un autre monde est possible, il est indispensable, il est à notre portée. Le capitalisme, après un règne de deux cents ans, s'est métamorphosé en entrant dans une phase mortifère: il génère tout à la fois une crise économique majeure et une crise écologique d'ampleur historique. Pour sauver la planète, il faut sortir du capitalisme, en reconstruisant une société où l'économie n'est pas reine mais outil, où la coopération l'emporte sur la compétition, où le bien commun prévaut sur le profit.

Dans un récit original, l'auteur explique comment le capitalisme a changé de régime depuis les années 1980 et a réussi à imposer son modèle individualiste de comportement, marginalisant les logiques collectives. Pour en sortir, il faut prioritairement se défaire de ce conditionnement psychique.

L'oligarchie cherche à détourner l'attention d'un public de plus en plus conscient du désastre imminent en lui faisant croire que la technologie pourrait surmonter l'obstacle. Cette illusion ne vise qu'à perpétuer le système de domination en vigueur. Comme l'illustre la démonstration ancrée dans la réalité et animée de nombreux reportages, l'avenir n'est pas dans la technologie, mais dans un nouvel agencement des relations sociales. Ce qui fera pencher la balance, c'est la force et la vitesse avec lesquelles nous saurons retrouver l'exigence de la solidarité.



"Le grand bond en arrière - Comment l'ordre libéral s'est imposé au monde", Serge Halimi 


De l'Amérique de Reagan à la France de Mitterrand, en passant par la Nouvelle-Zélande, les transformations économiques du dernier quart de siècle n'ont été le produit ni du hasard ni de la nécessité. Si, à partir des années 80, les "décideurs" et les médias du monde occidental ont presque toujours interprété de manière identique les situations de "crise", c'est que tout un travail idéologique était intervenu au préalable, c'est que les solutions alternatives au marché avaient été détruites afin qu'il n'y ait "plus d'alternative".

D'autres interprétations des événements auraient suggéré d'autres remèdes, mobilisé d'autres forces sociales, débouché sur d'autres choix.

La "mondialisation", ce fut aussi ce long labeur intellectuel de construction de la "seule politique possible" que favorisa la symbiose sociale entre ses principaux architectes d'un bout à l'autre de la Terre. Inspirées par des théoriciens de l'université de Chicago, dont l'influence sera considérable au Chili, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, les doctrines économiques libérales vont encourager les classes dirigeantes à durcir leurs politiques, à passer d'un système d'économie mixte acceptant une certaine redistribution des revenus à un nouveau capitalisme orienté par les seuls verdicts de la finance. Les artisans de cette métamorphose en tireront un avantage considérable; pour la plupart des autres, au contraire, ce sera le grand bond en arrière.

Une véritable enquête menée par Serge Halimi, qui débute aux Etats-Unis et se ramifie en Grande-Bretagne et en France. Ã?tude qui touche le milieu politique et économique et leurs deux principaux relais, les intellectuels et les médias.

 
Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique, est notamment l'auteur des Nouveaux Chiens de garde (Raisons d'agir, 1997)



"Les nouveaux maitres du monde, et ceux qui leur résistent", Jean Ziegler 


"Au coeur du marché globalisé, le prédateur. Banquier, haut responsable de société transnationale, opérateur du commerce mondial: il accumule l'argent, détruit l'Etat, dévaste la nature et les êtres humains.

Les Nouveaux maîtres du monde", ce sont les seigneurs du capital financier mondialisé. Ce livre révèle leurs visages, d'où ils viennent, ce qu'ils font au jour le jour: à la tête des sociétés mondialisées, au sein de l'OMC ou du Fonds Monétaire International, dans les officines interlopes, les paradis fiscaux, mais aussi les bureaux feutrés des banques de Suisse et d'ailleurs. Ce livre démonte l'idéologie qui les inspire et jette une lumière crue sur le rôle joué en coulisses par l'empire américain.

Analyses, portraits, informations bouleversantes, propositions concrètes, un livre écrit par un homme qui a souvent croisé les personnalités dont il brosse le portrait, et qui connait de l'intérieur les institutions qu'il critique."

 
Jean Ziegler est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation, et professeur de sociologie à l'Université de Genève. Auteur de nombreuses enquêtes sur le Tiers-Monde, il a publié également des enquêtes explosives sur le système banc



"Comment les riches détruisent la planète", Hervé Kempf 


Nous sommes à un moment de l'histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l'espèce humaine: pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d'orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C'est un défi magnifique, mais redoutable. Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s'impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n'est animée d'aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l'idéologie néolibérale ne sait plus que s'autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d'influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse.

Cette représentation du monde n'est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l'injustice, sous-estime la gravité de l'empoisonnement de la biosphère, promeut l'abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures. Pour l'auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s'attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd'hui les riches qui menacent la planète.

 
Hervé Kempf est un des journalistes d'environnement les plus réputés. Depuis près de vingt ans, il écrit sur le changement climatique, le nucléaire, la biodiversité ou les OGM. Après avoir fondé Reporterre, il a travaillé à Courrier international, à La Re



"Malheur aux vaincus", Philippe Labarde et B.Maris 


La mondialisation triomphe, les inégalités explosent. Un phénomène de sélection-exclusion a fragilisé les plus faibles dans un processus cumulatif qui ne pouvait que renforcer les handicaps du Sud par rapport au Nord, des défavorisés par rapport aux riches.

Darwin est à l'œuvre: tout est fait pour éliminer les faibles, profiter des différences d'âge, de sexe ou d'origine, pour "liquéfier" le travail, le soumettre à la peur, au risque. Un nouveau racisme, un véritable racisme social pointe son mufle.

Les auteurs de La Bourse ou la vie avaient déjà vu juste en pulvérisant la nouvelle économie avant qu'elle ne s'effondre sous le poids de la spéculation. Ils récidivent en dénonçant l'avènement d'une "nouvelle barbarie": un monde au-delà de l'humain où des sous-hommes serviraient des surhommes.



"La guerre des classes", François Ruffin


"La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter".

C'est Waren Buffett qui a formulé ce jugement. Pas Marie-George, non. Warren. La première fortune mondiale. Et c'est une évidence, sans doute, en cette époque où un marché du luxe en forte croissance côtoie les émeutes de la faim. Une banalité, même, dans une France où le CAC 40 annonce des "profits records" et des "mégadividendes" tandis que, d'après l'INSEE, les salaires stagnent depuis trois décennies. Une certitude statistique quand 9,3 % du PIB a glissé, en vingt ans, du Travail vers le Capital. Une évidence, alors. Sauf qu'il a fallu, justement, un Warren Buffett pour la dénoncer. Jamais nous n'aurions osé, nous, prononcer ces mots, "guerre des classes", par crainte de paraître "archaïques", "simplistes", "manichéens". Et, avec nous, c'est toute une gauche qui s'autocensure, qui s'enlise dans le salmigondis de la "complexité". Toute une gauche avec des chefs qui déguisent leur lâcheté en "courage", leur renoncement en "audace", et qui causent gentiment de "rénovation", de "modernisation" pour mieux masquer leur trahison.

 
François Ruffin est reporter pour l'émission de France Inter "Là-bas si j'y suis" et collabore au Monde Diplomatique



"La démondialisation", Jacques Sapir


Face à la crise globale du capitalisme, on voit désormais le FMI, des gouvernements ou des économistes célèbres brûler ce qu'ils ont adoré - le marché - et réhabiliter l'Etat qu'ils honnissaient. Nous vivons en fait l'amorce d'une "démondialisation". L'histoire, la politique et les nations reprennent leurs droits avec le retour des Etats, que l'on disait naguère impuissants, et le recul des marchés, que l'on prétendait omniscients. Ce mouvement réveille de vieilles peurs. Et si cette démondialisation annonçait le retour au temps des guerres ? Ces peurs ne sont que l'autre face d'un mensonge qui fut propagé par ignorance et par intérêt. Non, la mondialisation ne fut pas, ne fut jamais "heureuse". Le mythe du "doux commerce" venant se substituer aux conflits guerriers a été trop propagé pour ne pas laisser quelques traces... Mais, à la vérité, ce n'est qu'un mythe. Les puissances dominantes ont en permanence usé de leur force pour s'ouvrir des marchés et modifier comme il leur convenait les termes de l'échange.

Dans ce fétichisme de la mondialisation, il y eut beaucoup de calculs et de mensonges. Il faut donc établir le vrai bilan de cette mondialisation - de ses apports et de ses méfaits - pour penser rigoureusement la phase suivante qui s'ouvre. Ce livre propose précisément les voies d'une démondialisation pensée et ordonnée par une nouvelle organisation du commerce et des relations financières internationales.

 
Jacques Sapir, économiste, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, et à l'université de Moscou.



"L'Empire de la honte", Jean Ziegler 


Nous assistons aujourd'hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde. C'est que le 11 septembre n'a pas seulement été l'occasion pour George W. Bush d'étendre l'emprise des Etats-Unis sur le monde, l'événement a frappé les trois coups de la mise en coupe réglée des peuples de l'hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales.

Pour parvenir à imposer ce régime inédit de soumission des peuples aux intérêts des grandes compagnies privées, il est deux armes de destruction massive dont les maîtres de l'empire de la honte savent admirablement jouer: la dette et la faim. Par l'endettement, les Etats abdiquent leur souveraineté; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté.

Cette formidable machine à broyer et à soumettre ne supporte plus aucune des limitations que le droit international prétendait traditionnellement imposer aux rapport entre les Ã?tats et entre les peuples. Du coup, c'est le régime de la violence structurelle et permanente qui, partout, gagne du terrain au Sud, tandis que le droit international agonise.

Mais qui sont donc ces cosmocrates qui, peu à peu, privatisent jusqu'à l'eau que les peuples doivent désormais leur acheter? Ce livre traque leurs méthodes les plus sournoises: ici on brevète le vivant, là on casse les résistances syndicales, ailleurs on impose la culture des OGM par la force. Oui, c'est bien l'empire de la honte qui s'est mis subrepticement en place sur la planète. Mais c'est précisément sur la honte qu'est fondé le ressort révolutionnaire, comme nous l'ont appris les insurgés de 1789. Cette révolution, elle est en marche: insurrections des consciences ici, insurrections de la faim là-bas. Elle seule peut conduire à la refondation du droit à la recherche du bonheur, cette vieille affaire du XVIIIe siècle. Jean Ziegler, qui témoigne ici d'une connaissance exceptionnelle du terrain, y appelle sans réserve en conclusion.

 
Jean Ziegler est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation, et professeur de sociologie à l'Université de Genève. Auteur de nombreuses enquêtes sur le Tiers-Monde, il a publié également des enquêtes explosives sur le système banc



"Contre-feux", Pierre Bourdieu


Dans ce recueil de textes touchant des sujets variés, le célèbre sociologue joint sa voix au lot grandissant des critiques de la mondialisation et du néo-libéralisme. Les pages que Bourdieu consacre à la précarité de l'emploi sont éclairantes. Les engagements par contrats à court terme empêchent non seulement un nombre de plus en plus grand de citoyens d'avoir accès à une certaine sécurité de revenu, ils nous empêchent surtout de développer ce minimum de confiance en l'avenir pour pouvoir se révolter contre le présent, même le plus intolérable. Le sociologue démontre que la soumission aux lois du marché n'est pas le destin de nos sociétés, mais bien un choix de société, ce qui implique l'existence d'une solution de rechange.
 



"L'AGCS: Quand les Etats abdiquent face aux multinationales", Raoul Marc Jennar


Engendrée sous la pression des milieux d'affaires, assemblée dans les couloirs de l'Organisation mondiale du commerce, une formidable machine à détruire les services publics mondiaux entre en action: l'Accord général sur le commerce des services, plus connu sous son sigle AGCS.

Son objectif : libéraliser tous les services en supprimant un à un les obstacles au commerce. L'AGCS autorisera par exemple une multinationale à poursuivre pour concurrence déloyale une commune qui subventionne sa cantine scolaire.

Chercheurs indépendants, Raoul Marc Jennar et Laurence Kalafatides expliquent les origines et les conséquences de cet accord. Sa mise en oeuvre faisant l'objet de négociations successives, l'AGCS menace à terme l'enseignement, la santé, la culture et l'accès à l'eau potable. Comprendre le fonctionnement de cette canonnière libérale conçue hors de tout contrôle démocratique, c'est se donner les moyens de l'enrayer.

 
Raoul Marc Jennar est docteur en science politique, diplômé des universités belge et française. Depuis 1999, il est chercheur sur les dossiers de l'Organisation mondiale du commerce dans l'ONG belge Oxfam Solidarité (Belgique) ainsi que pour l'Unité de recherche, de formation et d'information sur la globalisation (URFIG, France).



"Vivre et penser comme des porcs - De l'incitation à l'envie et à l'ennui dans les démocraties-marchés", Gilles Châtelet 


"Etre passé de la chair à canon à la chair à consensus et à la pâte à informer est certes un progrès. Mais ces chairs se gâtent vite: la matière première consensuelle se transforme en une unanimité populiste des majorités silencieuses qui n'est jamais innocente.

A ce populisme classique se greffe désormais un nouveau populisme yuppie, un techno-populisme qui entend bien afficher sa postmodernité carnassière, prompte à digérer le best-of des biens et services de la planète.

Gilles Châtelet dénonce la "Triple Alliance" politique, économique et cybernétique des néo-libéraux, qui cherche à rendre rationnelle et même festive la "guerre de tous contre tous".
 



"L'horreur économique", Viviane Forrester 


"Nous vivons au sein d'un leurre magistral, d'un monde disparu que les politiques artificielles prétendent perpétuer. Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n'ont plus de substance: des millions de vies sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme. L'imposture générale continue d'imposer les systèmes d'une société périmée afin que passe inaperçue une nouvelle forme de civilisation qui déjà se pointe, où seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouvera des fonctions. L'extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l'histoire, l'ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l'économie et détient le pouvoir."
 
"L'Horreur économique", prix Medicis 1996 de l'essai, s'est vendu en France à plus de 400.000 exemplaires, et a été traduit dans 24 langues.



"No Logo", Naomi Klein


"Aujourd'hui, le village est planétaire, et la société de consommation dominée par les marques. (...) Les multinationales ne se sont pas contentées de bouleverser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l'économie de nombreux pays. Dans cette course au profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l'art de bafouer les droits de l'homme: l'esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains Etats du Tiers-Monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. Pendant ce temps, en Occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisants, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent.

Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l'urgence d'une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés. Venant de partout, ils se rencontrent, se regroupent et s'organisent sur l'Internet: ils veulent récupérer l'espace, la rue, la forêt dont on les a privés, ils réclament des emplois et des conditions de travail décents, un partage plus équitable des énormes bénéfices des multinationales, ils refusent d'acheter des produits pour lesquels d'autres, à des milliers de kilomètres de chez eux, paient le tribut de la sueur et parfois du sang. Ce nouveau militantisme, reflet de la pluralité sociale et ethnique de bon nombre de pays, a déjà gagné des batailles contre les logos mastodontes. Les événements de Seattle ou de Prague l'ont prouvé: il est encore temps de dire non à la tyrannie des marques."



"La mondialisation racontée à ceux qui la subissent", Hervé-René Martin


Nous vivons tous aujourd'hui sous le règne de ce que nous appelons la Mondialisation, sans pour autant savoir que ce terme recouvre exactement. Connaît-on par exemple ses effets sur le contenu de notre assiette: des aliments transgéniques à la vache folle, en passant par les édulcorants de synthèse et leur propension à nous provoquer des tumeurs au cerveau? Sait-on à quel point elle participe de la croissance du chômage, de la violence urbaine et de la montée de l'extrême-droite dans les pays du Nord? Mais aussi de la déforestation, de la famine, et du retour de l'esclavage dans les pays du Sud? A-t-on idée de son influence sur nos conditiens de travail, le niveau de nos salaires ou encore le taux de faillite de nos entreprises? La question que se pose le héros de ce livre, un détective qui vit retiré dans la montagne d'où il mène son enquête entre explorations sur Internet et conversations avec le charpentier du village, est: Qui c'est, la mondialisation? Mais si la question peut paraître naïve, la réponse se révèle, elle, beaucoup plus inquiétante.




"Le procès de la mondialisation", Edouard Goldsmith et Jerry


 
Les plus grands spécialistes mondiaux étudient les différents processus de la mondialisation et son impact sur les aspects de la vie: aggravation de la pauvreté et de l'exclusion, démantèlement des économies locales, homogénéisation de la culture, menaces sur les milieux naturels, sur la santé, sur la diversité biologique, sur les processus démocratiques...

Le livre analyse les rouages de la mondialisation: moteur (libéralisme), but (marchandisation du monde), effets (crises sociales, économiques, politiques et environnementales). Il propose des solutions afin que l'économie soit au service de l'homme et non le contraire.

"Le procès de la mondialisation" a reçu le prix du meilleur livre politique de l'année lors de sa sortie aux Ã?tats-Unis.



"Pauvreté et inégalités: Ces créatures du néolibéralisme", ATTAC


La main sur le cÅ?ur, les hauts responsables des grandes institutions multilatérales - qu'il s'agisse de la Banque mondiale, du FMI, de l'OMC et même de l'ONU - déclarent à l'unisson ne pas avoir de souci plus pressant que celui d'éradiquer la pauvreté dans le monde. Pour les inégalités, mutisme. Ce discours est repris par les dirigeants des entreprises transnationales qui font dans l' " éthique ", ainsi que par les responsables politiques et gouvernementaux. Quand on regarde derrière ce rideau de fumée, on constate que, loin de diminuer, les disparités de revenus et d'accès aux droits les plus élémentaires - santé, éducation, logement - ne font que se creuser partout dans le monde, et cela aussi bien au sein des différents pays qu'entre eux. Elles sont les conséquences directes de la mise en Å?uvre généralisée des politiques néolibérales. Leurs créatures en quelque sorte...


"La chaine invisible - Travailler aujourd'hui: Flux tendu et servitude volontaire", Jean-Pierre Durand


Au cours des vingt dernières années, le monde du travail a changé de planète. Flexibilité de la main-d'œuvre, annualisation du temps de travail, précarité des contrats, exigence de qualité totale, déclin de la notion objective de qualification au profit de la "compétence" définie par l'employeur, plans sociaux dans les entreprises rentables, implication et responsabilisation des travailleurs, organisation en réseau, etc. Une même logique implacable lie toutes les dimensions de cette métamorphose: l'impératif du flux tendu", sans stocks, sans pause dans la circulation du produit, pousse à l'extrême l'exploitation du temps de travail pour satisfaire des exigences de rendement inédites dans l'histoire du capitalisme.

Pourquoi les travailleurs et les syndicats ont-ils si peu résisté, et parfois collaboré, à une mutation qui intensifie le travail sans améliorer sa rémunération? La peur entretenue du chômage n'est qu'une part de la réponse. La sociologie du travail révèle en effet les stratégies et les jeux sociaux déployés par les individus pour sortir du flux tendu, ou le rendre acceptable, voire gratifiant. Mais cette implication contrainte des salariés participe aussi d'une stratégie délibérée de gestion du travail pour les conduire à internaliser la contrainte de rentabilité, à ne plus concevoir la distinction entre leur intérêt et celui de leur patron.

Loin du rapport de domination brute à l'ancienne, le nouveau capitalisme met en place une chaîne invisible, auto-entretenue par ceux-là mêmes qu'elle aliène, une chaîne de servitude volontaire.

 
Jean-Pierre Durand est professeur de sociologie à l'université d'Ã?vry où il dirige le Centre de recherche Pierre Naville.



"Bonjour paresse - De l'art et la nécessité d'en faire le moins possible en entreprise", Corinne Maier


Le travail, c'est pas la fête. Contre le raffarinesque « La France doit se remettre au travail », Corinne Maier pousse son cri du 1er mai: Vive la paresse, un ephlet (essai-pamphlet) spécial sinistrose, à usage thérapeutique.

"Bonjour paresse" est là pour dire enfin la vérité: la grande entreprise, personne n'y croit plus. La foi nous a quittés, nous autres naguère chevaliers combattants de l'Ordre de la Firme. Ã? présent les cadres moyens, petits boulons dans une machine jargonnant un sabir grotesque, n'attendent qu'une chose: le solde à la fin du mois.

Mais alors, que faire? Rien surtout! Affirme ce livre. Soyons individualistes et inefficaces en attendant que ça s'effondre et qu'une nouvelle société advienne où chacun cultivera essentiellement son jardin et conservera un à-côté accessoire dans une grande structure, histoire de survivre quand même.

 
Corinne Maier est économiste; actuellement à temps partiel dans une grande entreprise française privatisable (EDF).



"Les économistes contre la démocratie - Pouvoir, mondialisation et démocratie", Jacques Sapir


L'économie s'est-elle substituée à la politique? Tel est peut-être le souhait de certains économistes. Ce livre a pour cible un discours économique qui cherche à vider l'action politique de son sens, un discours qui, sous les dehors d'une soi-disant rigueur scientifique est en réalité profondément anti-démocratique. A travers l'apologie que font certains économistes des agences indépendantes et de la globalisation, c'est le vieux fond libéral hostile à toute forme de souveraineté populaire qui s'exprime. Sous prétexte de parler d'économie, ces économistes veulent nous vendre un droit et une organisation sociale qui les laisseraient libres de tout contrôle et de toute responsabilité. Ce livre analyse le lien qui existe entre une faillite théorique et des comportements souvent douteux. On montre comment le discours de l'économie dominante veut enfermer le citoyen dans un espace qui n'aurait d'autres bornes que la technique et la compassion. Ceci dévoile le projet de faire de l'expert le seul citoyen habilité à peser sur les décisions importantes. Au fur et à mesure que l'expertise des économistes perd en efficacité monte une nouvelle idéologie, l'expertisme. Elle se construit en négation de la chose publique, la République.
 
Jacques Sapir, économiste, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, et à l'université de Moscou.



"La grande désillusion", Joseph E. Stiglitz


Aujourd'hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ã?a ne marche pas pour les pauvres du monde. Ã?a ne marche pas pour l'environnement. Ã?a ne marche pas pour la stabilité de l'économie mondiale". L'auteur de ces lignes? Le professeur Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, ancien conseiller de Bill Clinton, qui en novembre 1999 a démissionné de son poste d'économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale: « Plutôt que d'être muselé, j'ai préféré partir », expliquera-t-il.

Son livre est un constat qui vaut réquisitoire: preuves à l'appui, il démontre que les règles du jeu économique mondial ne sont souvent fixées qu'en fonction des intérêts des pays industrialisés avancés - et de certains intérêts privés en leur sein -, et non de ceux du monde en développement. Car la mondialisation n'a pas seulement mis l'économie au-dessus de tout, mais aussi une vision particulière de l'économie, le fanatisme du marché. Politique d'austérité, libéralisation des marchés des capitaux et privatisations sont appliquées aveuglément, en dépit de leur échec avéré, à tous les pays, en particulier aux pays en transition et du Sud.

Ã? lire Joseph Stiglitz, on a le sentiment de comprendre les vrais enjeux du monde d'aujourd'hui, de saisir toute l'urgence d'une réforme en profondeur du statut et des politiques préconisées par les institutions financières internationales.



"Révélations", Denis Robert et Ernest Backes


 Ce livre raconte, de l'intérieur, l'histoire secrète de Clearstream, une "chambre de compensation" créée par une association de banques en 1971 et devenue en moins de trente ans un véritable monstre financier, chargé de faire transiter des fonds et des valeurs sur toute la planète. Depuis le Luxembourg les ordinateurs de cette firme brassent des trillions de dollars et d'euros. Clearstream est la "banque des banques", un centre névralgique de la finance internationale où des millions de transactions sont effectuées chaque jour, en toute opacité et hors de tout contrôle.

L'enquête de Denis Robert nous conduit là où personne n'a jamais pu pénétrer: dans les coulisses de la finance internationale. Sur les pas d'Ernest Backes, l'insider (le témoin de l'intérieur, ancien n°3 de Clearstream), nous découvrons avec effroi des activités inavouables: dissimulations de compte au nom des institutions les plus honorables, complicité avec des banques mafieuses, ramifications innombrables avec affaires existantes en France et ailleurs, circuits de blanchiment de narcodollars ou paiement de rançons... Pas une page ou presque sans révélations.

 
Denis Robert est écrivain et journaliste à Libération.



"Démocratie-business - La vérité sur la mondialisation, les privatisations, les fraudes et les délits d'initiés", Greg Palast


Si vous recevez régulièrement une facture d'électricité, vous découvrirez dans ce livre comment la privatisation de l'énergie a systématiquement fait exploser les prix payés par les consommateurs, de la Grande-Bretagne à l'Argentine - sans parler des 379 % d'augmentation en Californie pour une seule année.

A l'heure de la privatisation d'Ã?lectricité et Gaz de France, de Swisscom en Suisse, vous verrez, documents à l'appui, comment les sociétés privées sabotent leurs propres installations et magouillent pour en tirer d'énormes profits.

Par le passé, dans le monde entier, des gouvernements ont dépensé des milliards à construire des systèmes de canalisation d'eau, sans pour autant en attendre de profits en retour. L'OMC et la Banque mondiale appellent ça du gachis. Vous verrez dans ce livre comment ils ont prévu de vous le faire payer.

 
Greg Palast est l'un des plus célèbre journalistes d'investigation aux Ã?tats-Unis. Il travaille en particulier pour le Guardian et la BBC. C'est lui qui a rendu public le trucage de l'élection de George Bush en 2000. Il a reçu le prix « Project Censored » de l'université de Californie et le prix « David Thomas » du Financial Times. Expert reconnu du fonctionnement du pouvoir et des grandes multinationales commerciales, ses écrits sont étudiés à l'université de Cambridge ou de Sao Paulo.



"Enron, la faillite qui ébranla l'Amérique", A.S.Chassany et J-Ph.Lacour


Dallas, le 3 décembre 2001: Enron se place sous la protection de loi américaine sur les faillites. De mémoire de trader, d'homme d'affaires et de petit porteur, c'est la plus importante défaillance de l'histoire récente des Etats-Unis. Avec son chiffre d'affaires de plus de 100 milliards de dollars, le mastodonte texan de l'énergie n'était donc pas invincible. Les investisseurs et les bourses sont pris de panique. La chute d'Enron a été fulgurante. Personne n'a pu anticiper une telle catastrophe, et surtout pas les spécialistes de la finance, qui n'avaient cessé de recommander aux épargnants d'acheter le titre. Fraudes, malversations, mensonges, enrichissements personnels; collusion avec le pouvoir politique... Après la gloire, l'heure est bien à la vérité. Et la vérité n'est pas belle à voir: c'est le véritable visage du capitalisme effréné que dévoile l'histoire de cette faillite. Sur un rythme de thriller, cette enquête, menée par deux journalistes, révèle la face cachée de l'aventure Enron: de la prodigieuse ascension à la débâcle vertigineuse d'un géant américain.


"Ils vont tuer le capitalisme", Claude Bébéar


De l'affaire Enron à la chute de Vivendi, de l'éclatement de la bulle internet à la crise de confiance que traversent les marchés, la planète vit désormais dans la hantise d'un effondrement de tout le système économique et financier. Mais qui veut saboter le capitalisme? Pourquoi des analystes financiers, des banquiers d'affaires et des patrons mégalos ou sans scrupules semblent-ils s'acharner à scier la branche sur laquelle ils sont assis? Et que peut-on faire pour remettre sur pied un capitalisme à visage humain en y injectant de la confiance et de la responsabilité?

Dans ce livre d'entretiens, Claude Bébéar, fondateur et président du conseil de surveillance d'AXA (leader mondial de l'assurance), apporte son témoignage, celui d'un chef d'entreprise révolté par les excès qu'il a vu se multiplier autour de lui. Avec pédagogie, il décrypte les phénomènes de spéculation, de panurgisme et de dérive des égos qui ont causé la déroute de tant d'entreprises flamboyantes et d'épargnants de bonne foi.



"Le capitalisme est en train de s'autodétruire", Patrick Artus, Marie-Paule Virard


Le capitalisme est-il en train de s'autodétruire? La question peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même où les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes records à leurs actionnaires...

Alors que la croissance économique - en Europe en tout cas - stagne, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s'aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d'une telle captation de richesses.

Dans ce livre, les auteurs n'y vont pas par quatre chemins pour qualifier ce paradoxe: c'est au moment où le capitalisme n'a jamais été aussi prospère qu'il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Parce qu'il s'agit d'un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d'utile de ses milliards, qui n'investit pas, qui ne prépare pas l'avenir.

Et face au malaise social, les gouvernements ne traitent le plus souvent que les symptômes, faute de prendre en compte le fond du problème. Ce problème, c'est l'absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des résultats beaucoup trop élevés. Du coup, elles privilégient le rendement à trois mois plutôt que l'investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l'épargne, d'imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n'évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales.

 
Patrick Artus est directeur des études économiques du Groupe Caisse d'épargne et de la Caisse des dépôts et consignations, professeur à l'Ecole polytechnique et professeur associé à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne.
Marie-Paule Virard est rédactrice en chef du magazine Enjeux-Les Echos.



"Le capitalisme total", Jean Peyrelevade


"Le capitalisme moderne est organisé comme une gigantesque société anonyme. Ã? la base, trois cents millions d'actionnaires contrôlent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Souvent d'âge mûr, de formation supérieure, avec un niveau de revenus relativement élevé, ils confient la moitié de leurs avoirs financiers à quelques dizaines de milliers de gestionnaires pour compte de tiers dont le seul but est d'enrichir leurs mandants. Les techniques pour y parvenir s'appuient sur les règles du " gouvernement d'entreprise " et conduisent à des exigences de rentabilité excessives. Elles transforment les chefs d'entreprise en serviteurs zélés, voire en esclaves dorés des actionnaires, et polluent de pure cupidité la légitime volonté d'entreprendre. Ainsi le capitalisme n'est pas seulement le modèle unique d'organisation de la vie économique mondiale : il est devenu " total " au sens où il règne sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses."
 
Jean Peyrelevade a été successivement président de Suez, UAP, et du Crédit Lyonnais. Il fut également le directeur-adjoint du cabinet de Pierre Mauroy (1981-1983). Longtemps professeur d'économie à l'Ã?cole polytechnique, il a écrit plusieurs ouvrages sur l'évolution du capitalisme contemporain.



"Keynes ou l'économiste citoyen", Bernard Maris


Proche du courant post-keynésien, Bernard Maris s'emploie à redécouvrir les fondements du message de l'économiste anglais: l'économie de marché est foncièrement instable. Il y règne l'incertitude sur l'avenir, l'irrationalité et le mimétisme des comportements. Chômage, déséquilibres, bulles financières, caractérisent le capitalisme. Si Keynes reconnaît qu'il permet la satisfaction des besoins humains, l'accumulation du capital, "l'argent pour l'argent" ne saurait être la fin de l'activité humaine. Il faut remettre la cité au premier plan et "l'économie au vestiaire".

Plus qu'une nouvelle interprétation, ce petit livre percutant présente l'homme Keynes dont les passions, les utopies et la vision du monde sont inséparables de la théorie.



"L'illusion économique", Emmanuel Todd


"Le degré d'adhésion des classes dirigeantes d'une nation au libre-échangisme est inversement proportionnel à l'évolution de leur niveau culturel: plus celui-ci baisse, plus les thèses mondialistes prospèrent. Non seulement l'ouverture des frontières commerciales s'est plutôt traduite par un tassement de la croissance mondiale, mais elle a en plus favorisé un retour spectaculaire des inégalités au sein des nations développées. La construction européenne façon Maastricht exprime un saut irréaliste dans l'idéologie, fruit combiné d'une utopie monétaire qui nie l'existence des diversités nationales et d'une utopie libre-échangiste, masque emprunté par une élite malthusienne pour défendre son idéal inégalitaire."
L'Expansion - Henri Gibier

"Les croyances collectives tendent à s'effriter sous les coups portés aux sentiments nationaux par des élites culturelles, adeptes de la "pensée zéro", qui affichent leur impuissance face à un phénomène économique jugé inéluctable et extérieur: la mondialisation. (...)
Ã? la double utopie, économique et monétaire, d'une mondialisation dont les contre-performances sont patentes, et à la démission des classes dirigeantes, Emmanuel Todd oppose un retour à une forme de protectionnisme national dans les relations commerciales extérieures, qui permettrait le renforcement du libéralisme à l'intérieur, la relance de la demande globale, et par là même un véritable retour à l'idéal démocratique égalitaire, actuellement largement bafoué par les élites dirigeantes." Futuribles - Stéphanie Debruyne



"J'accuse l'économie triomphante", Albert Jacquard


"Il n'y a plus de jour où l'on ne nous affirme que l'économie gouverne le monde, que les lois de la rentabilité et du marché constituent une vérité absolue. Quiconque conteste cette nouvelle religion est aussitôt traité d'irresponsable. Mais une société humaine peut-elle vivre sans autre valeur que la valeur marchande? Prenant ses exemples dans les domaines les plus variés - logement, emploi, santé, environnement, alimentation..."

Albert Jacquard démontre les méfaits de l'économisme triomphant et fanatique qui prétend aujourd'hui nous gouverner. Economiste et scientifique, il expose ici en des pages rigoureuses et claires, appuyées sur une vaste information, les convictions qui fondent son engagement. Il nous invite à refuser la fatalité inhumaine de l'intégrisme économique.